LIBERATION DE IDRISSA SECK / WADE ET IDY - Au c½ur des négociations de Rebeuss Idrissa Seck est simplement en liberté provisoire
Liberation de l'ancien Premier ministre Idrissa seck: une sombre lumière ! (Courrier International 10/02/2006)
Idrissa Seck vient d'être élargi après 7 mois de détention. Autant son arrestation avait suscité beaucoup d'interrogations, autant sa libération en suscite encore. Pourquoi Idrissa Seck a-t-il été libéré ? Etait-il l'auteur des délits qui lui ont été reprochés ? Où sont passés les 26 milliards des chantiers de Thiès ? Et les 44 milliards découverts dans ses différents comptes révélés par beaucoup de journaux. Qui est coupable dans le délit de détournent de deniers publics ? Telles sont autant d'interrogations posées par une bonne partie de la population.
"Pourquoi Idy s'est-il mis à rembourser des milliards, si vraiment il ne les a pas volés ? Déjà 6 milliards. Puis 7,5 milliards..."
L'Inspection Générale d'Etat (IGE) a démontré dans ses rapports comment les fonds des chantiers de Thiès ont été détournés de leur objectif. Tout a été clairement démontré. Si on se fonde sur les conclusions de l'Ige et sur d'autres informations relatives à cette affaire, on se demande si effectivement tous ces Sénégalais, hommes et femmes, qui soutiennent l'ancien Premier Ministre sont assez informés ? Il y a eu trop d'atermoiements dans la gestion de cette affaire. Ce comportement a considérablement contribué à l'apparente faiblesse de conviction d'une partie de la population sur la culpabilité du Maire de Thiès. Et pourtant ses responsabilités sont entièrement établies par l'Ige et la Justice. Sur le plan de la communication le dossier a été mal géré du début à la fin. Connaissant l'esprit des Sénégalais rétifs à toute forme d'injustice, une meilleure communication sur les délits commis par Idrissa Seck et ses complices, les aurait davantage mobilisés à s'opposer à son élargissement.
Sur les ondes de «ANNUR FM», le Directeur de Publication de «Il est midi», Ndiogou Wack Seck a déclaré «qu'il est insensé d'arrêter quelqu'un et de le libérer le lendemain sans raison». Pour une affaire aussi grave, les Sénégalais devraient avoir tous les éléments nécessaires pour comprendre que l'arrestation de Idrissa Seck n'a rien de subjectif.
Pourquoi ne pas révéler à temps aux Sénégalais que l'ancien Premier Ministre avait proposé une négociation pour sortir de prison ? Les Sénégalais ont besoin de savoir qui a fait quoi. C'est dommage quand certains disent qu'il y a un deal entre Wade et Idy. Tout ceci n'est que le fruit d'une mauvaise communication. Surtout au sommet de l'Etat, à la Présidence de la République Idrissa Seck continue à clamer son innocence. Qui a donc détourné les 26 milliards dans les chantiers de Thiès ? Ou se sont-ils évaporés dans le ciel de la cité du rail ? D'où viennent les milliards qui sont dans les comptes du Maire de Thiès. « Je suis riche. J'ai des biens ici et à l'Etranger », avait-il déclaré devant les représentants médusés de la Banque Mondiale. Il avait repris les mêmes propos devant la Commission d'Instruction. Ses amis et proches parents brassent des millions et roulent à bord de luxueux carrosses. S'est-il enrichi illicitement ? Les Sénégalais veulent savoir. « Non lieu » ou « non lieu partiel » on se perd même dans ce jargon hermétique. Rien n'a été inventé, Idrissa Seck s'est bel et bien enrichi illicitement sur le dos des Sénégalais. Et son souhait comme il l'a réitéré c'est de diriger ce pays grâce à l'argent qu'on l'accuse d'avoir détourné.
Le Maire de Thiès a-t-il signé un pacte avec le Chef de l'Etat comme d'aucuns l'ont suggéré ? Aurait-il aussi accepté et respectera t-il de surseoir à toute activité politique ? Sera-t-il également certain comme il l'a promis de rembourser totalement les fonds politiques du Président de la République et manifesté son souhait de soutenir Me Abdoulaye Wade ? Les propos qu'il a repris hier chez lui en disant « Je veux servir mon pays » restent ambigus. Tous ceux qui connaissent Idrissa Seck savent qu'il a changé de discours. S'est-il engagé à respecter « le pacte de Rebeuss » comme l'a écrit le Dirpub du Quotidien ? Le Maire de Thiès n'a fait aucun bruit lorsqu'il regagnait son domicile. En terme classique, on dira que l'ancien Premier Ministre s'est assagi. Est-ce l'effet de son séjour carcéral ?
A part les interrogations que se posent certains sur la culpabilité de Idrissa Seck, d'autres se demandent si effectivement le Maire de Thiès respectera les engagements qu'il a pris devant la notaire Nafissatou Diop Cissé et devant Me Ousmane Sèye, l'avocat de l'Etat. « S'il est libéré, il continuera de faire ce qu'il veut. Et rien ni personne ne lui imposera de rembourser les fonds », nous a confié un membre du Pds. Les jours à venir, le Maire de Thiès devra rembourser le reste des milliards. Et s'il refusait de le faire ?
Idrissa Seck vient d'être libéré. Et il a laissé derrière lui des voleurs de poules et de chèvres.
Les choses doivent être clarifiées surtout pour les populations peu informées.
Idrissa Seck osera-t-il demain exiger la condamnation d'un Directeur Général ou d'un Ministre qui a détourné des milliards ? Va-t-on vers la légalisation du vol dans ce pays ? Non ! Il faut que justice soit faite et que l'argent du contribuable soit restitué car c'est le patrimoine de la République.
Si personne n'a volé on peut librement penser que le Cfa a poussé des ailes qui lui ont permis de s'évaporer vers le ciel sans que personne ne soit responsable.
Par Mouth BANE
LIBERATION DE IDY: Non lieu partiel et liberté d'office pour l'ex-Pm
Un certain 14 juillet 2005 Idy était incarcéré à Rebeuss après son passage devant la Dic. Il déclarait lors d'une conférence de presse tenue une semaine plus tôt: « j'ai déjà expliqué que le Président de la République avait l'obligation de contrôler la manière dont les missions qu'il confiait à ses collaborateurs étaient exécutées, c'est normal. Mais si Wade se réveillait un beau jour et disait, rien ne s'est passé, on dirait c'est un deal, la justice est le meilleur moyen de trancher cette affaire-là. Comme il n'y en a aucune, ils n'en trouveront aucune et je sortirai et je reprendrai mes activités telles que je les ai décrites ». Des questions restent pendantes : va t-on passer par pertes et profits les 25 milliards de surplus dans le budget des chantiers de Thiés ? Assurément non, puisque Idy a commencé à les rembourser.
« Idrissa Seck a bénéficié d'une liberté d'office malgré un non lieu partiel », a déclaré Me Boucounta Diallo en smoking suivi de ses nombreux confréres.
Des heures plus tard sur la rue qui jouxte la maison d'Idy, il disait à des sympathisants de l'ex-Pm surexcités : « nous avons veillé sur l'intégrité physique et morale de notre client, il n'est pas malade et est totalement libre à ce jour ». Le chef d'accusation d'enrichissement illicite tient-t-il toujours ? Assurément oui.
En ce jour de match décisif, l'ex-Premier Ministre a pris à l'opinion un peu de son attention. Dès que certains curieux et sympathisants ont entendu par les ondes que Idrissa Seck sortirait de Rebeus à 17 heures tapantes, ils ont afflué à la citadelle de silence. Le n½ud gordien était de savoir si la liberté de Idy est totale ou partielle. Point de mire de tous ces curieux, Idy s'est fait attendre et a joué les présidentiables. Du côté de la porte dérobée, un déploiement digne d'un vip : dix hommes en smoking et un véhicule de type 4x4 s'offraient aux yeux des nombreux journalistes. Les questions fusent dans l'assistance : comment va t-il sortir ? Les gens agglutinés aux abords de la triste prison civile de Rebeus scandaient : «Idy Président, Idy Président». Tout est bon pour montrer sa sympathie à Idy : badges, tee shirts. Des mercaticiens opportunistes vendent à qui mieux-mieux des tee-shirts à son effigie. Awa Guèye Kèbé déclare émue : «nous voulons d'abord rendre grâce à Dieu et à son Prophète pour l'issue de cette affaire qui a occupé l'actualité de notre pays pendant prés de sept mois, nous estimons que c'est la victoire de la vérité. Dès les premières heures, nous avons crié à l'innocence de Idrissa Seck. Aujourd'hui nous sommes très fiers, puisque la justice sénégalaise nous a donné raison ».
Les curieux qui voulaient voir Idrissa Seck ne l'ont pas aperçu car l'ex-Premier Ministre est sorti d'une Mercedes noire aux vitres teintées sous les cris des curieux et les coups de klaxon des automobilistes. Son cortège encadré par des 4x4 est suivi en course par une certaine gent passionnée. Encore les signes présidentiels !!! Mais malgré tout, la question n'a pas trouvé de réponse : Pourquoi Idy s'est-il mis à rembourser des milliards, si vraiment il ne les a pas volés ? Déjà 6 milliards. Puis 7,5 milliards...
Pape Demba Diop
AVEC TOUJOURS CE GRAND SOURIRE, MAIS SANS VERSET DE CORAN: «Désormais avec les paysans et les sinistrés...»
L'ancien Premier Ministre est sorti de prison, où il croupissait depuis le 23 juillet 2005. Soit sept mois passés à la maison d'arrêt et de correction de Rebeuss, qu'il a finalement quittée hier 7 février 2006 suite à un non-lieu partiel.
« Je commencerais par rendre grâce à Dieu . J'ai un sentiment de profonde gratitude à l'endroit de tous mes compatriotes sénégalais, de la diaspora comme de l'intérieur du pays, à l'endroit de nos cousins africains et de tous les amis du Sénégal à travers le monde qui se sont mobilisés pour que notre pays continue de tenir son rang en matière de démocratie, de liberté, de droits de l'homme et de justice indépendante. En parlant de justice, reviennent en mémoire ces mots du Général Conachap à son aide de camp Junot. Emprisonné sur la base d'une dénonciation calomnieuse, Napoléon dit ceci « (...)Les hommes peuvent etre injustes envers moi, mais il me suffit d'être innocent (...) ». C'est avec une conscience calme que je suis entré dans cette épreuve, c'est avec une conscience calme que j'en sors , et je convoite de Dieu la sérénité, l'endurance, la capacité de dépassement qu'exige la mission que je me suis assignée, servir le Sénégal (...). Ces mots sont les premiers que l'ancien Premier Ministre, Idrissa Seck a prononcé devant la presse à sa sortie de prison hier 7 février 2006 grâce à une ordonnance de non-lieu partiel, après sept mois d'emprisonnement dans le cadre de l'affaire dite des chantiers de Thiès. Rien n'a changé dans son apparence, la prison ne semble pas trop l'avoir marqué. Il affiche toujours son sourire que tout le monde lui connaît, mais semble avoir arrêté sa manie de citer des versets coraniques à tout bout de champ. IL avait aussi l'air effarouché, ne voulant pas se laisser approcher de trop près par les journalistes qui se bousculaient pour lui tendre le micro hier à son domicile. On peut dire que Idy a changé, lui qui aimait les bains de foule avant son emprisonnement. Il parle désormais de tolérance, affirme avoir pardonné à tout le monde et oriente désormais son esprit vers les sinistrés, les paysans et l'éducation, « difficultés auxquelles notre pays est confronté », dira t-il.
L'ancien Premier Ministre qui est sorti hier de prison dans l'après-midi a quelque peu été éclipsé par les «Lions» du Football. Tous les militants s'étaient donné rendez-vous devant chez lui. Une foule en délire qui n'arretait pas de scander son nom. L'apparition de Omar Sarr au balcon fut une fausse alerte, et c'est bien après que Mara, comme on l'appelle, apparut à son tour. Geste qui créa des mouvements de foule, obligeant les gardes du corps à
«charger» avec rudesse tout le monde, sinon la porte aurait cédé sous le poids de la bousculade. Les journalistes, surtout les femmes ont été les plus malmenées.
A l'intérieur de la maison sise rue de Kaolack au Point E, les sympathisants avaient devancé Idy : Il s'agit entre autres de Awa Gueye Kébé, Omar Sarr, Benoit Sambou et de Talla Sylla qui pense que l'exemple de Idy doit servir à l'opposition. Pour le leader du Jef jel, Idy n'est rien d'autre qu'une victime et cela ne doit plus jamais arriver. Mais pourquoi, s'est-il mis à rembourser les milliards volés s'il n'est pas victime?
Oumy NDOYE
" Pourquoi Idy s'est-il mis à rembourser des milliards, si vraiment il ne les a pas volés ? Déjà 6 milliards. Puis 7,5 milliards..."
Mais dame justice où te caches tu ?
Le monde serait-il à l'envers ? Ou bien est-ce l'apocalypse ? Dire que hier deux événements se sont produits. Au moment où nos braves «Lions» se faisaient éliminer par les «Pharaons», là-bas, sur la Corniche, l'ancien pensionnaire de Rebeus humait l'air de la liberté. Laissant derrière lui ses anciens compagnons. Abandonnés à leur sort. Dans ces geôles exiguës, tristes, froides, des citoyens, des étrangers sont déconnectés. Ils sont sans réseau depuis combien d'années ?
Hier Idrissa Seck a rejoint les siens. Ceci relance le débat. Où est la justice ? Quand on sait qu'au camp pénal, à Reubeuss, des personnes sont privées de tout, parce que tout simplement on les a pris la main dans le sac. Ils ont été coincés devant la tirelire d'un boutiquier, ils ont été coincés parce qu'ils ont chapardé un pain, une pomme, un portable. Ils ont été coincés parce qu'ils avaient faim, ils n'ont pas voulu que le feu soit éteint à la maison.
Dans ce monde, les dés sont pipés, pourquoi embastille t-on les petits larbins alors que les milliardaires détournent des sommes exorbitantes, se paient les services d'une robe noire qui a maîtrisé le Code pénal ; ils sont derrière les barreaux mais c'est juste pour se faire une belle image. La prison n'accueille maintenant que les hommes de bonne famille. Enfant on nous disait souvent de ne pas jouer avec l'eau dans laquelle on s'est rincé les mains.
Vraiment, les hommes ont besoin d'eau bénite pour se refaire. Dans ce bas monde, est-il normal de dire qu'on roule sur l'or, qu'on a hérité de la fortune de oncle Picsou ? Quand à quelques lieues, les enfants crèvent de faim et de misère ; des mômes sont renvoyés de l'école parce que tout simplement, un cahier, un stylo leur manque ; des femmes qui n'arrivent pas à avoir un kilo de riz, pour au moins tromper la faim de cette progéniture aux yeux larmoyants.
Des femmes qui sont obligées de courir à gauche, à droite les pieds craquelés, jouant à cache-cache avec le vent, le froid pour 250 pauvres francs ; des jeunes qui sont obligés d'emprunter les chemins de la délinquance, de l'homosexualité pour aider les siens.
Ah non, nous ne voulons pas de ce Sénégal là.Le voleur de milliards est libre, parce qu'il a commencé à rembourser sa fortune volée.
Personne n'a le droit de crier sur les toits sa fortune. Les milliardaires sénégalais font pitié à voir. Certains n'osent mettre le pif dehors. Ils sont souvent sous calmants car ils manquent de sommeil, ils ne sont pas heureux, certains sont obligés de courir à gauche, à droite pour se payer les services d'un charlatan à la camisole sale. Mais Rebeuss accueille de plus en plus des voleurs fils de grandes familles, des délinquants à col blanc. Des noms célèbres, c'est une joie d'y entrer. On s'y fait des potes, on fait l'affaire des amateurs de charlots. On y mange bien, on n'est pas inquiété. Le thé y est meilleur et le riz encore plus succulent. Les gens riches sortent de prison le jour, la nuit, ils commencent leurs opérations de charme.
Mais il faudrait rappeler que la sortie de Idrissa seck, ne change rien dans la vie nationale. Les grands chantiers du Président et de son homme de confiance Macky sall, avancent de plus belle. Le pays ne ressent pas cette secousse sismique de faible magnitude. Les Sénégalais ne sont plus dupes, ils savent percevoir les ondes faibles et les vibrations fortes. Combien de Sénégalais sommes-nous ? Pourquoi, l'un d'entre eux a-t-il été cité parmi tous ? Abdoulaye Wade était envoyé au gnouf, parce que les Verts voulaient lui donner de la chlorophile, il n'en voulait pas. Il préférait mille fois être à la diète. Donc Idrissa Seck ne peut se mesurer à Abdoulaye Wade, car bomber le torse, en riant à gorge déployée, criant que les billets qui tombent comme des trombes au mois d'août, c'est se moquer de l'humanité.
Les jours à venir seront ensoleillés, l'astre va darder ses rayons puissants sur cette terre de la téranga. L'heure est aux inscriptions sur les listes et au libre choix, à l'heure de la digitale, certains sont encore à l'heure du féodalisme.
Idy est en liberté provisoire, deux autres affaires sont encore pendantes.
Certains ne doivent pas mettre la charrue avant les b½ufs. Le Maire de la ville du refus a deux non lieu, mais deux autres accusations pèsent sur la tête.
«Dans le domaine des affaires d'acompte, quand l'enquête a démontré que ce sont des fonds politiques et que les fonds politiques ne sont pas les deniers publics, de l'Etat. C'est ce que le juge a dit. Il n'est pas compétent pour cela. Le juge a dit pour ce qui est de la première poursuite avec quatre chefs d'accusation, l'enrichissement illicite, la commission rogatoire en France , aux Etats Unis, pour montrer qu'il a caché de l'argent. Il faudra attendre les résultats de l'enquête pour se prononcer. Le juge n'a pas encore reçu le retour de cette commission rogatoire».
Bara Tall et Idrissa Seck des siamois ?
« L'entrepreneur et le politicien sont-ils des siamois ? Me Abdoulaye Wade explique «Sur les chantiers de Thiès, je crois que le juge a dit que la responsabilité éventuelle de Idrissa Seck est liée à celle de Bara Tall. Bara Tall n'est pas encore jugé. Sur quatre affaires, Idrissa Seck a un non lieu sur deux affaires, sur les deux autres la justice est encore saisie. On l'avait exclu pour un de ces éléments. Il n'y a pas de jugement définitif prouvant son innocence. Et aujourd'hui, il n'a pas demandé à revenir dans le parti, c'est une question qui n'est pas à l'ordre du jour. Nous au Pds, on va parler d'autre chose que du retour de Idrissa Seck dans le parti. Quand il aura réglé ses problèmes avec la justice, définitivement, quand il aura un certificat prouvant qu'il n'est plus poursuivi, à ce moment là et s'il le désire, il pourra demander à revenir au parti. C'est le Comité directeur qui statuera. Pour le moment, il a une liberté provisoire. Quand il sera totalement libéré si cela arrive, s'il ne revient pas au Pds, il peut créer son parti ; on ne s'oppose pas. On ne peut être en prison, être poursuivi pour des deniers publics et créer son parti. Nous ne pouvons pas accepter cela. Nous tolérons encore que la loi ne l'accepte pas. Nous tolérons ce mouvement Msis qui se comporte comme un parti politique, cela ne nous dérange pas. Mais qu'il opte à créer un parti politique plus tard s'il est libéré. Je voudrais que les choses soient très claires ».(ilestmidi.net)
Le président Wade affirme la possibilité d'agir sur l'affaire de son ancien PM
Le président sénégalais Abdoulaye Wade, a indiqué mercredi que son gouvernement a la possibilité d'agir sur l'affaire Idrissa Seck, son ancien Premier ministre qui avait été emprisonné dans le cadre d'une enquête sur les chantiers de la ville de Thiès, rapporte jeudi l'Agence de presse sénégalaise (APS).
Idrissa Seck a été libéré mardi, après plus de 6 mois d'emprisonnement, pour avoir bénéficié d'un non-lieu partiel.
"Il ne faut pas dire que dès que l'affaire est en justice, le gouvernement ferme les yeux", a déclaré Me Wade, de retour d'une visite de trois jours en Guinée Equatoriale.
"La justice c'est deux choses : il y a l'accusation et le juge. L'accusation c'est nous, c'est le procureur de la République qui dépend du ministère de la Justice", a notamment expliqué Abdoulaye Wade.
Selon lui, "quand le procureur de la République - le ministre de la Justice- poursuit quelqu'un, il ne faut pas dire qu'on intervient dans les affaires de la justice".
Le procureur, dans une affaire soumise au juge d'instruction, peut dire qu'il poursuit ou qu'il ne poursuit plus, parce que les poursuites sont de son ressort, a souligné le président Wade, ajoutant que "c'est le prolongement de l'Etat, du gouvernement".
"Quand on parle de l'indépendance de la magistrature, l'interprétation la plus acceptée, est celle de la magistrature assise, c'est à dire de ceux qui rendent les jugements", a poursuivi Abdoulaye Wade, précisant que "nous n'intervenons jamais à leurs côtés".
Il a estimé qu'il faut qu'un gouvernement soit très influent pour intervenir à côté d'un juge du siège.
"Quand il (le procureur) dit qu'il n'y a pas assez de preuves, il dit c'est moi qui poursuis, je n'ai pas assez de preuves, je retire ma plainte", a martelé le chef de l'Etat. "Pour le cas d'Idrissa Seck, les gens ont fait une enquête et se sont aperçus que nous n'avons pas suffisamment de preuves, on abandonne l'accusation. Le juge a donc décidé un non-lieu. (xinhua).
LIBERATION DE IDRISSA SECK / WADE ET IDY - Au c½ur des négociations de Rebeuss
Alex Ndiaye, Me Nafissatou Diop Cissé et Me Ousmane Sèye en auront vu des vertes et des pas mûres avant d'arracher un accord écrit entre le Président Wade et son ancien Premier ministre Idrissa Seck au sujet du pactole qui les a opposés et qui a pris en haleine la vie de la nation ces sept derniers mois. Des pourparlers ont été tenus dans le plus grand secret au nez et à la barbe des hautes autorités de l'Etat. Récit de man½uvres secrètes à Rebeuss.
PREMIERES APPROCHES INFRUCTUEUSES
Au courant du mois d'octobre, le Président Wade avait senti la nécessité d'explorer des voies pour trouver une solution à l'amiable avec son ancien bras droit Idrissa Seck. Ainsi, un émissaire du chef de l'Etat avait pris contact avec un des avocats de Idrissa Seck, en l'occurrence Me Boucounta Diallo. L'émissaire de Me Wade avait cependant tenu à faire savoir que son mandant n'était pas demandeur d'une solution négociée, il agissait simplement pour tendre la perche à Idrissa Seck. Une fois que Me Boucounta Diallo ait fini de rendre compte à son client de l'offre, ce dernier a aussitôt répliqué qu'il n'était pas non plus demandeur. Cet émissaire de Me Wade était tout simplement son neveu Alex Ndiaye qui avait aidé à apaiser la crise des députés libéraux frondeurs. La touche n'avait pas pris. Me Ousmane Sèye tentera une nouvelle approche qui allait connaître un échec aussi. La Commission d'instruction de la Haute cour de justice continuait de plus belle ses travaux, loin de toute idée que le Président Wade cherchait un «arrangement» avec Idrissa Seck. C'est ainsi qu'au début du mois de novembre, les magistrats instructeurs commencèrent à entendre des témoins dont les dépositions apparaissaient comme on ne peut plus favorables à Idrissa Seck. Le ministre d'Etat, ministre de l'Economie et des Finances Abdoulaye Diop, son ministre Délégué chargé du Budget Cheikh Adjibou Soumaré, l'entrepreneur Bara Tall, l'inspectrice générale d'Etat Mme Nafi Ngom Keïta, le magistrat Daniel Sané, président de la commission nationale des contrats de l'Administration, disculpaient dans leurs dépositions l'ancien Premier ministre.
Aussi, au cours de son interrogatoire au fond devant la commission d'instruction, Idrissa Seck agitera l'affaire des fonds politiques du président de la République. Les fuites relayées dans la presse mettaient mal à l'aise le pouvoir du Président Wade. Pourtant, dans un entretien avec le journal français L'Express, le chef de l'Etat sénégalais ne démordait nullement dans ses convictions. En soutenant mordicus que Idrissa Seck a été épinglé dans la gestion des chantiers de Thiès. Dans le même temps, en ce début du mois de novembre, suite à un briefing sur le dossier que lui a fait Me Ousmane Sèye, avocat constitué par l'Etat dans cette affaire, le président de la République a décidé de pousser la roue pour une solution négociée. En fait, à partir de ce moment, le Président Wade savait que l'affaire, avec la tournure prise par l'instruction judiciaire, sentait le roussi. Me Ousmane Sèye sort des manches de sa robe d'avocat la personne de Me Nafissatou Diop Cissé, notaire, qu'il savait amie proche de Idrissa Seck.
TANDEM NOCTURNE
La dame notaire dont la charge est installée à la rue Victor Hugo à Dakar, fera transmettre à Idrissa Seck, un message par le truchement de son assistante Mme Dior Sylla Sagna. L'ancien Premier ministre détenu est informé que le Président Wade fait une offre de discussion pour un règlement à l'amiable. Idrissa Seck marquera son accord. Le Garde des Sceaux, ministre de la Justice, Cheikh Tidiane Sy, sera instruit de faciliter un accès libre à Me Nafissatou Diop Cissé auprès du détenu. Le Président Wade se gardera cependant de préciser à son ministre les raisons des visites de Me Cissé à Rebeuss. La curiosité le démangeant, le ministre d'Etat Cheikh Tidiane Sy ne pouvait pas s'empêcher de demander à Me Cissé les motifs de ses va-et-vient à la prison centrale de Dakar. A chaque fois Me Nafissatou Diop Cissé lui répondait qu'en fait elle tentait de sauver le ménage chancelant de Idrissa Seck, mais que sa femme ne voudrait plus rien comprendre. La réponse semblait avoir satisfait Cheikh Tidiane Sy. Le Président Wade s'en était marré un soir avec son trio de médiateurs, à savoir Me Ousmane Sèye, Nafissatou Diop Cissé et Alex Ndiaye.
Le régisseur de la prison de Rebeuss, le contrôleur principal de l'administration pénitentiaire, Diadi Ndiaye est alors prévenu directement par le ministre, des visites nocturnes du duo Me Nafissatou Cissé et Ousmane Sèye. Des dispositions particulières sont prises et le chef de cour de la prison, Jean Matar Ndiaye, est chargé d'organiser les choses. Le silence absolu est demandé aux trois ou quatre autres agents investis de la confiance du régisseur. Même le directeur de l'Administration pénitentiaire a été tenu hors du coup.
WADE VERROUILLE, IDY CADENASSE
Me Wade a personnellement tenu à ce que les négociations soient entourées du plus grand secret. Au cours d'une rencontre au Palais présidentiel, il apostropha Alex Ndiaye en des termes directs. «On m'a dit que tu parles trop. Il faut tenir ta langue. Ces négociations ne doivent pas sortir de notre groupe. Je tiens à te mettre en garde. Moi je dis les choses telles que je le pense. Je veux la discrétion absolue.» Tous les témoins de la scène prirent les propos à leur propre compte. Le message était on ne peut plus clair et précis.
Idrissa Seck avait cependant tenu à prévenir son plénipotentiaire : «Je connais l'homme. Il va tenter de t'intimider. Il va bluffait mais reste sereine. N'aie pas peur.» La mise en garde allait s'avérer utile. Le Président Wade lors de la première rencontre avec Me Cissé, lui fera remarquer les risques encourus par Idrissa Seck s'il ne ramenait pas l'argent. Il menaçait Idrissa Seck d'une condamnation à perpétuité. Idrissa Seck, nullement ébranlé par les menaces, rétorquait à Me Sèye et Me Cissé qu'il est prêt à rester en prison aussi longtemps qu'il faudra. Il disait s'être déjà préparé à cette éventualité. Les premiers contacts ne permettront pas d'avancer. Chaque partie s'arcboutait sur ses exigences. Comme qui dirait, chacun élevant la barre au plus haut à l'entame d'une négociation.
De son côté, Idrissa Seck avait lui aussi tenu à faire entourer les négociations du plus grand secret. Aucun de ses avocats n'était mis au parfum. Seulement, il leur serinait souvent de façon énigmatique «dans ce dossier, 10% est juridique et 90% est politique». Les avocats étaient hors du coup. La preuve. Interpellé, Me Boucounta Diallo soutenait mordicus que les rumeurs de négociations secrètes n'étaient pas fondées. Et bon nombre de ceux qui ont eu à l'interpeller croyaient dur comme fer que l'avocat de Idy cachait son jeu. Et à force d'insistances, il prend le soin sur lui d'en discuter avec son client à Rebeuss. Mais c'est pour en ressortir encore plus convaincu qu'il n'y était entré. «Mon client m'a juré que les histoires de négociations sont du toc. Des gens font courir ce bruit pour se donner de l'importance et le pouvoir a besoin de cela pour, demain, expliquer une libération de Idrissa Seck sans trop perdre la face. Le dossier est vide et Idrissa Seck refuse de faire une demande de liberté provisoire ou de non-lieu», soutenait Me Boucounta Diallo, d'un ton parfois agacé, mais convaincu. Le soulagement et la conviction avec lesquels Me Diallo parlait, montraient bien que son client ne lui disait pas la vérité. A l'époque, nous avions déjà pu recueillir auprès d'agents pénitentiaires des témoignages confirmant les visites nocturnes. Mieux, une nuit, mis au parfum, il nous a été possible de constater de visu, les «plénipotentiaires» sortir de la prison de Rebeuss, à bord de la voiture de Me Sèye, tous feux éteints, comme pour éviter d'attirer l'attention.
REVELATION
Une fois contacté par nos soins, armé de tous ces éléments d'information, Me Ousmane Sèye sera lui-même obligé de cracher le morceau. Pour éviter de faire gripper la machine des négociations, Me Sèye, tout en reconnaissant l'info, demande à ce qu'un embargo soit appliqué. Il ne fallait surtout pas compromettre ce qui a mis du temps à prendre forme. D'ailleurs, Me Nafissatou Diop Cissé avisée, va s'empresser de voir Idrissa Seck. Nos interlocuteurs vont s'empresser de soutenir qu'une fois informé, l'ex-Pm s'est pris la tête. A ce moment précis, chaque partie ne voulait que l'affaire soit ébruitée, au risque de faire échouer pas mal de choses.
Par la suite, différentes approches ont été amorcées par les deux parties pour éviter que l'affaire n'atterisse sur la place publique. En vain. Le rapport strict avec l'information primait sur tout. Et pour éviter un échec patent de tout cela, le processus allait être accéléré car la date du 31 janvier fut annoncée par Wade aux négociateurs pour la libération de Idrissa Seck. Une date qui semblait aléatoire car à ce moment aucune initiative allant dans le sens d'accélérer la procédure n'avait été enregistrée au niveau de la Commission d'instruction de la Haute cour de justice.
Toutefois, des magistrats membres de la Commission d'instruction, sans pour autant être informés des tractations en coulisses, confiaient en privé ne plus souffrir de laisser Idrissa Seck en prison, dès l'instant que son co-inculpé, l'ancien ministre de l'Habitat, du patrimoine bâti et de la construction, Salif Bâ a été libéré. Pour ces juges, «l'état du dossier, qui a permis la libération de Salif Bâpeut valablement permettre la libération de Idrissa Seck». Un véritable cas de conscience a habité les juges. D'ailleurs, des membres de la Commission d'instruction ont eu à suggérer clairement à des avocats de l'ancien Premier ministre de formuler une demande de liberté provisoire. Idrissa Seck excluait obstinément cette perspective.
QUE D'ETATS D'AME !
Idrissa Seck s'impatientait. Ses dernières semaines à Rebeuss étaient devenues très difficiles. Il ne supportait plus la détention surtout que les négociations étaient bouclées et l'accord signé. Les matons observeront un changement notable dans les habitudes de l'ancien Premier ministre. Il devenait, par moments, mélancolique, voire même, colérique. Il perdait de jour en jour de sa superbe. Me Nafissatou Diop Cissé devenait de plus en plus fréquente à Rebeuss. Peut-être, histoire de lui soutenir le moral. Au Palais, Me Wade vivait lui aussi mal la situation. Les négociateurs lui ont rapporté des confessions de Idrissa Seck qui, dans des moments de faiblesse, marmonnait : «Comment a-t-il pu me faire ça, comment a-t-il pu me faire ça !» En s'épanchant ainsi, Idrissa Seck se tenait debout dans la salle des avocats de la prison de Rebeuss, les mains dans les poches et le regard absent. Un soir, en quittant la prison de Rebeuss, les négociateurs avaient mal au point qu'ils se sont disputés violemment devant les matons interloqués. Principale raison de leur pomme de discorde, le non-respect dans les promesses tenues pour libérer l'ex-Pm. Les dates avancées n'ont pas été respectées.
Malgré tout, cap est pris vers le Palais présidentiel pour tenir le Président Wade informé de la situation. Humainement, le chef de l'Etat semblait atteint. Me Sèye comme Me Cissé nous confient qu'à ce moment ils ont senti beaucoup d'affection du Président Wade pour Idrissa Seck. «J'en doutais, mais plus depuis ce jour.» Nos interlocuteurs vont soutenir que visiblement, le Président Wade était affecté, il était « sous tension». Il avoua cela à haute et intelligible voix à l'aéroport au moment de remettre le drapeau national à l'Equipe nationale de football en partance pour la Coupe d'Afrique des nations en Egypte. Pourquoi le Président est sous tension se demandaient beaucoup de monde ? Ceux qui savaient, souriaient. Les états d'âme du Président étaient réels. «Man sax dama ko nam» (Traduction : j'ai sa nostalgie», a-t-il confié à Me Sèye. Idrissa Seck lui rendra la politesse. «C'est vrai, man tamit dama namm wax taanam.» Traduction : «Moi aussi, ses causeries commencent à me manquer.»
Les négociateurs ne savaient plus quoi faire. Surtout que rien ne bougeait plus dans le dossier. Idrissa Seck va-t-il craquer ? Il se sentait floué. Les négociateurs étaient obligés de se tourner vers différents responsables bien informés de ce qui se passer au niveau de la Commission pour savoir où en était le dossier. A ce moment, les membres de la commission d'instruction n'en pouvaient plus, ils s'apprêtaient à rendre une ordonnance de mise en liberté provisoire et cela est calé pour le mardi 7 février 2006.
WADE SAUVE LES NEGOCIATIONS
L'accord écrit conclu entre les deux parties a réglé tous les aspects liés aux modalités financières. Mais cela avait failli ne pas aboutir. Un sérieux clash avait été observé. Le «père» et le «fils» n'acceptaient pas le partage de l'argent. Chaque partie campait sur ses positions. Pendant une dizaine de jours, les contacts étaient coupés. Ousmane Sèye et Nafissatou Diop Cissé étaient contrariés. Mais les mandants semblaient jouer sur les nerfs. Chacun demandait à son représentant dans les négociations de ne pas faire le premier pas, espérant que l'autre partie cède. C'est Alex qui dénouera la question. Il reprit sur instructions du Président Wade. Il demandera aux négociateurs de reprendre du service. C'est ce qui a permis de sceller un accord. A suivre lequotidien.sn 10/02/2006 lequotidien.sn 10/02/2006
Idrissa Seck libéré en demi-finale au Sénégal
Coïncidence ? Au moment où Idrissa Seck, ancien Premier ministre sénégalais, quittait Reubeuss, la prison centrale de Dakar, la télévision entamait la retransmission en direct de la demi-finale de la Coupe d'Afrique des nations (CAN) opposant le Sénégal à l'Egypte. Un match évidemment très suivi qui s'est soldé par la victoire des Egyptiens. Après sept mois de détention, Idrissa Seck a été blanchi des accusations d'«atteintes à la sûreté de l'Etat et à la défense nationale» fin janvier, à la suite d'un non-lieu partiel rendu par la commission d'instruction de la Haute Cour de justice.
Nombreuse, la foule aurait été plus dense encore pour accueillir celui que ses partisans surnomment affectueusement «Idy», n'était la demi-finale de la Coupe d'Afrique... Malick Ndiaye, sociologue et président du Cercle des intellectuels du Sénégal, juge ce télescopage entre le judiciaire et le sport «navrant pour l'image du pays».
Au lendemain de cette libération, nombre de Sénégalais restent perplexes. On présentait dans les allées du pouvoir l'ancien Premier ministre comme l'ennemi public numéro un, le voici désormais libre. La crédibilité des institutions a été atteinte par ce qu'un journal de la place qualifie de «vaudeville qui a connu un dénouement en queue de poisson». «On l'a emprisonné pour dissimuler la vérité, ajoute Malick Ndiaye. Mais elle finira par sortir dans les urnes.»
Feuilleton judiciaire. Peut-être, mais plus tard que prévu. En décembre dernier, à l'instigation du régime, le mandat des députés a été prolongé d'un an. Les élections législatives se dérouleront finalement en même temps que la présidentielle, en 2007, officiellement pour faire des économies. L'opposition n'a guère été convaincue par cet argument. Ceci dit, une année supplémentaire ne sera sans doute pas de trop pour remettre de l'ordre au sein du parti au pouvoir, le Parti démocratique sénégalais (PDS), fortement ébranlé par le feuilleton judiciaire «Idrissa Seck». Une saga qui, dans les milieux diplomatiques, avait même fait craindre une déstabilisation du pays.
Celui qui a longtemps été considéré comme le fils spirituel du président sénégalais Abdoulaye Wade, élu en 2000, s'est bien gardé, à sa sortie de prison, de préciser s'il rejoindrait les rangs du PDS duquel il a été exclu en août 2005. Au sein du mouvement présidentiel, rien ne va plus : des députés présentés proches d'«Idy» qui claquent la porte, avant de se raviser, des ministres pris à partie dans plusieurs localités, notamment à Thiès, le fief d'Idrissa Seck... Des affrontements avaient même éclaté dans les rues de Dakar et à Thiès lors de son arrestation. Des proches de l'ancien Premier ministre ont aussi été placés en garde à vue, et même en détention, comme Salif Ba, l'ex-ministre du Patrimoine et de l'Habitat.
Complicité. Mais en définitive, l'ancien dauphin d'Abdoulaye Wade, qui un temps avait menacé de tout déballer sur le régime, n'en a rien fait. Va-t-il rentrer dans le rang ? Le politologue Babacar Justin Ndiaye en est convaincu. Pourtant, dit-il, «il est certain que la complicité entre les deux hommes a été pulvérisée (par cette affaire)».
Après avoir regagné son domicile, Idrissa Seck s'est voulu rassurant, déclarant que rien ne ferait obstacle à son ambition et à sa «volonté de servir le Sénégal». (liberation.fr)
Délit d'enrichissement illicite : Wade met le sort d'Idy entre les mains des justices française et américaine
Nonobstant sa libération par la justice sénégalaise, Idrissa Seck n'a pas encore totalement échappé à la prison. Poursuivi pour enrichissement illicite, son sort reste suspendu aux justices française et américaine. En effet, des commissions rogatoires sont à pied d'½uvre en France et aux Etat-Unis pour voir clair dans les biens qu'Idrissa Seck aurait dans ces pays. Idrissa Seck n'est pas encore totalement sorti de la nasse judiciaire. Après avoir bénéficié d'un non-lieu pour les délits de corruption et de détournement dans le dossier dit des chaniers de Thiès et d'un non-lieu partiel dans l'atteinte à la sûreté de l'Etat et à la défense nationale, l'ex-Premier ministre voit son sort lié à ce que les justices française et américaine répondront aux commissions rogatoires envoyées par la commission d'instruction près la Haute Cour de justice pour enquêter sur ses biens dans ces deux pays. C'est en tout cas, ce que semble dire dans sa déclaration, le président Abdoulaye Wade, au retour d'un voyage en Guinée équatoriale (voir par ailleurs). Selon le chef de l'Etat, l'ex-Premier ministre était poursuivi pour quatre chefs d'inculpation, dont l'enrichissement illicite. Et pour ce délit, le président Wade a annoncé qu'il y a une commission rogatoire en France et aux Etats-unis pour, dit-il, "montrer, je crois, qu'il (Idrissa Seck : Ndlr) a caché de l'argent". Mais, poursuit le chef de l'Etat, "il faut attendre les résultats avant de se prononcer". "A ma connaissance, le juge n'a pas encore reçu les résultats de la commission rogatoire", ajoute-t-il. Si au terme de leur enquête, les commissions rogatoires en France et aux Etats-unis découvrent des choses compromettantes contre Idrissa Seck, ce dernier serait dans l'obligation de prouver l'origine de sa fortune. En effet, en matière d'enrichissement illicite, c'est à la personne mise en cause de prouver sa richesse. Si ellle n'y parvient pas, elle tombe sous le coup de la loi et serait condamnée. C'est dire donc que le sort d'Idrissa Seck dépend des résultats des travaux de ces commissions rogatoires des justices française et américaine saisies par les autorités sénégalaises. En somme, l'Etat attend la caution des justices française et américaine pour enterrer définitivement les poursuites contre l'ancien Premier ministre ou les continuer. L'autre enseignement que l'on peut tirer de la déclaration du président Wade, c'est que la justice sénégalaise a délibéré en toute indépendance dans les deux dossiers, à savoir l'atteinte à la sûreté de l'Etat et les chantiers de Thiès. Le chef de l'Etat est, en effet, revenu sur la notion d'indépendance de la magistrature. "Quand on parle de l'indépendance de la magistrature, il s'agit de la magistrature assise, c'est-à-dire de ceux qui rendent les jugements. Ceux-là, nous n'intervenons jamais auprès d'eux, jamais !", a laissé entendre le président de la République. "D'ailleurs, je crois qu'il faut qu'un gouvernement soit très influent pour intervenir à côté d'un juge qu'on appelle juge du siège", a-t-il ajouté. Et de poursuivre : "Quand il (le juge du siège : Ndlr) pense qu'il n'y a pas assez de preuves, il dit : "c'est moi qui suis poursuivant, il n'y a pas assez de preuves, je retire ma plainte". "C'est ça qui s'est passé dans le cas d'Idrissa Seck", précise le président Wade. "Le procureur l'a poursuivi en disant que les faits semblent montrer qu'il a tenté de déstabiliser le pouvoir de manière illégale. Mais, les gens ont fait une enquête, nous nous sommes aperçus que nous n'avons pas suffisamment de preuves, on abandonne l'accusation. Le juge a donc décidé un non-lieu", a déclaré le chef de l'Etat. Voilà qui est clair. C'est la justice sénégalaise, en toute indépendance, selon le président Wade, qui a fait sortir Idrissa Seck et non une prétendue négociation entre les deux hommes. Dans la même veine, les arguments fondés sur une supposée folie d'Idrissa Seck pour faire libérer l'ex-Premier ministre de prison sont battus en brèche par le président Wade lui-même, mais aussi par l'ancien Premier ministre qui est en possession de toutes ses facultés et n'arrête pas de recevoir depuis sa sortie de prison. Amadou DIOUF walf.sn 10/02/2006.
DE RETOUR A MALABO, WADE S'EXPLIQUE SUR LA LIBERATION DE IDY :
Idrissa Seck en sursis.
L'ancien Premier ministre et maire de Thiès, Idrissa Seck n'est pas encore tiré d'affaire même après sa mise en liberté le mardi 7 février dernier suite à un non-lieu partiel. Le président de la République, Me Abdoulaye Wade a annoncé qu'une commission rogatoire en France et aux Etats unis a été enquêtait sur l'accusation « d'enrichissement illicite » dont il fait encore l'objet. De retour de Malabo en Guinée Equatoriale, le mercredi 8 février dernier, le chef de l'Etat et du Parti démocratique sénégalais (Pds) a aussi signifié que le retour de Idrissa Seck au bercail libéral n'était pas encore à l'ordre du jour.L'ancien Premier ministre et maire de Thiès, Idrissa Seck libéré depuis mardi 7 février dernier n'est pas encore sorti de l'auberge. Le président de la République, Me Abdoulaye Wade, de retour à Malabo en Guinée Equatoriale est revenu largement sur les péripéties de la libération de son ancien numéro deux au sein du Parti démocratique sénégalais (Pds) et de l'Etat. C'est une question qu'il a abordée de long en large dès sa descente d'avion à l'aéroport Léopold Sédar Senghor pour dire que Idrissa Seck n'est pas encore totalement libre et la justice est en train de continuer son travail. « Dans le domaine de l'affaire des comptes, quand l'enquête a montré qu'il s'agit de fonds politiques, les fonds politiques ne sont pas des deniers publics de l'Etat. C'est ce que le juge a dit après son enquête. Il n'est pas compétent pour ça », a déclaré le chef de l'Etat. Avant d'ajouter : « maintenant, le juge a dit pour ce qui est de la première procédure, il y avait quatre chefs d'inculpation, l'enrichissement illicite, il y a une commission rogatoire en France et aux Etats-Unis je crois pour montrer qu'il a caché de l'argent. Mais ça, il faut attendre les résultats avant de se prononcer. Or, à ma connaissance, le juge n'a pas encore reçu le retour de la commission rogatoire ». Pour ce qui de l'affaire des chantiers de Thiès, le président de la République a, également, expliqué que la procédure suit son cours. Il a révélé que « le juge a dit que la responsabilité éventuelle de Idrissa est liée à celle de Bara Tall. Bara Tall n'est pas encore jugé, donc en attendant il fait une levée du mandat de dépôt ». Me Abdoulaye Wade a, ainsi, fait le point sur le dossier judiciaire de l'ancien Premier ministre : « cela veut dire que sur quatre affaires, Idrissa Seck a un non-lieu sur deux affaires, mais sur deux autres affaires, la justice est encore saisie ».
« Le procureur de la République, c'est l'Etat »
Le chef de l'Etat avait annoncé la sortie de prison de Idrissa Seck. Ce qui s'est avéré, mais en même temps a soulevé l'ire des leaders de l'opposition et de certaines personnalités de la société civile. C'est ainsi que le président de la République a profité de son retour de visite de courtoisie en Guinée Equatoriale pour édifier l'opinion sur ses rapports avec la Justice par le biais du parquet, du procureur qui dépend du ministère de la Justice, membre du gouvernement. « Même si une affaire est en justice, le gouvernement a une possibilité d'agir sur cette affaire. De la manière suivante : la justice, c'est deux choses, il y a l'accusation, il y a le juge. L'accusation, c'est nous. C'est le procureur de la République qui dépend du ministère de la justice. Donc quand le procureur de la République, le ministre de la justice poursuit quelqu'un, il ne faut pas dire qu'on intervient dans les affaires de la justice. Non ! A partir de là, le procureur de la République, dans un procès, dans une affaire qui est soumise au juge d'instruction, mais le procureur, il peut dire : je poursuis, je ne poursuis plus. Parce que les poursuites sont du ressort du procureur, c'est le prolongement de l'Etat, du gouvernement. Il faut le comprendre ça ! », a-t-il fait savoir. Selon Me Abdoulaye Wade, « quand on parle de l'indépendance de la magistrature, l'interprétation la plus acceptée, il s'agit de la magistrature assise, c'est-à-dire de ceux qui rendent les jugements. Ceux-là, nous n'intervenons jamais à leurs côtés, jamais ! D'ailleurs, je crois qu'il faut qu'un gouvernement soit très influent pour intervenir à côté d'un juge qu'on appelle juge du siège ». Et de préciser : « Et s'il sort de là en disant que le Premier ministre ou le président de la République m'ont demandé, qu'est ce que vous allez répondre aux gens. Jamais on ne le fait ». Le président de la République a souligné que « c'est ça qui s'est passé dans le cas de Idrissa. Le procureur l'a poursuivi en disant que les faits semblent montrés qu'il a tenté de déstabiliser le pouvoir de manière illégale etc. Maintenant, les gens ont fait une enquête, nous nous sommes aperçus que nous n'avons pas suffisamment de preuves, on abandonne l'accusation. Le juge a donc décidé un non-lieu partiel ».
« Le retour de Idy au Pds n'est pas à l'ordre du jour »
Le chef de l'Etat et par ailleurs secrétaire général national du Pds, Me Abdoulaye Wade ne s'est pas simplement limité à donner une explication juridique de l'affaire Idrissa Seck. Il a, en outre, abordé son éventuel retour au Pds. « Je fais ce grand détour, pour vous dire que, on l'avait exclu à cause de ça (son problème avec la justice, Ndlr) en fait c'était un des éléments. Il n'y a pas de jugement définitif prouvant son innocence, donc aujourd'hui il n'a pas demandé à revenir au parti. Mais, je voudrais vous dire que c'est une question qui n'est pas à l'ordre du jour », a-t-il indiqué. Me Abdoulaye Wade a, en effet, avancé qu'au Pds, « on va parler, aujourd'hui, d'autre chose que du retour de Idrissa dans le parti. Parce qu'il est sous main de justice, quand il aura réglé définitivement ses problèmes avec la justice, quand il aura un certificat pour dire qu'il n'est plus poursuivi, à ce moment là seulement s'il le désire, il peut demander à revenir. Mais à ce moment-là, c'est le comité directeur qui statuera. Donc, pour nous c'est pas une question à l'ordre du jour. Parce qu'il a une liberté provisoire, point final ». Le secrétaire général national du Pds a évoqué la possibilité pour le maire de Thiès de créer son propre parti politique, mais à condition qu'il soit totalement libre. « Je voudrais dire que, quand il sera totalement libéré, si cela arrive, s'il ne revient pas au Pds, il peut créer son parti. Il peut parfaitement créer son parti. Nous, on s'y oppose pas, mais après. Il est évident qu'on ne peut pas être en prison, poursuivi pour détournement de deniers publics et dire qu'on crée un parti politique ». Le chef de l'Etat trouve inadmissible que le dossier judiciaire de Idrissa Seck soit encore en instruction et qu'il veuille créer un parti politique. « Non, ça c'est pas possible. Alors, nous le gouvernement, nous ne pouvons pas accepter cela. Nous tolérons, encore que la loi ne l'accepte pas, ce mouvement M-SIS, qui se comporte comme un parti politique parce que ça ne nous dérange pas», a-t-il martelé. Le président de la République de conclure : « maintenant qu'il est libre, il faudra qu'il opte dans l'optique de créer un parti plus tard si jamais il est libéré, mais pas de continuer à se comporter comme s'il avait un parti politique. Je voudrais que les choses soient très claires ». Ibrahima Lissa FAYE
SON RETOUR AU PDS N'EST PAS A L'ORDRE DU JOUR: Idrissa Seck est simplement en liberté provisoire ilestmidi.net 10/02/2005
Chez les bleus, la sortie de l'ex Pm de Rebeuss, n'est pas à l'ordre du jour. Le père de l'alternance a sorti ses cours de droit pour démontrer aux sénégalais, en travaux dirigés, ce qu'est la machine judiciaire.Ne pensez surtout pas que la revue de presse est uniquement l'affaire de Baye Allé ou Patrice Nguéma. Me Abdoulaye Wade lit les quotidiens et autres périodiques. Avec calme, l'ancien professeur de droit explique «Tout le monde n'est pas juriste. Le Gouvernement a le droit de saisir la justice ; lorsqu'il y a des violations. On a fait faire une étude, une enquête par l'Inspection Générale d'Etat. Dans ce rapport, des présomptions graves pesaient sur l'ancien premier ministre. La machine judiciaire s'est mise en branle. Pour le chef de l'Etat, même si une affaire est en justice, le gouvernement a une possibilité d'agir sur cette affaire. De la manière suivante. Il ne faut pas dire que dès qu'une affaire est en justice, le gouvernement ferme les yeux. La justice c'est deux choses. Il y a l'accusation, et le juge. L'accusation c'est nous, c'est le procureur qui dépend du ministre de la justice. Quand le ministre de la justice poursuit quelqu'un , il ne faut pas dire qu'on intervient dans les affaires de la justice. Dans une affaire soumise au juge, le procureur peut dire, je le poursuis ou je ne le poursuis plus. Les poursuites sont du ressort du procureur. C'est le prolongement de l'Etat.
Quand on parle de l'indépendance de la magistrature, l'interprétation la plus acceptée, il s'agit de la magistrature assise, c'est-à-dire de ceux qui rendent les jugements. Ceux là nous n'intervenons jamais, jamais. Nous avons le procureur de la République, qui est parti au procès ; qui dit j'ai des preuves. J'accuse. Qui est interrogé par le juge. Quand il pense qu'il n'y a pas assez de preuves, il dit : je retire ma plainte pour parler en termes ordinaires. C'est ce qui s'est passé dans l'affaire Idrissa seck. Le procureur l'a poursuivi, en disant qu'il a commis des faits sans leur montrer qu'il a tenté de déstabiliser le pouvoir de manière illégale. Nous avons fait une enquête, mais nous nous sommes aperçus que nous n'avons pas suffisamment de preuves, on abandonne l'accusation. Le juge a décidé d'un non lieu.
Idy est en liberté provisoire, deux autres affaires sont encore pendantes.
Certains ne doivent pas mettre la charrue avant les b½ufs. Le Maire de la ville du refus a deux non lieu, mais deux autres accusations pèsent sur la tête.
«Dans le domaine des affaires d'acompte, quand l'enquête a démontré que ce sont des fonds politiques et que les fonds politiques ne sont pas les deniers publics, de l'Etat. C'est ce que le juge a dit. Il n'est pas compétent pour cela. Le juge a dit pour ce qui est de la première poursuite avec quatre chefs d'accusation, l'enrichissement illicite, la commission rogatoire en France , aux Etats Unis, pour montrer qu'il a caché de l'argent. Il faudra attendre les résultats de l'enquête pour se prononcer. Le juge n'a pas encore reçu le retour de cette commission rogatoire».
Bara Tall et Idrissa Seck des siamois ?
« L'entrepreneur et le politicien sont-ils des siamois ? Me Abdoulaye Wade explique «Sur les chantiers de Thiès, je crois que le juge a dit que la responsabilité éventuelle de Idrissa Seck est liée à celle de Bara Tall. Bara Tall n'est pas encore jugé. Sur quatre affaires, Idrissa Seck a un non lieu sur deux affaires, sur les deux autres la justice est encore saisie. On l'avait exclu pour un de ces éléments. Il n'y a pas de jugement définitif prouvant son innocence. Et aujourd'hui, il n'a pas demandé à revenir dans le parti, c'est une question qui n'est pas à l'ordre du jour. Nous au Pds, on va parler d'autre chose que du retour de Idrissa Seck dans le parti. Quand il aura réglé ses problèmes avec la justice, définitivement, quand il aura un certificat prouvant qu'il n'est plus poursuivi, à ce moment là et s'il le désire, il pourra demander à revenir au parti. C'est le Comité directeur qui statuera. Pour le moment, il a une liberté provisoire. Quand il sera totalement libéré si cela arrive, s'il ne revient pas au Pds, il peut créer son parti ; on ne s'oppose pas. On ne peut être en prison, être poursuivi pour des deniers publics et créer son parti. Nous ne pouvons pas accepter cela. Nous tolérons encore que la loi ne l'accepte pas. Nous tolérons ce mouvement Msis qui se comporte comme un parti politique, cela ne nous dérange pas. Mais qu'il opte à créer un parti politique plus tard s'il est libéré. Je voudrais que les choses soient très claires » Nd. Diaw ilestmdidi.
Me ABDOULAYE WADE SUR IDRISSA SECK : « Son retour au Pds n'est pas à l'ordre du jour » L'ancien Premier ministre, Idrissa Seck, qui a bénéficié d'une liberté provisoire, est encore poursuivi par la Justice, selon Me Abdoulaye Wade, pour qui, le retour de M. Seck au Parti démocratique sénégalais n'est pas à l'ordre du jour.Le retour de l'ancien Premier ministre, Idrissa Seck, au Parti démocratique sénégalais (Pds) n'est pas à l'ordre du jour. M. Seck, qui était un responsable de cette formation politique au pouvoir, a été exclu avec quatre de ses proches pour “ activités fractionnistes ”. Il a séjourné en prison depuis près de six mois dans le cadre de plusieurs chefs d'accusation. Mardi dernier, il a bénéficié d'un non-lieu partiel, recouvrant du coup une liberté provisoire.Me Abdoulaye Wade, président de la République et secrétaire général national du Pds, a indiqué, mercredi, à son retour de voyage que le retour de M. Seck n'est pas à l'ordre du jour. Selon Me Abdoulaye Wade, Idrissa Seck n'a pas demandé à revenir au Parti démocratique sénégalais.“ Pour nous, cette question n'est pas à l'ordre du jour. Nous allons parler d'autres choses que du retour d'Idrissa Seck dans notre parti ”, a souligné Me Abdoulaye Wade. Il pense que M. Idrissa Seck, qui est encore poursuivi par la Justice, doit régler définitivement ses problèmes.Ainsi, “ quand il ne sera plus poursuivi, s'il le désire, il peut demander à revenir au parti. Et, en ce moment, c'est le Comité directeur, l'organe de décision du Pds, qui statuera. De plus, quand il sera totalement libéré, si cela arrive, s'il ne revient pas au Pds, il peut créer un parti ”, a estimé Me Wade.Précisions :Mercredi, à son retour de voyage, Me Abdoulaye Wade a tenu à “ préciser certaines choses ” sur cette affaire Idrissa Seck. Il a d'abord expliqué que le gouvernement a le devoir de saisir la Justice lorsqu'il y a des violations quelconques. “ Une enquête a été faite par l'Inspection générale d'État et le rapport a établi des présomptions très graves de détournement de deniers publics. Nous l'avons soumis à la Justice qui est tout à fait indépendante ”, a expliqué Me Wade.Il ajoute que, même si une affaire est entre les mains de la Justice, le gouvernement a la possibilité d'agir sur elle. Car, explique-t-il, en Justice, il y a l'accusation et les juges. Dans ce cas précis, l'accusation, c'est le gouvernement représenté par le Procureur de la République qui dépend du ministère de la Justice.Selon Me Abdoulaye Wade, il ne faut pas affirmer que le gouvernement intervient dans les affaires de la Justice quand c'est le Procureur de la République qui poursuit quelqu'un.“ Quand on parle de l'indépendance de la magistrature, l'interprétation la plus acceptée, c'est en référence à la magistrature assise, c'est-à-dire les juges qui rendent les jugements. Le gouvernement n'intervient jamais sur le travail de la magistrature assise, cela doit être très clair ”, estime Me Abdoulaye Wade. Il ajoute que ce serait de l'imprudence pour un gouvernement d'intervenir dans le travail de la magistrature assise.Pour Me Wade, le gouvernement a le Procureur qui est partie au procès ; il accuse et vient avec des preuves. “ Et quand le Procureur pense qu'il n'y a pas assez de preuves, il peut retirer sa plainte ”, explique Me Abdoulaye Wade, selon qui c'est ce qui s'est passé dans cette affaire Idrissa Seck.“ Le Procureur l'a poursuivi en estimant que les faits semblent montrer que M. Seck a tenté de déstabiliser le pouvoir de manière illégale. Maintenant, l'enquête montre qu'il n'y a pas suffisamment de preuves. Le Procureur abandonne ainsi l'accusation. Sur cette base, le juge décide d'un non-lieu ”, indique Me Wade. Encore poursuivi : Il a tenu à préciser qu'Idrissa Seck est encore poursuivi. Car, il n'y a pas encore de jugement définitif qui prouve son innocence totale. “ Sur quatre affaires pendantes devant la Justice, Idrissa Seck a obtenu un non-lieu sur deux. Il reste donc deux affaires sur lesquelles la Justice est encore saisie, a dit Me Abdoulaye Wade.Il a souligné, se prononçant sur les comptes bancaires, que l'enquête a montré qu'il s'agit des fonds politiques. “ Or, les fonds politiques n'étant pas des deniers publics, le juge s'est déclaré incompétent ”.Sur l'affaire dite des “ chantiers de Thiès ”, le juge a dit que la responsabilité éventuelle de l'ancien Premier ministre Idrissa Seck est liée à celle de Bara Tall. Ce dernier, qui est le patron d'une entreprise de bâtiments et de travaux publics, “ n'est pas encore jugé ”. En attendant, le juge fait une levée de mandat de dépôt pour Idrissa Seck.Me Wade a, en outre, indiqué que pour ce qui est de la première poursuite contre M. Idrissa Seck, relative à l'enrichissement illicite, “ il y a une commission rogatoire en France et aux Etats-Unis pour voir si M. Seck a caché de l'argent ”.Pour lui, il faut donc attendre les résultats de la commission rogatoire pour se prononcer sur cette affaire précise.Me Abdoulaye Wade a également affirmé qu'il tolère le Mouvement de soutien à Idrissa Seck (Msis). “ Ce mouvement se comporte comme un pari politique, mais ça ne me dérange pas ”. Il faudra toutefois, a indiqué Me Wade, qu'Idrissa Seck opte pour créer un parti si jamais il est libéré. “ Mais, il ne doit pas continuer à se comporter comme s'il avait un parti politique ”, conclut-il. SADIBOU MARONE le soleil 10/02/2006