Affaire des chantiers de Thiès: Bara Tall man½uvre pour échapper à la justice / Pressions sur le juge Yakham Lèye

Affaire des chantiers de Thiès: Bara Tall man½uvre pour échapper à la justice / Pressions sur le juge Yakham Lèye

Lorsque l'on commet une faute, on doit en assumer les conséquences. Bara Tall, patron de l'entreprise Jean Lefèbvre Sénégal ne semble pas pour sa part convaincu de cette évidence, et il man½uvre en coulisses, comme à son habitude, pour se soustraire des poursuites qui seront fatalement engagées contre lui. Auteur des surfacturations massives notées par le rapport de l'Inspection générale d'Etat dans l'affaire des chantiers de Thiès, cet homme courageux menace de dévoiler des « choses » sur Karim Wade, le fils du président de la République, s'il venait à être inquiété par la justice.
L'homme se sait traqué, coincé, rattrapé par les pratiques qui l'ont enrichi depuis l'époque du Parti socialiste. Et pour se tirer d'affaire, il n'argumente pas. Ses protecteurs de la presse évitent soigneusement de présenter des éléments susceptibles d'apporter la contradiction aux Inspecteurs généraux d'Etat qui ont enquêté sur le terrain et rapporté des faits troublants, qui pourraient conduire en prison tout individu, entrepreneur ou ministre convaincu d'avoir procédé à de telles pratiques, interdites par la loi et réprimées par des peines de prison. Plutôt donc que de réfuter les accusations de l'Ige par des arguments solides, des faits, des chiffres, Bara Tall met en action des marabouts, fait intervenir sa presse qui distille de fausses informations et, en désespoir de cause, use maintenant de menaces contre des autorités ou contre le fils du président de la République afin d'échapper au sort peu enviable qui l'attend s'il est reconnu coupable par les tribunaux qui auront à le juger. Quels « scandales » inventera-t-il pour jeter le discrédit sur Karim Wade et d'autres personnalités de l'Etat ? Pourquoi au lieu de répondre aux accusations par des arguments juridiques il préfère jeter la pierre à des gens qui n'ont rien à voir avec l'affaire des chantiers de Thiès ? Pourquoi sa presse veut-elle mettre en cause tous les entrepreneurs qui ont bénéficié de ces chantiers alors qu'il est le plus grand responsable, lui qui a bénéficié de la moitié de la totalité du marché et qui est l'auteur des surfacturations les plus inouïes ? Dans certains milieux on laisse d'ailleurs entendre que la plupart des grosses entreprises qui ont obtenu des marchés dans cette vaste escroquerie ne servaient que de faire valoir, histoire de faire croire aux Sénégalais que tous ont eu leur part du gâteau. La réalité est toute autre : Si Idrissa Seck avait pu tout offrir à Bara Tall, son collègue dans le conseil municipal de la ville de Thiès, il n'aurait sans doute pas hésité. Aussi, pour éviter d'être taxé de partialité, il a fait « goûter » de gros calibres afin que, lorsque le « deal » en arrivera un jour à « éclater », l'on puisse mettre tous les 44 entreprises dans le même sac. Mais il n'en sera sûrement pas ainsi car chacun devra payer à la mesure de la faute commise. Si une entreprise comme Sattar, par exemple, est accusée d'avoir fait des surfacturations de l'ordre de 70 millions, ce sont pas moins de 12 milliards de surfacturation qui sont à mettre à l'actif du seul Bara Tall. Doivent-ils être traités de la même manière par le juge ? Assurément non. Une faute est une faute, certes, mais le vol d'un poulet ne peut être jugé de la même manière qu'un hold up dans une banque. En conséquence, malgré toutes les man½uvres indignes mises en ½uvre par le patron de JLS, malgré toutes les menaces contre Karim Wade, malgré les milliards qu'il serait prêt à mettre sur la balance pour échapper à son sort, Bara Tall sera jugé. Par les hommes et par Dieu, sauf si l'enfer se transforme en glacier.
Serigne Bass Diop


Pressions sur Yakham Lèye

Le juge pourrait se dessaisir du dossier Bara Tall et Cie
Si ailleurs les recommandations de Montesquieu sont devenues réalité depuis belle lurette, sous nos tropiques, le pouvoir judiciaire subit encore les assauts de l'exécutif. Et le mal persisterait encore. Car, de sources proches du dossier relatif aux chantiers de Thiès, on laisse entendre que le juge d'instruction chargé d'entendre les entrepreneurs épinglés par le rapport de Mme Nafissatou Ngom Keïta est vraiment sous pression. Les tentatives de l'empêcher de traiter le dossier en toute indépendance seraient telles, que Yakham Lèye serait sur le point de le retourner au Doyen des juges. En guise
d'avertissement, le juge d'instruction du 5è cabinet pourrait ne pas entendre ce matin, comme programmé, le principal mis en cause dans cette affaire : Bara Tall, le directeur de l'entreprise Jean Lefevre Sénégal (Jls). Dernièrement, une autorité de la République a été aperçue au Bloc des Madeleines. Coïncidence ou démarche occulte, c'était le jour où le principal entrepreneur mis en cause par le rapport de l'Ige sur les chantiers de Thiès, Bara Tall, devait se présenter devant le juge d'instruction du 5ème cabinet chargé du dossier. De sources proches du juge Yakham Lèye, on laisse entendre que depuis que l'audition du directeur de l'entreprise Jls a été programmée, les « pressions s'amplifient sur le cinquième cabinet ». Parce que le juge, fort du rapport de l'Ige « confirmé » d'une part par les six experts cités dans le rapport, qu'il a entendus la semaine dernière, et d'autre part par les « aveux » de Bara Tall lundi dernier devant la commission d'instruction de la Haute cour de justice, n'attendrait que son face à face avec l'entrepreneur accusé d'une surfacturation jamais égalée, pour lui décerner un mandat de dépôt. Une mesure préventive, selon nos sources, pour « soustraire » les dizaines d'entrepreneurs mêlés au dossier de « toutes pressions et menaces ». Ils en feraient l'objet. Nos sources renchérissent que le juge Lèye tient à son indépendance. Non seulement il l'aurait fait comprendre « à qui de droit », mais il aurait également « menacé », si les pressions sur lui ne cessaient, de « se démettre » du dossier en le retournant purementet simplement à la Doyenne des juges, Mme Seynabou Ndiaye Diakhaté, qui le lui avait imputé. Décidé à conserver son indépendance, le juge d'instruction, pourrait « en guise d'avertissement », poursuivent nos sources, ne pas entendre ce matin le sieur Bara Tall « comme programmé ». Les ennemis de la bonne gouvernance et de la justice triompheront-ils encore ? C'est l'une des nombreuses questions que soulève le dossier des chantiers ouverts et réalisés à Thiès, à l'occasion de la célébration du quarante quatrième anniversaire de l'indépendance du Sénégal. Rappelons que Mme Nafissatou Ngom Keïta et ses deux co-équipiers imputent au patron de Jls une irrégularité financière de près de quatorze milliards. Une quarantaine d'autres entrepreneurs sont également accusés par le célèbre rapport de l'Ige.
Alioune Badara DIALLO loffice.sn 30/11/2005__01/12/2005
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# Posté le jeudi 01 décembre 2005 07:14

Modifié le vendredi 02 décembre 2005 05:49

Chantiers de Thiés : Bara Talla repasse devant la Haute Cour de justice

Chantiers de Thiés : Bara Talla repasse devant la Haute Cour de justice
Chantiers de Thiés : Bara Talla repasse devant la Haute Cour de justice

Bara Tall, le patron de l'Entreprise Jean Lefèvbre Sénégal (Ejls), sera à nouveau entendu ce vendredi par la commission d'instruction près la Haute Cour de justice. Ce sera pour la seconde fois que l'homme d'affaires passe devant Cheikh Tidiane Diakhaté, président de ladite commission, qui l'avait auditionné lundi dernier sur l'affaire dite des chantiers de Thiès. Selon des sources judiciaires, lors du précédent passage de Bara Tall devant la commission, celle-ci n'avait pu épuiser tous les points retenus à l'ordre du jour, nonobstant une séance marathon.
L'Ejls dirigée par Bara Tall s'était vu octroyer par l'ex-Premier ministre, Idrissa Seck (alors que celui-ci n'en avait plus les prérogatives), selon les rapports de l'Inspection générale d'Etat, un marché d'un montant de 14 milliards de francs Cfa relatif aux volets routiers, éclairage public et Btp. Il est reproché à Ejls, selon toujours le rapport de l'Ige, des surfacturations d'un montant de 12 milliards de francs Cfa et la sous-traitance de marché. Sur tout cela, Bara Tall, qui a eu à rejeter ces accusations lors de son audition par l'équipe de Nafi Ngom Keïta, devra convaincre le juge et édifier l'opinion.

Bara Tall devait être entendu, mercredi dernier, par le juge du 5e cabinet d'instruction. Mais, finalement, cette audition n'a pas eu lieu. Certaines sources avaient avancé, comme prétexte du renvoi, des pressions qu'auraient subies par le juge Yakham Lèye. A les en croire, de hautes personnalités, tant au niveau étatique que dans certains milieux maraboutiques, ont fait des pieds et des mains pour demander le blanchiment pur et simple du patron d'Ejls. Mais, d'autres sources avancent des raisons différentes de celles-là. Selon elles, c'est la commission d'instruction qui avait demandé au juge du 5e cabinet d'attendre qu'elle en termine avec Bara Tall avant qu'il ne l'auditionne. Toujours relativement à l'affaire des chantiers, on annonce l'audition par le juge du 5e cabinet de l'ex-chef du Sage du ministre du Patrimoine bâti, Salif Bâ.

A. DIOUF (Walfadjiri 02/12/2005)

COMMISSION D'INSTRUCTION DE LA HAUTE COUR DE JUSTICE: Des juges-enquêteurs « libres » (Sud Quotidien 02/12/2005)

Le président de la République et son ministre d'Etat, Garde des sceaux, ministre de la Justice semblent avoir été hors du coup dans la composition de la Commission d'instruction de la Haute cour de justice instituée pour connaître de l'affaire dite des chantiers de Thiès-2004 et des autres chefs d'accusation mettant en cause l'ex-Premier ministre, Idrissa Seck ainsi que l'ancien ministre de l'Habitat, Salif Bâ. Si Cheikh Tidiane Diakhaté est le président d'office de cette commission grâce à son statut de 1er président de la Cour d'appel de Dakar, ses collègues ont été eux, désignés par leurs pairs à l'occasion de l'Assemblée générale de la Cour d'Appel de Dakar. Ils semblent donc être des juges « libres », n'ayant des comptes à rendre qu'à leur profession et à leur conscience. Ils ne sont liés en tout cas que par les faits probants à charge et à décharge, qu'ils mettront à jour par leur enquête.

Si la mise en accusation par l'Assemblée nationale de l'édile de Thiès, ex-Premier ministre du Sénégal, Idrissa Seck ainsi que l'ancien ministre de l'Habitat, Salif Bâ dans l'affaire dite des chantiers de Thiès-2004 l'a été en grande partie, par le fait de la majorité parlementaire libérale au pouvoir, l'Exécutif quant à lui, semble hors du coup dans la composition de la Commission d'instruction de la Haute cour de justice. Cette commission composée uniquement de hauts magistrats de la Cour d'appel de Dakar, paraît ainsi être hors du giron du Garde des sceaux, ministre de la Justice et par voie de conséquence du pouvoir exécutif. Le président de ladite Commission, le haut magistrat, Cheikh Tidiane Diakhaté l'étant d'office à cause de son statut de 1er président de la Cour d'Appel de Dakar. Ses collègues ont été quant à eux, désignés par leurs pairs lors de l'Assemblée générale de la Cour d'Appel. Les hauts magistrats instructeurs semblent par ce fait, « libres » de toute pression de l'Exécutif ou du régime en place. Tout comme, ils doivent l'être pour le camp mis en cause. En tout état de cause, ils devront pouvoir instruire à charge et à décharge en « toute liberté ». Instruction qui s'opère sans tambours ni trompette depuis l'installation de la commission.

On apprend par ailleurs, de sources proches des milieux judiciaires, que les juges désignés par l'Assemblée générale de la Cour d'Appel de Dakar pour être membre de la Commission d'instruction, « sont des magistrats rétifs aux injonctions de quelques bords que ce soient. Ils sont crédités d'une bonne moralité et d'une indépendance d'esprit et de jugement au niveau des tribunaux ».

Des profils de l'emploi

Cheikh Tidiane Diakhaté : Le 1er président de la Commission d'instruction est en terrain connu. L'homme débute en effet, sa carrière judiciaire dans l'instruction. Dès sa sortie de l'école supérieure de magistrature, il sert comme juge d'instruction à Diourbel pendant plusieurs années, avant d'être nommé à la tête du tribunal régional de Ziguinchor. Poste qu'il quitte pour occuper celui de Doyen des juges d'instruction du tribunal hors-classe régional de Dakar. Le pensionnaire d'alors du 1er cabinet d'instruction, poste qu'occupe actuellement son épouse, Mme Seynabou Ndiaye Diakhaté, y restera pendant 7 ans. A ce titre, il a eu à connaître et à instruire à charge et à décharge de « grandes affaires », notamment, l'affaire Me Babacar Sèye, celle de Abel Korban, ou encore l'affaire dite des « policiers du Boulevard du Centenaire » pour n'en citer que ceux-là. Attaché comme qui dirait à l'instruction, tout en montant d'un palier dans le grade, il devient 1er président de la Chambre d'accusation de la Cour d'appel de Dakar pendant 5 ans. Une incursion au Conseil d'Etat et à la Cour de Cassation lui permet de « respirer » un moment et de s'alléger des instructions interminables. Mais, c'était pour y revenir encore. Nommé en effet, 1er président de la Cour d'Appel de Dakar depuis un an et demi, le voilà, grâce à son statut à la tête de la Commission d'instruction de la Haute cour de justice.

Lamine Coulibaly : Le vice-président de la Commission, est un pénaliste reconnu par ses pairs. N'est-il pas en effet, membre du Comité de coordination de la Commission pour la réforme du Code pénal et du Code de procédure pénale qui continue de plancher sur les textes fondamentaux avant de soumettre ses conclusions au législateur ? Le haut magistrat Lamine Coulibaly désigné par l'Assemblée générale de la Cour d'Appel, est le plus ancien dans le grade des membres titulaires de ladite commission. A ce titre, il occupe donc, la vice-présidence de la Commission, bien que, selon des juristes interrogés, « la collégialité est de mise à ce niveau ».

N'empêche, Lamine Coulibaly a été également juge d'instruction à ses débuts, curieusement à Diourbel pendant cinq ans également. Avant d'atterrir à Saint-Louis comme président du tribunal régional pendant cinq ans. Le formateur à l'Université Cheikh Anta Diop et à l'école supérieure de la magistrature a dirigé aussi le tribunal régional de Thiès, puis la chambre correctionnelle de la Cour d'Appel de Kaolack, avant de regagner la capitale où il est président de chambre à la Cour d'appel de Dakar. Celui qui vient de rendre un « arrêt » motivé d'incompétence sur l'affaire Habré, semble être ainsi en terrain connu, celui de l'instruction.
Doudou Ndiaye : Le haut magistrat, Doudou Ndiaye ne sera point dépaysé en compulsant les comptes de Thiès-2004. L'ancien Directeur des Nouvelles éditions africaines (Nea), a en effet, fait ses classes et une bonne partie de sa carrière à la Cour de vérification des comptes des établissements publics, parapublics et des sociétés nationales.

Bara Niang : Ce magistrat grand amateur de football, ancien membre de la Fédération sénégalaise de football où il s'occupait de la Commission de qualification et de pénalité (Cqrp) dans les années 1990, s'est aussi beaucoup investi dans les mouvements de masse, notamment les Navétanes. Mais, le haut magistrat qui a eu à diriger le 6ème cabinet d'instruction du tribunal hors-classe régional de Dakar après un passage comme 1er président du tribunal régional de Louga a été aussi pendant une bonne dizaine d'années, Secrétaire général adjoint du gouvernement du Sénégal. L'homme semble ainsi outillé pour connaître des textes administratifs et du fonctionnement de l'administration centrale. Sa position stratégique de l'époque lui a assurément permis de connaître des marchés publics et des textes les régissant. Pénaliste également, il est actuellement président de la chambre correctionnelle de la Cour d'appel de Dakar.

Henri Grégoire Ndiaye : Le quatrième membre titulaire de la Commission, a été le « patron » pendant cinq ans du 2ème cabinet d'instruction du tribunal régional hors-classe de Dakar du temps où son actuel président de Commission était le doyen des juges d'instruction. Un tour à Ziguinchor comme président du tribunal régional l'éloigne un peu de l'instruction, avant que, montant certes de grade, il n'atterrisse comme président de la chambre d'accusation de la Cour d'Appel de Dakar. Henry Grégoire Ndiaye est crédité d'une bonne connaissance de l'instruction comme ses pairs.

Tous ces hauts magistrats qui ont des suppléants désignés également par l'Assemblée générale de la Cour d'Appel, parmi lesquels, le juge André Bob Sène, semblent déterminer, selon des sources proches des milieux judiciaires, « à instruire à charge et à décharge » en toute indépendance. Espérons-le pour le Sénégal et ses citoyens qui ne demandent qu'à connaître la vérité dans cette affaire qui pollue l'atmosphère du pays depuis son déclenchement.

Madior FALL
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# Posté le vendredi 02 décembre 2005 05:47

AFFAIRE DES COMPTES BANCAIRES DECOUVERTS A L'ÉTRANGER: Idrissa Seck nie l'existence de l'argent et charge Me Boucounta Diallo

AFFAIRE DES COMPTES BANCAIRES DECOUVERTS A L'ÉTRANGER: Idrissa Seck nie l'existence de l'argent et charge Me Boucounta Diallo
AFFAIRE DES COMPTES BANCAIRES DECOUVERTS A L'ÉTRANGER: Idrissa Seck nie l'existence de l'argent et charge Me Boucounta Diallo

L'affaire des comptes bancaires de l'ancien Premier ministre Idrissa Seck découverts à l'étranger notamment en France par les enquêteurs continue de faire couler beaucoup de salive tant dans les grand-places, dans les cercles du palais que dans l'entourage immédiat du mis en cause. Selon des sources dignes de foi et proches de l'ancien Premier ministre, celui-ci, après la publication par le quotidien Walfadjri de ses différents comptes bancaires éparpillés dans le globe et dans lesquels auraient transité pas moins de quarante-quatre (44) milliards de nos francs, a vite fait de démentir l'information devant son entourage.
L'ancien Premier ministre et pensionnaire de Reubeuss, entré dans une colère noire, selon ces mêmes sources, à la lecture du papier de notre confrère, s'en serait vivement pris à son avocat, Me Boucounta Diallo, coordonnateur du Collectif pour sa défense. “Idrissa Seck, soutiennent nos sources, n'a pas apprécié la sortie de Me Boucounta Diallo qui a affirmé dans les colonnes de Walf et sur les ondes des radios de la place que l'argent en question provient des fonds politiques de la présidence”. Ces fonds politiques, avait soutenu Me Diallo, ont été confiés à Idrissa Seck par le président de la République. Idrissa Seck serait d'autant plus en colère que “la déclaration maladroite” de son avocat l'enfonce davantage si l'on sait que les fonds politiques de la présidence, depuis l'alternance, s'élèvent à quelque quatre (4) milliards de nos francs, donc bien en dessous du montant révélé par Walfadjri. Les faucons du palais, profitant de la bourde de l'avocat de Idrissa Seck, avaient même menacé de porter l'affaire devant la justice pour amener celui-ci à prouver la véracité de ses propos.
Amadou Ly Diome (La voix du senegal 05/12/2005)
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# Posté le lundi 05 décembre 2005 09:58

Modifié le lundi 05 décembre 2005 10:08

LES MARCHÉS DE GRÉ À GRÉ ET LES SURFACTURATIONS (plus de 1 milliard, le km bitumé)

LES MARCHÉS DE GRÉ À GRÉ ET LES SURFACTURATIONS (plus de 1 milliard, le km bitumé)
LES MARCHÉS DE GRÉ À GRÉ ET LES SURFACTURATIONS ( plus de 1 milliard, le km bitumé )

Les marchés de gré à gré et les surfacturations, une pratique qui ne date malheureusement pas d'aujourd'hui, vont toujours de pair. Les fameux chantiers de la ville de Thiès ne peuvent donc pas constituer une exception à cette vieille règle non écrite. La seule différence entre le présent et le passé, réside dans le fait qu'au niveau politique les dirigeants s'entendaient comme larrons en foire et faisaient tout pour éviter les couacs. La découverte d'un détournement, d'un vol ou d'une malversation crée toujours des problèmes entre les protagonistes.

La mal gouvernance et l'incurie des classes dirigeantes qui se sont succédé au pouvoir depuis l'indépendance politique à nos jours, valent aujourd'hui au Sénégal, pourtant le pays le plus développé de l'Afrique Occidentale Française (AOF) à l'aube de l'indépendance, une place peu honorable (157ème place sur 177 pays classés) dans le rapport mondial sur le développement humain ; et ce malgré la création d'une commission de lutte contre ces fléaux depuis 2003. Il est étonnant qu'au moment où les chantiers de la ville de Thiès continuent de polluer la vie politique et envahissent les médias qu'on parle encore de marché de gré à gré pour la réalisation d'un plan “Jaxxay “ évalué par son concepteur, le president Wade, à 52 millards CFA ; un plan qui doit permettre la construction par les Malaisiens de plusieurs milliers de logements gratuits, dit-on, destinés aux populations déplacées, suite aux inondations de l'hivernage 2005.

Les marchés publics, ici et ailleurs, ont souvent été la source de financement des partis politiques au pouvoir. Dans les pays développés où se pratique la surfacturation, le pourcentage se situe généralement entre 5 et 10 % de l'enveloppe financière selon les experts, alors que dans les pays sous-développés où la corruption est très développée, la proportion se situerait autour de 50 % des marchés. Cette situation est malheureusement corroborée par les conclusions de l'Inspection générale de l'Etat (IGE) sur la gestion des chantiers de la ville de Thiès. (50 % à 80% pour certains marchés selon l'IGE). Nous sommes convaincu que s'il n'y avait pas de divergences politiques, au sommet, de l'Etat, le problème des chantiers de Thiès n'aurait pas existé. Combien de chantiers, aujourd'hui et hier, ont été l'objet de surfacturation sans qu'il y ait eu problème ?

Dans une interview accordée à la revue annuelle, Bilan du monde (édition 2004), le président de l'Association des économistes irakiens, Monsieur Hila Idriss déclare : «les entreprises américaines surfacturent leurs offres, mais systématiquement, ce sont elles qui remportent les contrats au détriment des firmes locales. Les cas les plus scandaleux d'attribution de contrats, à l'exemple d'Halliburton, ont été médiatisés, mais il en existe d'autres.» On pourrait comparer, toutes proportions gardées, l'entreprise américaine Halliburton à l'entreprise, Jean Lefèbvre Sénégal (EJLS), à cause de leurs connexions étroites avec les milieux politiques, au pouvoir. La seule différence c'est que, ici, ce sont des millards de francs CFA, alors que là-bas, de l'autre côté de l'Atlantique, ce sont des millards de dollars. EJLS a raflé, selon le rapport de l'IGE, plus de 21 milliards 049475766 CFA du programme des chantiers de la ville de Thiès sur 40 milliards 618 CFA soit 46%. Il serait intéressant de comparer certains travaux exécutés par EJLS, avant et après l'alternance ; comparer aussi ses coûts avec ceux de ses concurrents Fougerolle et Consortium sahélien d'entreprises (CSE). Nous avons choisi, à dessein, de ne parler aujourd'hui que du bitumage des routes pour la simple raison que l'Etat y consacre chaque année des dizaines de milliards de francs. Le PAST (Programme d'ajustement sectoriel des transports) à coûté plus de 180 milliards Cfa. Et quel est le résultat aujourd'hui ? Les routes durent le temps d'une rose. Une bonne partie de l'argent qui a été détourné, est gardé dans des paradis fiscaux, avec la complicité, il faut le dire de certains bailleurs de fonds qui, pour des raisons diplomatiques, ne veulent pas dénoncer cet état de fait. Certains y ont intérêt parce que l'argent retourne dans leurs propres pays. Le PAMU (Programme d'amélioration de la mobilité urbaine) risque de subir le même sort si des mesures rigoureuses ne sont pas prises. Toute la classe politique qui a participé au pouvoir a sa part de responsabilité dans cette situation. Il est temps qu'elle se ressaisisse, et qu'elle ait plus pitié du peuple sénégalais, désorienté et fatigué.

1- L'élargissement de la route déjà goudronnée de Bargny à Diamniadio (6km) a été facturée par Jean Lefebvre à 6 millards 721 millions. Cette route commencée avant 2000 a été achevée après un arrêt des travaux et beaucoup de tension avec les nouvelles autorités politiques. Le prix du kilomètre de ce chantier est de 1 millard 120.166.000 CFA. C'est un financement du Fond Kowétien (FKDEA).

2- Voie de contournement Nord (VCN) de Thiès, le boulevard de Nguint et l'avenue Caen 10,6 km : coût 14 millards 847.280.358 CFA soit 1 millard 400.686.826 CFA. Quelques kilomètres plus loin, le financement du tronçon Thiès – Sindia avec toutes ses contraintes de relief (soulignées par l'IGE), a coûté 3 milliards 227 millions soit 129 millions 080 000 CFA le Km. Il a été construit par la même entrprise EJLS mais avec un financement extérieur de la Chine Taïwan. En comparaison, voici quelques autres exemples de routes bitumées qui nous édifient sur les surfacturations de EJLS dans les chantiers financés par l'Etat.

Kolda- Dianah Malary : (40km), entreprise CSE, coût : 5 milliards 835 millions soit 145 millions 875.000 CFA le kilomètre, financement (Chine T).

Diamniadio- Mbour : 42km CSE, financement Banque Africaine de Développement (BAD) coût : 10 milliards 215 millions soit : 243 millions 214.285 CFA le kilomètre.

Mbour- Fatick : 67 km, Fougerolle, financement Union Européenne (UE), coût : 10 milliards 403 millions soit 160 millions 402.985 CFA le kilomètre.

Fatick- Kaolack : 42 km EJLS, BAD-CDEAO, coût 10 millards 403 millions soit 247 millions 690.476 CFA le kilomètre.

Dianah Malary- Carrefour 22 : 22,51 km, EJLS, UE, coût : 5 millards 640 millions CFA soit 109 millions 882.352 CFA le kilomètre.

Quels sont les constatations et les enseignements que l'on peut tirer de l'exécution de ces différents marchés dont certains de gré à gré et d'autres par appels d'offres.

1. L'argent prêté par les bailleurs de fonds (UE-BAD-CDEAO-CHINE T), paraît mieux géré, les coûts étant plus raisonnables. Ces bailleurs ont, sur place, des techniciens qui contrôlent les travaux. Alors que les financements tirés du budget de l'Etat sénégalais et de Fonds arabes, sont l'objet d'énormes surfacturations et EJLS a, toujours, la part du lion pour ces marchés.

Le coût moyen du km pour les travaux exécutés par l'entreprise Jean Lefebvre (chantiers de Thiès et Bargny-Diamniadio) est de 1 milliard 260.423.413 CFA le km alors que pour les travaux financés par les bailleurs de fond (UE-BAD-CHINE) toujours exécutés par la même entreprises EJLS, le coût moyen du Km est de : 162 millions 217.609 CFA. La différence se passe de tout commentaire.

2. Pour les autres entreprises de BTP (CSE, FOUGEROLLE), le coût moyen du Km est de 194 millions 544.643 CFA pour CSE et 160 millions 402.975 CFA pour Fougerolle. Il faut souligner qu'il y a des marchés où le nombre de Km bitumés ne figure pas dans les documents officiels. C'est le cas de la voirie de Touba financée par l'Etat sénégalais et dont le coût est évalué à 2 milliards 750. On n'indique ni l'entreprise, ni le nombre de Kms réalisés.

3. Monsieur TALL est d'accord qu'il y a eu surfacturations, mais il les justifie par les surcoûts : il s'agit des frais financiers qu'il aurait supportés et qu'il a fait supporter à l'Etat. Il invoque 1 «la liberté laissée à chaque entreprise de déterminer sa marge qui peut aller de 1,2 à 1,7 indépendamment du contexte interne et externe. Pour toutes ces raisons, pour un même travail, des entreprises semblables peuvent faire des offres allant du simple au double». En parlant aussi de la sous-traitance, il soutient que « cette incidence (de la sous-traitance) se traduit par la prise en compte du prix de vente du sous-traitant qui inclut sa marge, comme son prix de revient, auquel il applique lui aussi sa marge pour avoir le prix de vente final au client qui supporte, de ce fait, une double marge. Ceci peut renchérir certains coûts de 80 à 70 % » précise-t-il. C'est clair comme de l'eau de roche, que EJLS a manifestement surfacturé tous les travaux financés par le budget de l'Etat. Et curieusement, alors que le problème des chantiers de Thiès est soumis à la justice, on lui attribue de nouveau un marché juteux, celui de l'autoroute à péage. Les contrats conclus à l'occasion des chantiers de Thiès sont, c'est le moins qu'on puisse dire, grandement déséquilibrés. S'ils ne sont pas des contrats léonins, on n'en est pas loin pour le malheur de nos finances publiques. Le monopole du bitumage par un nombre restreint d'entreprises favorise la surfacturation. Même en cas d'appel d'offres, ces grandes entreprises se partagent les marchés, en imposant leurs prix. L'ETAT devrait, par une réglementation particulière, faire une discrimination positive afin de réserver une partie des marchés publics, aux moyennes et petites entreprises (PME); par exemple, les voiries et pistes de production. D'ailleurs si cette discrimination n'avait pas existé, dans le passé, les CSE, Jean Lefebre et fougerolle ne seraient pas aussi puissantes aujourd'hui. Cette surfacturation, un véritable fléau dans les marchés publics est apparement moins importante dans le bâtiment où l'éventail des entreprises est beaucoup plus large. Il est évident que l'entreprise EJLS et les nombreuses entreprises dont certaines avaient été créées uniquement pour les travaux de Thiés, n'avaient pas prévu un conflit politique au plus haut niveau de l'Etat.

Dans un article publié dans le journal WalFadjri 2 au lendemain du limogeage de l'ancien Premier ministre Idrissa Seck (Infantilisme politique d'Idrissa Seck ou stratégie bien élaborée?) et avant la décision de l'Etat de faire auditer les chantiers de Thiès, nous avions, après avoir souligné les erreurs politiques commises par Monsieur Seck – l'une d'elle consistait à dire qu'il est très riche- estimé, à propos de ces chantiers, « qu'il sera difficile avec la législation actuelle en vigueur d'engager sa responsabilité financière, dans les dépenses effectuées. C'est, en tant que premier ministre moralement et politiquement responsable de l'action gouvernementale, qu'il aurait dû éviter le doublement de l'enveloppe financière affectée à ces travaux ». Il a, d'ailleurs, accepté cette responsabilité politique après son arrestation. Nous avions aussi, après avoir visité tous les chantiers, objet de toutes les controverses aujourd'hui, écrit que « les travaux à réaliser (routes bitumées, bâtiments et autres ouvrages) ne pouvaient, en aucune façon, valoir plus de 20 millards 2 ». L'IGE les a évalués à 20 millards 297 millions.

La gestion des chantiers de Thiès est écoeurante à plus d'un titre. N'y-a-t-on pas détruit, sans raison, la grande Poste et le nouveau cinéma Amitié ? Destructions inutiles qui ont coûté au peuple contribuable la bagatelle de 102 millions CFA. Nous pensons qu'aucun sénégalais soucieux de l'intérêt de son pays, ne peut nier qu'il y a eu malversations à Thiès. Le seul problème qui se pose à lui, est de savoir quels sont les responsables et à qui profite ce détournement de deniers publics. Les trois Inspecteurs généraux d'Etat se sont bien acquittés de leur tâche, à notre humble avis. Il faut plutôt les remercier d'avoir découvert cette grande arnaque qui prive le contribuable de ressources importantes. Certains veulent faire reposer toute la responsabilité de la mission sur les frêles épaules de Madame Nafissatou Ngom Keïta dont le seul tort est peut-être d'avoir accepté de diriger l'équipe de l'IGE. Personne n'a été blanchi ni dans le rapport de l'IGE ni dans la longue interview de Mme Keïta chef de la mission, accordé au journal Walfadjri. Il reste maintenant à la justice saisie du problème de faire, elle aussi, sa part du travail, afin de nous édifier sur les véritables bénéficiaires de cet enrichissement sans cause.

A ce jour, le contenu des rapports de l'IGE était totalement inconnu des citoyens, au nom de qui l'Etat gère les affaires publiques. C'est pourquoi sa déclassification qui permet au peuple de savoir ce qui s'est passé dans les chantiers de Thiès constitue, quoi qu'on en dise, une avancée démocratique. Elle permettra, si les résultats ne sont pas biaisés, pour des raisons politiques, comme ce fut le cas avec l'audit de la Poste en 2000, de faire éclater la vérité sur ces chantiers qui prennent tout le Sénégal en otage, depuis quelques mois.

Tout le monde se souvient de la déclaration de l'ancien Président Abdou Diouf qui demandait à ses camarades de faire revenir l'argent qu'ils avaient planqué à l'extérieur quand la loi sur l'enrichissement illicite qu'il avait pourtant fait adopter, a été mise en veilleuse. Pourquoi les dirigeants actuels auraient-ils peur d'exhumer cette loi adoptée depuis vingt cinq ans et l'appliquer dans toute sa rigueur ?

Abdoul Aziz Diagne le devoir citoyen 07/12/2005
E-mail: aadiagne262000@yahoo.fr
Ouakam Dakar
1 Cf memo en annexe N°10 du Rapport de L'IGE.
2 Wal Fadjri du 12 mai 2004
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# Posté le mercredi 07 décembre 2005 09:19

Modifié le mardi 05 juin 2007 07:12

Bara Tall a témoigné à charge contre l'ancien Premier Ministre Idrissa Seck

Bara Tall a témoigné à charge contre l'ancien Premier Ministre Idrissa Seck
COMMISSION D'INSTRUCTION SUR LES CHANTIERS DE THIES: Bara Tall livre des devis, des bons d'engagements et des factures proforma au Juge Diakhaté

La convocation reçue par Bara Tall, Directeur Général de Jean Lefebvre Sénégal, du Président de la Commission d'Instruction sur les chantiers de Thiès, le Juge Cheikh Tidiane Diakhaté a été relatée par la presse qui parlait de documents compromettants contre Idrissa Seck, Salif Bâ et Abdoulaye Diop. En réalité, le patron de Jean Lefebvre Sénégal a devant la Commission témoigné à charge contre l'ancien Premier Ministre Idrissa Seck et ses collègues Ministres. Il a également remis des devis, des bons d'engagement qu'il aurait reçu du Ministre des Finances et des factures proforma. Ces pièces à conviction enfonçaient davantage les trois Ministres impliqués dans les chantiers de Thiès qui ont tous donné un avis favorable pour tous les marchés octroyés à Bara Tall.

Le 28 dernier, le Directeur général de Jean Lefebvre, Bara Tall a été convoqué par le Président de la Commission d'Instruction sur les chantiers de Thiès, le Juge Cheikh Tidiane Diakhaté. Devant cette juridiction incompétente pour juger les entrepreneurs, Bara Tall avait livré des documents divers au Juge. Il y était en qualité de témoin sur cette affaire. Bara Tall a été cité dans le rapport de l'Ige présenté par Mme Nafy Ngom Keïta et son équipe, par conséquent, sa présence devant les Magistrats de cette cour pour apporter des compléments d'information sur l'éventuelle saisie de l'Assemblée Nationale pour le vote de la mise en accusation de Abdoulaye Diop, a été instructive. Depuis l'audition de Nafy Ngom Keïta, les Magistrats de la Commission sont à la recherche d'éléments de preuve sur l'implication du Ministre des Finances.

Seule la Commission d'Instruction est aujourd'hui habilitée à saisir les parlementaires pour demander la mise en accusation de notre argentier national si les responsabilités de ce dernier sont avérées.

Rien n'a été retenu contre Bara Tall par la Commission d'Instruction. Cette cour a été instituée pour juger exclusivement les Ministres Idrissa Seck, Salif Bâ et Abdoulaye Diop.

Bara Tall après avoir mis à la disposition de la Commission les bons d'engagement, des devis et des factures proforma, avec avis favorable de Idrissa et de Abdoulaye Diop, devrait maintenant déférer à la convocation du Juge du 5e Cabinet Yakham Lèye, seule juridiction compétente pour convoquer et entendre tous ceux qui ne sont pas ministres et qui sont impliqués dans les chantiers de Thiès, tels Bara Tall et ses collègues entrepreneurs. Les devis, les bons d'engagement, les factures proforma et les ordres de virement livrés par Bara au Juge seront minutieusement examinés par le magistrat pour dire s'ils constituent des éléments graves contre Abdoulaye Diop qui a signé et financé tous les marchés sur ordre de Idy.

Ce qui distingue les deux juridictions dirigées par Yakham Leye et Cheikh Tidiane Diakhaté, c'est que devant la Commission d'Instruction (présidée par Me Diakhaté), Bara Tall et les autres entrepreneurs ne peuvent être que des témoins, par contre au 5e Cabinet (dirigé par Me Leye), ils sont tous des acteurs, et là, l'ensemble des Ministres cités peuvent être convoqués par le Juge Yakham Leye pour témoigner. Il est également important de signaler que ni Idrissa Seck ni Salif Bâ encore moins Abdoulaye Diop en cas d'inculpation ne peuvent l'être par le 5e Cabinet. Quant à Bara Tall et ses collègues, ils peuvent être jugés devant n'importe quelle juridiction de droit commun.

Pour rappel l'Agent Judiciaire de l'Etat, Sokhna Touré a déjà déposé une plainte contre les entrepreneurs auprès du Juge du 5e Cabinet depuis la semaine dernière.

S'il y a un entrepreneur qui vraiment se frotter les mains sur les chantiers de Thiès c'est certainement Bara Tall. Par le secret de la méthode du pré-financement, il a raflé des milliards avec la complicité de l'ordonnateur et du signataire des dépenses. L'entreprise Jean Lefebvre avait décroché beaucoup de marchés dans les chantiers de Thiès. On a plusieurs fois évoqué le marché pour la construction de la Voie de Contournement Nord (Vcn) qui s'élève à environs 14 milliards de nos francs que lui aurait octroyé en catimini et non sans dessous de table, l'ancien Chef du Gouvernement Idrissa Seck, l'actuel Ministre de l'Economie et des Finances Abdoulaye Diop et Salif Bâ, ancien Ministre de la Construction. Seulement certains des marchés ont été pré-financés par Bara Tall et on se demande si la Vcn fait partie de ces marchés.

Le patron de Jean Lefebvre, a par ailleurs gagné d'autres marchés pour la voirie, l'éclairage public, l'aménagement de l'avenue Caen et la place centrale de Thiès pour un coût global de presque 18 milliards TTC. Les marchés qu'il a soutraités n'ont pas été pris en compte.

Les jours à venir, l'audition de Bara Tall amorcera le balai des entrepreneurs devant le Juge Yakham Leye.

Mouth BANE (Il est MIDI 08/12/2005)
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# Posté le jeudi 08 décembre 2005 07:55

Modifié le mardi 05 juin 2007 07:13