AFFAIRE IDRISSA SECK - BANQUIERS ET TIREURS DEVANT LA COMMISSION D'INSTRUCTION : La partie des chèques.[/

AFFAIRE IDRISSA SECK - BANQUIERS ET TIREURS DEVANT LA COMMISSION D'INSTRUCTION : La partie des chèques.
CHANTIERS DE THIES - Des témoins sur la gestion des fonds politiques en début de semaine : Risques de déflagrations sur la République.
Effets collatéraux de la dernière audition dans le fond de l'ex-Premier ministre, Idrissa Seck, devant la Commission d'instruction de la Haute Cour de Justice qui s'était déroulée le 11 novembre 2005. Une flopée de cadres plus ou moins dans le secret des comptes politiques défilera en début de semaine devant les juges d'instruction, avec des risques de déflagrations politico-judiciaires sur la République, au regard du profil des témoins : éléments de l'espace présidentiel et responsables de comptes dans des banques.

L'audition quasiment secrète de l'ex-Premier ministre Idrissa Seck, le 11 novembre dernier, devant la Commission d'instruction de la Haute Cour de Justice, sur les chantiers de Thiès, relève un coin du voile sur cette rencontre au terme de laquelle rien n'avait filtré. Toutefois, on se fait maintenant une idée plus ou moins précise, du moins sur un aspect essentiel de ce face-à-face entre Idrissa Seck et les juges d'instruction chargés du dossier relatif aux chantiers de Thiès. En effet, de sources concordantes proches de ce dossier, le gendarme Huchard, celui-là, dont l'identité et le rôle avaient été révélés par l'ex-Premier ministre dans son célèbre Cd, sera entendu par la Commission d'instruction de la Haute Cour de Justice, le lundi 16 et le mardi 17 janvier. Si les juges ont jugé nécessaire de le convoquer et de l'entendre, à titre de témoin, c'est précisément en raison du rôle qu'il aurait joué dans la récupération des chèques au niveau du trésor public, pour le compte de la présidence de la République. Sa rencontre avec les juges d'instruction sera probablement mise à profit pour l'interroger sur sa mission concernant les tractations financières liées à la gestion des fameux fonds politiques qui se sont invités dans l'affaire des chantiers de Thiès.

Autre «hôte de marque» de la Commission d'instruction de la Haute Cour de Justice, les 16 et 17 janvier prochains : Victor Kantoussan. Ce dernier, qui va être auditionné, lui aussi à titre de témoin, est le garde du corps du fils du président de la République, Karim Wade. Dans l'une de ses notes, Souleymane Jules Diop, ex-conseiller en communication de Idrissa Seck, avait révélé que c'était le garde du corps de Karim Wade qui avait retiré 600 millions, «au nom du secrétariat général de la Présidence».

D'ailleurs, nos confrères du quotidien Wal Fadjri du 12 novembre 2005 avaient rapporté les déclarations faites, à ce propos, par Idrissa Seck, lors de son audition par les juges d'instruction. L'ex-Premier ministre avait présenté Victor Kantoussan, comme celui au nom de qui Karim Wade endossait les chèques.

Ce n'est pas tout. Il y aura aussi un certain Birame Thiam, secrétaire de l'administration générale et de l'équipement (Sage) qui sera entendu, toujours à titre de témoin, par la Commission d'instruction. Des chèques auraient été endossés en son nom.

AU FOND, LES FONDS POLITIQUES

En plus ce haut fonctionnaire, deux cadres, responsables de comptes dans deux banques de la place feront face aux juges de la commission d'instruction. Il s'agit notamment d'un responsable de l'agence de la Sgbs, sise au Point E, qui sera entendu le 17 janvier, et un autre de la Cbao siège, une banque appartenant au richissime homme d'affaires, Jean-Claude Mimeran. Comme les autres témoins, ils doivent apporter leur part de lumière sur les chèques concernant les fonds politiques.

Il faut préciser que lors de son audition dans le fond, le 11 novembre, l'ex-Pm, Idrissa Seck, s'était catégoriquement insurgé contre des accusations de détournement de 1,200 million d'euros que le Koweït aurait offert au Sénégal et qui aurait été utilisé comme «fonds diplomatiques».

«Selon Idrissa Seck, rapporte une source qui s'était confiée à Wal Fadjri, ce montant avait été directement remis à l'époque au président Abdoulaye Wade qui l'aurait fondu dans ses fonds politiques». Il a été également question de «2 milliards de créances que Me Wade aurait contractées auprès de la Cbao». Idrissa Seck avait laissé entendre que ces 2 milliards «ont été totalement remboursés par le biais des fonds politiques». C'est dire donc que les juges d'instruction auront une autre séance d'explication, après l'audition de Salif Bâ, l'ex-ministre de l'Habitat, de la Construction et du Patrimoine bâti. Une séance d'explication qui pourrait, selon les confidences d'un proche du dossier, avoir des ramifications internationales, avec des banquiers français à entendre à titre de témoins.

Autre rappel qui ne manque pas d'importance dans ce dossier : la déclaration de l'ex-Pm à propos des comptes ouverts à l'extérieur. A ce niveau, il aurait précisé aux juges : «Il n'y a que Wade et moi qui savons». Il avait aussi indiqué, à propos des fonds politiques : «Les comptes ouverts au nom du secrétariat général de la présidence de la République ont été clôturés à mon départ pour la Primature au nom de laquelle, ils ont été rouverts sur ordre de Me Abdoulaye Wade. Et lorsque j'ai quitté cette station, le président avait de nouveau demandé à ce que ces comptes soient clôturés et transférés à la présidence».
Ça promet des détonations politiques et judiciaires qui risquent d'atteindre de gros bonnets de la République !
Soro DIOP lequotiien 13/01/2006
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# Posté le vendredi 13 janvier 2006 10:43

Chantiers de Thiés : Me Wade et Macky Sall cités à témoin

Chantiers de Thiés : Me Wade et Macky Sall cités à témoin
Dans l'acte d'accusation qui a envoyé Idrissa Seck devant la Haute Cour de justice, il est fait mention de six comptes qu'il aurait détournés. Et c'est sur ces comptes que les avocats de l'ancien Premier ministre veulent que le président de la République soit entendu, après les révélations de leur client devant la Commission d'instruction. Dans leur demande d'audition à titre de témoin, ils ont également cité Macky Sall, mais en sa qualité de responsable du comité de pilotage chargé du contrôle et du suivi des travaux des chantiers de Thiès.

Les avocats d'Idrissa Seck avaient menacé de citer à témoin le président de la République, Me Abdoulaye Wade pour les faits liés aux fonds politiques greffés au dossier dit des chantiers de Thiès. Ils ont mis leur menace à exécution. Les conseils d'Idrissa Seck ont, en effet, déposé depuis le 23 décembre dernier (date de la dernière audition d'Idrissa Seck devant la Commission d'instruction) sur la table de Cheikh Tidiane Diakahaté une demande à faire comparaître à titre de témoin du chef de l'Etat. Et les conseils de l'ex-Premier ministre souhaitent qu'il soit entendu sur les fonds politiques pour lesquels leur client a laissé entendre qu'il ne faisait que les gérer pour le compte du président Wade. Gérer, selon l'entendement d'Idrissa Seck qui l'a précisé, dans le procès-verbal d'une de ses auditions, signifiait "recevoir des sommes et les distribuer, sur instruction du président de la République, à lui-même, à son épouse, aux ministres de souveraineté, aux ministres simples, à de hauts magistrats, à des généraux, etc". Par conséquent, nul, selon les conseils d'idrissa Seck, ne peut mieux que le président Wade apporter des éclairages sur la gestion des fonds politiques.
Les avocats d'Idrissa Seck ont aussi demandé l'audition, par la commission d'instruction, du Premier ministre, Macky Sall. Et ils souhaitent qu'il soit entendu en sa qualité de responsable du comité de pilotage chargé du contrôle et du suivi des travaux des chantiers de Thiès. A ce titre d'ailleurs, le Premier ministre, à l'époque ministre de l'Intérieur, avait eu à effectuer des visites guidées sur le terrain pour se rendre compte de l'état d'avancement des travaux.

Avec cette nouvelle donne, Idrissa Seck vient d'abattre une carte maîtresse dans le cadre du dossier des chantiers de Thiès. Reste à savoir si le président Wade et le Premier ministre Macky Sall accepteront de déférer à la convocation du président de la Commission d'instruction, si tant est que celui-ci daigne leur envoyer une convocation.

Amadou DIOUF walf.sn 16/01/2006
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# Posté le lundi 16 janvier 2006 06:21

Annonce d'un non-lieu pour Idrissa Seck: La présidence dénonce des man½uvres visant à déstabiliser l'Etat

Annonce d'un non-lieu pour Idrissa Seck: La présidence dénonce des man½uvres visant à déstabiliser l'Etat
Annonce d'un non-lieu pour Idrissa Seck: La présidence dénonce des man½uvres visant à déstabiliser l'Etat /
Sources d'approvisionnement des fonds politiques : L'ancien Premier ministre lève un coin du voile /
Affaire des chantiers de Thiès : Le garde du corps de Karim Wade a touché 5 milliards de fonds politiques.../



Annonce d'un non-lieu pour Idrissa Seck: La présidence dénonce des man½uvres visant à déstabiliser l'Etat (L'Observateur 17/01/2006)

Face au rumeurs les plus folles sur un probable non-lieu en faveur de l'ancien Premier ministre et sur le retour de ce dernier dans les rangs du Pds, la présidence de la République est montée au créneau. Pour démentir et dénoncer des informations dont le seul but serait de diviser la formation politique du Chef de l'Etat et d'affaiblir les institutions de la République. Quant aux avocats de Idrissa Seck, ils se réunissent aujourd'hui pour faire face à la nouvelle situation. Certains conseillers du Président de la République sont dans tous leurs états. Après la circulation de certaines informations faisant état d'une probable relaxe de Idrissa Seck inculpé pour atteinte à la sûreté de l'Etat et à la défense nationale. Au niveau du cabinet du Chef de l'Etat, les démentis fusent de partout, accompagnés d'une dénonciation de « man½uvres sordides visant à décrédibiliser les institutions de la République ». Pour Souleymane Ndéné Ndiaye, ceux qui véhiculent de telles informations ne sont que des colporteurs de rumeurs dépourvues de tout crédit. Le directeur de cabinet du Président de la République pense que Me Wade n'a pas le pouvoir d'inculper ou de disculper. Lui emboîtant le pas, Pape Samba Mboup s'en prend à « des forces tapies dans l'ombre et qui s'activent pour installer le malaise au Pds et au sein de l'appareil d'Etat ». Le chef de cabinet du président de la République qui exclut toute contamination du Pds par le virus du Ps (en proie à une fissure), s'inscrit en faux contre les rumeurs sur d'éventuels contacts entre Me Wade et le maire de Thiès. « Il n'y a aucune négociation entre les deux. Idrissa Seck se trouve dans les liens de la détention et Wade n'intervient jamais dans un dossier judiciaire », tranche-t-il. Toutefois, malgré les dénégations des plus proches collaborateurs du Président de la République, une source proche de ce dossier soutient mordicus que les deux hommes vont prochainement fumer le calumet de la paix. Notre interlocuteur qui reprend les propos tenus par Wade devant une délégation du congrès américain puis devant le comité directeur du Pds (Ndlr : le Président de la République aurait déclaré que Idrissa Seck n'a pas cherché à attenter à la sûreté de l'Etat) reste optimiste quant aux retrouvailles entre les deux hommes. Toujours selon notre source, les avocats de Idrissa Seck se réunissent aujourd'hui autour de Me Boucounta Diallo, pour examiner la « nouvelle donne » dans le dossier de leur client.

Article Par SERIGNE SALIOU SAMB,

Sources d'approvisionnement des fonds politiques : L'ancien Premier ministre lève un coin du voile (Walfadjiri 17/01/2006)

Des sources autres que budgétaires alimentent les fonds politiques gérés à la présidence de la République. La révélation est de l'ancien Premier ministre comparaissant devant la commission d'instruction de la Haute Cour de justice. Et Idrissa Seck de révéler aux juges instructeurs que rembourser les 2 milliards de prêt octroyé à Wade par la Cbao, il avait dû utiliser de l'argent donné par le gouvernement du Koweit et qui avait été versé au préalable dans les fonds politiques sur instruction du chef de l'Etat.

L'utilisation des fonds politiques relève exclusivement du pouvoir discrétionnaire du président de la République. C'est pourquoi il n'a pas de compte à rendre sur leur usage. Par contre, il est loisible de l'interpeller sur la provenance de ces fonds dès lors qu'ils n'ont pas été votés par l'Assemblée nationale. Et c'est sur les sources autres que budgétaires qui alimentent les fonds politiques qu'Idrissa Seck a levé le voile, lors de son auditon du 23 décembre 2005 par la commission d'instruction de la Haute Cour de justice. C'est ainsi qu'il révèlera aux juges instructeurs que pour rembourser à la Cbao les 2 milliards de prêt bancaire contracté par Me Abdoulaye Wade et son fils Karim pour l'achat de voitures de marque Peugeot, le directeur de cabinet du chef de l'Etat qu'il était à l'époque, avait dû puiser dans des fonds en provenance du gouvernement du Koweit qui avaient été versés, au préalable, dans les fonds politiques sur instruction du président de la République.
Concernant l'usage fait de ces fonds politiques, on a souvenance du tollé qui avait suivi la décision du chef de l'Etat de soutenir les partis membres de la Cap 21 en espèces sonnantes et trébuchantes et en riz. Les partis de l'opposition étaient montés au créneau pour dénoncer cet acte qui, selon eux, entache le manteau de "président de tous les Sénégalais" conféré par la Constitution à Me Abdoulaye Wade. Mais, à en croire les révélations d'Idrissa Seck devant la commission d'instruction, ce ne sont là que des miettes, comparé à la manne financière qui est déversée dans certaines familles maraboutiques à partir des fonds politiques. Non seulement, à l'occasion de grandes manifestations religieuses, le chef de l'Etat met la main à la poche pour leur apporter son soutien, mais en plus, certains de ces chefs religieux reçoivent chaque mois une enveloppe bien fournie (malette serait plus proche de la réalité) de la présidence de la République.

Le gouvernement, les proches du président Wade (y compris les membres de sa famille) ne sont pas en reste. Et les révélations d'Idrissa Seck sur sa gestion des fonds politiques, pour le compte du chef de l'Etat, devant la commission d'instruction sont éloquentes dans la contingence. Gérer, dit-il aux juges instructeurs, signifiait recevoir des sommes et les distribuer, sur instruction du président de la République, à lui-même, à son épouse, aux ministres de souveraineté, aux ministres simples, à de hauts magistrats, à des généraux, etc.

A. DIOUF

IDY REAGIT A LA SORTIE DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE : « Wade vient de confirmer ce que j'ai toujours dit » (L'AS 17/01/2006)

L'ancien Premier ministre Idrissa Seck a tenu à réagir personnellement à la sortie du chef de l'Etat sur l'accusation d'atteinte à la sûreté de l'Etat et à la défense nationale qui est venu corser son dossier déjà lourd de l'accusation de détournement de deniers publics. Et c'est pour clamer haut et fort que le chef de l'Etat vient enfin de confirmer ce qu'il a toujours dit, à savoir qu'il était innocent. Hier, Samba Bathily, Awa Guèye Kébé, Ndèye Marème Seck, Cheikh Talibouya Aidara...ont eu en face d'eux un Idrissa Seck confiant et tout sourire. Comme d'habitude, l'ancien Premier ministre Idrissa Seck a reçu hier, lundi, des visiteurs au parloir de la Maison d'arrêt et de correction de Rebeuss où il a été placé depuis juillet 2005 sous mandat de dépôt pour atteinte à la sûreté de l'Etat et à la défense nationale et détournement de derniers publics. Devant tous ses visiteurs depuis son incarcération, le maire de Thiès affichait toujours le sourire. Seulement hier, ce sourire était plus éclatant encore. Et la « Une » des journaux L'As et Le Quotidien d'hier en est, sans aucun doute, pour quelque chose. En effet, au cours d'une audience qu'il a accordée la semaine dernière à une délégation de sénateurs américains, le Président Abdoulaye Wade a affirmé être convaincu que son ancien Pm ne pouvait attenter à la sûreté de l'Etat et à la défense nationale. Une déclaration qu'il répétera devant les membres du Comité directeur du Parti démocratique Sénégalais (Pds). Dans le lot de ses visiteurs d'hier, Idrissa Seck habillé d'un Lacoste, a reçu, entre autres Samba Bathily, Awa Guèye Kébé, sa s½ur Ndèye Marème Seck, Cheikh Talibouya Aidara de la famille chérifienne de la Casamance et un certain Sadio, responsable du Msis à Ziguinchor. Durant toutes ces audiences, la sortie de Me Wade est revenue dans les discussions. Selon un des visiteurs ayant été reçu hier par le premier magistrat de la ville de Thiès, Idrissa Seck a tenu à donner son avis sur la sortie du chef de l'Etat : « le Président Wade n'a fait que confirmer ce que j'ai toujours clamé haut et fort. Je l'ai toujours dit : je suis innocent. Et tôt au tard, je serai blanchi par les mêmes juges qui m'ont arbitrairement envoyé en prison ». Un autre visiteur de Idrissa Seck confirme cette déclaration que son hôte a aussi tenue devant lui. Néanmoins, ajoute notre source, l'ancien chef du gouvernement comme pour mettre en garde ses partisans contre toute forme de réaction brutale ou violente s'est empressé de leur faire la recommandation suivante : « soyez patients comme moi ». Chez quelques-uns des partisans de Idrissa Seck que nous avons interrogés au téléphone, l'on accuse trois ministres de la République d'avoir « monté de toutes pièces » le délit d'atteinte à la sûreté de l'Etat formulée contre l'ancien Pm et certains de ses proches aujourd'hui bénéficiaires d'une liberté provisoire. Il s'agit entre autres de l'industriel libano-sénégalais Hassan Farès, de l'informaticien Mbaye Coulibaly, de l'inspectrice de police Coumba Ngouye Thiam, du journaliste El Hadji Ndary Guèye. La doyenne des juges d'instruction Seynabou Ndiaye Diakhaté, qui est en phase de boucler le dossier devrait dans les jours à venir confronter l'ancien Premier ministre à son ex-conseiller en informatique Mbaye Coulibaly. Au même moment, au niveau de la commission d'instruction de la Haute Cour de Justice, on s'intéresse de plus en plus à la destination des fonds politiques.


Hawa BOUSSO et Cheikh Mbacké GUISSE

Affaire des chantiers de Thiès : Le garde du corps de Karim Wade a touché 5 milliards de fonds politiques...[/c] (Rewmi 17/01/2006)

Le garde du corps de Karim Wade, Victor Kantoussan, selon le journal Le Quotidien, a touché cinq chèques de 1 milliard chacun en l'espace d'une semaine, soit la somme totale de 5 milliards.

Victor Kantoussan faisait face lundi à la commission d'instruction de la Haute cour de justice enquêtant dans le cadre des chantiers de Thiès. « Les auditions, hier, de Victor Kantoussan, garde du corps de Karim Wade et de Patrick Mestrallet, parton de la Cbao, ont permis aux magistrats instructeurs de confirmer les dires d'Idrissa Seck sur la gestion des fonds politiques », précise le journal. Au mois d'octobre dernier, l'ancien conseiller en communication de Idrissa Seck, Souleymane Jules Diop indiquait dans son blog que le garde du corps de Karim Wade était allé à la banque retirer un chèque de 600 millions. Il écrivait longuement ceci : « Parce que les six cents millions qu'ils montrent fièrement, c'est de l'argent qui a été retiré par Karim Wade, et c'est facile d'en faire la preuve. Si vous observez bien le chèque de 600 millions, il a été retiré par Victor Kantoussan, au nom du secrétariat général de la Présidence. Eh bien chers lecteurs, Victor Kantoussan, c'est un garde du corps, devenu homme à tout faire de Karim Wade. Vous ne pouvez quand même pas soupçonner Idrissa, s'il veut prendre six cents millions de la banque, envoyer le garde du corps de Karim Wade ! Le problème, je le leur retourne, c'est de quel titre peut se prévaloir Karim Wade, pour retirer six cents millions du secrétariat général de la Présidence de la République ? Ce que je vous dis n'est pas compliqué. C'est le même chèque qu'on a utilisé pour dire qu'Idrissa Seck a retiré de l'argent. Celui qui l'a retiré s'appelle Victor Kantoussan, il est le garde du corps du fils du président Abdoulaye Wade. Idrissa a émis un chèque pour le secrétariat général de la Présidence, et c'est Karim qui le fait retirer par son garde du corps devenu son homme à tout faire. Idrissa était en droit de le faire, sans aucune illégalité. Et Karim ? Où est parti cet argent après avoir été retiré par Victor Kantoussan ? »
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# Posté le mardi 17 janvier 2006 05:49

Modifié le mardi 17 janvier 2006 06:11

AFFAIRE DES CHANTIERS DE THIES : LES AVOCATS D'IDY ENVISAGENT DE RECUSER TROIS HAUTS MAGISTRATS

LE DEAL POLITIQUE POUR LIBERER IDRISSSA SECK EST EN MARCHE

AFFAIRE DES CHANTIERS DE THIES : LES AVOCATS D'IDY ENVISAGENT DE RECUSER TROIS HAUTS MAGISTRATS
Les avocats d'Idy envisagent de récuser trois hauts magistrats
Le président de la Haute Cour de justice Guibril Camara, le procureur général près la Haute Cour Meïssa Diouf et le président de la Commission d'instruction Cheikh Tidiane Diakhaté sont ciblés.

Les conseils de l'ex-Premier ministre envisagent récuser trois des magistrats ayant en charge le dossier dit des chantiers de Thiès parce qu'ils veulent qu'ils soient entendus à titre de témoin sur la gestion des six comptes bancaires ouverts aux noms du secrétariat général de la présidence de la République et de la Primature et dont Idrissa Seck est accusé d'avoir caché l'existence. Selon l'ancien numéro deux du régime, ce sont les fonds politiques qui étaient logés à ces comptes et parmi les personnalités qui y ont émargé, il cite le président de la Haute Cour de justice, Guibril Camara, par ailleurs président de la Cour de cassation, le procureur général près la Haute Cour de justice, Meïssa Diouf (qui est en même temps procureur général près la Cour de cassation) et le président de la Commission d'instruction de la Haute Cour de justice, le premier président de la Cour d'appel Cheikh Tidiane Diakhaté.

walf.sn 19/01/2005

Trois magistrats chargés de l'affaire Idrissa Seck recevaient 1,5 million par mois des fonds politiques

Selon Walfadjri, trois parmi les magistrats qui sont chargés de l'enquête de commission d'instruction des chantiers de Thiès recevaient chaque mois 1,5 million de fonds politiques. Ainsi, ils sont sur le point de les récuser et de les faire convoquer devant la dite commission afin de les entendre à titre de témoin.

« S'ils envisagent de les récuser, c'est justement pour pouvoir les entendre à titre de témoin sur les enveloppes provenant des fonds politiques que Idrissa Seck déclare leur avoir régulièrement remises contre décharges. En effet, lors de son dernier passage, le 23 décembre dernier, devant la Commission d'instruction qui l'entendait sur sa présumée mauvaise gestion des six comptes bancaires figurant dans l'acte de mise en accusation voté le 3 août 2005 par l'Assemblée nationale, l'ex-Premier ministre avait cité les hauts magistrats parmi ceux qui recevaient chaque mois, contre décharge, une enveloppe contenant la somme de 1 500 000 F Cfa », souligne Walfadri dans sa livraison du jour. « Parmi ces hauts magistrats dont la défense s'apprête à demander l'audition par la commission d'instruction figurent le président de la Haute Cour de justice, Guibril Camara le procureur général de cette juridiction, Meissa Diouf et le. Commission d'instruction de la Haute Cour de justice, Cheikh Tidiane Diakhaté. Comme ils ne peuvent être juge et partie, les avocats de l'ancien Premier ministre envisagent de les récuser, avant de demander leur audition, selon des proches d'Idrissa Seck. Un scénario vaudevillesque qui laisserait une grosse épine sous le pied de la justice sénégalaise accusée déjà, à tort ou à raison, d'avoir une démarche claudicante par rapport à ce dossier ». « Les fonds politiques, greffés à la dernière minute, avant le vote de la résolution de mise en accusation d'Idrissa Seck par l'Assemblée nationale, au dossier de l'ex-Premier ministre, a comme un effet de retour de manivelle pour le pouvoir. Et paradoxalement, on parle plus de ces fonds politiques que de l'affaire proprement des chantiers de Thiès qui semble de plus en plus être reléguée à l'arrière-plan. D'ailleurs, toutes les dernières auditions devant la commission d'instruction ont porté sur ces fonds politiques. Une question sur laquelle le pouvoir, à travers notamment le président de la République, se voit mis à rude épreuve par les accusations d'Idrissa Seck qui vide son sac, pour se défendre, après avoir été accusé d'avoir caché l'existence des comptes ouverts aux noms du secrétariat général de la présidence de la République et de la Primature. L'ex-directeur de cabinet du président Wade accuse le président Wade de lui avoir fait gérer des milliards en provenance de ressources non budgétaires en dépassant largement les autorisations parlementaires qui n'ont jamais été au-delà de 650 millions de francs Cfa. Et l'ancien Premier ministre de révéler devant la Commission d'instruction en avoir distribué, sur instruction du chef de l'Etat, au président Wade lui-même, à son épouse, aux ministres de souveraineté, aux ministres simples, à de hauts magistrats, à des généraux, etc. », indique le journal de Sacré C½ur. rewmi.com 20/01/2006


AFFAIRE DES CHANTIERS DE THIÈS : Salif Bâ en liberté provisoire pour raison de santé


Les avocats chargés de la défense de Salif Bâ, ex-ministre du Patrimoine bâti, de l'Habitat et de la Construction peuvent se frotter les mains. Depuis hier après-midi, en effet, leur client Salif Bâ, incarcéré depuis bientôt cinq mois, a été remis en liberté provisoire pour raison de santé, en vertu de l'arrêt numéro 3 de la Commission d'Instruction de la Haute Cour de Justice.

La mesure prise était attendue par les observateurs. Car le 1er décembre déjà, les conseils de M. Bâ avaient déposé auprès de ladite Commission une requête aux fins de la remise en liberté provisoire de leur client en articulant la demande sur les motifs évoqués.

Le rapport médical du 12 janvier 2006 du Dr Bamba Cissoko, transmis au juge Cheikh Tidiane Diakhaté et à ses pairs, a, tout compte fait, porté ses fruits. Car l'expertise médicale subséquente, ordonnée par la Commission d'Instruction, a conclu à l'incompatibilité du maintien en détention de Salif Bâ, même en milieu hospitalier. Il ne restait que l'avis du Procureur général près la Haute Cour de Justice, lequel a émis un préjugé favorable à la date du 16 janvier. Toutefois un véritable chemin de croix a été enduré par l'ex-ministre du Patrimoine bâti, de l'Habitat et de la Construction au lendemain de la publication du rapport de l'Inspection générale d'Etat sur la gestion des chantiers de Thiès.

Maître d'½uvre du projet, il n'a pu échapper à la Justice après les charges portées contre lui. Très vite, l'Assemblée nationale, réunie en session extraordinaire, le 3 août 2005, vote l'acte d'accusation le traduisant devant la Haute Cour de Justice en vertu de l'Article 101 de la Constitution.

Entendu à deux reprises par la brigade des affaires générales de la Division des investigations criminelles entre le 18 et le 21 août 2005, Salif Bâ dont la comparution devant la Commission d'Instruction fut reportée deux fois pour raison d'Etat passe à la trappe le 22 août. Inculpé et placé sous mandat de dépôt par le juge Cheikh Tidiane Diakhaté, il est acheminé à la maison centrale d'arrêt de Rebeuss avant d'être transféré au Pavillon spécial de l'hôpital Aristide Le Dantec dans la nuit du 26 août 2005 pour raisons médicales. Salif Bâ n'y séjournera que quatre semaines puisqu'il est de nouveau transféré vers la clinique Brévier de l'hôpital Principal suite à l'aggravation de son état de santé.

Malgré tout, quatre chefs d'inculpation continuaient de peser sur lui, notamment la migration illicite de fonds d'un montant de 22 milliards de F.Cfa vers son département, la passation de marchés de gré à gré, le règlement d'entreprises sans justificatifs et le non-versement de précomptes au titre de la Tva estimés à plus de 3 milliards 998 millions de FCfa.

Toutefois, Salif Bâ a vigoureusement contesté les faits en expliquant par exemple qu'un seul paiement portant sur un peu plus d'1 milliard a fait l'objet d'un précompte soulignant au passage que les entreprises concernées avaient sollicité le report de ladite Tva jusqu'à la fin des travaux de Thiès pour éviter une asphyxie.

Il faut dire que par rapport aux irrégularités soulevées dans le rapport transmis à la Justice, une seule relève de la Haute Cour, affirment les avocats qui ont saisi l'opportunité pour dénoncer les entorses faites aux dispositions de la loi à cet effet.

La procédure connaîtra une évolution, le lundi 26 décembre dernier, puisqu'en dépit d'une santé fragile, Salif Bâ est entendu par les membres de la Commission d'Instruction de la Haute Cour de Justice à la date indiquée.

L'ex-ministre, qui réaffirme son innocence en présence de ses avocats, garde le sourire malgré le coup de vieux pris au cours de son incarcération. Et puis survient la délivrance tant attendue par ses conseils, ses amis et sympathisants. La bataille déclenchée par son collectif de défense est évidemment loin de son terme, car, selon Me Abdou Dialil Kane, une requête aux fins de non-lieu devrait être introduite après la réunion des avocats prévue dans les jours à venir.

En attendant ce jalon majeur qui sera posé, Salif Bâ pourrait compter sur l'armada de conseils dont il s'est attaché les services. À cet égard, outre Me Dialil Kane, Salif Bâ compte autour de lui d'autres membres du barreau de Dakar parmi lesquels Mes Khassim Touré, Ibrahima Diawara, Moustapha Diop, Soulèye Mbaye, Aliou Cissé, Aïssata Tall Sall, Seydou Diagne et François Sarr.


PAPE GUÈYE lesoleil.sn 19/01/2006


Sa santé étant précaire : Salif BA libéré par le...médecin
(Walfadjiri 19/01/2006)

C'est finalement sur avis médical que Salif Bâ a été libéré. Sur insistance de ses avocats qui exhibaient son dossier médical à la face du juge pour tirer leur client d'affaire, Cheikh Tidiane Diakhaté et ses collègues ont été touchés par l'état d'un détenu plus prisonnier de sa maladie que de la privation de liberté.

Ils étaient deux à être renvoyés devant la Haute Cour de justice par l'acte parlementaire de mise en accusation voté le 3 août. Pour des faits de gestion présumés attentatoires à l'orthodoxie financière et à la bonne gouvernance, Salif Bâ, directeur du Pcrpe au moment de la commission des faits et Idrissa Seck, Premier ministre dans les mêmes circonstances de temps, par ailleurs maire de Thiès, ville qui devait accueillir les festivités commémoratives du quarante-quatrième anniversaire de l'accession du Sénégal à la souveraineté internationale, avaient été inculpés et écroués. Ainsi, inculpé et placé sous mandat de dépôt, le 25 août de l'année 2005, l'ex-ministre de l'Habitat, du Patrimoine bâti et de la Construction a faussé compagnie à ses codétenus et geôliers ou plutôt... à ses voisins de clinique et médecins traitants. Parce qu'il faut retenir que c'est sur avis médical que Salif Bâ a recouvré la liberté, même provisoire. Et tout s'est joué en peu de temps. Ayant reçu l'avis du praticien, le ministère public n'a pas traîné les pieds pour transmettre ses pièces à la Commission d'instruction que préside Cheikh Tidiane Diakhaté. Laquelle commission a fait diligence pour procéder à la levée du mandat de dépôt qui maintient Salif Bâ en lieu fermé depuis le 25 août dernier. De fil en aiguille, la mesure a été transmise aux autorités pénitentiaires pour la levée de l'écrou. Vu le statut et l'état de santé du prévenu, ces sont des galonnés de l'administration pénitentiaire qui ont fait le déplacement de la Clinique Brévié de l'hôpital Principal pour faciliter les formalités de levée d'écrou. Ainsi, vers 16 h, Salif Bâ était devenu l'homme libre qu'il fut. "A partir de cet instant, Salif Bâ est libre de la détention", précise un de ses avocats Me Moustapha Diop. Pour autant, le responsable libéral de Kaolack n'a pas franchi le portail de l'hôpital Principal pour rallier son domicile qui se trouve dans le quartier résidentiel du Point E. En effet, il a été retenu à l'hôpital pour "raison de santé" en tant que patient comme les autres. "Il est malade ; il est encore à l'hôpital jusqu'à cet instant (Ndlr : hier, vers 17 h) pour les raisons de sa maladie", ajoute Me Diop. Et, "après l'avis de son médecin, il peut, tout de suite, rentrer chez lui". Ce qui ne fut point le cas jusqu'au moment où nous quittions la devanture de l'établissement sanitaire.
En tous les cas, le plus important pour le prévenu-patient et pour ses conseils c'est que Salif Bâ recouvre la liberté. Ce qui ne fut point aisé. Tant le chemin vers la liberté était parsemé d'embûches. En effet, par deux fois, les avocats de Salif Bâ ont introduit des demandes de mise en liberté provisoire auprès de la Commission d'instruction. Mais la première tentative s'était soldée par un échec. Cheikh Tidiane Diakhaté et ses collègues ayant opposé une fin de non-recevoir à Mes Moustapha Diop et compagnie.

La seconde tentative aura été la bonne. Parce que, sur la base de "contestations sérieuses", le juge a, finalement, donné suite aux avis médicalement motivés des autorités médicales. Et pris le parti de libérer Salif Bâ... sur injonction du médecin.

Ibrahima ANNE

Aminata TALL (ministre des collectivités locales) : "Je suis contente pour Salif Bâ"


Interpellée en marge de la rencontre entre son ministère et les différents syndicats des travailleurs municipaux qu'elle venait de présider, sur la mise en liberté provisoire de Salif Bâ, le ministre d'Etat, ministre des Collectivités locales et de la Décentralisation, Aminata Tall s'est déclarée "contente également de savoir que la justice a attribué une liberté provisoire à Salif Bâ". Et de révéler qu'elle-même a été lui rendre visite à l'hôpital, il y a de cela quelque temps. Cependant, elle avoue ignorer la cause de cette liberté provisoire accordée à l'ex-ministre de l'Habitat. N'empêche, fait-elle reconnaître, c'est une décision de justice qu'elle salue sans aucun commentaire.
M. N. SONKO
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# Posté le jeudi 19 janvier 2006 09:17

Modifié le vendredi 20 janvier 2006 05:51

Le Déballage de l'ex-Premier ministre:Les révélations de tous les dangers

Déballage de l'ex-Premier ministre:Les révélations de tous les dangers

Le grand déballage a débuté du côté de Idrissa Seck, ancien Pm du Sénégal, retenu en prison depuis bientôt 6 mois et quelques jours, pour atteinte à la sûreté de l'Etat et détournement de deniers publics dans l'affaire dite des chantiers de Thies. Même Dame Justice s'emmêle les pieds, tellement tout est confus dans ce labyrinthe. De peur que les révélations se poursuivent, le dossier risque fort d'être classé. Depuis que Idrissa Seck a cité des noms contenus dans deux listes confectionnées par ses soins, alors qu'il était tout puissant ministre d'Etat, Directeur de cabinet du président
de la République, c'est le grand branle-bas. Et du côté de la Présidence, la tendance actuelle est à la négociation pour calmer le jeu et réduire les dégâts.
Les listes des bénéficiaires des largesses de Wade, une bombe à retardement
Car, sur ces listes, figurent les noms de ministres, directeurs nationaux, députés, marabouts, chefs coutumiers, officiers supérieurs de l'armée et de la gendarmerie, magistrats, inspecteurs généraux d'Etat, hommes politiques de tous bords, qu'Idy a servi, suivant les recommandations du président. Certains ont reçu une somme d'argent chiffrée en millions, d'autres un terrain de 3ooo mètres carrés destiné à être vendu pour se faire un pactole ; d'autres, un passeport diplomatique. Devant l'éventualité d'un tel déballage, les magistrats de la commission d'instruction sont partagés entre continuer leurs investigations ou simplement conclure à un non-lieu ; car les dégâts à venir sont de nature à jeter le discrédit sur plusieurs institutions de la République.
Sur l'une des listes, la plus petite somme remise à un tiers est de 15.000.000 Cfa.
Devant une telle situation, Me Wade qui est régulièrement informé de l'avancement de l'enquête et connu pour tenir à son image de marque sur la scène internationale, essaie de calmer le jeu. Mais d'autre part, il est hors de question pour certains faucons tapis au sommet du pouvoir, qu'un éventuel rapprochement puisse avoir lieu, même si la République devait trembler. Depuis un certain temps donc, un deal serait en train d'être ficelé entre Wade et son ancien Pm ; et ce dernier ne cracherait pas dans la soupe, mais poserait des conditions, à savoir : être blanchi et prendre en mains le Pds. Mais sans Wade, qui devra respecter les accords de la CA 2000, à savoir quitter la direction du Pds.
De sources dignes de foi, c'est une solution qui lui conviendrait parfaitement, à condition qu'il ait son mot à dire quant aux choix des hommes qui dirigeront le parti.
Wade est fatigué et veut se retirer, afin de laisser une bonne image de lui à la postérité ; mais ses ouailles, qui ne sont pas du même avis, s'activent à mettre du sable dans l'engrenage. Et certains, plus déterminés, seraient prêts à traîner Wade - s'il le faut - pour faire de lui leur candidat en 2007, même à son corps défendant.
Le système d'écoute d'Idrissa Seck, qui fait peur
Une chose est sûre, hormis ces listes, les enquêteurs sont à la recherche d'enregistrements que l'ancien Pm avait réalisés alors qu'il était Directeur de cabinet. Car, selon notre source, au tout début de l'Alternance, sachant à qui il aurait affaire, Idy s'était arrangé pour faire installer, à la Présidence, un performant système d'écoute AUTOVON avec des dérivations sur toutes les lignes fonctionnelles à la Présidence de la République ; et cela lui aurait permis d'écouter, de se renseigner sur ce que tout le monde faisait ou disait. En quittant la Présidence, il a convoyé son matériel vers d'autres cieux. C'est dire le danger que représente Idy pour certains. Et ceux-là le lui rendent bien, car chaque fois que Me Wade esquisse un pas en direction de Idy, ils le lui rappellent en ces termes : « S'il n'avait pas l'intention de te nuire, pourquoi a-t-il éprouvé le besoin d'écouter tous les appels téléphoniques de la Présidence et établi une liste de gens à qui il a remis de l'argent ? » Certains, qui n'avaient pas reçu de subsides de la part de Idy, rient sous cape tout en espérant que le déballage va continuer. Une chose est sûre : un grand malaise existe actuellement dans ces différents corps de l'Etat cités plus haut, car leurs membres se regardent en chiens de faïence et s'interrogent, à juste titre, pour savoir qui a reçu quoi. Une source proche de la Commission d'instruction nous apprend qu'on risque de se retrouver avec zéro accusé et que tout passera par pertes et profits, au détriment - surtout - du citoyen lambda.
Moustapha Sow loffice.sn 19/01/2006


Liberté provisoire pour Salif Bâ;Idrissa Seck : Un pas à Rebeuss, un autre dehors.

Salif Bâ, accusé de malversations financières autant que l'ancien Premier ministre, bénéficie depuis hier d'une liberté provisoire ; ceci après deux demandes. Il rejoint dans la nature cinq prétendus complices de l'ancien Premier ministre dans les deux autres accusations portées contre Idrissa Seck. Autant d'indices qui amènent à penser que le dégel annoncé entre le chef de l'État et son ancien Premier ministre n'est plus une vue de l'esprit. C'est comme qui dirait que plus que jamais, Idrissa Seck a bel et bien un pied dehors ; l'autre traînant (encore ?) à Rebeuss. « Nous avons pu trouver que,
dans ce dossier (les chantiers de Thiès Ndlr), il était blanc comme neige ». C'est par ces propos que le conseil de l'ancien ministre de l'Habitat, Me Mamadou Moustapha Diop, a accueilli la liberté provisoire accordée à son client. Me Diop de préciser que cette liberté provisoire est « fondée sur des contestations sérieuses ». Abdou Latif Guèye souffrait de maladies cardio-vasculaires. Salif Bâ également. Inculpé le 22 août dernier, juste 19 jours après le vote par l'Assemblée nationale de son accusation avec le Premier ministre dans les chantiers de Thiès pour corruption et surfacturation, Salif Bâ hume donc provisoirement l'air du dehors. Au moment des faits qui lui sont reprochés et qui sont rapportés par une équipe de l'Inspection générale d'État, il était Directeur du programme de construction et de réhabilitation du patrimoine de l'État. Avant de jouir de ce premier pas vers le recouvrement total de sa citoyenneté, ses avocats avaient dû formuler deux demandes, dont la première a été déposée le 1 er décembre 2000. Hier, ses partisans ont fêté massivement cette « suite logique », selon une qualification de l'un de ses inconditionnels, le docteur Ady Niasse, qui avait osé avec ses pairs le manifester à Macky Sall, à l'occasion du passage de son passage en fin d'année dernière à Kaolack. Salif Bâ retrouve ainsi l'air libre dans les mêmes conditions et modalités que l'inspectrice de police Coumba Ngouye Thiam, le journaliste Ndary Touré, l'informaticien Mbaye Coulibaly et le couple d'entretrepreneurs Farès. Les cinq précités avaient été accusés de complicité (avec le Premier ministre) d'atteinte à la sûreté de l'État et à la défense nationale. Ainsi donc, Idrissa Seck semble plus que jamais seul dans le collimateur de l'État et dans la ligne de mire de Dame Justice. Car, pour l'autre chef d'inculpation de sortie « irrégulière » de correspondances de la prison, son prétendu complice et non moins conseil, Me Djibril Diallo, n'a même pas été entendu par la Doyenne des juges. L'affaire de cet avocat n'est donc « plus » à l'ordre du jour, comme le relève un de ses confrères. Dès lors, la question est de savoir l'avenir immédiat de l'ancien Premier ministre ; désormais seul avec ses convictions politico-religieuses, ses stratégies et ses... circonstances atténuantes. C'est le 23 décembre dernier qu'il était en face du magistrat instructeur de la Haute Cour de Justice dans les chantiers de Thiès. Maintenant, Seynabou Ndiaye Diakhaté a clos l'instruction sur les Chantiers de Thiès. Abdoulaye Diop et les entrepreneurs cités dans le dossier de l'Ige, piloté par Mme Nafissatou Ngom Keïta, peuvent donc pousser leur ouf de soulagement, le principal incriminé ayant avoué qu'il devra rembourser au Trésor public huit millions de francs Cfa. Et, de l'avis de bien des spécialistes des questions politiques, si la Doyenne des juges n'a pas voulu prendre sur elle de prononcer le non-lieu, Idrissa Seck a quand même, au regard de la succession des événements, plus de temps à passer dehors qu'à la Maison d'arrêt et de correction de Rebeuss. Parce que, disent-ils, la liberté accordée à Salif Bâ sonne comme une réponse à la délégation américaine qui signifiait dernièrement à Me Wade son étonnement de voir dans les liens de la détention préventive son ancien collaborateur dans l'État et le parti au pouvoir. Idy, comme on surnomme ce dernier, n'aurait plus également qu'un pied à Rebeuss, du fait d'avoir su « entraîner dans le labyrinthe politique » les magistrats instructeurs de ces dossiers et d'avoir pu réagir avec la même fibre au propos du président de la République, auquel on prête de l'avoir blanchi dans les chantiers de Thiès. Seul désormais à Rebeuss avec un exemplaire du livre saint, le Coran, et sa conviction « qu'aucun centime illégitime ne saura lui être reproché jusqu'à l'extinction du Soleil », Idrissa Seck est également fort d'un autre atout : Pour rempiler en 2007, Me Wade ne pourra pas agir sans le considérer. Les audiences accordées à ce dernier aux « pro-Idy », dont la plus manifeste est celle de l'ancien ministre de la Pêche, Pape Diouf, tendent à illustrer cette assertion. D'ici que cette hypothèse se confirme, on retiendra qu'apparemment l'ancien Premier ministre est sur le plan physique et moral plus solide que ses ex-codétenus. L'État, également, n'a pas cherché jusque-là à attenter à son « intégrité » physique. On ne peut certes pas en dire autant de son moral. Alioune
Badara DIALLO loffice.sn 19/01/2006


WADE – IDY – CHANTIERS DE THIES: La fin de la brouille

Entre Wade et son fils spirituel, la fissure avait largement baillé pour faire croire que tout rapprochement était impossible. Depuis huit mois, un océan sépare les deux hommes. Mais, seules les montagnes ne se rencontrent pas. A force de bonne volonté et de concessions, les embrouilles et la brouille seraient en voie de dissipation. Des signaux sont perceptibles.
L'audience accordée par le président Wade à Alioune Badara Niang, le jeudi 29 décembre 2005, n'a pas échappé aux observateurs de la vie du Palais. Niang est un ami de quarante ans de Wade. Il est, surtout, le cousin de Idrissa Seck. Il l'a cornaqué dans le PDS en le présentant à Wade et en protégeant ses arrières. Son amitié avec Wade a sans doute joué un rôle dans la fulgurance de la carrière d'élite politique de Seck. Tant et si bien que d'ailleurs, la disgrâce de Seck a eu des effets pervers sur lui-même. La garde rapprochée de Wade qui a mis sur la touche Seck l'avait " inscrit ", lui aussi, sur les listes noires aux portes du Palais. Alors, si Alioune Badara Niang revient par la grande porte pour rencontrer Wade, cela signifie tout au moins qu'il y a un dégel dans les relations entre les deux hommes. Toutefois, la question est de savoir si ce réchauffement est aussi vrai pour les relations entre Wade et son ex-numéro deux ?

Le président Wade a eu aussi à recevoir Pape Diouf. Celui-ci, sans se démonter, a toujours tenu un discours non enflammé malgré les misères à lui faites par les faucons du Palais. Bien introduit à Touba par ses alliances familiales, il est bien armé pour se défendre et pour se faire entendre. Donc, il n'avait nul besoin de jouer aux incendiaires. A sa sortie d'audience, avec toujours le même flegme, il est resté sibyllin sur la teneur des discussions avec le président Wade. Mieux, Awa Guèye Kébé, la passionara du groupe "seckiste", a mis de l'eau dans son vin. Elle ne voit point d'inconvénient à aller rencontrer Wade. Alors, quid du cas Omar Sarr et de son " éviction " de la présidence du Conseil régional de Diourbel ? Peut-être bien un préalable que Wade a voulu régler avant de prendre langue avec la ronde des " seckistes " à travers cette série d'audiences".

Il ne faut pas oublier qu'il y a trois mois, Jean Paul Dias avait annoncé des négociations entre Wade et Seck. On le démentit violemment. Mais Dias, qui connaît très bien le système PDS et Me Wade, avait sans doute des indices convaincants et concordants pour avancer une telle information. Comme toujours, Dias voulait démontrer qu'il n'est pas dupe sur les tractations, qu'il n'est pas un naïf qui se fait avoir par les cris de guerre de ses anciens camarades.

On a là autant de signes annonciateurs d'un dégel entre le camp présidentiel et celui de son ancien numéro deux. Mais ce serait très simpliste de croire que les négociations pour des retrouvailles se font d'une manière aussi spectaculaire devant les caméras et la presse. Entre Wade et Seck, les raisons véritables de la rupture ne sont pas que la gestion des fonds destinés aux chantiers de Thiès. Ce ne sont pas non plus les propos contenus dans le CD dont la diffusion incomberait à Seck et qui lui ont valu une inculpation pour atteinte à la sûreté de l'Etat. Le président Wade, face aux députés frondeurs, avait signifié à ceux-ci que la raison de la rupture n'est connue que de Seck et de lui-même. C'était sans doute pour calmer l'ardeur des parlementaires frondeurs, mais Wade avait bien raison. Certes, il n'y a pas encore aujourd'hui, des indices pouvant faire découvrir un coin de voile des vraies raisons de ce divorce à la tronçonneuse entre les deux hommes.

Mais les indices pour connaître les vraies raisons du divorce se trouvent sans doute dans les révélations de Seck dans son Cd du 22 juillet. Est-ce : le " tutoiement " entre les deux hommes, " les soucis d'argent (...) terminés " ; " les bandits ont un code d'honneur " ; " Me croyant toujours en famille et libre d'y dire ce que j'y pense ", dixit Seck ; " Tu as été un excellent fils de substitution pendant la maturation du vrai fils. Maintenant qu'il est majeur, il va vouloir toute sa place. Sa mère l'y aidera. Mais Abou t'aime trop. Ne t'inquiète pas, mais veille. " ; " Tenter de punir et détruire un fils d'emprunt après usage. Un fils pour qui loyauté n'est pas synonyme de génuflexion... " ; " Et pardonne à mon père, car il a été du nombre des égarés... ". Dans le Cd, il y a comme l'on dit trivialement à manger et à boire dans ce florilège de bons mots ciselés au burin islamiste. Le second Cd qui aurait permis de décrypter tout cela n'est pas sorti. On n'épuise pas toutes ses munitions aux premiers accrochages. Après le pic de tension, il y a donc à présent une sorte de cessez-le-feu non tacite. Des deux côtés, il fallait panser les blessures. Elles étaient vives.

Mais comment arriver à la paix après cette horrible – sordide ! devrait-on dire – bataille ? Le modus operandi d'une réconciliation après tout ce qui s'est dit entre les deux camps n'est pas simple. Seck est en prison. Pour le sortir, il faudra trouver les arguments juridiques. Parallelisme des formes, c'est à la justice de décider. Le Parquet se montrera sans doute disposer. Sans doute, les experts du président s'y penchent. D'aucuns voient déjà Idrissa Seck dehors avant la fin du mois de janvier 2006, mais sous contrôle judiciaire. N'est-il pas avec Salif Bâ les deux seuls à être inculpés et enfermés en prison pour cette affaire ? Salif Bâ dont le cas est plus sérieux suite à la dissipation de la TVA sur les factures des travaux de Thiès acceptera-t-il de porter le chapeau, tout seul, si Idrissa Seck sort ? Cette équation est plus difficile à résoudre que le cas Idrissa Seck.

Tout de même, il y a des signes qui ne trompent pas. Seck n'a pas sorti son second Cd. Ensuite, il a apparemment dicté à ses avocats de garder le silence. Il en a aussi choisi de nouveaux. Son séjour carcéral, sans connaître des améliorations, ne subit plus de contraintes excessives. Mieux, certaines sources sont catégoriques : la sortie de prison de Seck ne serait qu'une question de semaines. L'optimisme de ces derniers tiendrait au fait que des questions non-dites dans cette affaire seraient actuellement résolues. Les bons comptes faisant les bons amis, la paix est accessible à des gens de bonne volonté. Mais si l'affaire Idrissa Seck trouve une issue dont les contours demeurent encore extérieurs, personne ne peut imaginer comment les faucons vont avaler la sortie de crise, encore moins les autres qui ont occupé l'espace laissé vide par l'ancien numéro deux.

C'est là où le président Wade est attendu. A-t-il les ressources nécessaires pour revenir gaiement sur l'affaire Idy et de dire " vogue la galère " ? La sortie de Seck risque de mettre le feu aux poudres au sein de son parti. Tout ce qui a été tenté et en partie réussi pour re-mobiliser les troupes et remembrer le PDS risque de tomber à l'eau. D'où une gestion périlleuse de l'après-sortie de Seck. Mais autant le processus de liquidation politique a échappé à beaucoup de libéraux, autant, les raisons de sa sortie pourraient ne pas être connues par tous et même au plus haut niveau du parti et du gouvernement.
Le nouvel horizon du 05 au 18 janvier20 06
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# Posté le vendredi 20 janvier 2006 05:46