Les avocats de Salif Bâ ont deux lames au feu. En effet, c'est sur le dossier médical mais aussi juridique (pardi !) de leur client, que les conseils de l'ex-ministre du Patrimoine bâti et de l'Habitat comptent s'appuyer pour sortir leur client de la nasse judicaire, en décrochant en sa faveur une liberté provisoire en attendant de le faire blanchir par la justice.
Salif Bâ a été entendu hier, pendant six heures et demie, par la Commission d'instruction près la Haute Cour de justice. Après cet interrogatoire marathon, les avocats de l'ex-ministre du Patrimoine bâti et de l'Habitat comptent déposer une demande de liberté provisoire. Laquelle s'appuyera pour beaucoup sur le dossier médical de leur client, dont l'état de santé est assez précaire. D'ailleurs, les avocats de Salif Bâ avaient déjà introduit, il y a quelques jours, une demande pour la désignation d'un expert médical chargé de faire le point sur l'état de santé de l'ex-ministre du Patrimoine bâti et de l'Habitat. Les conclusions de ce dernier ont été versées au dossier du prévenu, selon Me Moustapha Diop, l'un de ses avocats qui faisait face, hier, à la presse au sortir de l'audition dans le fond de son client par la Commission d'instruction près la Haute cour de justice. Battant, en passant, en brèche les informations qui faisaient état du dépôt d'une demande de liberté provisoire pour le compte de Salif Bâ. Une requête dans ce sens sera, à en croire Me Diop, déposée incessament sur la table du président de la Commission d'instruction, Cheikh Tidiane Diakhaté. "Après une réunion du collectif des avocats de Salif Bâ prévue demain (aujourd'hui : Ndlr)", précise Me Diop. L'argument sanitaire occupera une place nodale dans la demande de liberté provisoire pour le compte de Salif Bâ. Même si ses avocats se refusent à tout commentaire sur son dossier médical, certains de ses proches qui ont eu accès à ce document n'hésitent pas à affirmer, sous le couvert de l'anonymat, que son état de santé est très préoccupant. A les en croire, Salif Bâ souffrirait d'une hypertension artérielle incompatible avec une vie en reclus. C'est, sans doute, ce qui justifie son transfert, quelques jours après son placement sous mandat de dépôt, le 22 août dernier, au pavillon spécial de l'hôpital Le Dantec, puis à la clinique Brévié de l'hôpital Principal.
En tout cas, Salif Bâ est apparu très affaibli, frappé par un coup de vieux, du fait certainement de sa maladie en venant déférer, hier, à la convocation de la Commission d'isntruction. Selon des sources qui ont pris part à cet interrogatoire, Cheikh Tidiane Diakhaté a même dû aménager des moments de pause pour permettre à Salif Bâ de reprendre son souffle. "L'interrogatoire qui a duré près de six heures trente d'horloge a été éprouvant pour l'ex-ministre du Patrimoine bâti et de l'Habitat", confient nos interlocuteurs.
L'autre argument brandi par les avocats de Salif Bâ pour sortir des nasses de la justice leur client est purement juridique. Selon Me Diop, des pièces justificatives prouvant l'innocence de son client ont été versées dans le dossier de l'ex-ministre de l'Habitat."Notre conviction de tous les jours a été confortée aujourd'hui. Et en plus de ce que nous disions, on a versé des pièces qui prouvent que Salif Bâ est totalement innocent dans cette affaire des chantiers de Thiès". Au surplus, ajoute l'avocat, "Salif Bâ a donné des réponses précises sur toutes les questions qui ont été soulevées par la résolution qui l'a envoyé devant la Haute Cour de justice".
En sus du dossier médical, la demande de liberté provisoire qui sera déposée sur la table de Cheikh Tidiane Diakhaté sera fondée sur des "contestations sérieuses".
Amadou DIOUF (Walfadjiri 27/12/2005)
L'EX-MINISTRE DE L'HABITAT ET DE LA CONSTRUCTION A LA HAUTE COUR DE JUSTICE: Le pavillon se referme sur Salif Bâ et ses secrets/Idrissa Seck, Salif Bâ et les milliards de l'Etat subtilisés (Il est MIDI 27/12/2005)
Salif Bâ est venu hier à la Haute Cour de Justice comme s'il se présentait pour un « casting d'urgence». Après quatre mois de détention, il s'est présenté à la Commission d'instruction drapé dans un caftan bleu «baxxa», des cheveux poivre et sel et transporté à bord d'une ambulance. Une attelle cervicale lui soutenant la tête. Un peu las, certes, mais la tête pleine de secrets.
Pour son audition devant la Haute Cour de Justice, il n' y a pas eu de demi mesure pour Salif Bâ. L'homme a, de 11 heures à 17 heures 36mn, répondu aux questions des instructeurs. Me Moustapha Diop à sa sortie de la Haute Cour de Justice s'est adressé aux journalistes en ces termes : « nous venons d'assister notre client Salif Bâ pour son interrogatoire au fond. L'interrogatoire s'est parfaitement bien déroulé. Il a été entendu sur toutes les questions qui ont été soulevées par la résolution qui l'a envoyé à la Haute Cour de Justice. Pour ces questions, il a donné des réponses précises et a fourni en plus des pièces justificatives quand on lui a reproché d'avoir commis tel ou tel acte. S'il l'a commis, il a reconnu l'avoir commis mais il a apporté la preuve de cet acte, ce qui nous fait dire aujourd'hui au sortir de cette instruction que pratiquement pour nous, ce dossier est terminé pour Salif Bâ et que notre conviction de tous les jours a été apportée parce qu'en plus de ce que nous disions, nous avons versé des pièces à l'appui. Donc, il est totalement innocent pour ce dossier ». Concernant sa libération provisoire, Me Moustapha Diop a clamé : « le Collectif va se réunir pour déposer le plus rapidement une demande de liberté provisoire afin d'obtenir la main levée. Une demande avait été déposée pour demander la désignation d'un expert pour se prononcer sur l'état de santé de Salif Bâ ».
Nous ne sommes pas égaux devant les épreuves et les peines. Nous ne sommes pas égaux devant la honte. Salif Bâ, l'ancien Ministre de l'Habitat qui fait l'objet d'une détention préventive dans le cadre des chantiers de Thiès en est une illustration parfaite. Alors que Idrissa Seck apparemment tient le coup, l'ex-Ministre de l'Habitat est apparu hier matin visiblement très affaibli à Mermoz-Ouest avec tous les secrets qu'il garde par devers- lui, poursuivi pour divers délits dont passation de marchés de gré à gré, non versement de prêts au compte de la Tva, prestations sans justificatifs. Jadis fringant Ministre, Salif Bâ a beaucoup grossi et vieilli. Au pavillon spécial on est alité. Quand il se passe un drame, tout le monde trinque.
Ses proches venus de Kaolack ont fondu en larmes à sa vue, l'adjoint du Maire de Kaolack Mamadou Gackou a clamé son innocence, certaines femmes qui n'ont pas pu supporter l'état dans lequel elles ont vu Salif Bâ ont préféré rebrousser chemin. D'autres amazones ont préféré rester.
Les avocats de Salif Bâ sont au nombre de neuf. Nul n'est censé ignorer la loi et cette justice froide et souveraine a besoin de Salif Bâ pour dénouer les écheveaux de l'affaire des chantiers de Thiès.
Pape Demba Diop
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Salif Bâ entendu dans le fond sur les affaires des chantiers nébuleux de Thiès
Idrissa Seck, Salif Bâ et les milliards de l'Etat subtilisés
Hier, presque toute la journée, pendant plus de six heures de temps, l'ancien Ministre de l'Habitat du Sénégal, M. Salif Bâ a été entendu sur le fond par rapport aux manquements constatés par l'Inspection générale d'Etat (IGE) dans les chantiers de Thiès. Me Moustapha Diop à la tête des neuf ( 9) avocats commis pour sa défense a tenu à sa sortie d'audience le discours ci-après : «Il a donné des réponses précises et des pièces justificatives...Notre conviction de tous les jours est qu'il est innocent !...Notre Collectif va se réunir afin de déposer une demande de mise en liberté provisoire !».
Mais les juges désignés pour trancher dans cette affaire Salif Bâ se sont-ils une seule fois demandé comment celui-ci a pu être maintenu à la tête du Programme de construction et de réhabilitation du patrimoine bâti de l'Etat ( Pcrpe) pendant plus d'une décennie. C'est vrai que Salif Bâ était l'homme de confiance de l'ancien Président Abdou Diouf. A cette époque de gestion néo-colonialiste et néo-socialiste, M. Salif Bâ y faisait la pluie et le beau temps. Tous les marchés étaient automatiquement attribués à la clientèle de L'UPS/PS. Combien sont-ils à s'être enrichis sans avoir été jusqu'ici inquiétés ? Et pourquoi justement M. Idrissa Seck a tenu à conserver un tel homme aussi mouillé dans la mauvaise gestion des néo-socialistes dans les attelages gouvernementaux du Président Wade ? Tenez, saviez-vous que lors de la dernière organisation du Sommet de l'Organisation de la conférence islamique ( OCI) en 1991 au Sénégal, pratiquement tous les comptes étaient logés au Pcrpe et sans qu'on ne sache, jusqu'à cet instant où vous lisez cet article, comment une telle aberration a pu se faire ? En ce temps, l'actuel fringuant opposant qui danse du «SABAR», M. Ousmane Tanor Dieng était le Monsieur OCI. M. Wahab Talla son adjoint et le chef de la loge maçonnique de Dakar, le Sénégalais d'origine béninoise, M. Armand Agboba, architecte-Conseil du Président Abdou Diouf, le maître d'½uvre. C'était alors le temps de partage des gâteaux. Hein M. Babacar Néné Mbaye, M. Mbaye Sidy Mbaye, M. M. Bakhoum, vous en savez un bout non ? Les tapis persans et les Mercedes toutes options gracieusement offertes après le marché conclu avec pots de vin, vous vous en souvenez non ?
«L'ancien Premier Ministre Idrissa Seck a fait coopter M. Salif Bâ pour la bonne et simple raison qu'il savait que ce dernier pouvait l'aider à s'enrichir très facilement grâce à sa fabuleuse expérience des rouages de l'Administration »., nous confiait récemment un doyen du Pds. Et le résultat scandaleux a été constaté de main de maître par les spécialistes désignés par l'Etat du Sénégal. Evidemment les sieurs Idrissa Seck, Salif Bâ n'étaient pas seuls. Abdoulaye Diop, Hadjibou Soumaré, les 44 entrepreneurs recensés, ceux non domiciliés régulièrement et qui courent toujours et tous les autres complices devraient être aujourd'hui interpellés. Il y va de la crédibilité de l'Etat dont Me Wade qui a placé le premier mandat après le Tsunami du 19 mars 2000 sous le signe de la TRANSPARENCE. «Même si mon propre fils (Amadou Karim Wade) détournait, je le ferais déférer », a-t-il pris l'engagement sous serment.
Maintenant, il est temps d'en finir avec toutes ces histoires de faux, usages de faux, de détournements et de concussions qui n'ont que trop duré.
Abdel Karim AÏDARA
APRES SON AUDITION SUR LE FOND: Salif Ba retrouve son lit d'hôpital
(Sud Quotidien 27/12/2005)
Son face à face hier, lundi 26 décembre, avec les magistrats de la Commission d'instruction de la haute cour de justice pour les besoins de l'audition sur le fond au sujet de l'Affaire dite des « Chantiers de Thiès », ne lui a pas permis de retrouver la liberté. Salif Bâ, l'ancien ministre de l'habitat, est retrouve son lit du pavillon spécial de l'hôpital le Dantec. Il est apparu très affaibli hier, mais la présence de quelques-uns de ses partisans lui a donné du réconfort. Ses avocats envisagent de déposer une demande de liberté provisoire dans les jours qui viennent.
L'ancien ministre de l'habitat, Salif Ba est retourné en prison(pavillon spécial de l'Hôpital le Dantec) hier, lundi 26 décembre, après plusieurs d'heures d'audition sur le fond devant les magistrats de la commission d'instruction de la Haute cour de justice. Une audition qui lui permis, selon l'un de ses avocats, Me Moustapha Diop, d'apporter la preuve de son innocence. « Il (Salif Bâ) s'est expliqué en détail sur tous les chefs d'accusation portés contre lui depuis la résolution jusqu'à ce jour. Il a également apporté, à l'appui de ces explications, des pièces justificatives sur chaque acte qu'il a pris en tant que ministre ou en tant que Directeur du Pcrpe. Notre client a apporté l'élément légal qui lui permet de prendre cet acte-là.
», soutient l'avocat.
En effet, l'élément nouveau apporté hier, ce sont les pièces que la partie plaignante a présenté pour justifier ce que le mis en cause a toujours dit. Et Me Moustapha Diop de préciser qu'aucune nouvelle audition n'a, pour l'heure, été porté à la connaissance de son client.
Le collectif des avocats de l'ancien ministre de l'habitat projette sous peu d'introduire une demande de liberté provisoire : « On ne nous a pas signifié une nouvelle audition en ce qui le concerne.
Si jamais il devait y avoir une nouvelle audition, nous voudrions que ça le trouve déjà en liberté, car dès demain (Ndrl : ce mardi 27 décembre) nous allons nous réunir pour déposer le plus rapidement possible une demande de mise en liberté provisoire pour contestation sérieuse », souligne Me Moustapha Diop.
Rappelons que Salif Bâ est apparu très affaibli. Quelques uns de ses partisans ont fait le déplacement pour lui apporter soutien.
L'ancien ministre est depuis plusieurs semaines au pavillon spécial de l'Hôpital le Dantec, pour raison de santé.
Bacary Domingo MANE