Répondant aux révélations que le journal WAL FADJRI a faites, dans sa livraison du Mercredi, sur les 44 milliards qu'Idrissa SECK a déposés dans les banques étrangères, après celles relatives aux immeubles, dont la presse a fait ses choux gras, Maître Boucounta DIALLO déclare qu'il s'agit «de comptes qu'Idrissa SECK gérait, lorsqu'il était Directeur de Cabinet du Président WADE et il les avait emportés avec lui, à la Primature, conformément à la volonté du Président de la République, quand il a été nommé Premier Ministre».
Me Boucounta DIALLO n'a pas utilisé le conditionnel, mais bien l'indicatif.
Il ne nie pas les faits. Il les confirme. IL savait, donc, que ces comptes existaient et que 44 milliards y avaient été affectés. Ainsi, sans le vouloir, il coule à pic son client, qu'il met dans une posture gravissime. Si ces comptes avaient été ouverts, avec l'autorisation du Président de la République, pourquoi, Maître Boucounta n'exhibe-t-il pas un seul document écrit confirmant sa déclaration ?
Poursuivant son raisonnement, l'Avocat ajoute : «Pourquoi le Chef de l'Etat n'a jamais adressé une mise en demeure à Idrissa SECK, pour lui réclamer ces fonds ?»
Par ces déclarations, il persiste et signe.
Les fonds existent donc et ont été, bel et bien, déposés dans les comptes incriminés, par Idrissa SECK, en son nom et en celui de son épouse.
Comment peut-on réclamer des comptes, dont on ignore l'existence, puisqu'il a fallu mener une enquête pour les découvrir.
Maître Boucounta DIALLO pose une 3ème question : « Pourquoi ces comptes ne figurent pas dans le dossier d'Idrissa SECK....autrement dit, dans l'acte de mise en accusation contre l'Ancien Premier Ministre ?
Par ces deux questions, Maître Boucounta lave le Chef de l'Etat des graves accusations qu'il lance contre lui.
Si le Président n'a pas réclamé ces comptes, c'est, tout simplement, parce qu'il en ignorait l'existence.
Si lesdits comptes ne figurent pas dans l'acte de mise en accusation, c'est parce que l'Assemblée Nationale et le Gouvernement en ignoraient, eux-aussi, l'existence.
Ne viennent-ils pas d'être découverts, après une enquête minutieuse, pugnace, obstinée, ouverte depuis le mois de juillet 2005.
Ainsi, Maître Boucounta, à force de vouloir manipuler la presse et de bavarder, à tout vent, vient de condamner son client, par ses déclarations maladroites, irresponsables et inintelligentes.
Depuis Mercredi 16 Novembre 2005, il a, par sa faute, signé la condamnation de son client, sans le savoir.
A force de plastronner devant la presse, de parler, pour se forger, indûment, une réputation de vedette médiatique, on finit, toujours, par desservir les intérêts qu'on est censé défendre. Décidément, Maître Boucounta DIALLO est un mauvais avocat.
Il manque de maturité, d'intelligence et d'humilité.
Ibrahima DIOP Guédiawaye 18 Nov 2005
Découverte de 44 milliards de F cfa dans les comptes de l'ex Pm: Les partisans d'Idy désemparés, passent aux aveux !
Lors de sa fameuse conférence de Presse de juillet dernier, Idrissa Seck avait dit que d'ici l'extinction du soleil, on ne pourrait lui imputer un seul centime qui ne soit illicite. Tous ses partisans clamaient que le maire de Thiès était blanc comme neige. Confronté à la vérité des faits, Idy et ses partisans changent de ton.
Suite à la publication par notre confrère Walfadjiri, il y a deux jours, de la découverte de comptes appartenant à Idy et logés dans des banques françaises où auraient transité quelque 44 milliards de francs cfa, M. Oumar Sarr, banalise et menace « Si vous continuez vous risquez de gêner Me Wade », a-t-il dit !
Le M-sis (Mouvement de soutient à Idrissa Seck) avouait, hier, à travers les ondes d'une radio de la place « Oui, nous savons tous que Idy est riche. Nous dire que des milliards ont transité dans ses comptes ne signifie pas grand-chose », laissent-ils entendre. En y ajoutant les propos de Me Boucounta Diallo, l'on découvre curieusement que les partisans du détenu le plus riche du Sénégal tiennent désormais un discours de justification. A-t-on déjà compris que le voile s'est maintenant déchiré st qu'il est temps de jeter le masque ? En tout cas, avec le témoignage des membres de la commission de vérification et de contrôle des chantiers de Thiès, dirigée avec une main de fer par l'Ige Mme Nafi Ngom Keïta, il ne serait exclu que le dossier des Chantiers de Thiès connaisse des avancées réelles. M. B. N. 18 Nov 2005
NAFY NGOM KEITA PASSE DEVANT LA COMMISSION D'INSTRUCTION Le cas du ministre Abdoulaye Diop au menu (L'Observateur 18/11/2005)
Top. Les dossiers relatifs aux chantiers de Thiès vont aller très vite. Et le bal est ouvert ce matin devant la Commission d'instruction de la Haute cour de justice par l'inspectrice générale d'Etat, Nafy Ngom Keïta. Cette dernière qui pilotait les enquêtes, sera entendue pour l'éclaircissement de certains points sur le dossier des chantiers de Thiès. Notamment, le degré d'implication du ministre de l'Economie et des Finances, Abdoulaye Diop, l'ex-Premier ministre, Idrissa Seck, le ministre chargé du Budget, Aguibou Soumaré, les entrepreneurs... Pour rappel, dans un entretien accordé au quotidien "Walfadjiri", Mme Nafi Ngom Keïta avait publiquement exprimé son désir de témoigner devant la Commission d'instruction pour apporter plus de lumière sur son rapport. C'est le ministre d'Etat, ministre des Finances, M. Abdoulaye Diop qui devrait craindre le plus cette audition de l'inspectrice générale d'Etat. Car cette dernière dans sa sortie désormais historique, avait clairement souligné que son rapport épingle l'argentier de l'Etat qu'elle a par ailleurs ouvertement accusé de tentatives de corruption. Il s'y ajoute que Nafy Ngom Keïta s'était aussi interrogée sur les raisons pour lesquelles Idrissa Seck et Salif Ba sont jusqu'ici, les seuls à être inquiétés par la justice, pendant que l'ordonnateur des dépenses au niveau du gouvernement reste toujours en liberté. Le vendredi passé, les membres de la Commission d'instruction qui se sont réunis pour la première fois depuis le vote de la résolution de mise en accusation de l'Assemblée nationale, ont validé les mandats de dépôts pris par le président de la Commission d'instruction contre Idrissa Seck et Salif Bâ. Ils sont tous les deux placés sous mandat de dépôt pour détournements de deniers publics. Salif Bâ qui a été transféré au pavillon spécial de l'hôpital Le Dantec après avoir passé une nuit à la prison de Rebeuss, est actuellement à la clinique Brévié de l'hôpital Principal. Il y été évacué d'urgence après un malaise au niveau du pavillon spécial. Quant à l'ex-Premier ministre, il continue à clamer son innocence depuis sa cellule de Rebeuss.
Article Par Mamadou SECK,
Paru le Jeudi 17 Nov 2005
RAPPORT SUR LES CHANTIERS DE THIÈS: Nafi Ngom Keïta entendue par la commission d'instruction de la Haute Cour de Justice/INTERDITS DE QUESTIONS : Les avocats de la défense boudent l'audition (Le Soleil 18/11/2005)
Il n'en fallait pas plus pour que la Commission d'instruction de la Haute Cour de Justice saisisse l'opportunité pour programmer l'audition à titre de témoin de l'inspectrice générale d'Etat. C'est ce qui a été fait hier.
Comme annoncée dans notre édition du samedi 24 septembre dernier, la comparution de Mme Nafi Ngom Keïta, hier, devant la Commission d'instruction de la Haute Cour de Justice remet sur la sellette les articulations fondamentales du rapport de l'Inspection générale d'Etat sur les chantiers de Thiès et, en particulier, les nombreuses irrégularités et malversations décelées par les enquêteurs.
Il faut dire que les experts ont pu, d'entrée de jeu, relever en matière d'urbanisme et d'architecture le choix on ne peut plus troublant des cabinets adjudicataires qui ont été les mêmes que ceux retenus par la mairie de Thiès dans le cadre de l'exécution des projets de la “ Matrice d'Actions prioritaires pour le développement de la ville en 2002 ”.
Premier magistrat de la commune de Thiès, Idrissa Seck n'a pu, à cet égard, répondre de manière satisfaisante aux questions de l'Ige. Il convient de rappeler ici que les enquêteurs ont été stupéfaits de découvrir que la titulaire d'un des cabinets précités n'avait pour toute référence professionnelle qu'un diplôme de secrétariat. Toutefois, l'essentiel était de savoir qui a payé les travaux de la mairie inclus dans les chantiers de la Fête de l'Indépendance 2004 et chiffrés à 100 millions de FCfa ? C'est vraisemblablement le Trésor public, et ce, grâce au détournement du budget constaté par les évaluateurs. Tout compte fait, les chantiers de Thiès sont revenus à plus de 40 milliards de FCfa alors que le président de la République n'avait autorisé que 20 milliards.
L'Ige n'a surtout pas manqué de fustiger l'option du préfinancement des travaux pratiques confirmée par Salif Bâ. Il y a eu en conséquence dépenses sans couverture budgétaire. Ce qui est non seulement contraire aux lois de la République, mais encore aux règles en matière de passation de marchés. Les multiples cas de surfacturation mis à jour par les inspecteurs ont retenu l'attention de l'autorité publique.
Ce n'est donc pas un hasard si de nombreuses personnes ont été entendues par la Division des investigations criminelles à la suite des flagrances établies. Ainsi, un système de sous-traitance savamment conçu a permis à des tiers de s'enrichir au préjudice du contribuable. Parmi les bénéficiaires des détournements signalés, des individus ne sachant ni lire ni écrire. Le rapport de l'Inspection générale d'Etat engage la responsabilité d'Idrissa Seck et des autres, puisque, selon les évaluateurs, les malversations perpétrées n'ont été commises que grâce à leur position privilégiée au sein du gouvernement que le maire de Thiès avait la charge de diriger. Last but not least, le fameux marché de 14 milliards adjugé à l'entreprise Jean Lefebvre, le 3 octobre 2003, dans des conditions à tout le moins douteuses. L'ex-Premier ministre qui est à l'origine dudit contrat est encore épinglé par le rapport au point de conduire la Présidence de la République à ordonner l'interrogatoire du responsable de la société adjudicataire, en l'occurrence Bara Tall.
Quant à Salif Bâ, ministre à l'époque du Patrimoine bâti de l'Habitat et de la construction, indexé pour le non-versement au Trésor public de précomptes au titre de la Tva, d'un montant de près de 4 milliards, il n'a pas satisfait aux exigences du chef de l'Etat en matière de conformité et de transparence dans la mise en ½uvre des travaux. Ce que lui a fait remarquer en son temps le ministre d'Etat directeur de Cabinet du président de la République. Des observations avaient en outre été adressées au ministre du Budget, Aguibou Soumaré, relativement à l'approbation par son directeur de Cabinet d'un marché requérant sa signature ou le cas échéant l'apposition de sa délégation à côté de la signature du numéro 2 de son département. Dans le rapport de l'Ige, tout comme au travers de sa sortie du 21 septembre dernier, Nafi Ngom Keïta a particulièrement ciblé le ministre d'Etat chargé de l'Économie et des Finances, Abdoulaye Diop. Selon l'inspectrice générale d'Etat, le coût des travaux de Thiès ne se chiffre pas à 40 milliards 386 millions comme le soutient celui-ci, mais à 46 milliards 217 millions166.901 FCfa. Pour Nafi Ngom Keïta, ce dernier a été l'organisateur des détournements d'objectifs enregistrés tout comme des décaissements effectués. Les experts ont, d'une manière générale, relevé à son sujet de multiples irrégularités ayant trait à l'esprit des textes régissant les finances publiques.
PAPE GUÈYE
INTERDITS DE QUESTIONS : Les avocats de la défense boudent l'audition
Comme il fallait s'y attendre, les conseils de l'ex-Premier ministre et de l'ancien ministre du Patrimoine bâti, de l'Habitat et de la Construction étaient au rendez-vous pour prendre part à l'audition à l'image de Mes Boucounta Diallo, Clédor Ciré Ly et Demba Ciré Bathily. Nafi Ngom Keïta entra dans le vif du sujet et poursuivit dans sa lancée jusqu'aux alentours de 13 h 40.
Mais, voilà qu'un incident éclate au même moment à la suite de la décision du président de la Commission d'instruction de ne pas autoriser les avocats à poser des questions à l'inspectrice générale d'Etat. Dans tous leurs états, les conseils de l'ex-Premier ministre et de l'ancien ministre du Patrimoine bâti se concertent pour finalement désigner leur confrère, Me François Sarr, comme rapporteur d'une motion au travers de laquelle les deux collectifs choisissent de quitter les lieux.
Le départ des avocats n'a pas empêché l'inspectrice générale d'Etat de continuer à témoigner. Expliquant les raisons de la déconfiture de ses collègues, Me Abdou Dialil Kane, conseil de Salif Bâ, fait remarquer que c'est l'article 26 de la loi organique sur la Haute Cour de Justice qui stipule et garantit les droits de la défense. Il s'agit par conséquent d'un principe général de droit sur lequel se fonde l'avocat pour obtenir la remise en liberté de son client, a ajouté Me Kane qui, par ailleurs, souligne que les membres des deux collectifs présents ne pouvaient pas ne pas poser de questions à Mme Keïta en sa qualité de rédactrice du rapport de l'Ige. Me Abdou Dialil Kane, estime qu'au regard des dispositions dérogatoires contenues dans la loi organique les conseils des prévenus ont même la latitude de citer des témoins aux fins de comparution. D'où, conclut-il, la notion d'assistance consacrée par la loi, laquelle doit être appliquée dans toute sa plénitude. Les défenseurs de l'ex-Premier ministre et de l'ancien ministre du Patrimoine bâti sont cependant disposés à prendre part à l'audition d'aujourd'hui, si le président de la commission surseoit au refus ayant prévalu lors de la déposition de Nafi Ngom Keïta.
P . G
AFFAIRE DES CHANTIERS DE THIES: Les avocats de la défense boycottent l'audition de Mme Nafi Ngom Keïta (Le Messager (Sn) 18/11/2005)
La chef de la mission de l'Inspection générale d'Etat (Ige) sur les chantiers de Thiès a été entendue,hier matin, par la Commission d'Instruction de la Haute Cour de Justice. Une audition boycottée par les avocats de M. Idrissa Seck et de l'ancien ministre de l'Habitat Salif Ba. Les avocats de la défense déclarent ainsi protester contre l'attitude des juges de la Commission d'Instruction qui leur ont refusé le « droit » de poser des questions à Mme Nafi Ngom Keïta.
Comme nous l'écrivions dans notre précédente édition, Mme Nafi Ngom Keïta, l'inspectrice générale d'Etat qui a dirigé la mission de l'Ige chargée de vérifier et de contrôler les investissements qui seraient effectués dans la ville de Thiès pour la fête de l'indépendance 2004, a été entendue, hier matin, par les magistrats membres de la Commission d'Instruction près la Haute Cour de Justice. Cependant, on indique que Mme Nafi Ngom Keïta aurait été auditionnée dans une villa sise au quartier de Fann résidence et non au Bloc des Madeleines, comme c'est d'habitude le cas. Et comme le leur permettrait la loi, les avocats de l'ancien Premier ministre Idrissa Seck et de l'ex-ministre de l'Habitat Salif Ba incarcérés dans cette affaire ont voulu à assister à l'audition de Mme Nafi Ngom Keïta qui a drivé le dossier ayant permis de mettre en prison ces deux ex grands fonctionnaires de l'Etat. Seulement, les avocats de la défense tenaient à prendre la parole pour poser des questions à l'Ige, alors que le tribunal ne partageait pas cet avis. Prompts à créer des incidents, les onze avocats de la défense ont tout bonnement boycotté l'audition préférant s'en remettre après au procès verbal. Selon Me François Sarr, un des avocats de Salif Bâ « La raison de ce boycott est toute simple.
En effet, les nous avons voulu interpeller Mme Keïta qui en était encore à présenter son rapport. Mais un niet catégorique nous a été opposé par les juges de la Commission d'Instruction qui ne voulaient entendre les questions que nous voudrions poser à Mme l'inspectrice générale d'Etat », explique Me Sarr qui a parlé au nom de tous ses autres collègues de la défense. Cette façon de faire est assez fréquente chez les Robes noires qui ont leurs méthodes de déstabilisation morale de leurs vis-à-vis. Est-elle efficace ? Nul ne saurait le dire. L'on peut toutefois noter que l'audition de Mme Nafi Ngom Keïta n'était pas pour plaire aux conseils des mis en cause.
Cette audition a-t-elle apporté des éléments nouveaux dans le dossier des chantiers de Thiès ? Difficile de répondre à cette question. Toujours est-il qu'après Mme Keïta, deux autres membres de la mission de vérification et de contrôle des chantiers de Thiès passent ce vendredi devant la Commission d'Instruction. On annonce également les auditions de l'ancien Premier ministre Idrissa Seck, de Salif Bâ et peut-être aussi des ministres Abdoulaye Diop et Hadjibou Soumaré, respectivement Ministre d'Etat, ministre des Finances et Ministre Délégué chargé du Budget.
Nous avions signalé dans notre édition d'hier que Mme Nafi Ngom Keïta ne manquerait pas de semer la trouille dans les rangs de la défense, d'autant que son intervention d'il y a deux mois à Walfadjiri avait soulevé des points sensibles concernant ce dossier. Sûr que son témoignage devant les membres de Commission d'Instruction risque de faire des vagues et d'indiquer ainsi de nouvelles pistes pour les juges.
Par Mamadou B. Ndiaye
CHANTIERS DE THIES : AUDITION DE l'IGE NAFI NGOM KEITA: Le bras de fer
(Sud Quotidien 18/11/2005)
Le chef de la mission de l'Inspection générale d'Etat (Ige) sur les chantiers de Thiès, Mme Nafi Ngom Keïta était hier, jeudi 17 novembre devant les magistrats de la Commission d'instruction de la Haute cour de justice en qualité de témoin. Son audition a été boudée par les avocats de l'ancien Premier ministre Idrissa Seck, l'accusé, entraînant ainsi un bras de fer entre les juges instructeurs et les défenseurs. Les confrères et alliés pour la protection des intérêts de Idrissa Seck, de Me Boucounta Diallo ont argué qu'ils ont été privés de parole pour poser des questions à l'Inspectrice générale d'Etat. Me Clédor Ciré Ly membre du collectif, trouve une telle attitude « absurde », tandis que de sources proches de la Commission des magistrats instructeurs, on se désole de la mauvaise foi des défenseurs.
Un autre point de controverse s'est ajouté à nouveau hier, jeudi 17 novembre dans l'affaire des chantiers de Thiès-2004, renforçant ainsi le bras de fer qui oppose depuis le début les défenseurs de l'édile libéral de la capitale du Rail et ceux qui cherchent à le charger. Les avocats de l'ex-Premier ministre Idrissa Seck ont été en effet, privés de parole, ont-ils révélés, lors de l'audition de la cheftaine de mission de l'Inspection générale d'Etat (Ige), Nafi Ngom Keïta par la Commission d'instruction de la Haute cour de justice au tribunal hors-classe régional de Dakar. L'un des avoués de l'édile de la capitale du Rail, Idrissa Seck, incarcéré depuis le vendredi 15 juillet dernier, est revenu sur les minutes de cette audition. Selon lui, « l'audience avait bien débuté. La commission avait commencé à écouter Mme Nafi Ngom Keïta dans un climat serein jusqu'au moment où nous avons estimé devoir lui poser des questions. Le président de la Commission d'instruction s'y est opposé. La question est de savoir : s'il pouvait se le permettre et si nous aussi, nous pouvions poser des questions. Nous avons échangé, nous ne nous sommes pas entendu sur l'interprétation des dispositions de la loi organique instituant la Haute cour de justice dispose que les avocats doivent assister à tous les actes de l'instruction. Après concertation, la commission a estimé que cela ne signifiait pas que nous pouvions poser des questions. C'est ainsi que nous nous sommes retirés », explique Me Clédor Ciré Ly. Et d'ajouter : « Nous avons discuté entre nous et nous avons conclu qu'il s'agit d'une disposition nouvelle qui a été intégrée dans la loi organique alors qu'elle ne figure pas dans le droit commun de la procédure pénale ». Il affirme en plus « si la loi organique a exprimé de façon textuelle que nous devions assister, cela ne veut pas dire que nous devons être passifs. La défense n'avait rien à faire dans cette audition si son rôle était confiné à celui du spectateur parce qu'elle a la possibilité de consulter tous les procès verbaux et d'en prendre connaissance ».
Me Clédor Ciré Ly étaye sa posture et celle de ses collègues par une position de principe : « Les droits de la défense sont sacrés, ils sont absolus à toutes les étapes de la procédure et nous pensons que c'était une question de responsabilité d'être là comme des spectateurs alors que nous avions des éléments qui nous permettent de démentir Nafi Ngom Keïta ». Selon lui, « il est clair que la loi organique a précisé que tous les incidents de procédure doivent être pris en charge par la Commission d'instruction, que si cela n'était pas fait, on ne pourrait pas les citer devant la Haute cour de justice (Hcj) qui est une juridiction de jugement. Les décisions rendues par la Hcj n'étaient susceptibles d'aucune voie de recours ».
Que nenni affirment des sources proches de ladite commission. Pour celles-ci, « les avocats de Idy ont simplement vendangé au détriment de leur client l'extraordinaire possibilité offerte par la loi organique instituant la Haute cour de justice en refusant de d'assister jusqu'à la fin à l'audition d'un des témoins clés de cette affaire ». Elles poursuivent, « ils savent en effet, qu'en droit commun, il n'est point permis par la procédure pénale à un avocat d'assister à l'instruction à l'audition d'un témoin. Ils connaissent par ailleurs, que l'avocat ne prend la parole qu'en présence de son client. La loi organique instituant la Haute cour de justice sénégalaise introduit ainsi une innovation de taille en permettant aux avocats de la défense d'assister aux auditions des témoins à l'instruction. Cette novation ne va pas cependant jusqu'à permettre à ces derniers de transformer l'audition à l'instruction en véritable procès. Ils savent en outre, que toutes les autres juridictions n'offrent pas une telle possibilité. Alors, au lieu de se contenter d'un tel avantage en assistant à l'audition de l'inspectrice générale d'Etat, ils ont voulu transformer l'instruction en procès. Ce qui n'a point été accepté ».
N'empêche, Me Clédor Ciré Ly, le défenseur signale que « la procédure qu'on emprunte présentement ne souffre pas d'ambiguïté, elle est claire. Ils, (les juge-instructeurs certainement Ndlr), vont entendre les témoins sans la présence des avocats et ils en prendront l'entière responsabilité face au peuple sénégalais, face aux juristes sénégalais et du monde et surtout face à l'histoire ». Il ajoute : « après l'audition des témoins, nos clients seront entendus sur le fond, nous serons présents et nous avons des témoins à faire citer et lorsqu'ils viendront, notamment l'absurdité de la position de la commission d'instruction. Le jour où ils citeront nos témoins, obligatoirement nous poserons des questions. Donc s'ils nous disent aujourd'hui que nous ne pouvons pas poser de questions, je dis que c'est complètement absurde ».
Non, lui répond-on du côté de l'instruction. « Il ne s'agit pas de faire des effets de manche avant l'heure. Il importe de faire droit au droit. L'instruction n'est point la salle d'audience. Les avocats de la défense comme le ministère public ont tout le temps de ferrailler si tant est qu'on en arrive à une telle éventualité. Pour l'heure, la Commission s'attelle à instruire à charge et à décharge et son rôle s'arrête là », y souligne-t-on pour que nul n'en ignore.
Ibrahima Lissa FAYE & Madior FALL