IDRISSA SECK VA BENEFICIER D'UN NON-LIEU: La justice sous les ordres de l'executif

IL DOIT BENEFICIER D'UN NON-LIEU : LA LIBERATION D'IDY EST IMMINENTE
Le sort de l'ex-Premier ministre, Idrissa Seck, mis en prison depuis le 23 juillet 2005, sera scellé dans les prochaines heures. En effet, la commission d'instruction près la Haute Cour de justice, chargée d'instruire le dossier dit des chantiers de Thiès, s'est réunie hier, tôt le matin, jusqu'en début de soirée. Et dans les prochaines heures, le délibéré issu de cette rencontre pourrait être rendu public.

La commission d'instruction s'est réunie, hier, à son siège sis à la Corniche ouest pour se pencher sur le dossier dit des chantiers de Thiès. Les résultats de ses travaux sont très attendus et pourraient tomber dans les prochaines heures. Mais, déjà les spéculations vont bon train quant à la probable mise en liberté d'Idrissa Seck qui, selon certaines informations, pourraient bénéficier d'un non-lieu.
La réunion qui s'est tenue à huis clos, a été dirigée par Cheikh Tidiane Diakhaté, le président de la commission d'instruction de la Haute Cour de justice en présence des seuls membres de cette instance. Ainsi, à part les magistrats membres de la commission d'instruction, les avocats de la défense comme ceux de l'Etat n'ont été autorisés à prendre part à cette réunion. Me Djiby Diallo, l'un des avocats de l'ex-Premier ministre, qui est passé sur les lieux vers 16 h, confirmera que les avocats ne sont pas appelés à prendre part à cette rencontre. Interrogé alors sur les raisons de sa présence au siège de la commission d'instruction, il laissera entendre que c'est pour autre chose, sans pour autant préciser la nature de celle-ci. Me Diallo qui a fait à peine une dizaine de minutes dans les locaux de la commission d'instruction, dira à sa sortie aux rares journalistes restés depuis le matin en quête d'information, qu'ils pourront encore prendre leur mal en patience. Parce que, explique-t-il, "rien ne filtrera de cette réunion". Devant l'insistance des journalistes à lui soutirer des informations, Me Diallo d'un ton ferme leur dira : "Je n'en sais rien du tout". Avant de poursuivre : "Je ne peux rien vous dire".
Toutefois, il consent à dire que c'est à l'issue de la réunion de la commission d'instruction, qu'une notification sera faite aux avocats. Après quoi, dira-t-il, "le délibéré sera rendu public".
Plus précis que Me Diallo, un des membres de la commission d'instruction, interpellé par les journalistes, avance que le délibéré issu de cette réunion pourrait tomber ce mardi soir même. Mais refusera d'en dire plus.
Mamanding Nicolas SONKO walf.sn 07/02/2006
CHANTIERS DE THIES-ATTEINTE A LA SURETE DE L'ETAT: Idy, le dernier prévenu recouvre la liberté(Sud Quotidien 07/02/2006)

Sur l'éventuel élargissement de Idrissa Seck: La presse manipule l'opinion
(Le Messager (Sn) 07/02/2006)

L'affaire Idrissa Seck a longtemps constitué un sujet de la Une dans la presse sénégalaise. Depuis son arrestation jusqu'à nos jours, le dossier de l'ex Premier ministre continue d'alimenter les discussions dans les milieux politiques. Il n'est certes pas fréquent de voir un ex Pm croupir en prison pour une question de sous, mais c'est sans compter avec l'exigence de Wade quand il s'agit du bien public. Que Idrissa sorte aujourd'hui, demain ou dans six ans, cela ne constituera pas un grand événement. Idy a été incarcéré suite à une triple inculpation prononcée par voie judiciaire. Si la même justice qui l'avait hier inculpé trouve qu'il mérite d'être élargi, il ne sera que normal de voir Ngorsi humer de nouveau l'air de la liberté. Inutile de mêler le président dans cette affaire. Pour certains Sénégalais, tout le monde peut parler de l'affaire Idy sauf Wade qui dès qu'il ouvre la bouche se voit taxer de manipulateur de la Justice !


Idy sortira-t-il un jour de prison ? Une telle question n'aurait pas dû se poser si l'on sait que même une condamnation à perpétuité pourrait être commuée en une peine plus clémente. Ainsi, tout le monde sait que Idrissa Seck sortira un jour de prison comme ce fut le cas avec tous ceux qui l'y ont précédé. Essaie-t-on de profiter de cette situation pour faire de la mauvaise propagande ? Idy lui-même a souhaité que le procès aille jusqu'au bout afin que les Sénégalais sachent où sont passés leurs sous et quels sont ceux qui menacent la stabilité des institutions et pourquoi ? Le rôle de la Justice dans cette affaire n'était rien d'autre que de nous édifier sur ces interrogations. S'il n'y a pas suffisamment de preuves permettant à la justice de trancher, il y a forcément un non-lieu ; ce qui ne veut pas dire « blanc comme neige ». L'histoire des procès de justice nous a tellement montré des assassins bénéficiant de non-lieu faute de preuves à leur encontre ! Mais ce sera encore une fois une affaire de justice qui ne mérite pas tant de commentaires, voire de spéculations tentant sans relâche de mêler le chef de l'Etat dans cette affaire hautement judiciaire. Pour preuve, la Commission d'Instruction siégeant sur son cas se réunit depuis hier au moment où le Président Wade est en voyage hors du territoire national. Les juges qui statuent sur ce fameux dossier des chantiers de Thiès, se prononceront en toute conscience et en toute connaissance de cause, pour dire si Idy est coupable, oui ou non. Les partisans de l'ex Pm ont tout intérêt à ne pas alimenter la rumeur qui circule autour des conditions éventuelles d'élargissement de leur mentor, car si jamais il y avait négociation, il le ferait en position de faiblesse, ce qui ne lui donnerait pas assez de marge pour exiger quoi que ce soit. Maintenant que la justice fasse preuve de clémence à son égard en lui accordant une liberté provisoire ou définitive, cela relèverait du possible et les Sénégalais que nous sommes respecteraient cette décision de justice. Mais tout cela diffère de sa réintégration au sein du parti démocratique Sénégalais. Elle ne pourrait se faire qu'avec l'accord des membres via les instances et autres structures statutaires. Cet aspect donne droit également à chaque membre du parti de décliner librement sa perception des choses. Pour dire qu'il est important de sérier les deux problèmes. La partie judiciaire ne concerne guère les militants du parti, comme les concernerait une éventuelle réintégration d'un ex membre exclu pour activités fractionnistes. Aujourd'hui ou demain, l'éventuelle sortie de Idrissa Seck ou de n'importe quel autre prisonnier ne saurait être analysée qu'au regard de la loi et du droit. Pour dire que la presse ne devrait jamais se départir de son rôle, qui est d'informer juste et vrai. Il ne s'agit pas de faire des pronostics ou d'embobiner les lecteurs en leur servant des scénarii conçus à partir du néant ou de simples fantasmes, ce qui, à la longue, risque de divertir certes, mais également de discréditer une profession qui a intérêt à redorer son blason terni par une certaine catégorie de pseudo journalistes!
Par Mamadou B. Ndiaye

07 Feb 2006




Idrissa Seck, ex-Premier ministre, maire de Thiès et célèbre pensionnaire depuis six mois maintenant de la prison centrale de Rebeuss pourrait être libre ce mardi 7 février de l'an de grâce 2006. Dernier des prévenus encore en « examen » dans l'affaire dite des chantiers de Thiès et dans celle d'atteinte à la sûreté de l'Etat, Idrissa Seck dormirait plus que probablement aujourd'hui chez-lui au Point-E, « si aucun incident de dernière minute ne vienne perturber le travail de la Commission d'instruction », confient des sources proches du dossier.

La Commission d'instruction que préside le haut magistrat, président de la Cour d'Appel de Dakar, Cheikh Tidiane Diakhaté a démarré depuis hier, lundi ses « délibérations » sur le délit de détournement de deniers publics et de concussion dans l'affaire dite des chantiers de Thiès-2004 dont l'ancien n°2 du Parti démocratique sénégalais (Pds), Idrissa Seck est l'un des principaux accusés. « Curieusement !».

Néanmoins, après plus de cinq mois d'enquête, d'audition, de vérification et d'instruction à charge et à décharge, elle devrait rendre aujourd'hui, mardi 7 février son « verdict ». Des sources proches du dossier le pensent et en font la confidence. Selon elles, « il est fort probable que l'ex-Premier ministre, Idrissa Seck bénéficie à l'issue de la délibération des magistrats instructeurs, d'un non-lieu partiel. Ce qui lui permettra de retrouver sa famille dès la levée d'écrou ».

Cependant, si l'ancien Premier ministre, seul parmi la dizaine d'individus qui avaient été interpellés et/ou inquiétés encore en détention préventive pourrait humer l'air libre dès ce jour, mardi 7 février, il n'en demeure pas moins que plane au-dessus de sa tête encore une épée de Damoclès. Selon en effet, les mêmes sources, la Commission d'instruction continuera ses enquêtes, notamment sur les accusations de concussion et d'enrichissement illicite dont il fait l'objet. Déjà, une commission rogatoire s'emploierait à vérifier ces « allégations » en s'intéressant aux biens et propriétés en France de l'accusé et à la provenance licite ou illicite de ses avoirs.

N'empêche. Affaire éminemment politique, le différend qui oppose depuis plus deux ans maintenant l'ex-n°2 du Pds à son « père » et chef de l'Etat, Me Abdoulaye Wade a connu son point d'orgue en juillet 2005 avec l'embastillement du maire de Thiès et de l'ancien ministre de l'Habitat, Salif Bâ. Mis en accusation tous les deux par la majorité libérale de l'Assemblée nationale, ils ont été installés dans les liens de la prévention et incarcérés pour l'un à la prison de Rebeuss, pour l'autre, le ministre Salif Bâ, malade, à la clinique Brévié de l'hôpital Principal. Depuis, si le dernier nommé a bénéficié à cause de sa maladie d'une liberté provisoire, l'autre, Idrissa Seck était encore hier, dans les liens de la prévention. Cette histoire cependant qui a pour arbitre, la justice semble tendre néanmoins vers un dénouement « politique ». Terrain qu'elle n'aurait jamais certainement dû quitter. Des « négociations » souvent serrées entre les protagonistes, par facilitateurs interposés, ont balisé le chemin de la liberté pour l'ex-Premier ministre. Aux prix de quelles concessions ou de quels gains ? L'opinion en sera certainement informée dans les jours qui viennent.

L'½il de Moscou

Cependant, de sources proches des milieux judiciaires, on s'offusque des interprétations ainsi que des informations distillées sur le travail de la Commission. Saisie d'une affaire, celle-ci s'est employée, assurent les mêmes sources à en vérifier la véracité des allégations en instruisant à charge comme à décharge. Il se trouve simplement que l'Exécutif qui par la structuration de la justice au Sénégal a son ½il de Moscou avec le ministère public, maître des poursuites, était forcément informé du déroulement de l'instruction. Cela procède, affirment les mêmes sources, de la marche normale de la justice. Et n'a rien à voir avec l'instrumentalisation ou pas de celle-ci. Nous, on veut bien croire, mais il n'en demeure pas moins que cette affaire avait des relents politiques perceptibles par tous. Si son dénouement est « politique », il n'en sera que justice.

Madior FALL
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mardi 07 février 2006 04:59

"Non-lieu partiel" pour Idrissa Seck : un deal politique pour une affaire judiciaire? / Comment Me Wade décrédibilise les magistrats

"Non-lieu partiel" pour Idrissa Seck : un deal politique pour une affaire judiciaire? / Comment Me Wade décrédibilise les magistrats
Une sombre lumière !!

Idrissa Seck vient d'être élargi après 7 mois de détention. Autant son arrestation avait suscité beaucoup d'interrogations, autant sa libération en suscite encore. Pourquoi Idrissa Seck a-t-il été libéré ? Etait-il l'auteur des délits qui lui ont été reprochés ? Où sont passés les 26 milliards des chantiers de Thiès ? Et les 44 milliards découverts dans ses différents comptes révélés par beaucoup de journaux et « Il est midi » parmi les premiers ! Qui est coupable dans le délit de détournent de deniers publics ? Telles sont autant d'interrogations posées par une bonne partie de la population.

L'Inspection Générale d'Etat (IGE) a démontré dans ses rapports comment les fonds des chantiers de Thiès ont été détournés de leur objectif. Tout a été clairement démontré. Si on se fonde sur les conclusions de l'Ige et sur d'autres informations relatives à cette affaire, on se demande si effectivement tous ces Sénégalais, hommes et femmes, qui soutiennent l'ancien Premier Ministre sont assez informés ? Il y a eu trop d'atermoiements dans la gestion de cette affaire. Ce comportement a considérablement contribué à l'apparente faiblesse de conviction d'une partie de la population sur la culpabilité du Maire de Thiès. Et pourtant ses responsabilités sont entièrement établies par l'Ige et la Justice. Sur le plan de la communication le dossier a été mal géré du début à la fin. Connaissant l'esprit des Sénégalais rétifs à toute forme d'injustice, une meilleure communication sur les délits commis par Idrissa Seck et ses complices, les aurait davantage mobilisés à s'opposer à son élargissement.

Hier sur les ondes de «ANNUR FM», le Directeur de Publication de «Il est midi», Ndiogou Wack Seck a déclaré «qu'il est insensé d'arrêter quelqu'un et de le libérer le lendemain sans raison». Pour une affaire aussi grave, les Sénégalais devraient avoir tous les éléments nécessaires pour comprendre que l'arrestation de Idrissa Seck n'a rien de subjectif.

Pourquoi ne pas révéler à temps aux Sénégalais que l'ancien Premier Ministre avait proposé une négociation pour sortir de prison ? Les Sénégalais ont besoin de savoir qui a fait quoi. C'est dommage quand certains disent qu'il y a un deal entre Wade et Idy. Tout ceci n'est que le fruit d'une mauvaise communication. Surtout au sommet de l'Etat, à la Présidence de la République Idrissa Seck continue à clamer son innocence. Qui a donc détourné les 26 milliards dans les chantiers de Thiès ? Ou se sont-ils évaporés dans le ciel de la cité du rail ? D'où viennent les milliards qui sont dans les comptes du Maire de Thiès. « Je suis riche. J'ai des biens ici et à l'Etranger », avait-il déclaré devant les représentants médusés de la Banque Mondiale. Il avait repris les mêmes propos devant la Commission d'Instruction. Ses amis et proches parents brassent des millions et roulent à bord de luxueux carrosses. S'est-il enrichi illicitement ? Les Sénégalais veulent savoir. « Non lieu » ou « non lieu partiel » on se perd même dans ce jargon hermétique. Rien n'a été inventé, Idrissa Seck s'est bel et bien enrichi illicitement sur le dos des Sénégalais. Et son souhait comme il l'a réitéré c'est de diriger ce pays grâce à l'argent qu'on l'accuse d'avoir détourné.

Le Maire de Thiès a-t-il signé un pacte avec le Chef de l'Etat comme d'aucuns l'ont suggéré ? Aurait-il aussi accepté et respectera t-il de surseoir à toute activité politique ? Sera-t-il également certain comme il l'a promis de rembourser totalement les fonds politiques du Président de la République et manifesté son souhait de soutenir Me Abdoulaye Wade ? Les propos qu'il a repris hier chez lui en disant « Je veux servir mon pays » restent ambigus. Tous ceux qui connaissent Idrissa Seck savent qu'il a changé de discours. S'est-il engagé à respecter « le pacte de Rebeuss » comme l'a écrit le Dirpub du Quotidien ? Le Maire de Thiès n'a fait aucun bruit lorsqu'il regagnait son domicile. En terme classique, on dira que l'ancien Premier Ministre s'est assagi. Est-ce l'effet de son séjour carcéral ?

A part les interrogations que se posent certains sur la culpabilité de Idrissa Seck, d'autres se demandent si effectivement le Maire de Thiès respectera les engagements qu'il a pris devant la notaire Nafissatou Diop Cissé et devant Me Ousmane Sèye, l'avocat de l'Etat. « S'il est libéré, il continuera de faire ce qu'il veut. Et rien ni personne ne lui imposera de rembourser les fonds », nous a confié un membre du Pds. Les jours à venir, le Maire de Thiès devra rembourser le reste des milliards. Et s'il refusait de le faire ?

Idrissa Seck vient d'être libéré. Et il a laissé derrière lui des voleurs de poules et de chèvres.

Les choses doivent être clarifiées surtout pour les populations peu informées.

Idrissa Seck osera-t-il demain exiger la condamnation d'un Directeur Général ou d'un Ministre qui a détourné des milliards ? Va-t-on vers la légalisation du vol dans ce pays ? Non ! Il faut que justice soit faite et que l'argent du contribuable soit restitué car c'est le patrimoine de la République.

Si personne n'a volé on peut librement penser que le Cfa a poussé des ailes qui lui ont permis de s'évaporer vers le ciel sans que personne ne soit responsable.
Par Mouth BANE


LIBERATION DE IDY: Non lieu partiel et liberté d'office pour l'ex-Pm



Un certain 14 juillet 2005 Idy était incarcéré à Rebeuss après son passage devant la Dic. Il déclarait lors d'une conférence de presse tenue une semaine plus tôt: « j'ai déjà expliqué que le Président de la République avait l'obligation de contrôler la manière dont les missions qu'il confiait à ses collaborateurs étaient exécutées, c'est normal. Mais si Wade se réveillait un beau jour et disait, rien ne s'est passé, on dirait c'est un deal, la justice est le meilleur moyen de trancher cette affaire-là. Comme il n'y en a aucune, ils n'en trouveront aucune et je sortirai et je reprendrai mes activités telles que je les ai décrites ». Des questions restent pendantes : va t-on passer par pertes et profits les 25 milliards de surplus dans le budget des chantiers de Thiés ? Assurément non, puisque Idy a commencé à les rembourser.



« Idrissa Seck a bénéficié d'une liberté d'office malgré un non lieu partiel », a déclaré Me Boucounta Diallo en smoking suivi de ses nombreux confréres.

Des heures plus tard sur la rue qui jouxte la maison d'Idy, il disait à des sympathisants de l'ex-Pm surexcités : « nous avons veillé sur l'intégrité physique et morale de notre client, il n'est pas malade et est totalement libre à ce jour ». Le chef d'accusation d'enrichissement illicite tient-t-il toujours ? Assurément oui.

En ce jour de match décisif, l'ex-Premier Ministre a pris à l'opinion un peu de son attention. Dès que certains curieux et sympathisants ont entendu par les ondes que Idrissa Seck sortirait de Rebeus à 17 heures tapantes, ils ont afflué à la citadelle de silence. Le n½ud gordien était de savoir si la liberté de Idy est totale ou partielle. Point de mire de tous ces curieux, Idy s'est fait attendre et a joué les présidentiables. Du côté de la porte dérobée, un déploiement digne d'un vip : dix hommes en smoking et un véhicule de type 4x4 s'offraient aux yeux des nombreux journalistes. Les questions fusent dans l'assistance : comment va t-il sortir ? Les gens agglutinés aux abords de la triste prison civile de Rebeus scandaient : «Idy Président, Idy Président». Tout est bon pour montrer sa sympathie à Idy : badges, tee shirts. Des mercaticiens opportunistes vendent à qui mieux-mieux des tee-shirts à son effigie. Awa Guèye Kèbé déclare émue : «nous voulons d'abord rendre grâce à Dieu et à son Prophète pour l'issue de cette affaire qui a occupé l'actualité de notre pays pendant prés de sept mois, nous estimons que c'est la victoire de la vérité. Dès les premières heures, nous avons crié à l'innocence de Idrissa Seck. Aujourd'hui nous sommes très fiers, puisque la justice sénégalaise nous a donné raison ».

Les curieux qui voulaient voir Idrissa Seck ne l'ont pas aperçu car l'ex-Premier Ministre est sorti d'une Mercedes noire aux vitres teintées sous les cris des curieux et les coups de klaxon des automobilistes. Son cortège encadré par des 4x4 est suivi en course par une certaine gent passionnée. Encore les signes présidentiels !!! Mais malgré tout, la question n'a pas trouvé de réponse : Pourquoi Idy s'est-il mis à rembourser des milliards, si vraiment il ne les a pas volés ? Déjà 6 milliards. Puis 7,5 milliards...
Pape Demba Diop

AVEC TOUJOURS CE GRAND SOURIRE, MAIS SANS VERSET DE CORAN: «Désormais avec les paysans et les sinistrés...»
L'ancien Premier Ministre est sorti de prison, où il croupissait depuis le 23 juillet 2005. Soit sept mois passés à la maison d'arrêt et de correction de Rebeuss, qu'il a finalement quittée hier 7 février 2006 suite à un non-lieu partiel.

« Je commencerais par rendre grâce à Dieu . J'ai un sentiment de profonde gratitude à l'endroit de tous mes compatriotes sénégalais, de la diaspora comme de l'intérieur du pays, à l'endroit de nos cousins africains et de tous les amis du Sénégal à travers le monde qui se sont mobilisés pour que notre pays continue de tenir son rang en matière de démocratie, de liberté, de droits de l'homme et de justice indépendante. En parlant de justice, reviennent en mémoire ces mots du Général Conachap à son aide de camp Junot. Emprisonné sur la base d'une dénonciation calomnieuse, Napoléon dit ceci « (...)Les hommes peuvent etre injustes envers moi, mais il me suffit d'être innocent (...) ». C'est avec une conscience calme que je suis entré dans cette épreuve, c'est avec une conscience calme que j'en sors , et je convoite de Dieu la sérénité, l'endurance, la capacité de dépassement qu'exige la mission que je me suis assignée, servir le Sénégal (...). Ces mots sont les premiers que l'ancien Premier Ministre, Idrissa Seck a prononcé devant la presse à sa sortie de prison hier 7 février 2006 grâce à une ordonnance de non-lieu partiel, après sept mois d'emprisonnement dans le cadre de l'affaire dite des chantiers de Thiès. Rien n'a changé dans son apparence, la prison ne semble pas trop l'avoir marqué. Il affiche toujours son sourire que tout le monde lui connaît, mais semble avoir arrêté sa manie de citer des versets coraniques à tout bout de champ. IL avait aussi l'air effarouché, ne voulant pas se laisser approcher de trop près par les journalistes qui se bousculaient pour lui tendre le micro hier à son domicile. On peut dire que Idy a changé, lui qui aimait les bains de foule avant son emprisonnement. Il parle désormais de tolérance, affirme avoir pardonné à tout le monde et oriente désormais son esprit vers les sinistrés, les paysans et l'éducation, « difficultés auxquelles notre pays est confronté », dira t-il.

L'ancien Premier Ministre qui est sorti hier de prison dans l'après-midi a quelque peu été éclipsé par les «Lions» du Football. Tous les militants s'étaient donné rendez-vous devant chez lui. Une foule en délire qui n'arretait pas de scander son nom. L'apparition de Omar Sarr au balcon fut une fausse alerte, et c'est bien après que Mara, comme on l'appelle, apparut à son tour. Geste qui créa des mouvements de foule, obligeant les gardes du corps à

«charger» avec rudesse tout le monde, sinon la porte aurait cédé sous le poids de la bousculade. Les journalistes, surtout les femmes ont été les plus malmenées.

A l'intérieur de la maison sise rue de Kaolack au Point E, les sympathisants avaient devancé Idy : Il s'agit entre autres de Awa Gueye Kébé, Omar Sarr, Benoit Sambou et de Talla Sylla qui pense que l'exemple de Idy doit servir à l'opposition. Pour le leader du Jef jel, Idy n'est rien d'autre qu'une victime et cela ne doit plus jamais arriver. Mais pourquoi, s'est-il mis à rembourser les milliards volés s'il n'est pas victime?
Oumy NDOYE


Mais dame justice où te caches tu ?

Le monde serait-il à l'envers ? Ou bien est-ce l'apocalypse ? Dire que hier deux événements se sont produits. Au moment où nos braves «Lions» se faisaient éliminer par les «Pharaons», là-bas, sur la Corniche, l'ancien pensionnaire de Rebeus humait l'air de la liberté. Laissant derrière lui ses anciens compagnons. Abandonnés à leur sort. Dans ces geôles exiguës, tristes, froides, des citoyens, des étrangers sont déconnectés. Ils sont sans réseau depuis combien d'années ?

Hier Idrissa Seck a rejoint les siens. Ceci relance le débat. Où est la justice ? Quand on sait qu'au camp pénal, à Reubeuss, des personnes sont privées de tout, parce que tout simplement on les a pris la main dans le sac. Ils ont été coincés devant la tirelire d'un boutiquier, ils ont été coincés parce qu'ils ont chapardé un pain, une pomme, un portable. Ils ont été coincés parce qu'ils avaient faim, ils n'ont pas voulu que le feu soit éteint à la maison.

Dans ce monde, les dés sont pipés, pourquoi embastille t-on les petits larbins alors que les milliardaires détournent des sommes exorbitantes, se paient les services d'une robe noire qui a maîtrisé le Code pénal ; ils sont derrière les barreaux mais c'est juste pour se faire une belle image. La prison n'accueille maintenant que les hommes de bonne famille. Enfant on nous disait souvent de ne pas jouer avec l'eau dans laquelle on s'est rincé les mains.

Vraiment, les hommes ont besoin d'eau bénite pour se refaire. Dans ce bas monde, est-il normal de dire qu'on roule sur l'or, qu'on a hérité de la fortune de oncle Picsou ? Quand à quelques lieues, les enfants crèvent de faim et de misère ; des mômes sont renvoyés de l'école parce que tout simplement, un cahier, un stylo leur manque ; des femmes qui n'arrivent pas à avoir un kilo de riz, pour au moins tromper la faim de cette progéniture aux yeux larmoyants.

Des femmes qui sont obligées de courir à gauche, à droite les pieds craquelés, jouant à cache-cache avec le vent, le froid pour 250 pauvres francs ; des jeunes qui sont obligés d'emprunter les chemins de la délinquance, de l'homosexualité pour aider les siens.

Ah non, nous ne voulons pas de ce Sénégal là.Le voleur de milliards est libre, parce qu'il a commencé à rembourser sa fortune volée.

Personne n'a le droit de crier sur les toits sa fortune. Les milliardaires sénégalais font pitié à voir. Certains n'osent mettre le pif dehors. Ils sont souvent sous calmants car ils manquent de sommeil, ils ne sont pas heureux, certains sont obligés de courir à gauche, à droite pour se payer les services d'un charlatan à la camisole sale. Mais Rebeuss accueille de plus en plus des voleurs fils de grandes familles, des délinquants à col blanc. Des noms célèbres, c'est une joie d'y entrer. On s'y fait des potes, on fait l'affaire des amateurs de charlots. On y mange bien, on n'est pas inquiété. Le thé y est meilleur et le riz encore plus succulent. Les gens riches sortent de prison le jour, la nuit, ils commencent leurs opérations de charme.

Mais il faudrait rappeler que la sortie de Idrissa seck, ne change rien dans la vie nationale. Les grands chantiers du Président et de son homme de confiance Macky sall, avancent de plus belle. Le pays ne ressent pas cette secousse sismique de faible magnitude. Les Sénégalais ne sont plus dupes, ils savent percevoir les ondes faibles et les vibrations fortes. Combien de Sénégalais sommes-nous ? Pourquoi, l'un d'entre eux a-t-il été cité parmi tous ? Abdoulaye Wade était envoyé au gnouf, parce que les Verts voulaient lui donner de la chlorophile, il n'en voulait pas. Il préférait mille fois être à la diète. Donc Idrissa Seck ne peut se mesurer à Abdoulaye Wade, car bomber le torse, en riant à gorge déployée, criant que les billets qui tombent comme des trombes au mois d'août, c'est se moquer de l'humanité.

Les jours à venir seront ensoleillés, l'astre va darder ses rayons puissants sur cette terre de la téranga. L'heure est aux inscriptions sur les listes et au libre choix, à l'heure de la digitale, certains sont encore à l'heure du féodalisme.

Ndèye DIAW


DE RETOUR AU POINT E: Idy accueilli par ses militants

Le domicile de l'ancien Premier Ministre Idrissa Seck a vu converger tous ses partisans hier lors du retour du Maître des lieux. Les militants et sympathisants du Maire de Thiès ont tenu à réserver un accueil chaleureux à leur idole.

Au moment où certains militants l'attendaient devant le portail de Rebeuss, d'autres ont préféré assiéger son domicile sis au Point E. Ils étaient nombreux, 500 voire 600 personnes selon les estimations. On est très loin du million accueille Wade d'habitude. Même si les militants ont été plus nombreux lors du départ de Idrissa Seck qu'au moment de son retour. Le match des « Lions » du Sénégal contre l'Egypte y a certainement joué pour quelque chose.

Déjà vers 16 heures 55 minutes, les militants et sympathisants avaient envahi les alentours de la maison. A perte de vue, des voitures sont alignées sur les accotements de la route. Hommes et femmes, tous étaient venus témoigner leur attachement à Idrissa Seck. Sous un ciel clément. Le soleil a disparu laissant place aux nuages et à une douce fraîcheur. La devanture de la maison est noire de monde. A l'intérieur du domicile du Maire de Thiès, ses proches amis piaffent d'impatience. Du haut du balcon, les lieutenants du Msis contemplent la foule. Ils ont pour nom, Oumar Sarr, député, Pape Diouf, Maire de Bambey, Bathie Gadiaga, Khadim Samb, boucher-reporter à «Sud», Nguirane Ndiaye, adjoint au Maire de Thiès, Marie Louise Niang, député, Ndeye Maguette Ndiaye, député, Maire du Point E, Waly Fall Maire de Derklé, Me Djibril Diallo, avocat tocard, Oumar Gueye Maire de Sangalkam, Abdoulaye Dieng Maire des Hlm, entre autres.

Le désir de retrouver Idy se lisait sur les visages. Les sympathisants et les militants brandissaient l'effigie de Idrissa Seck. Ils entonnent à l'unisson des slogans du genre « Idy moo koo yoor » ou bien « Idy Président ». Les couleurs oranges du Msis installaient un nouveau décor sur les lieux. Des militants venaient de toute part. Vers 17 heures 30, le Secrétaire Général du RP Serigne Mamoune Niass, arrive sur les lieux suivi par un des avocats du Maire de Thiès, Me Sidiki Kaba. L'ambiance monte d'un cran. Le jeune marchand ambulant qui vendait les effigies de Idrissa Seck s'est frotté les mains car tout son stock a été acheté par les militants euphoriques. La foule s'impatiente, Idrissa Seck tarde à arriver jusqu'à la 19eme minute du match Sénégal Egypte. Transistor collé à l'oreille, certains suivent parallèlement la rencontre des « Lions » en attendant leur leader.

C'est une voiture venue du côté nord du domicile du Maire de Thiès qui a annoncé l'arrivée de ce dernier. Il était à bord d'une Mercedes bleue marine décapotable. Idrissa Seck vêtu d'une veste bleue marine qui laisse apparaître une chemise blanche se tient debout à l'intérieur de sa voiture les mains en signe de victoire. Suffisant pour que ses militants se mettent dans tous leurs états. Idrissa Seck a franchi le seuil de sa porte au moment où le reporter annonçait l'inscription du premier but égyptien. La foule est restée sur place.
Pour remercier toute cette foule, Idrissa Seck est allé le faire du haut de son balcon. Ce fut l'acte final pour libérer ces centaines de militants qui avaient fait le déplacement.

Mouth BANE
ilestmidi.net 08/02/2006





Dossier des chantiers de Thiès : Une farce de mauvais goût, coûteuse pour le Sénégal
Le ronfleux dossier dit des chantiers de Thiès qui a tenu en haleine le Sénégal pendant huit mois, s'est révélé être un vaudeville qui a connu un dénouement en queue de poisson. Les Sénégalais, mis à leur corps défendant dans le rôle de spectateurs, devront, malgré tout, payer cher pour cette comédie.

Rideau ! "Les chantiers de Thiès", c'est fini. Du moins pour ce qui concerne Idrissa Seck, l'acteur principal de ce vaudeville qui a duré huit mois, qui s'est retiré dans ses quartiers. Le metteur en scène, Me Abdoulaye Wade, peut en faire de même. Mais, l'auteur et l'acteur laissent sur leur faim les Sénégalais, mis dans le rôle de spectateurs, à leur corps défendant, dans cette comédie qui leur a coûté les yeux de la tête.
L'Etat n'a, en effet, ménagé aucun moyen dans son prétendu souci de rétablir la vérité sur la gestion des chantiers de Thiès. Même si l'intention était louable en soi parce qu'il fallait créer un précédent qui, à terme, aurait propulsé le Sénégal dans le giron des pays de grande démocratie par l'instauration d'une gestion transparente et saine des affaires publiques. Seulement, entre la profession de foi du pouvoir et la vérité des faits, il y a un énorme fossé qu'il a été donné aux Sénégalais de constater, eu égard au dénouement de cette affaire.
Le trésor public a été grevé pour mettre à contribution, d'abord, l'Inspection générale d'Etat. Une mission conduite par Nafi Ngom Keïta et chargée de faire la lumière sur les milliards engloutis dans le béton des chantiers de Thiès a ainsi effectué plusieurs déplacements dans la cité du rail. Aux frais du contribuable sénégalais.
Emboitant le pas à cette mission, des experts agréés se rendront, à la demande de l'Etat, dans la ville de Thiès pour faire l'évaluation des mêmes travaux. Ils seront également pris en charge et rondement payés. Le dossier sera, par la suite, transmis à la Division des investigations criminelles qui mènera l'enquête après l'arrestation d'Idrissa Seck. Cette division de la police judiciaire verra ses moyens renforcés pour la circonstance. L'Etat payera, qui plus est, plusieurs fois le billet à Assane Ndoye, le patron de la Dic, et ses agents pour leurs différentes missions d'investigation à l'étranger.
Mais, là où le contribuable sénégalais a véritablement cassé sa tire-lire, c'est dans la mise en place de la Haute Cour de justice, seule juridiction habilitée à juger Idrissa Seck parce qu'il était Premier ministre à l'époque des faits incriminés. Mais, comme cette juridiction spéciale n'avait pas de locaux et que son personnel était incomplet, il fallait donc trouver un siège et remplacer ses membres manquant à l'appel.
Si pour le second besoin, une simple séance de l'Assemblée nationale a suffi, pour le premier, il a fallu casquer pour décrocher une sompteuse villa sise sur la corniche ouest. Les locaux ont été ensuite équipés en matériels et fournitures de bureau, des véhicules ont aussi été achetés et un budget de fonctionnement mis en place. Il fallait également payer des indemnités aux hauts magistats siégeant dans cette juridiction, dont les membres de la commission d'instruction chargés d'instruire le dossier dit des chantiers de Thiès.
Sans compter le manque à gagner pour l'économie nationale. En effet, depuis l'éviction d'Idrissa Seck de la tête du gouvernement jusqu'à sa libération, le Sénégal avait comme retenu son souffle. Le pays vivait au relenti et les commentaires autour de cette affaire prenaient le dessus sur le traitement des dossiers sur les lieux de travail. La chasse aux sorcières enclenchée contre les supposés proches d'Idrissa Seck a aussi bloqué l'économie nationale dans bien des secteurs. Ceux qui se sentaient menacés, attendaient d'être débarqués du jour au lendemain et n'avaient donc plus le c½ur à l'ouvrage.
Mais, avec le dénouement que vient de connaîte le dossier dit des chantiers de Thiès, il y a lieu de se poser la question de savoir si tout cela en valait la peine. En tout état de cause, les seuls perdants sont le Sénégal et les Sénégalais qui ont été roulés dans la farine.
Amadou DIOUF

ENTRETIEN aveceMe Ousmane Seye, Avocat de l'Etat :

Idrissa Seck a obtenu un non-lieu partiel dans le dossier d'atteinte à la sûreté de l'Etat et à la défense nationale. Quoi de plus normal, pense l'avocat de l'Etat, Me Ousmane Sèye, qui déclare que la justice aurait perdu si on condamnait injustement l'ex-Premier ministre, dès lors que le juge d'instruction a estimé qu'il n'avait pas assez de preuves pour l'envoyer devant le tribunal. De la même manière, pense-t-il, les partisans d'Idrissa Seck devraient accepter le verdict de la justice si ce dernier venait à être condamné pour les autres délits. Dans tous les cas, souligne Me Sèye, la justice devrait triompher.
Wal Fadjri : On a appris dans la presse que si Idrissa Seck a obtenu un non-lieu partiel pour le dossier d'atteinte à la sûreté de l'Etat et à la défense nationale, c'est parce que le procureur de la République en a fait la demande et que ce dernier avait même requis un non-lieu total. Qui du juge d'instruction ou du procureur de la République peut accorder un non-lieu ?
Me Ousmane Sèye : Il est vrai que le parquet est le maître des poursuites. Mais, il est tout aussi vrai que le juge d'instruction est maître de l'instruction. Dès l'instant où le procureur de la République saisit un juge d'instruction pour qu'une information soit ouverte, le dossier est transmis à ce dernier pour qu'il mène l'enquête. Le rôle du parquet n'est pas de mener l'enquête, mais c'est de surveiller les poursuites. Cela veut dire sur , quand il y a une décision de non-lieu, celle-ci ne peut pas, en aucune façon, venir du procureur de la République. Parce que ce n'est pas ce dernier qui mène l'enquête. C'est le juge d'instruction qui fait son enquête et après avoir bouclé son travail, il décide, s'il a des éléments suffisants, de transmettre le dossier devant le tribunal. Mais, avant de transmettre le dossier, il passe nécessairement par le parquet. S'il n'a pas des éléments suffisants pour transmettre le dossier au tribunal, il décide d'un non-lieu. Et même s'il décide d'un non-lieu, il faut qu'il communique cette décision au parquet, qui est maître des poursuites. Soit le parquet donne son accord et retourne au juge le dossier, donc le non-lieu est confirmé, soit il décide de continuer les poursuites et saisit la Chambre d'accusation pour arbitrage. Dans ce cas, le détenu reste en prison en attendant la décision de cette juridiction.
Wal Fadjri : Rapporté à l'affaire Idrissa Seck, qu'est-ce qu'on peut retenir ?
Me Ousmane Sèye : On peut dire que la décision du non-lieu accordé à Idrissa Seck sur le délit d'atteinte à la sûreté de l'Etat et à la défense nationale, est devenue définitive. Parce que le procureur de la République s'y est conformé.
Wal Fadjri : Mais, en l'espèce, on a plutôt parlé de non-lieu partiel. Pourquoi ?
Me Ousmane Sèye : Le non-lieu partiel s'explique aisément. Idrissa Seck était poursuivi devant le juge d'instruction pour plusieurs délits. Il s'agit des délits d'atteinte à la sûreté de l'Etat et à la défense nationale, de troubles à l'ordre public couvert par l'article 80, de sortie irrégulière de correspondances de prison. Pour tous ces délits, il y avait des présumés complices. Qu'est-ce qui s'est passé ?
Le juge d'instruction a estimé, en qui concerne les délits d'atteinte à la sûreté de l'Etat et à la défense nationale et de man½uvres tendant à troubler l'ordre public, qu'il n'y a pas assez de preuves pour qu'Idrissa Seck soit envoyé devant le tribunal. Par contre, en ce qui concerne le délit de sortie irrégulière de correspondances de prison, le juge a estimé qu'il avait assez de preuves qui lui permettent de renvoyer Idrissa Seck devant le tribunal. Et, là aussi, il faut que l'on soit clair sur le plan du déroulement du procès pénal. Devant le tribunal correctionnel, le juge qui va juger Idrissa Seck et ses présumés complices, qui est différent du juge d'instruction, peut estimer que les preuves sont tellement suffisantes pour qu'il rentre en voie de condamnation contre Idrissa Seck et ses présumés complices. Mais, il peut aussi estimer que les preuves ne sont pas suffisantes et relaxer ces derniers. Tout peut arriver. Ce n'est pas parce qu'Idrissa Seck a été renvoyé devant le tribunal qu'il sera nécessairement condamné ou relaxé. Tout dépend des preuves au fond devant le tribunal.
Je l'avais dit dans une interview dans votre journal Wal Fadjri. J'avais dit que le juge d'instruction instruit à charge et à décharge. J'avais ajouté que rien ne s'opposait à ce qu'Idrissa Seck bénéficie d'une liberté provisoire ou d'un non-lieu si le juge n'a pas d'éléments suffisants. Le juge d'instruction, contrairement à ce que les avocats d'Idrissa Seck soutiennent, peut mettre quelqu'un en détention et faire ensuite des enquêtes pour rassembler des preuves. On arrête quelqu'un sur la base d'indices, mais on condamne quelqu'un sur la base de preuves. Et les débuts de preuve sont rassemblés par le juge d'instruction qui les transmet au tribunal pour que la personne soit jugée. Mais si, à l'issue de son enquête, le juge d'instruction se rend compte que les preuves dont il dispose ne sont pas suffisantes, il ordonne le non-lieu. Parce que le principe en matière pénale, c'est la liberté, l'exception c'est la détention. <p>
Wal Fadjri : Mais, avec ce délit de sortie irrégulière de correspondances de prison, il y a en perspective un bras de fer entre le pouvoir et le barreaun notamment avec l'inculpation de Me Djiby Diallo. Qu'en pensez-vous ?
Me Ousmane Sèye : Personne n'est au-dessus des lois et il faut laisser la justice suivre son cours. Si la justice estime que Me Djiby Diallo, qui est inculpé comme complice d'Idrissa Seck, n'a pas commis le délit qu'on lui reproche, il sera relaxé. Si, au contraire, il a commis un délit, le juge va entrer en condamnation contre lui.
Maintenant, en tant qu'avocat, si le barreau se mobilise pour faire respecter les droits de la défense, je me mobilise avec mes confrères. Mais, je ne vais pas jusqu'à dénier à la justice le droit de juger un avocat, un magistrat, un notaire ou quelqu'un d'autre.

Wal Fadjri : Me Djiby Diallo n'a pas été entendu et pourtant le dossier de sortie irrégulière de correspondances de prison a été bouclé à la faveur de la clôture du dossier d'atteinte à la sûreté de l'Etat et à la défense nationale dont il fait partie. On risque de voir Me Djiby Diallo jugé sans qu'il soit entendu une seule fois.<p>
Me Ousmane Sèye : Me Djiby Diallo n'a pas été auditionné parce que les conditions matérielles de l'audition n'ont pas été réunies. Il y avait trop d'avocats dans une salle exiguë. Ce qui n'a pas permis au juge d'instruction de faire son travail. Je ne sais pas si le juge va continuer son audition en ce qui concerne Me Djiby Diallo. <p>
Wal Fadjri : Est-ce possible pour le juge de poursuivre l'instruction dès lors que le dossier est bouclé ?
Me Ousmane Sèye : Le dossier est bouclé sur le délit d'atteinte à la sûreté de l'Etat et à la défense nationale pour lequel Idrissa Seck a eu un non-lieu. Mais, en ce qui concerne le délit de sortie irrégulière de correspondances de prison, on ne peut pas dire que le dossier est bouclé. Le juge d'instruction peut continuer son instruction, et pourquoi pas, aboutir à un non-lieu sur ce délit.
Wal Fadjri : Comment cela est-il possible dès l'instant où le délit de sortie irrégulière de correspondances n'a pas été dissocié de l'atteinte à la sûreté de l'Etat et à la défense nationale ?
Me Ousmane Sèye : C'est un même dossier, mais ce n'est pas le même délit. Le juge a ordonné le non-lieu sur le délit d'atteinte à la sûreté de l'Etat et à la défense nationale, mais, rien n'a encore été décidé pour ce qui concerne le délit de sortie irrégulière de correspondances de prison. Donc, le juge d'instruction peut parfaitement faire son interrogatoire, si les conditions sont réunies, en ce qui concerne ce délit.
En tant qu'avocat de l'Etat, je ne peux que faire confiance à la justice et la laisser faire son travail, mais dans le respect des droits de la défense. Djiby Diallo est mon jeune confrère, je l'aime bien, c'est mon ami et j'entretiens avec lui d'excellentes relations. Il était même, hier, dans mon cabinet (l'entretien a eu lieu mercredi dernier : Ndlr). Je me battrai donc pour que ses droits soient respectés et qu'il ait aussi tous les moyens de défendre son client, Idrissa Seck. <p>
Wal Fadjri : L'Etat a perdu une bataille avec le non-lieu partiel accordé à Idrissa Seck. Un coup dur n'est-ce pas ?<p>
Me Ousmane Sèye : Non ! Vous savez, dans l'épreuve de la procédure judiciaire, il n'y a jamais un perdant ou un gagnant. C'est la justice qui doit triompher. Si on comdamnait injustement Idrissa Seck pour le délit d'atteinte à la sûreté de l'Etat et à la défense nationale, l'Etat n'aurait pas gagné, c'est la justice qui aurait perdu. Le juge d'instruction a estimé qu'il n'y a pas de charges suffisantes contre Idrissa Seck en ce qui concerne le délit d'atteinte à la sûreté de l'Etat et à la défense nationale et a ordonné un non-lieu. Et ce n'est pas l'Etat qui a perdu et Idrissa Seck qui a gagné. C'est la justice qui a triomphé. Et cela prouve que l'on est dans un Etat de droit. On doit faire tout pour le triomphe de la justice et de la vérité, de quelque côté que l'on se trouve, quel que soit notre combat.<p>
Wal Fadjri : Vous semblez dire, en filigrane, que si demain Idrissa Seck est condamné pour les autres délits, ses partisans devraient accepter le verdict de la justice.<p>
Me Ousmane Sèye : Si Idrissa Seck ou quelqu'un d'autre est condamné, il faut qu'on l'accepte comme tel. <p>
Propos recueillis par
Amadou DIOUF walf.sn 08/02/2006

Salif BA : Le dindon de la farce


Salif Bâ a-t-il été piégé ? En tout cas, il n'a pu bénéficier que d'une liberté provisoire, obtenue après avis médical, au moment où Idrissa Seck, lui, a eu un non-lieu sur le dossier dit des chantiers de Thiès dans lequel ils étaient tous les deux mis en cause.
Mais, si l'ex-ministre du Patrimoine bâti et de l'Habitat s'est retrouvé dans cette situation, explique une source proche de ce dossier, c'est parce qu'il a cédé à la pression du pouvoir qui l'a poussé à déposer une demande de liberté provisoire en arguant une santé défaillante. Cela signifie, en d'autres termes, indique notre interlocuteur, qu'on lui a fait reconnaître, sans coup férir, les faits qui lui sont reprochés. Un scénario qu'avait, par contre, refusé jusqu'au bout Idrissa Seck. Sans doute avait-il senti la chausse-trappe.
Quoi qu'il en soit, l'ex-Premier ministre récolte aujourd'hui des roses alors que Salif Bâ, lui, ramasse des ronces. Ce dernier a toujours le dossier des chantiers de Thiès suspendu au-dessus de sa tête. En effet, le non-lieu qui a été accordé, hier, à Idrissa Seck ne concerne que ce dernier. Pour pouvoir bénéficier d'une telle décision de justice, l'ex-ministre du Patrimoine bâti et de l'Habitat devra en formuler la demande ou être blanchi d'autorité, à l'instar d'Idrissa Seck, par la commission d'instruction près la Haute Cour de justice.
A. DIOUF walf.sn 08/02/2006

LIBERATION NEGOCIEE POUR IDRISSA SECK : L'Etat des “deals”

Malgré le match de qualification pour la finale de la Coupe d'Afrique des nations que disputaient hier les Lions du football, les inconditionnels du maire de Thiès, n'ont pas manqué au rendez-vous de la libération de leur idole. Sans compter les errements du côté de la sécurité.
Par Fatou FAYE et Emmanuelle LOVAT
MEDIATION - Me Ousmane Sèye, plénipotentiaire du Président Wade : «Les avocats de Idrissa Seck n'ont qu'à se taire»
Au mois de juillet 2005, alors que l'ancien Premier ministre Idrissa Seck venait d'être placé sous mandat de dépôt, Me Ousmane Sèye s'était déclaré avocat de l'Etat contre M. Seck. Au fil des mois, l'avocat, conseiller de la République, se retrouve médiateur entre le Président Abdoulaye Wade et son «fils d'emprunt» pour la libération de ce dernier. Des négociations qui ont eu lieu sur le dos des avocats de l'inculpé, entre autres délits de détournement de deniers publics et de certaines autorités judiciaires et pénitentiaires. Une réalité dont les conseils de l'inculpé veulent faire table rase pour mieux jubiler d'avoir pu sortir Idirssa Seck de la Maison d'arrêt et de correction de Rebeuss, rien qu'en se fondant sur des principes judiciaires. Mais ils ont été bien mis devant le fait accompli d'une libération négociée.
Aminatou Mohamed DIOP -


LIBERATION D'IDY:La Commission d'instruction met fin au déballage

Idrissa Seck, l'ex-Premier ministre, maire de Thiès est libre. Il a bénéficié hier, mardi 7 février, d'une liberté provisoire « d'office » de la part de la Commission d'instruction, que préside le haut magistrat Cheikh Tidiane Diakhaté. Suite à un non-lieu partiel sur le délit de détournement de deniers publics relatif à la gestion des fonds secrets et sur celui des chantiers de Thiès-2004 dont il n'était point aux yeux de la Commission, le principal accusé, « à la limite un complice », Idrissa Seck a rejoint sa famille hier, après sept mois de détention provisoire. La justice tout en sauvegardant sa liberté et son autonomie dans cette affaire, semble avoir mis un terme au déballage, notamment sur les fonds secrets qui commençait à gêner considérablement le pouvoir.
Installée à la suite de la réactivation de la Haute Cour de justice sur l'affaire dite des chantiers de Thiès-2004, ainsi que sur celle portant sur un détournement de deniers publics sur les fonds secrets qui ont valu à l'édile de Thiès, une mise en accusation de la part de la majorité libérale de l'Assemblée nationale, la Commission d'instruction de la Cour d'Appel du tribunal hors classe, régional de Dakar a ainsi bouclé ses investigations après plus de cinq mois d'audition, de vérification et d'interpellations de témoins et de faits. « Statuant en chambre du conseil, hors la présence du ministère public, des conseils de l'inculpé et du greffier », elle a ordonné hier, le non-lieu partiel sur le détournement de deniers publics et a commandé la continuation de l'information sur les autres faits visés dans la résolution de mise en accusation en ce qui concerne le dernier « détenu » de cette affaire qui était encore en prison, Idrissa Seck. Au moment où les « Lions de la Téranga » se faisaient surprendre par les « Pharaons d'Egypte » conduits par un Mido « irrespectueux » dans cette demi-finale de la Can 2006 sur les bords du Nil, le maire de Thiès regagnait ainsi son domicile dakarois qu'il déserta depuis le mois de juillet 2005 dernier. Installé dans les liens de la prévention, qu'il était .
Fonds à la seule discrétion du chef de l'Etat
Dans leur souci de casser certainement du Idrissa Seck, coûte que coûte, ses « frères libéraux », avaient ajouté en sus de l'accusation de concussion et de corruption de l'affaire dite des chantiers de Thiès-2004, de l'atteinte de la sûreté de l'Etat qui avait été sortie comme du chapeau d'un magicien à la Division des investigations criminelles (Dic), une autre, relative à la gestion des fonds secrets. Mal leur en pris au regard des entendus et des considérants de la Commission d'instruction.
Considérant en effet, que toutefois si l'information a permis d'établir que Idrissa Seck en sa qualité de ministre d'Etat, Directeur de cabinet du président de la République avait, sous sa responsabilité, ouvert des comptes sous la responsabilité du Secrétaire général de la présidence de la République,-il avait qualité note la commission, d'ouvrir des comptes au cours de cette administration dans le cadre des fonds politiques affectés au président de la République,- il a été constaté que les comptes ouverts à la Société générale des banques du Sénégal (Sgbs), Dakar et Sgb Paris ainsi qu'à la Cbeao ouverts au nom du Secrétaire général de la présidence et géré par Idrissa Seck, ont été clôturés et réouverts au nom de la Primature depuis la date où ce dernier a été nommé à ce poste. Il devait sauf instruction contraire qui n'a pas été versée au dossier, continuer à gérer lesdits fonds. Fonds dont certains comptes étaient ouverts préalablement sur les livres de la Sgbs sur le n° 220-02077637/Sg de la présidence. Clôturés au départ de Idy de la présidence pour la Primature, ils seront logés à nouveau, au compte n° 2-209715 de la Sgbs.
Et même si, considérant que la dissimulation des comptes bancaires ouverts par lui-même dans les livres de la Sgbs, Sgb et Cbeao en empruntant le titre de Secrétaire général de la présidence de la République constituerait une présomption de détournement de deniers publics, il èchet, pour la Commission d'instruction, au vue de ce qui précède, qu'il n'avait pas lieu de suivre « davantage Idrissa Seck des chefs d'usurpations de titre et de détournement de deniers publics relatifs à la gestion des comptes des fonds politiques affectés au président de la République ».
La cause était entendue à ce niveau.
Chantiers de Thiès-2004
Selon la Commission d'instruction, considérant que ces faits seraient constitutifs, entre autres cheds de délits, de détournement de deniers publics prévu et puni par les articles 152 à 155 du Code pénal ; Qu'en application de l'article 140 du Code de procédure pénale, les personnes poursuivies sur le fondement des dispositions du Code pénal ainsi citées, ne peuvent bénéficier de la main levée du mandat de dépôt que si, au cours de l'information, surviennent des contestations sérieuses ou le remboursement ou encore le cautionnement de l'intégralité du manquant, la Commission du haut magistrat trouvait donc normal la mise en examen du prévenu.
Cependant, considérant aux termes de ses investigations, que s'agissant de l'approbation du marché public litigieux du 3 octobre 2003 attribué à l'entreprise Jean Lefebvre-Barra Tall, l'accusé Idrissa Seck a déclaré que c'est par ignorance qu'il a apposé sa signature sur l'acte d'approbation bien que la compétence en la matière, avait été déjà transmise au ministre des Finances par le décret du 26 septembre de la même année,-ses services lui ayant soumis le dossier d'approbation sans attirer son attention sur le transfert de compétence,-et comme il n'a pas été relevé au niveau de l'instruction des éléments prouvant qu'il a signé sciemment ce marché. Et qu'en outre et par ailleurs, en ce qui concerne les surfacturations visée au niveau de l'instruction qui auraient permis à Idrissa Seck d'accomplir des actes de corruption ou de concussion, il y a lieu d'observer et de faire observer, note-t-on au niveau de la Commission, que les premiers bénéficiaires éventuels de ces surfacturations ne peuvent être que les entrepreneurs. Si même leur responsabilité était établie, il resterait à prouver comment Idrissa Seck a pu bénéficier sciemment des produits des surfacturations. Qu'en l'espèce par conséquent, s'agissant de Bara Tall, qui aurait pratiqué les surfacturations de connivence avec Idrissa Seck, il ne fait pas à ce jour, l'objet d'aucune inculpation dans le dossier d'instruction contre X pendant devant les juridictions ordinaires saisies de l'affaire des chantiers de Thiès. Lui comme tous les autres 39 entrepreneurs et chefs de bureaux d'Etude concernés par l'exécution de ces travaux. Il s'y ajoute, remarquent les collègues de Cheikh Tidiane Diakhaté, qu'aussi bien pour le rapport de l'Inspection générale d'Etat qu'au niveau de l'enquête de simple police, Bara Tall a soulevé des contestations. Résultat : en l'état, l'information contre l'édile de Thiès, ne pouvait évoluer en l'absence d'éléments compromettants de l'enquête en cours contre Bara Tall. Ce chef d'accusation tombait également. Dès lors, statuant en chambre du Conseil, les magistrats-instructeurs ne pouvaient qu'ordonner un non-lieu. Prudents cependant, au regard des accusations graves qui pèsent encore sur l'ex-Premier ministre, ils ordonnent la continuation de l'information sur les autres faits visés dans la résolution de mise en accusation. Ainsi qu'au bénéfice des contestations sérieuses, sa mise en liberté d'office. La justice était sauve. Elle mettait en outre un terme au déballage qui commençait à éclabousser la République.
Madior FALL

LA CHRONIQUE DE DMF :Dépassement sudonline 08/02/2006
Tout est bien qui finit bien dans le couple Wade-Idy. Même si les conditions de sa libération sont aussi expéditives et rocambolesques que son arrestation programmée, l'ancien Premier ministre et fils spirituel de Me Wade ne fera pas la fine bouche. Par le fait du Prince, il aurait pu moisir au cachot. Tout comme par le fait du Prince, il avait été arbitrairement embastillé. C'est ce qu'il faut retenir d'abord du film de ces sept derniers mois. Bien sûr, l'arbitraire et l'injustice n'auraient pas pu prospérer indéfiniment. Mais sait-on jamais, un « suicide » à l'insu de son plein gré aurait pu arriver subsidiairement ? Dans les démocraties tropicales, on ne sait jamais quand ni comment l'irréparable peut survenir. Idy peut donc se sentir soulagé de sortir en toutes pièces comme il était rentré. Monsieur Idrissa Seck peut également se féliciter de garder intactes toutes ses facultés et sa vivacité. A Rebeuss Island en effet, il a entretenu son corps et son esprit par la lecture et le sport tout en se consacrant à ses chères études coraniques. Ce n'est pas donné à tout le monde de garder sa sérénité et sa foi dans l'épreuve. Et la prison est une des épreuves les plus dures pour la créature humaine créée libre par Dieu. On ne peut pas en dire autant de certain demeuré et faible d'esprit de la presse de caniveau. Me Wade, notre président bien aimé peut lui aussi pousser un ouf de soulagement. Voilà une patate chaude dont Maître vient de se débarrasser, une épine qu'il a été obligé de s'enlever lui-même comme dans les tranchées de la Marne. C'est tout à l'honneur de notre président bien aimé d'avoir su mettre fin à la machination politico-judiciaire avant qu'il ne soit trop tard. Même si pour cette fin, il a fallu qu'il mette à mal le sacro-saint principe de séparation des pouvoirs et la rigueur de l'indépendance de la magistrature. Sept mois de vaine agitation viennent de prendre fin par la décision des deux hommes qui étaient réellement concernés. Le combat a cessé faute de combattants.
C'est une phase délicate qui attend à présent l'ancien Premier ministre et fils spirituel de Me Wade, notre président bien aimé. Il est attendu aussi bien par l'opinion publique qui l'avait majoritairement soutenu que par les libéraux et leurs alliés. Comme Lady Di avant lui, on peut dire que M.Seck est le libéral du c½ur, sauf que lui est sain et sauf. Sans préjuger des prochaines décisions de monsieur Idrissa Seck, on peut se risquer à penser que désormais sa vie et sa démarche seront marquées du sceau de l'avant et de l'après-Rebeuss. C'est un Idrissa Seck nouveau que les Sénégalais pourront découvrir après les multiples épreuves qui l'ont marqué et mûri. L'ancien Premier ministre et fils spirituel de Me Wade, dont l'ambition et l'arrogance dérangeaient, a expérimenté l'adversité sournoise, les brimades mesquines, la souffrance dans sa chair, non pas d'ennemis venus d'ailleurs mais issus de sa propre famille politique. Par bonheur, il a surmonté ces obstacles et en a tiré les enseignements. Ce n'est pas un homme triomphant et triomphaliste, un otage politique revanchard mais non plus atteint du syndrome de Stockholm, ni un Messie qui a franchi les portes de l'enfer de la maison d'arrêt de Rebeuss.
C'est simplement un homme qui a pris la pleine mesure de ses responsabilités, de ses possibilités et de ses capacités à influer sur le cours des choses. On peut avancer sans se tromper que le Idrissa Seck d'avant Rebeuss n'aurait pas fait preuve d'autant de sagesse, d'humilité et de patience. Voilà un homme qui a été malmené par la loi du plus fort sans que rien de concret ni de tangible n'ait pu être prouvé contre lui. A ce jour, on ne sache pas qu'il a présenté une requête pour bénéficier d'un élargissement quelconque. Et qui sort de prison en mettant en avant le sens du dépassement et du pardon. Ce n'est pas lui, on nous l'a changé !
Merci qui ? Merci Me Wade.
Cette phase est délicate à plus d'un titre. Tout est arrivé très vite dans la vie de l'ancien Premier ministre : la mise en orbite, la déchéance comme la réhabilitation par le Maître du Pds. L'ouragan Katrina, plus que le long fleuve tranquille, a la préférence du Maître. Avec lui, le Capitole est toujours proche de la Roche Tarpéienne. Mais celui qui veut travailler avec Maître doit le savoir et faire avec. C'est à prendre ou à laisser. Le retour annoncé de monsieur Idrissa Seck au sein de son ancien parti est une chose naturelle et logique. C'est son milieu spontané, son giron paternel. Quoi qu'il en déplaise aux faucons du Palais qui rêvaient de le voir finir sa vie en prison. Quoi que cela coûte à tous ceux qui souhaitaient qu'Idrissa Seck aille plutôt faire les beaux jours de l'opposition républicaine. Pour paraphraser l'ancien otage de Rebeuss, jusqu'à l'extinction du soleil, rien ne pourra le séparer de Me Wade, notre président bien aimé. C'est comme cela. Alors autant que les faucons du Palais s'en fassent une vertu : contre mauvaise fortune faire bon c½ur. Le c½ur du Maître est grand, assez grand pour accueillir tous ses enfants. Il y a de la place pour tous dans ses plans. Il est clair que dans son c½ur, Maître ne lui avait pas trouvé de remplaçant : l'avait-il seulement cherché ?
Il est certain que le retour de l'ancien fils spirituel et Premier ministre dans les tablettes du Maître du jeu va provoquer une nouvelle redistribution des cartes. Maintenant, l'inconnue reste l'ampleur et la forme de cette répartition des rôles et de ce partage des stations. Parce qu'en plus de la réhabilitation d'un homme arbitrairement mis en cause, ce retour à la maison-mère consacre l'impossibilité de Me Wade à dénicher un remplaçant de M.Seck capable de donner un sens à la vision du Maître et de gagner les prochaines élections. C'est du réalisme politique. Et ni les man½uvres des faucons du Palais ni le choc des ambitions au sein des allées du pouvoir n'y changeront rien. Maître a besoin de la force de frappe et de la popularité de son ancien Premier ministre et fils spirituel. Après son départ des affaires, si les faucons dansaient de joie, Maître lui n'était pas à la fête. L'opposition le débordait de partout, Maître broyait du noir, les journées ne lui apportaient que leur lot de contrariétés et de mauvaises nouvelles. Le compteur électoral était bloqué et personne dans son entourage n'était capable de renverser la vague du désamour des Sénégalais qui risque de l'emporter. Personne sauf sa moitié politique. Les libéraux devront en prendre acte et cesser leur guérilla qui ne dessert en réalité qu'eux-mêmes. Ils devront prendre de la hauteur et faire preuve de grandeur devant l'évidence. A l'image de l'homme que Me Wade, notre président bien aimé, vient de rendre aux siens et de faire revenir à la maison Pds. Ils pourront consacrer leur impétueuse énergie à se défoncer pour nous construire toujours plus de routes, de ponts, d'échangeurs, d'aéroports, de chantiers et de « Sénégal qui gagne ». Ce sera toujours cela de pris pour le Sénégal et les Sénégalais. Bon vent à Idrissa Seck et tous nos v½ux de bonheur !
Dié Maty FALL.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mercredi 08 février 2006 05:51

Modifié le mercredi 08 février 2006 10:13

Liberation de l'ancien Premier ministre Idrissa seck: une sombre lumière ! / Idrissa Seck est simplement en liberté provisoire / LIBERATION DE IDRISSA SECK:WADE ET IDY - Au coeur des négociations de Rebeuss

Liberation de l'ancien Premier ministre Idrissa seck: une sombre lumière ! / Idrissa Seck est simplement en liberté provisoire / LIBERATION DE IDRISSA SECK:WADE ET IDY - Au coeur des négociations de Rebeuss
LIBERATION DE IDRISSA SECK / WADE ET IDY - Au c½ur des négociations de Rebeuss Idrissa Seck est simplement en liberté provisoire

Liberation de l'ancien Premier ministre Idrissa seck: une sombre lumière ! (Courrier International 10/02/2006)

Idrissa Seck vient d'être élargi après 7 mois de détention. Autant son arrestation avait suscité beaucoup d'interrogations, autant sa libération en suscite encore. Pourquoi Idrissa Seck a-t-il été libéré ? Etait-il l'auteur des délits qui lui ont été reprochés ? Où sont passés les 26 milliards des chantiers de Thiès ? Et les 44 milliards découverts dans ses différents comptes révélés par beaucoup de journaux. Qui est coupable dans le délit de détournent de deniers publics ? Telles sont autant d'interrogations posées par une bonne partie de la population.

"Pourquoi Idy s'est-il mis à rembourser des milliards, si vraiment il ne les a pas volés ? Déjà 6 milliards. Puis 7,5 milliards..."

L'Inspection Générale d'Etat (IGE) a démontré dans ses rapports comment les fonds des chantiers de Thiès ont été détournés de leur objectif. Tout a été clairement démontré. Si on se fonde sur les conclusions de l'Ige et sur d'autres informations relatives à cette affaire, on se demande si effectivement tous ces Sénégalais, hommes et femmes, qui soutiennent l'ancien Premier Ministre sont assez informés ? Il y a eu trop d'atermoiements dans la gestion de cette affaire. Ce comportement a considérablement contribué à l'apparente faiblesse de conviction d'une partie de la population sur la culpabilité du Maire de Thiès. Et pourtant ses responsabilités sont entièrement établies par l'Ige et la Justice. Sur le plan de la communication le dossier a été mal géré du début à la fin. Connaissant l'esprit des Sénégalais rétifs à toute forme d'injustice, une meilleure communication sur les délits commis par Idrissa Seck et ses complices, les aurait davantage mobilisés à s'opposer à son élargissement.

Sur les ondes de «ANNUR FM», le Directeur de Publication de «Il est midi», Ndiogou Wack Seck a déclaré «qu'il est insensé d'arrêter quelqu'un et de le libérer le lendemain sans raison». Pour une affaire aussi grave, les Sénégalais devraient avoir tous les éléments nécessaires pour comprendre que l'arrestation de Idrissa Seck n'a rien de subjectif.

Pourquoi ne pas révéler à temps aux Sénégalais que l'ancien Premier Ministre avait proposé une négociation pour sortir de prison ? Les Sénégalais ont besoin de savoir qui a fait quoi. C'est dommage quand certains disent qu'il y a un deal entre Wade et Idy. Tout ceci n'est que le fruit d'une mauvaise communication. Surtout au sommet de l'Etat, à la Présidence de la République Idrissa Seck continue à clamer son innocence. Qui a donc détourné les 26 milliards dans les chantiers de Thiès ? Ou se sont-ils évaporés dans le ciel de la cité du rail ? D'où viennent les milliards qui sont dans les comptes du Maire de Thiès. « Je suis riche. J'ai des biens ici et à l'Etranger », avait-il déclaré devant les représentants médusés de la Banque Mondiale. Il avait repris les mêmes propos devant la Commission d'Instruction. Ses amis et proches parents brassent des millions et roulent à bord de luxueux carrosses. S'est-il enrichi illicitement ? Les Sénégalais veulent savoir. « Non lieu » ou « non lieu partiel » on se perd même dans ce jargon hermétique. Rien n'a été inventé, Idrissa Seck s'est bel et bien enrichi illicitement sur le dos des Sénégalais. Et son souhait comme il l'a réitéré c'est de diriger ce pays grâce à l'argent qu'on l'accuse d'avoir détourné.

Le Maire de Thiès a-t-il signé un pacte avec le Chef de l'Etat comme d'aucuns l'ont suggéré ? Aurait-il aussi accepté et respectera t-il de surseoir à toute activité politique ? Sera-t-il également certain comme il l'a promis de rembourser totalement les fonds politiques du Président de la République et manifesté son souhait de soutenir Me Abdoulaye Wade ? Les propos qu'il a repris hier chez lui en disant « Je veux servir mon pays » restent ambigus. Tous ceux qui connaissent Idrissa Seck savent qu'il a changé de discours. S'est-il engagé à respecter « le pacte de Rebeuss » comme l'a écrit le Dirpub du Quotidien ? Le Maire de Thiès n'a fait aucun bruit lorsqu'il regagnait son domicile. En terme classique, on dira que l'ancien Premier Ministre s'est assagi. Est-ce l'effet de son séjour carcéral ?

A part les interrogations que se posent certains sur la culpabilité de Idrissa Seck, d'autres se demandent si effectivement le Maire de Thiès respectera les engagements qu'il a pris devant la notaire Nafissatou Diop Cissé et devant Me Ousmane Sèye, l'avocat de l'Etat. « S'il est libéré, il continuera de faire ce qu'il veut. Et rien ni personne ne lui imposera de rembourser les fonds », nous a confié un membre du Pds. Les jours à venir, le Maire de Thiès devra rembourser le reste des milliards. Et s'il refusait de le faire ?

Idrissa Seck vient d'être libéré. Et il a laissé derrière lui des voleurs de poules et de chèvres.

Les choses doivent être clarifiées surtout pour les populations peu informées.

Idrissa Seck osera-t-il demain exiger la condamnation d'un Directeur Général ou d'un Ministre qui a détourné des milliards ? Va-t-on vers la légalisation du vol dans ce pays ? Non ! Il faut que justice soit faite et que l'argent du contribuable soit restitué car c'est le patrimoine de la République.

Si personne n'a volé on peut librement penser que le Cfa a poussé des ailes qui lui ont permis de s'évaporer vers le ciel sans que personne ne soit responsable.
Par Mouth BANE


LIBERATION DE IDY: Non lieu partiel et liberté d'office pour l'ex-Pm



Un certain 14 juillet 2005 Idy était incarcéré à Rebeuss après son passage devant la Dic. Il déclarait lors d'une conférence de presse tenue une semaine plus tôt: « j'ai déjà expliqué que le Président de la République avait l'obligation de contrôler la manière dont les missions qu'il confiait à ses collaborateurs étaient exécutées, c'est normal. Mais si Wade se réveillait un beau jour et disait, rien ne s'est passé, on dirait c'est un deal, la justice est le meilleur moyen de trancher cette affaire-là. Comme il n'y en a aucune, ils n'en trouveront aucune et je sortirai et je reprendrai mes activités telles que je les ai décrites ». Des questions restent pendantes : va t-on passer par pertes et profits les 25 milliards de surplus dans le budget des chantiers de Thiés ? Assurément non, puisque Idy a commencé à les rembourser.

« Idrissa Seck a bénéficié d'une liberté d'office malgré un non lieu partiel », a déclaré Me Boucounta Diallo en smoking suivi de ses nombreux confréres.

Des heures plus tard sur la rue qui jouxte la maison d'Idy, il disait à des sympathisants de l'ex-Pm surexcités : « nous avons veillé sur l'intégrité physique et morale de notre client, il n'est pas malade et est totalement libre à ce jour ». Le chef d'accusation d'enrichissement illicite tient-t-il toujours ? Assurément oui.

En ce jour de match décisif, l'ex-Premier Ministre a pris à l'opinion un peu de son attention. Dès que certains curieux et sympathisants ont entendu par les ondes que Idrissa Seck sortirait de Rebeus à 17 heures tapantes, ils ont afflué à la citadelle de silence. Le n½ud gordien était de savoir si la liberté de Idy est totale ou partielle. Point de mire de tous ces curieux, Idy s'est fait attendre et a joué les présidentiables. Du côté de la porte dérobée, un déploiement digne d'un vip : dix hommes en smoking et un véhicule de type 4x4 s'offraient aux yeux des nombreux journalistes. Les questions fusent dans l'assistance : comment va t-il sortir ? Les gens agglutinés aux abords de la triste prison civile de Rebeus scandaient : «Idy Président, Idy Président». Tout est bon pour montrer sa sympathie à Idy : badges, tee shirts. Des mercaticiens opportunistes vendent à qui mieux-mieux des tee-shirts à son effigie. Awa Guèye Kèbé déclare émue : «nous voulons d'abord rendre grâce à Dieu et à son Prophète pour l'issue de cette affaire qui a occupé l'actualité de notre pays pendant prés de sept mois, nous estimons que c'est la victoire de la vérité. Dès les premières heures, nous avons crié à l'innocence de Idrissa Seck. Aujourd'hui nous sommes très fiers, puisque la justice sénégalaise nous a donné raison ».

Les curieux qui voulaient voir Idrissa Seck ne l'ont pas aperçu car l'ex-Premier Ministre est sorti d'une Mercedes noire aux vitres teintées sous les cris des curieux et les coups de klaxon des automobilistes. Son cortège encadré par des 4x4 est suivi en course par une certaine gent passionnée. Encore les signes présidentiels !!! Mais malgré tout, la question n'a pas trouvé de réponse : Pourquoi Idy s'est-il mis à rembourser des milliards, si vraiment il ne les a pas volés ? Déjà 6 milliards. Puis 7,5 milliards...
Pape Demba Diop

AVEC TOUJOURS CE GRAND SOURIRE, MAIS SANS VERSET DE CORAN: «Désormais avec les paysans et les sinistrés...»

L'ancien Premier Ministre est sorti de prison, où il croupissait depuis le 23 juillet 2005. Soit sept mois passés à la maison d'arrêt et de correction de Rebeuss, qu'il a finalement quittée hier 7 février 2006 suite à un non-lieu partiel.

« Je commencerais par rendre grâce à Dieu . J'ai un sentiment de profonde gratitude à l'endroit de tous mes compatriotes sénégalais, de la diaspora comme de l'intérieur du pays, à l'endroit de nos cousins africains et de tous les amis du Sénégal à travers le monde qui se sont mobilisés pour que notre pays continue de tenir son rang en matière de démocratie, de liberté, de droits de l'homme et de justice indépendante. En parlant de justice, reviennent en mémoire ces mots du Général Conachap à son aide de camp Junot. Emprisonné sur la base d'une dénonciation calomnieuse, Napoléon dit ceci « (...)Les hommes peuvent etre injustes envers moi, mais il me suffit d'être innocent (...) ». C'est avec une conscience calme que je suis entré dans cette épreuve, c'est avec une conscience calme que j'en sors , et je convoite de Dieu la sérénité, l'endurance, la capacité de dépassement qu'exige la mission que je me suis assignée, servir le Sénégal (...). Ces mots sont les premiers que l'ancien Premier Ministre, Idrissa Seck a prononcé devant la presse à sa sortie de prison hier 7 février 2006 grâce à une ordonnance de non-lieu partiel, après sept mois d'emprisonnement dans le cadre de l'affaire dite des chantiers de Thiès. Rien n'a changé dans son apparence, la prison ne semble pas trop l'avoir marqué. Il affiche toujours son sourire que tout le monde lui connaît, mais semble avoir arrêté sa manie de citer des versets coraniques à tout bout de champ. IL avait aussi l'air effarouché, ne voulant pas se laisser approcher de trop près par les journalistes qui se bousculaient pour lui tendre le micro hier à son domicile. On peut dire que Idy a changé, lui qui aimait les bains de foule avant son emprisonnement. Il parle désormais de tolérance, affirme avoir pardonné à tout le monde et oriente désormais son esprit vers les sinistrés, les paysans et l'éducation, « difficultés auxquelles notre pays est confronté », dira t-il.

L'ancien Premier Ministre qui est sorti hier de prison dans l'après-midi a quelque peu été éclipsé par les «Lions» du Football. Tous les militants s'étaient donné rendez-vous devant chez lui. Une foule en délire qui n'arretait pas de scander son nom. L'apparition de Omar Sarr au balcon fut une fausse alerte, et c'est bien après que Mara, comme on l'appelle, apparut à son tour. Geste qui créa des mouvements de foule, obligeant les gardes du corps à

«charger» avec rudesse tout le monde, sinon la porte aurait cédé sous le poids de la bousculade. Les journalistes, surtout les femmes ont été les plus malmenées.

A l'intérieur de la maison sise rue de Kaolack au Point E, les sympathisants avaient devancé Idy : Il s'agit entre autres de Awa Gueye Kébé, Omar Sarr, Benoit Sambou et de Talla Sylla qui pense que l'exemple de Idy doit servir à l'opposition. Pour le leader du Jef jel, Idy n'est rien d'autre qu'une victime et cela ne doit plus jamais arriver. Mais pourquoi, s'est-il mis à rembourser les milliards volés s'il n'est pas victime?
Oumy NDOYE

" Pourquoi Idy s'est-il mis à rembourser des milliards, si vraiment il ne les a pas volés ? Déjà 6 milliards. Puis 7,5 milliards..."


Mais dame justice où te caches tu ?

Le monde serait-il à l'envers ? Ou bien est-ce l'apocalypse ? Dire que hier deux événements se sont produits. Au moment où nos braves «Lions» se faisaient éliminer par les «Pharaons», là-bas, sur la Corniche, l'ancien pensionnaire de Rebeus humait l'air de la liberté. Laissant derrière lui ses anciens compagnons. Abandonnés à leur sort. Dans ces geôles exiguës, tristes, froides, des citoyens, des étrangers sont déconnectés. Ils sont sans réseau depuis combien d'années ?

Hier Idrissa Seck a rejoint les siens. Ceci relance le débat. Où est la justice ? Quand on sait qu'au camp pénal, à Reubeuss, des personnes sont privées de tout, parce que tout simplement on les a pris la main dans le sac. Ils ont été coincés devant la tirelire d'un boutiquier, ils ont été coincés parce qu'ils ont chapardé un pain, une pomme, un portable. Ils ont été coincés parce qu'ils avaient faim, ils n'ont pas voulu que le feu soit éteint à la maison.

Dans ce monde, les dés sont pipés, pourquoi embastille t-on les petits larbins alors que les milliardaires détournent des sommes exorbitantes, se paient les services d'une robe noire qui a maîtrisé le Code pénal ; ils sont derrière les barreaux mais c'est juste pour se faire une belle image. La prison n'accueille maintenant que les hommes de bonne famille. Enfant on nous disait souvent de ne pas jouer avec l'eau dans laquelle on s'est rincé les mains.

Vraiment, les hommes ont besoin d'eau bénite pour se refaire. Dans ce bas monde, est-il normal de dire qu'on roule sur l'or, qu'on a hérité de la fortune de oncle Picsou ? Quand à quelques lieues, les enfants crèvent de faim et de misère ; des mômes sont renvoyés de l'école parce que tout simplement, un cahier, un stylo leur manque ; des femmes qui n'arrivent pas à avoir un kilo de riz, pour au moins tromper la faim de cette progéniture aux yeux larmoyants.

Des femmes qui sont obligées de courir à gauche, à droite les pieds craquelés, jouant à cache-cache avec le vent, le froid pour 250 pauvres francs ; des jeunes qui sont obligés d'emprunter les chemins de la délinquance, de l'homosexualité pour aider les siens.

Ah non, nous ne voulons pas de ce Sénégal là.Le voleur de milliards est libre, parce qu'il a commencé à rembourser sa fortune volée.

Personne n'a le droit de crier sur les toits sa fortune. Les milliardaires sénégalais font pitié à voir. Certains n'osent mettre le pif dehors. Ils sont souvent sous calmants car ils manquent de sommeil, ils ne sont pas heureux, certains sont obligés de courir à gauche, à droite pour se payer les services d'un charlatan à la camisole sale. Mais Rebeuss accueille de plus en plus des voleurs fils de grandes familles, des délinquants à col blanc. Des noms célèbres, c'est une joie d'y entrer. On s'y fait des potes, on fait l'affaire des amateurs de charlots. On y mange bien, on n'est pas inquiété. Le thé y est meilleur et le riz encore plus succulent. Les gens riches sortent de prison le jour, la nuit, ils commencent leurs opérations de charme.

Mais il faudrait rappeler que la sortie de Idrissa seck, ne change rien dans la vie nationale. Les grands chantiers du Président et de son homme de confiance Macky sall, avancent de plus belle. Le pays ne ressent pas cette secousse sismique de faible magnitude. Les Sénégalais ne sont plus dupes, ils savent percevoir les ondes faibles et les vibrations fortes. Combien de Sénégalais sommes-nous ? Pourquoi, l'un d'entre eux a-t-il été cité parmi tous ? Abdoulaye Wade était envoyé au gnouf, parce que les Verts voulaient lui donner de la chlorophile, il n'en voulait pas. Il préférait mille fois être à la diète. Donc Idrissa Seck ne peut se mesurer à Abdoulaye Wade, car bomber le torse, en riant à gorge déployée, criant que les billets qui tombent comme des trombes au mois d'août, c'est se moquer de l'humanité.

Les jours à venir seront ensoleillés, l'astre va darder ses rayons puissants sur cette terre de la téranga. L'heure est aux inscriptions sur les listes et au libre choix, à l'heure de la digitale, certains sont encore à l'heure du féodalisme.

Idy est en liberté provisoire, deux autres affaires sont encore pendantes.

Certains ne doivent pas mettre la charrue avant les b½ufs. Le Maire de la ville du refus a deux non lieu, mais deux autres accusations pèsent sur la tête.

«Dans le domaine des affaires d'acompte, quand l'enquête a démontré que ce sont des fonds politiques et que les fonds politiques ne sont pas les deniers publics, de l'Etat. C'est ce que le juge a dit. Il n'est pas compétent pour cela. Le juge a dit pour ce qui est de la première poursuite avec quatre chefs d'accusation, l'enrichissement illicite, la commission rogatoire en France , aux Etats Unis, pour montrer qu'il a caché de l'argent. Il faudra attendre les résultats de l'enquête pour se prononcer. Le juge n'a pas encore reçu le retour de cette commission rogatoire».

Bara Tall et Idrissa Seck des siamois ?

« L'entrepreneur et le politicien sont-ils des siamois ? Me Abdoulaye Wade explique «Sur les chantiers de Thiès, je crois que le juge a dit que la responsabilité éventuelle de Idrissa Seck est liée à celle de Bara Tall. Bara Tall n'est pas encore jugé. Sur quatre affaires, Idrissa Seck a un non lieu sur deux affaires, sur les deux autres la justice est encore saisie. On l'avait exclu pour un de ces éléments. Il n'y a pas de jugement définitif prouvant son innocence. Et aujourd'hui, il n'a pas demandé à revenir dans le parti, c'est une question qui n'est pas à l'ordre du jour. Nous au Pds, on va parler d'autre chose que du retour de Idrissa Seck dans le parti. Quand il aura réglé ses problèmes avec la justice, définitivement, quand il aura un certificat prouvant qu'il n'est plus poursuivi, à ce moment là et s'il le désire, il pourra demander à revenir au parti. C'est le Comité directeur qui statuera. Pour le moment, il a une liberté provisoire. Quand il sera totalement libéré si cela arrive, s'il ne revient pas au Pds, il peut créer son parti ; on ne s'oppose pas. On ne peut être en prison, être poursuivi pour des deniers publics et créer son parti. Nous ne pouvons pas accepter cela. Nous tolérons encore que la loi ne l'accepte pas. Nous tolérons ce mouvement Msis qui se comporte comme un parti politique, cela ne nous dérange pas. Mais qu'il opte à créer un parti politique plus tard s'il est libéré. Je voudrais que les choses soient très claires ».(ilestmidi.net)


Le président Wade affirme la possibilité d'agir sur l'affaire de son ancien PM

Le président sénégalais Abdoulaye Wade, a indiqué mercredi que son gouvernement a la possibilité d'agir sur l'affaire Idrissa Seck, son ancien Premier ministre qui avait été emprisonné dans le cadre d'une enquête sur les chantiers de la ville de Thiès, rapporte jeudi l'Agence de presse sénégalaise (APS).

Idrissa Seck a été libéré mardi, après plus de 6 mois d'emprisonnement, pour avoir bénéficié d'un non-lieu partiel.

"Il ne faut pas dire que dès que l'affaire est en justice, le gouvernement ferme les yeux", a déclaré Me Wade, de retour d'une visite de trois jours en Guinée Equatoriale.

"La justice c'est deux choses : il y a l'accusation et le juge. L'accusation c'est nous, c'est le procureur de la République qui dépend du ministère de la Justice", a notamment expliqué Abdoulaye Wade.

Selon lui, "quand le procureur de la République - le ministre de la Justice- poursuit quelqu'un, il ne faut pas dire qu'on intervient dans les affaires de la justice".

Le procureur, dans une affaire soumise au juge d'instruction, peut dire qu'il poursuit ou qu'il ne poursuit plus, parce que les poursuites sont de son ressort, a souligné le président Wade, ajoutant que "c'est le prolongement de l'Etat, du gouvernement".

"Quand on parle de l'indépendance de la magistrature, l'interprétation la plus acceptée, est celle de la magistrature assise, c'est à dire de ceux qui rendent les jugements", a poursuivi Abdoulaye Wade, précisant que "nous n'intervenons jamais à leurs côtés".

Il a estimé qu'il faut qu'un gouvernement soit très influent pour intervenir à côté d'un juge du siège.

"Quand il (le procureur) dit qu'il n'y a pas assez de preuves, il dit c'est moi qui poursuis, je n'ai pas assez de preuves, je retire ma plainte", a martelé le chef de l'Etat. "Pour le cas d'Idrissa Seck, les gens ont fait une enquête et se sont aperçus que nous n'avons pas suffisamment de preuves, on abandonne l'accusation. Le juge a donc décidé un non-lieu. (xinhua).


LIBERATION DE IDRISSA SECK / WADE ET IDY - Au c½ur des négociations de Rebeuss

Alex Ndiaye, Me Nafissatou Diop Cissé et Me Ousmane Sèye en auront vu des vertes et des pas mûres avant d'arracher un accord écrit entre le Président Wade et son ancien Premier ministre Idrissa Seck au sujet du pactole qui les a opposés et qui a pris en haleine la vie de la nation ces sept derniers mois. Des pourparlers ont été tenus dans le plus grand secret au nez et à la barbe des hautes autorités de l'Etat. Récit de man½uvres secrètes à Rebeuss.
PREMIERES APPROCHES INFRUCTUEUSES
Au courant du mois d'octobre, le Président Wade avait senti la nécessité d'explorer des voies pour trouver une solution à l'amiable avec son ancien bras droit Idrissa Seck. Ainsi, un émissaire du chef de l'Etat avait pris contact avec un des avocats de Idrissa Seck, en l'occurrence Me Boucounta Diallo. L'émissaire de Me Wade avait cependant tenu à faire savoir que son mandant n'était pas demandeur d'une solution négociée, il agissait simplement pour tendre la perche à Idrissa Seck. Une fois que Me Boucounta Diallo ait fini de rendre compte à son client de l'offre, ce dernier a aussitôt répliqué qu'il n'était pas non plus demandeur. Cet émissaire de Me Wade était tout simplement son neveu Alex Ndiaye qui avait aidé à apaiser la crise des députés libéraux frondeurs. La touche n'avait pas pris. Me Ousmane Sèye tentera une nouvelle approche qui allait connaître un échec aussi. La Commission d'instruction de la Haute cour de justice continuait de plus belle ses travaux, loin de toute idée que le Président Wade cherchait un «arrangement» avec Idrissa Seck. C'est ainsi qu'au début du mois de novembre, les magistrats instructeurs commencèrent à entendre des témoins dont les dépositions apparaissaient comme on ne peut plus favorables à Idrissa Seck. Le ministre d'Etat, ministre de l'Economie et des Finances Abdoulaye Diop, son ministre Délégué chargé du Budget Cheikh Adjibou Soumaré, l'entrepreneur Bara Tall, l'inspectrice générale d'Etat Mme Nafi Ngom Keïta, le magistrat Daniel Sané, président de la commission nationale des contrats de l'Administration, disculpaient dans leurs dépositions l'ancien Premier ministre.
Aussi, au cours de son interrogatoire au fond devant la commission d'instruction, Idrissa Seck agitera l'affaire des fonds politiques du président de la République. Les fuites relayées dans la presse mettaient mal à l'aise le pouvoir du Président Wade. Pourtant, dans un entretien avec le journal français L'Express, le chef de l'Etat sénégalais ne démordait nullement dans ses convictions. En soutenant mordicus que Idrissa Seck a été épinglé dans la gestion des chantiers de Thiès. Dans le même temps, en ce début du mois de novembre, suite à un briefing sur le dossier que lui a fait Me Ousmane Sèye, avocat constitué par l'Etat dans cette affaire, le président de la République a décidé de pousser la roue pour une solution négociée. En fait, à partir de ce moment, le Président Wade savait que l'affaire, avec la tournure prise par l'instruction judiciaire, sentait le roussi. Me Ousmane Sèye sort des manches de sa robe d'avocat la personne de Me Nafissatou Diop Cissé, notaire, qu'il savait amie proche de Idrissa Seck.
TANDEM NOCTURNE
La dame notaire dont la charge est installée à la rue Victor Hugo à Dakar, fera transmettre à Idrissa Seck, un message par le truchement de son assistante Mme Dior Sylla Sagna. L'ancien Premier ministre détenu est informé que le Président Wade fait une offre de discussion pour un règlement à l'amiable. Idrissa Seck marquera son accord. Le Garde des Sceaux, ministre de la Justice, Cheikh Tidiane Sy, sera instruit de faciliter un accès libre à Me Nafissatou Diop Cissé auprès du détenu. Le Président Wade se gardera cependant de préciser à son ministre les raisons des visites de Me Cissé à Rebeuss. La curiosité le démangeant, le ministre d'Etat Cheikh Tidiane Sy ne pouvait pas s'empêcher de demander à Me Cissé les motifs de ses va-et-vient à la prison centrale de Dakar. A chaque fois Me Nafissatou Diop Cissé lui répondait qu'en fait elle tentait de sauver le ménage chancelant de Idrissa Seck, mais que sa femme ne voudrait plus rien comprendre. La réponse semblait avoir satisfait Cheikh Tidiane Sy. Le Président Wade s'en était marré un soir avec son trio de médiateurs, à savoir Me Ousmane Sèye, Nafissatou Diop Cissé et Alex Ndiaye.
Le régisseur de la prison de Rebeuss, le contrôleur principal de l'administration pénitentiaire, Diadi Ndiaye est alors prévenu directement par le ministre, des visites nocturnes du duo Me Nafissatou Cissé et Ousmane Sèye. Des dispositions particulières sont prises et le chef de cour de la prison, Jean Matar Ndiaye, est chargé d'organiser les choses. Le silence absolu est demandé aux trois ou quatre autres agents investis de la confiance du régisseur. Même le directeur de l'Administration pénitentiaire a été tenu hors du coup.
WADE VERROUILLE, IDY CADENASSE
Me Wade a personnellement tenu à ce que les négociations soient entourées du plus grand secret. Au cours d'une rencontre au Palais présidentiel, il apostropha Alex Ndiaye en des termes directs. «On m'a dit que tu parles trop. Il faut tenir ta langue. Ces négociations ne doivent pas sortir de notre groupe. Je tiens à te mettre en garde. Moi je dis les choses telles que je le pense. Je veux la discrétion absolue.» Tous les témoins de la scène prirent les propos à leur propre compte. Le message était on ne peut plus clair et précis.
Idrissa Seck avait cependant tenu à prévenir son plénipotentiaire : «Je connais l'homme. Il va tenter de t'intimider. Il va bluffait mais reste sereine. N'aie pas peur.» La mise en garde allait s'avérer utile. Le Président Wade lors de la première rencontre avec Me Cissé, lui fera remarquer les risques encourus par Idrissa Seck s'il ne ramenait pas l'argent. Il menaçait Idrissa Seck d'une condamnation à perpétuité. Idrissa Seck, nullement ébranlé par les menaces, rétorquait à Me Sèye et Me Cissé qu'il est prêt à rester en prison aussi longtemps qu'il faudra. Il disait s'être déjà préparé à cette éventualité. Les premiers contacts ne permettront pas d'avancer. Chaque partie s'arcboutait sur ses exigences. Comme qui dirait, chacun élevant la barre au plus haut à l'entame d'une négociation.
De son côté, Idrissa Seck avait lui aussi tenu à faire entourer les négociations du plus grand secret. Aucun de ses avocats n'était mis au parfum. Seulement, il leur serinait souvent de façon énigmatique «dans ce dossier, 10% est juridique et 90% est politique». Les avocats étaient hors du coup. La preuve. Interpellé, Me Boucounta Diallo soutenait mordicus que les rumeurs de négociations secrètes n'étaient pas fondées. Et bon nombre de ceux qui ont eu à l'interpeller croyaient dur comme fer que l'avocat de Idy cachait son jeu. Et à force d'insistances, il prend le soin sur lui d'en discuter avec son client à Rebeuss. Mais c'est pour en ressortir encore plus convaincu qu'il n'y était entré. «Mon client m'a juré que les histoires de négociations sont du toc. Des gens font courir ce bruit pour se donner de l'importance et le pouvoir a besoin de cela pour, demain, expliquer une libération de Idrissa Seck sans trop perdre la face. Le dossier est vide et Idrissa Seck refuse de faire une demande de liberté provisoire ou de non-lieu», soutenait Me Boucounta Diallo, d'un ton parfois agacé, mais convaincu. Le soulagement et la conviction avec lesquels Me Diallo parlait, montraient bien que son client ne lui disait pas la vérité. A l'époque, nous avions déjà pu recueillir auprès d'agents pénitentiaires des témoignages confirmant les visites nocturnes. Mieux, une nuit, mis au parfum, il nous a été possible de constater de visu, les «plénipotentiaires» sortir de la prison de Rebeuss, à bord de la voiture de Me Sèye, tous feux éteints, comme pour éviter d'attirer l'attention.
REVELATION
Une fois contacté par nos soins, armé de tous ces éléments d'information, Me Ousmane Sèye sera lui-même obligé de cracher le morceau. Pour éviter de faire gripper la machine des négociations, Me Sèye, tout en reconnaissant l'info, demande à ce qu'un embargo soit appliqué. Il ne fallait surtout pas compromettre ce qui a mis du temps à prendre forme. D'ailleurs, Me Nafissatou Diop Cissé avisée, va s'empresser de voir Idrissa Seck. Nos interlocuteurs vont s'empresser de soutenir qu'une fois informé, l'ex-Pm s'est pris la tête. A ce moment précis, chaque partie ne voulait que l'affaire soit ébruitée, au risque de faire échouer pas mal de choses.
Par la suite, différentes approches ont été amorcées par les deux parties pour éviter que l'affaire n'atterisse sur la place publique. En vain. Le rapport strict avec l'information primait sur tout. Et pour éviter un échec patent de tout cela, le processus allait être accéléré car la date du 31 janvier fut annoncée par Wade aux négociateurs pour la libération de Idrissa Seck. Une date qui semblait aléatoire car à ce moment aucune initiative allant dans le sens d'accélérer la procédure n'avait été enregistrée au niveau de la Commission d'instruction de la Haute cour de justice.
Toutefois, des magistrats membres de la Commission d'instruction, sans pour autant être informés des tractations en coulisses, confiaient en privé ne plus souffrir de laisser Idrissa Seck en prison, dès l'instant que son co-inculpé, l'ancien ministre de l'Habitat, du patrimoine bâti et de la construction, Salif Bâ a été libéré. Pour ces juges, «l'état du dossier, qui a permis la libération de Salif Bâpeut valablement permettre la libération de Idrissa Seck». Un véritable cas de conscience a habité les juges. D'ailleurs, des membres de la Commission d'instruction ont eu à suggérer clairement à des avocats de l'ancien Premier ministre de formuler une demande de liberté provisoire. Idrissa Seck excluait obstinément cette perspective.
QUE D'ETATS D'AME !
Idrissa Seck s'impatientait. Ses dernières semaines à Rebeuss étaient devenues très difficiles. Il ne supportait plus la détention surtout que les négociations étaient bouclées et l'accord signé. Les matons observeront un changement notable dans les habitudes de l'ancien Premier ministre. Il devenait, par moments, mélancolique, voire même, colérique. Il perdait de jour en jour de sa superbe. Me Nafissatou Diop Cissé devenait de plus en plus fréquente à Rebeuss. Peut-être, histoire de lui soutenir le moral. Au Palais, Me Wade vivait lui aussi mal la situation. Les négociateurs lui ont rapporté des confessions de Idrissa Seck qui, dans des moments de faiblesse, marmonnait : «Comment a-t-il pu me faire ça, comment a-t-il pu me faire ça !» En s'épanchant ainsi, Idrissa Seck se tenait debout dans la salle des avocats de la prison de Rebeuss, les mains dans les poches et le regard absent. Un soir, en quittant la prison de Rebeuss, les négociateurs avaient mal au point qu'ils se sont disputés violemment devant les matons interloqués. Principale raison de leur pomme de discorde, le non-respect dans les promesses tenues pour libérer l'ex-Pm. Les dates avancées n'ont pas été respectées.
Malgré tout, cap est pris vers le Palais présidentiel pour tenir le Président Wade informé de la situation. Humainement, le chef de l'Etat semblait atteint. Me Sèye comme Me Cissé nous confient qu'à ce moment ils ont senti beaucoup d'affection du Président Wade pour Idrissa Seck. «J'en doutais, mais plus depuis ce jour.» Nos interlocuteurs vont soutenir que visiblement, le Président Wade était affecté, il était « sous tension». Il avoua cela à haute et intelligible voix à l'aéroport au moment de remettre le drapeau national à l'Equipe nationale de football en partance pour la Coupe d'Afrique des nations en Egypte. Pourquoi le Président est sous tension se demandaient beaucoup de monde ? Ceux qui savaient, souriaient. Les états d'âme du Président étaient réels. «Man sax dama ko nam» (Traduction : j'ai sa nostalgie», a-t-il confié à Me Sèye. Idrissa Seck lui rendra la politesse. «C'est vrai, man tamit dama namm wax taanam.» Traduction : «Moi aussi, ses causeries commencent à me manquer.»
Les négociateurs ne savaient plus quoi faire. Surtout que rien ne bougeait plus dans le dossier. Idrissa Seck va-t-il craquer ? Il se sentait floué. Les négociateurs étaient obligés de se tourner vers différents responsables bien informés de ce qui se passer au niveau de la Commission pour savoir où en était le dossier. A ce moment, les membres de la commission d'instruction n'en pouvaient plus, ils s'apprêtaient à rendre une ordonnance de mise en liberté provisoire et cela est calé pour le mardi 7 février 2006.
WADE SAUVE LES NEGOCIATIONS
L'accord écrit conclu entre les deux parties a réglé tous les aspects liés aux modalités financières. Mais cela avait failli ne pas aboutir. Un sérieux clash avait été observé. Le «père» et le «fils» n'acceptaient pas le partage de l'argent. Chaque partie campait sur ses positions. Pendant une dizaine de jours, les contacts étaient coupés. Ousmane Sèye et Nafissatou Diop Cissé étaient contrariés. Mais les mandants semblaient jouer sur les nerfs. Chacun demandait à son représentant dans les négociations de ne pas faire le premier pas, espérant que l'autre partie cède. C'est Alex qui dénouera la question. Il reprit sur instructions du Président Wade. Il demandera aux négociateurs de reprendre du service. C'est ce qui a permis de sceller un accord. A suivre lequotidien.sn 10/02/2006 lequotidien.sn 10/02/2006





Idrissa Seck libéré en demi-finale au Sénégal

Coïncidence ? Au moment où Idrissa Seck, ancien Premier ministre sénégalais, quittait Reubeuss, la prison centrale de Dakar, la télévision entamait la retransmission en direct de la demi-finale de la Coupe d'Afrique des nations (CAN) opposant le Sénégal à l'Egypte. Un match évidemment très suivi qui s'est soldé par la victoire des Egyptiens. Après sept mois de détention, Idrissa Seck a été blanchi des accusations d'«atteintes à la sûreté de l'Etat et à la défense nationale» fin janvier, à la suite d'un non-lieu partiel rendu par la commission d'instruction de la Haute Cour de justice.

Nombreuse, la foule aurait été plus dense encore pour accueillir celui que ses partisans surnomment affectueusement «Idy», n'était la demi-finale de la Coupe d'Afrique... Malick Ndiaye, sociologue et président du Cercle des intellectuels du Sénégal, juge ce télescopage entre le judiciaire et le sport «navrant pour l'image du pays».

Au lendemain de cette libération, nombre de Sénégalais restent perplexes. On présentait dans les allées du pouvoir l'ancien Premier ministre comme l'ennemi public numéro un, le voici désormais libre. La crédibilité des institutions a été atteinte par ce qu'un journal de la place qualifie de «vaudeville qui a connu un dénouement en queue de poisson». «On l'a emprisonné pour dissimuler la vérité, ajoute Malick Ndiaye. Mais elle finira par sortir dans les urnes.»

Feuilleton judiciaire. Peut-être, mais plus tard que prévu. En décembre dernier, à l'instigation du régime, le mandat des députés a été prolongé d'un an. Les élections législatives se dérouleront finalement en même temps que la présidentielle, en 2007, officiellement pour faire des économies. L'opposition n'a guère été convaincue par cet argument. Ceci dit, une année supplémentaire ne sera sans doute pas de trop pour remettre de l'ordre au sein du parti au pouvoir, le Parti démocratique sénégalais (PDS), fortement ébranlé par le feuilleton judiciaire «Idrissa Seck». Une saga qui, dans les milieux diplomatiques, avait même fait craindre une déstabilisation du pays.

Celui qui a longtemps été considéré comme le fils spirituel du président sénégalais Abdoulaye Wade, élu en 2000, s'est bien gardé, à sa sortie de prison, de préciser s'il rejoindrait les rangs du PDS duquel il a été exclu en août 2005. Au sein du mouvement présidentiel, rien ne va plus : des députés présentés proches d'«Idy» qui claquent la porte, avant de se raviser, des ministres pris à partie dans plusieurs localités, notamment à Thiès, le fief d'Idrissa Seck... Des affrontements avaient même éclaté dans les rues de Dakar et à Thiès lors de son arrestation. Des proches de l'ancien Premier ministre ont aussi été placés en garde à vue, et même en détention, comme Salif Ba, l'ex-ministre du Patrimoine et de l'Habitat.

Complicité. Mais en définitive, l'ancien dauphin d'Abdoulaye Wade, qui un temps avait menacé de tout déballer sur le régime, n'en a rien fait. Va-t-il rentrer dans le rang ? Le politologue Babacar Justin Ndiaye en est convaincu. Pourtant, dit-il, «il est certain que la complicité entre les deux hommes a été pulvérisée (par cette affaire)».

Après avoir regagné son domicile, Idrissa Seck s'est voulu rassurant, déclarant que rien ne ferait obstacle à son ambition et à sa «volonté de servir le Sénégal». (liberation.fr)


Délit d'enrichissement illicite : Wade met le sort d'Idy entre les mains des justices française et américaine

Nonobstant sa libération par la justice sénégalaise, Idrissa Seck n'a pas encore totalement échappé à la prison. Poursuivi pour enrichissement illicite, son sort reste suspendu aux justices française et américaine. En effet, des commissions rogatoires sont à pied d'½uvre en France et aux Etat-Unis pour voir clair dans les biens qu'Idrissa Seck aurait dans ces pays. Idrissa Seck n'est pas encore totalement sorti de la nasse judiciaire. Après avoir bénéficié d'un non-lieu pour les délits de corruption et de détournement dans le dossier dit des chaniers de Thiès et d'un non-lieu partiel dans l'atteinte à la sûreté de l'Etat et à la défense nationale, l'ex-Premier ministre voit son sort lié à ce que les justices française et américaine répondront aux commissions rogatoires envoyées par la commission d'instruction près la Haute Cour de justice pour enquêter sur ses biens dans ces deux pays. C'est en tout cas, ce que semble dire dans sa déclaration, le président Abdoulaye Wade, au retour d'un voyage en Guinée équatoriale (voir par ailleurs). Selon le chef de l'Etat, l'ex-Premier ministre était poursuivi pour quatre chefs d'inculpation, dont l'enrichissement illicite. Et pour ce délit, le président Wade a annoncé qu'il y a une commission rogatoire en France et aux Etats-unis pour, dit-il, "montrer, je crois, qu'il (Idrissa Seck : Ndlr) a caché de l'argent". Mais, poursuit le chef de l'Etat, "il faut attendre les résultats avant de se prononcer". "A ma connaissance, le juge n'a pas encore reçu les résultats de la commission rogatoire", ajoute-t-il. Si au terme de leur enquête, les commissions rogatoires en France et aux Etats-unis découvrent des choses compromettantes contre Idrissa Seck, ce dernier serait dans l'obligation de prouver l'origine de sa fortune. En effet, en matière d'enrichissement illicite, c'est à la personne mise en cause de prouver sa richesse. Si ellle n'y parvient pas, elle tombe sous le coup de la loi et serait condamnée. C'est dire donc que le sort d'Idrissa Seck dépend des résultats des travaux de ces commissions rogatoires des justices française et américaine saisies par les autorités sénégalaises. En somme, l'Etat attend la caution des justices française et américaine pour enterrer définitivement les poursuites contre l'ancien Premier ministre ou les continuer. L'autre enseignement que l'on peut tirer de la déclaration du président Wade, c'est que la justice sénégalaise a délibéré en toute indépendance dans les deux dossiers, à savoir l'atteinte à la sûreté de l'Etat et les chantiers de Thiès. Le chef de l'Etat est, en effet, revenu sur la notion d'indépendance de la magistrature. "Quand on parle de l'indépendance de la magistrature, il s'agit de la magistrature assise, c'est-à-dire de ceux qui rendent les jugements. Ceux-là, nous n'intervenons jamais auprès d'eux, jamais !", a laissé entendre le président de la République. "D'ailleurs, je crois qu'il faut qu'un gouvernement soit très influent pour intervenir à côté d'un juge qu'on appelle juge du siège", a-t-il ajouté. Et de poursuivre : "Quand il (le juge du siège : Ndlr) pense qu'il n'y a pas assez de preuves, il dit : "c'est moi qui suis poursuivant, il n'y a pas assez de preuves, je retire ma plainte". "C'est ça qui s'est passé dans le cas d'Idrissa Seck", précise le président Wade. "Le procureur l'a poursuivi en disant que les faits semblent montrer qu'il a tenté de déstabiliser le pouvoir de manière illégale. Mais, les gens ont fait une enquête, nous nous sommes aperçus que nous n'avons pas suffisamment de preuves, on abandonne l'accusation. Le juge a donc décidé un non-lieu", a déclaré le chef de l'Etat. Voilà qui est clair. C'est la justice sénégalaise, en toute indépendance, selon le président Wade, qui a fait sortir Idrissa Seck et non une prétendue négociation entre les deux hommes. Dans la même veine, les arguments fondés sur une supposée folie d'Idrissa Seck pour faire libérer l'ex-Premier ministre de prison sont battus en brèche par le président Wade lui-même, mais aussi par l'ancien Premier ministre qui est en possession de toutes ses facultés et n'arrête pas de recevoir depuis sa sortie de prison. Amadou DIOUF walf.sn 10/02/2006.

DE RETOUR A MALABO, WADE S'EXPLIQUE SUR LA LIBERATION DE IDY :
Idrissa Seck en sursis.


L'ancien Premier ministre et maire de Thiès, Idrissa Seck n'est pas encore tiré d'affaire même après sa mise en liberté le mardi 7 février dernier suite à un non-lieu partiel. Le président de la République, Me Abdoulaye Wade a annoncé qu'une commission rogatoire en France et aux Etats unis a été enquêtait sur l'accusation « d'enrichissement illicite » dont il fait encore l'objet. De retour de Malabo en Guinée Equatoriale, le mercredi 8 février dernier, le chef de l'Etat et du Parti démocratique sénégalais (Pds) a aussi signifié que le retour de Idrissa Seck au bercail libéral n'était pas encore à l'ordre du jour.L'ancien Premier ministre et maire de Thiès, Idrissa Seck libéré depuis mardi 7 février dernier n'est pas encore sorti de l'auberge. Le président de la République, Me Abdoulaye Wade, de retour à Malabo en Guinée Equatoriale est revenu largement sur les péripéties de la libération de son ancien numéro deux au sein du Parti démocratique sénégalais (Pds) et de l'Etat. C'est une question qu'il a abordée de long en large dès sa descente d'avion à l'aéroport Léopold Sédar Senghor pour dire que Idrissa Seck n'est pas encore totalement libre et la justice est en train de continuer son travail. « Dans le domaine de l'affaire des comptes, quand l'enquête a montré qu'il s'agit de fonds politiques, les fonds politiques ne sont pas des deniers publics de l'Etat. C'est ce que le juge a dit après son enquête. Il n'est pas compétent pour ça », a déclaré le chef de l'Etat. Avant d'ajouter : « maintenant, le juge a dit pour ce qui est de la première procédure, il y avait quatre chefs d'inculpation, l'enrichissement illicite, il y a une commission rogatoire en France et aux Etats-Unis je crois pour montrer qu'il a caché de l'argent. Mais ça, il faut attendre les résultats avant de se prononcer. Or, à ma connaissance, le juge n'a pas encore reçu le retour de la commission rogatoire ». Pour ce qui de l'affaire des chantiers de Thiès, le président de la République a, également, expliqué que la procédure suit son cours. Il a révélé que « le juge a dit que la responsabilité éventuelle de Idrissa est liée à celle de Bara Tall. Bara Tall n'est pas encore jugé, donc en attendant il fait une levée du mandat de dépôt ». Me Abdoulaye Wade a, ainsi, fait le point sur le dossier judiciaire de l'ancien Premier ministre : « cela veut dire que sur quatre affaires, Idrissa Seck a un non-lieu sur deux affaires, mais sur deux autres affaires, la justice est encore saisie ».
« Le procureur de la République, c'est l'Etat »
Le chef de l'Etat avait annoncé la sortie de prison de Idrissa Seck. Ce qui s'est avéré, mais en même temps a soulevé l'ire des leaders de l'opposition et de certaines personnalités de la société civile. C'est ainsi que le président de la République a profité de son retour de visite de courtoisie en Guinée Equatoriale pour édifier l'opinion sur ses rapports avec la Justice par le biais du parquet, du procureur qui dépend du ministère de la Justice, membre du gouvernement. « Même si une affaire est en justice, le gouvernement a une possibilité d'agir sur cette affaire. De la manière suivante : la justice, c'est deux choses, il y a l'accusation, il y a le juge. L'accusation, c'est nous. C'est le procureur de la République qui dépend du ministère de la justice. Donc quand le procureur de la République, le ministre de la justice poursuit quelqu'un, il ne faut pas dire qu'on intervient dans les affaires de la justice. Non ! A partir de là, le procureur de la République, dans un procès, dans une affaire qui est soumise au juge d'instruction, mais le procureur, il peut dire : je poursuis, je ne poursuis plus. Parce que les poursuites sont du ressort du procureur, c'est le prolongement de l'Etat, du gouvernement. Il faut le comprendre ça ! », a-t-il fait savoir. Selon Me Abdoulaye Wade, « quand on parle de l'indépendance de la magistrature, l'interprétation la plus acceptée, il s'agit de la magistrature assise, c'est-à-dire de ceux qui rendent les jugements. Ceux-là, nous n'intervenons jamais à leurs côtés, jamais ! D'ailleurs, je crois qu'il faut qu'un gouvernement soit très influent pour intervenir à côté d'un juge qu'on appelle juge du siège ». Et de préciser : « Et s'il sort de là en disant que le Premier ministre ou le président de la République m'ont demandé, qu'est ce que vous allez répondre aux gens. Jamais on ne le fait ». Le président de la République a souligné que « c'est ça qui s'est passé dans le cas de Idrissa. Le procureur l'a poursuivi en disant que les faits semblent montrés qu'il a tenté de déstabiliser le pouvoir de manière illégale etc. Maintenant, les gens ont fait une enquête, nous nous sommes aperçus que nous n'avons pas suffisamment de preuves, on abandonne l'accusation. Le juge a donc décidé un non-lieu partiel ».

« Le retour de Idy au Pds n'est pas à l'ordre du jour »
Le chef de l'Etat et par ailleurs secrétaire général national du Pds, Me Abdoulaye Wade ne s'est pas simplement limité à donner une explication juridique de l'affaire Idrissa Seck. Il a, en outre, abordé son éventuel retour au Pds. « Je fais ce grand détour, pour vous dire que, on l'avait exclu à cause de ça (son problème avec la justice, Ndlr) en fait c'était un des éléments. Il n'y a pas de jugement définitif prouvant son innocence, donc aujourd'hui il n'a pas demandé à revenir au parti. Mais, je voudrais vous dire que c'est une question qui n'est pas à l'ordre du jour », a-t-il indiqué. Me Abdoulaye Wade a, en effet, avancé qu'au Pds, « on va parler, aujourd'hui, d'autre chose que du retour de Idrissa dans le parti. Parce qu'il est sous main de justice, quand il aura réglé définitivement ses problèmes avec la justice, quand il aura un certificat pour dire qu'il n'est plus poursuivi, à ce moment là seulement s'il le désire, il peut demander à revenir. Mais à ce moment-là, c'est le comité directeur qui statuera. Donc, pour nous c'est pas une question à l'ordre du jour. Parce qu'il a une liberté provisoire, point final ». Le secrétaire général national du Pds a évoqué la possibilité pour le maire de Thiès de créer son propre parti politique, mais à condition qu'il soit totalement libre. « Je voudrais dire que, quand il sera totalement libéré, si cela arrive, s'il ne revient pas au Pds, il peut créer son parti. Il peut parfaitement créer son parti. Nous, on s'y oppose pas, mais après. Il est évident qu'on ne peut pas être en prison, poursuivi pour détournement de deniers publics et dire qu'on crée un parti politique ». Le chef de l'Etat trouve inadmissible que le dossier judiciaire de Idrissa Seck soit encore en instruction et qu'il veuille créer un parti politique. « Non, ça c'est pas possible. Alors, nous le gouvernement, nous ne pouvons pas accepter cela. Nous tolérons, encore que la loi ne l'accepte pas, ce mouvement M-SIS, qui se comporte comme un parti politique parce que ça ne nous dérange pas», a-t-il martelé. Le président de la République de conclure : « maintenant qu'il est libre, il faudra qu'il opte dans l'optique de créer un parti plus tard si jamais il est libéré, mais pas de continuer à se comporter comme s'il avait un parti politique. Je voudrais que les choses soient très claires ». Ibrahima Lissa FAYE

SON RETOUR AU PDS N'EST PAS A L'ORDRE DU JOUR: Idrissa Seck est simplement en liberté provisoire ilestmidi.net 10/02/2005
Chez les bleus, la sortie de l'ex Pm de Rebeuss, n'est pas à l'ordre du jour. Le père de l'alternance a sorti ses cours de droit pour démontrer aux sénégalais, en travaux dirigés, ce qu'est la machine judiciaire.Ne pensez surtout pas que la revue de presse est uniquement l'affaire de Baye Allé ou Patrice Nguéma. Me Abdoulaye Wade lit les quotidiens et autres périodiques. Avec calme, l'ancien professeur de droit explique «Tout le monde n'est pas juriste. Le Gouvernement a le droit de saisir la justice ; lorsqu'il y a des violations. On a fait faire une étude, une enquête par l'Inspection Générale d'Etat. Dans ce rapport, des présomptions graves pesaient sur l'ancien premier ministre. La machine judiciaire s'est mise en branle. Pour le chef de l'Etat, même si une affaire est en justice, le gouvernement a une possibilité d'agir sur cette affaire. De la manière suivante. Il ne faut pas dire que dès qu'une affaire est en justice, le gouvernement ferme les yeux. La justice c'est deux choses. Il y a l'accusation, et le juge. L'accusation c'est nous, c'est le procureur qui dépend du ministre de la justice. Quand le ministre de la justice poursuit quelqu'un , il ne faut pas dire qu'on intervient dans les affaires de la justice. Dans une affaire soumise au juge, le procureur peut dire, je le poursuis ou je ne le poursuis plus. Les poursuites sont du ressort du procureur. C'est le prolongement de l'Etat.
Quand on parle de l'indépendance de la magistrature, l'interprétation la plus acceptée, il s'agit de la magistrature assise, c'est-à-dire de ceux qui rendent les jugements. Ceux là nous n'intervenons jamais, jamais. Nous avons le procureur de la République, qui est parti au procès ; qui dit j'ai des preuves. J'accuse. Qui est interrogé par le juge. Quand il pense qu'il n'y a pas assez de preuves, il dit : je retire ma plainte pour parler en termes ordinaires. C'est ce qui s'est passé dans l'affaire Idrissa seck. Le procureur l'a poursuivi, en disant qu'il a commis des faits sans leur montrer qu'il a tenté de déstabiliser le pouvoir de manière illégale. Nous avons fait une enquête, mais nous nous sommes aperçus que nous n'avons pas suffisamment de preuves, on abandonne l'accusation. Le juge a décidé d'un non lieu.

Idy est en liberté provisoire, deux autres affaires sont encore pendantes.
Certains ne doivent pas mettre la charrue avant les b½ufs. Le Maire de la ville du refus a deux non lieu, mais deux autres accusations pèsent sur la tête.
«Dans le domaine des affaires d'acompte, quand l'enquête a démontré que ce sont des fonds politiques et que les fonds politiques ne sont pas les deniers publics, de l'Etat. C'est ce que le juge a dit. Il n'est pas compétent pour cela. Le juge a dit pour ce qui est de la première poursuite avec quatre chefs d'accusation, l'enrichissement illicite, la commission rogatoire en France , aux Etats Unis, pour montrer qu'il a caché de l'argent. Il faudra attendre les résultats de l'enquête pour se prononcer. Le juge n'a pas encore reçu le retour de cette commission rogatoire».
Bara Tall et Idrissa Seck des siamois ?
« L'entrepreneur et le politicien sont-ils des siamois ? Me Abdoulaye Wade explique «Sur les chantiers de Thiès, je crois que le juge a dit que la responsabilité éventuelle de Idrissa Seck est liée à celle de Bara Tall. Bara Tall n'est pas encore jugé. Sur quatre affaires, Idrissa Seck a un non lieu sur deux affaires, sur les deux autres la justice est encore saisie. On l'avait exclu pour un de ces éléments. Il n'y a pas de jugement définitif prouvant son innocence. Et aujourd'hui, il n'a pas demandé à revenir dans le parti, c'est une question qui n'est pas à l'ordre du jour. Nous au Pds, on va parler d'autre chose que du retour de Idrissa Seck dans le parti. Quand il aura réglé ses problèmes avec la justice, définitivement, quand il aura un certificat prouvant qu'il n'est plus poursuivi, à ce moment là et s'il le désire, il pourra demander à revenir au parti. C'est le Comité directeur qui statuera. Pour le moment, il a une liberté provisoire. Quand il sera totalement libéré si cela arrive, s'il ne revient pas au Pds, il peut créer son parti ; on ne s'oppose pas. On ne peut être en prison, être poursuivi pour des deniers publics et créer son parti. Nous ne pouvons pas accepter cela. Nous tolérons encore que la loi ne l'accepte pas. Nous tolérons ce mouvement Msis qui se comporte comme un parti politique, cela ne nous dérange pas. Mais qu'il opte à créer un parti politique plus tard s'il est libéré. Je voudrais que les choses soient très claires » Nd. Diaw ilestmdidi.

Me ABDOULAYE WADE SUR IDRISSA SECK : « Son retour au Pds n'est pas à l'ordre du jour » L'ancien Premier ministre, Idrissa Seck, qui a bénéficié d'une liberté provisoire, est encore poursuivi par la Justice, selon Me Abdoulaye Wade, pour qui, le retour de M. Seck au Parti démocratique sénégalais n'est pas à l'ordre du jour.Le retour de l'ancien Premier ministre, Idrissa Seck, au Parti démocratique sénégalais (Pds) n'est pas à l'ordre du jour. M. Seck, qui était un responsable de cette formation politique au pouvoir, a été exclu avec quatre de ses proches pour “ activités fractionnistes ”. Il a séjourné en prison depuis près de six mois dans le cadre de plusieurs chefs d'accusation. Mardi dernier, il a bénéficié d'un non-lieu partiel, recouvrant du coup une liberté provisoire.Me Abdoulaye Wade, président de la République et secrétaire général national du Pds, a indiqué, mercredi, à son retour de voyage que le retour de M. Seck n'est pas à l'ordre du jour. Selon Me Abdoulaye Wade, Idrissa Seck n'a pas demandé à revenir au Parti démocratique sénégalais.“ Pour nous, cette question n'est pas à l'ordre du jour. Nous allons parler d'autres choses que du retour d'Idrissa Seck dans notre parti ”, a souligné Me Abdoulaye Wade. Il pense que M. Idrissa Seck, qui est encore poursuivi par la Justice, doit régler définitivement ses problèmes.Ainsi, “ quand il ne sera plus poursuivi, s'il le désire, il peut demander à revenir au parti. Et, en ce moment, c'est le Comité directeur, l'organe de décision du Pds, qui statuera. De plus, quand il sera totalement libéré, si cela arrive, s'il ne revient pas au Pds, il peut créer un parti ”, a estimé Me Wade.Précisions :Mercredi, à son retour de voyage, Me Abdoulaye Wade a tenu à “ préciser certaines choses ” sur cette affaire Idrissa Seck. Il a d'abord expliqué que le gouvernement a le devoir de saisir la Justice lorsqu'il y a des violations quelconques. “ Une enquête a été faite par l'Inspection générale d'État et le rapport a établi des présomptions très graves de détournement de deniers publics. Nous l'avons soumis à la Justice qui est tout à fait indépendante ”, a expliqué Me Wade.Il ajoute que, même si une affaire est entre les mains de la Justice, le gouvernement a la possibilité d'agir sur elle. Car, explique-t-il, en Justice, il y a l'accusation et les juges. Dans ce cas précis, l'accusation, c'est le gouvernement représenté par le Procureur de la République qui dépend du ministère de la Justice.Selon Me Abdoulaye Wade, il ne faut pas affirmer que le gouvernement intervient dans les affaires de la Justice quand c'est le Procureur de la République qui poursuit quelqu'un.“ Quand on parle de l'indépendance de la magistrature, l'interprétation la plus acceptée, c'est en référence à la magistrature assise, c'est-à-dire les juges qui rendent les jugements. Le gouvernement n'intervient jamais sur le travail de la magistrature assise, cela doit être très clair ”, estime Me Abdoulaye Wade. Il ajoute que ce serait de l'imprudence pour un gouvernement d'intervenir dans le travail de la magistrature assise.Pour Me Wade, le gouvernement a le Procureur qui est partie au procès ; il accuse et vient avec des preuves. “ Et quand le Procureur pense qu'il n'y a pas assez de preuves, il peut retirer sa plainte ”, explique Me Abdoulaye Wade, selon qui c'est ce qui s'est passé dans cette affaire Idrissa Seck.“ Le Procureur l'a poursuivi en estimant que les faits semblent montrer que M. Seck a tenté de déstabiliser le pouvoir de manière illégale. Maintenant, l'enquête montre qu'il n'y a pas suffisamment de preuves. Le Procureur abandonne ainsi l'accusation. Sur cette base, le juge décide d'un non-lieu ”, indique Me Wade. Encore poursuivi : Il a tenu à préciser qu'Idrissa Seck est encore poursuivi. Car, il n'y a pas encore de jugement définitif qui prouve son innocence totale. “ Sur quatre affaires pendantes devant la Justice, Idrissa Seck a obtenu un non-lieu sur deux. Il reste donc deux affaires sur lesquelles la Justice est encore saisie, a dit Me Abdoulaye Wade.Il a souligné, se prononçant sur les comptes bancaires, que l'enquête a montré qu'il s'agit des fonds politiques. “ Or, les fonds politiques n'étant pas des deniers publics, le juge s'est déclaré incompétent ”.Sur l'affaire dite des “ chantiers de Thiès ”, le juge a dit que la responsabilité éventuelle de l'ancien Premier ministre Idrissa Seck est liée à celle de Bara Tall. Ce dernier, qui est le patron d'une entreprise de bâtiments et de travaux publics, “ n'est pas encore jugé ”. En attendant, le juge fait une levée de mandat de dépôt pour Idrissa Seck.Me Wade a, en outre, indiqué que pour ce qui est de la première poursuite contre M. Idrissa Seck, relative à l'enrichissement illicite, “ il y a une commission rogatoire en France et aux Etats-Unis pour voir si M. Seck a caché de l'argent ”.Pour lui, il faut donc attendre les résultats de la commission rogatoire pour se prononcer sur cette affaire précise.Me Abdoulaye Wade a également affirmé qu'il tolère le Mouvement de soutien à Idrissa Seck (Msis). “ Ce mouvement se comporte comme un pari politique, mais ça ne me dérange pas ”. Il faudra toutefois, a indiqué Me Wade, qu'Idrissa Seck opte pour créer un parti si jamais il est libéré. “ Mais, il ne doit pas continuer à se comporter comme s'il avait un parti politique ”, conclut-il. SADIBOU MARONE le soleil 10/02/2006
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le vendredi 10 février 2006 09:21

Modifié le vendredi 10 février 2006 09:52

LE MARCHANDAGE POLITICO-FINANCIER QUI A LIBERE IDRISSA SECK...

LE MARCHANDAGE POLITICO-FINANCIER QUI A LIBERE IDRISSA SECK...
Comment et pourquoi l’ancien premier sénégalais a-t-il été libéré ?

Il y a quelques jours seulement que l’ancien Premier ministre sénégalais est sorti de prison. Il est toujours en justice pour deux autres affaires.
Cependant, cette libération suscite de nombreuses interrogations. Qu’est-ce qui s’est passé pour que celui qui était encore récemment considéré comme l’ennemi n° un du pouvoir sénégalais soit libéré ? Peut-on admettre que la Justice sénégalaise est indépendante ?
Rien n’est moins sûr.
Par contre et petit à petit, l’on arrive à la compréhension selon laquelle depuis un certain temps, des tractations étaient en cours dans les coulisses et à l’ombre des indiscrétions de tous ceux qui voulaient comprendre la vérité de cette affaire. Certains parlent de l'intervention des dignitaires religieux qui ont une place importante dans le paysage socio-politique sénégalais. A ce premier groupe d’intervenants, on associe volontiers des noms de personnalités très proches du président Wade, d’une part et d’Idrissa Seck, d’autre part. C’est ainsi que celui d’Alex Ndiaye est avancé, côté présidentiel alors madame Nafissatou Diop Cissé et Ousmane Seye sont cités dans le camp de l’ancien chef de gouvernement.
D’autres (camp présidentiel) évoquent un marché sur fonds financier ce que les avocats de l’accusé démentent en bloc en se refusant derrière l’affirmation suivante : « notre client a toujours exigé un non-lieu ou un procès ».
Cette libération ressemble à une sorte de compromission dont on ne dit pas le nom et qui se serait passée entre les deux hommes, à savoir Wade et Idrissa Seck. Mais lorsqu’on demande aux deux antagonistes les raisons de la libération, les réponses sont les mêmes : La Justice sénégalaise n’a pas eu de preuves à charges dans les deux principales procédures qui incriminaient l’ancien chef de gouvernement. On peut aussi, à tort ou à raison, affirmer qu’un enjeu politique se profilerait derrière cette sortie de prison d’Idrissa Seck. En l’espèce, il faut penser à l’évitement d’une crise qui pourrait mettre en lambeaux le PDS alors que les prochaines élections générales sont pour bientôt.
Mieux vaut plus tard que jamais ! Wade aurait-il compris cet adage ?
Jacques KOUROUMA, Directeur de la rédaction et de la publication tamsirnews.com
Email: kourouma@tamsirnews.com (Tamsirnews.com 13/02/2006)



IDRISSA SECK A « JEUNE AFRIQUE L’INTELLIGENT » : « Il n’y a jamais eu de marchandage financier entre moi et Wade » (L'AS 13/02/2006)

L’édition de « Jeune Afrique l’Intelligent », à paraître aujourd’hui à Dakar va sans doute s’arracher dans les kiosques et pour cause. Pour la première fois, l’ancien Premier ministre parle de son avenir politique après sa sortie de prison. Dans une enquête menée à distance et recoupée auprès des principaux concernés, Cheikh Yérim Seck lève un coin du voile sur les relations entre l’ancien détenu le plus célèbre de Rebeuss et le Président Wade. Synthèse.
Notre confrère, Cheikh Yérim Seck, commence d’abord par revenir sur le jour de la libération de l’ex-Premier ministre. « Le scénario de sa libération a été orchestré de façon à ce qu’elle se déroule dans la plus grande discrétion. Rédigée dans l’après-midi du 3 février, « l’ordonnance portant mainlevée du mandat de dépôt » délivrée contre M.Seck pour de présumées malversations dans l’affaire des « chantiers de Thiès » (les travaux de rénovation de la ville dont il est le maire, menés entre 2003 et 2005) a été transmise le jour même à la chancellerie, puis mise en forme au cours de la réunion de la Commission d’instruction de la haute cour de justice tenue dans l’après-midi du 6 février. Toutefois, il a fallu attendre le 7 février pour que l’ordre de libérer l’ancien chef du gouvernement sénégalais soit transmis au régisseur de la prison », écrit Cheikh Yérim Seck qui ajoute : « Il est alors près de 17 heures heure locale. Au même instant au Caire, l’arbitre de la demi-finale de la Coupe d’Afrique des nations (Can) de football opposant l’Égypte au Sénégal s’apprête à donner le coup d’envoi de la rencontre... L’enjeu sportif n’empêche pourtant pas Idrissa Seck de ravir la vedette aux « Lions de la Téranga ». L’information sur sa sortie de prison ayant été ébruitée deux heures plus tôt par les radios privées dakaroises, ses partisans se sont immédiatement massés devant le portail de la prison où il est détenu et aux alentours de sa maison (...) ».

« Je n’ai qu’un seul compte bancaire en France »
« Avec cette libération, s’achève l’un des épisodes les plus controversés du feuilleton politico-judiciaire qui a secoué le Sénégal ces derniers mois. L’acte ordonnant la remise en liberté d’Idrissa Seck blanchit totalement l’ancien maire de Thiès des accusations de malversations portées à son encontre. Même si elle requiert la poursuite des enquêtes pour enrichissement illicite dont il fait également l’objet.Une procédure qu’il était impossible d’annuler sans infliger un désaveu total à la justice sénégalaise, qui attend encore les résultats de plusieurs commissions rogatoires menées dans divers pays, dont la France. À la Commission d’instruction qui le soupçonne de détenir de nombreux comptes à l’étranger, Idrissa Seck rétorque, par ailleurs, qu’il n’en a qu’un, en France, dont les références ont été versées à son dossier », écrit Cheikh Yérim.

Le début des tractations
Et notre confrère de revenir sur les tractations ayant conduit à la libération de l’ex-Pm. « Tout commence en octobre 2005. Le chef de l’État, Abdoulaye Wade, demande à Me Ousmane Sèye, l’avocat de l’État sénégalais, de lui faire un point complet sur le dossier. Me Sèye lui fait remarquer que la poursuite pour atteinte à la sûreté de l’Etat et à la défense nationale n’a aucune chance d’aboutir. Sur les « chantiers de Thiès », l’avocat lui indique que le dossier ne contient aucun élément susceptible de fonder la culpabilité de Seck. Non sans ajouter que les différents témoignages recueillis par les enquêteurs, notamment celui du ministre de l’Economie et des Finances, Abdoulaye Diop, disculpent totalement l’ex-Premier ministre ». Fort de ce constat, écrit notre confrère, « Wade, qui affirme à son avocat n’avoir rien de personnel contre Idrissa Seck, lui enjoint de prendre discrètement langue avec ses collègues de la défense pour trouver une issue à l’affaire. Me Sèye s’en ouvre à Me Sidiki Kaba, un des piliers du dispositif de défense de Seck, par ailleurs président de la Fédération internationale des ligues de droits de l’homme (FIDH). Mais un malentendu se glisse entre les deux avocats ». En effet, révèle Cheikh Yérim Seck : « Sèye parle à Kaba à mots couverts, lui suggère que son client pourrait être libéré mais que Wade n’est pas demandeur d’une négociation. Kaba transmet le propos à son client, et lui conseille, au vu de l’état du dossier, de refuser d’entamer des discussions en position de faiblesse. Seck le suit. Sentant que la piste Kaba se grippe, l’avocat de l’Etat suggère à Wade d’impliquer Me Nafissatou Diop Cissé. Notaire, vice-présidente de l’Association des femmes juristes du Sénégal, conseillère à la Fédération internationale des femmes de carrière juridique, cette femme de réseaux, âgée de 48 ans, présente un double avantage : proche de Me Sèye, elle jouit de l’estime et de l’amitié de Seck. C’est, en effet, son étude qui a constitué à la fin des années 1980 le cabinet d’audit ACG Afrique de l’ex-Premier ministre et acheté pour son compte, en 1993, la maison de Point E qu’il occupe actuellement. Mais Nafissatou Diop Cissé pose un préalable avant de s’impliquer : il faut d’abord qu’elle s’entretienne avec Seck. Son entrevue avec lui a lieu début novembre. L’ancien Premier ministre l’accueille avec joie et se montre confiant ». Ainsi, Me Nafissatou Diop « rencontre ensuite nuitamment Wade, dans les appartements privés du palais, en compagnie de Me Sèye. Le chef de l’Etat lui-même ordonne à son garde des sceaux, Cheikh Tidiane Sy, d’introduire la nouvelle médiatrice auprès du régisseur de la prison. Après quoi, le ministre de la Justice, rangé parmi les « faucons », est laissé à l’écart des tractations. Il en ignorera tout, de la fréquence des visites de la notaire à la maison de correction aux motifs de ses déplacements. Me Diop Cissé empruntera plusieurs fois le chemin de Rebeuss, seule ou, parfois, accompagnée de Sèye. À plusieurs reprises, au cours des deux premiers mois de la médiation, les pourparlers frôlent la rupture. Mais un homme veille et arrondit les angles : Samba Alex Ndiaye, un cadre d’Air France qui a l’oreille du chef de l’Etat ».

Ces échanges qui ont fait sourire...
« Les échanges entre les deux protagonistes par médiateurs interposés font quelquefois sourire. Comme quand Seck boude : « Je n’ai rien à dire à Wade. Après mon départ du gouvernement, il m’a promis, dans sa résidence de repos de Popenguine, qu’il ne s’en prendrait jamais à moi. Il n’a qu’à respecter sa promesse ». Et le chef de l’Etat de répondre : « Je suis son père, et j’ai le droit de le corriger s’il commet une faute. » Ou quand Wade dit aux médiateurs : « Je dois vous avouer qu’Idrissa me manque quelquefois terriblement. Tout comme son enfant Abdoulaye, qui porte mon prénom. » Et l’ex-« fils spirituel » de répliquer : « Moi, j’ai surtout la nostalgie des causeries du président », rapporte « Jai ». Cependant, les discussions achoppent alors sur un point : la proposition faite à l’ex-Premier ministre, une fois libéré, de s’éloigner quelques mois du Sénégal pour la tranquillité du pays. Idrissa Seck y oppose un refus catégorique.

Idy dément le marchandage financier
D’autres questions de nature financière auraient également été abordées et auraient fait l’objet d’un protocole d’accord signé par les deux parties. Interrogé par « Jai » sur ces rumeurs, Seck dément formellement : « Il n’a jamais été question d’un quelconque marchandage financier, ni de texte signé par qui que ce soit. Le problème en cause est politique, et non financier ou judiciaire. » « Alors que Seck et Wade sont déjà sur le point de s’entendre, un événement vient donner un coup d’accélérateur au dénouement de l’affaire. Le 15 janvier, une délégation de membres du Congrès américain, venus prospecter le Sénégal en tant que pays bénéficiaire du Millenium Account Challenge (le « Compte du millénaire », une initiative lancée par les États Unis qui passe par le versement de subsides aux pays qui s’engagent dans la bonne gouvernance et la lutte contre le terrorisme), demande un traitement diligent et conforme au droit du dossier Seck. « Je ne crois pas en la thèse de l’atteinte à la sûreté de l’Etat », leur confesse Wade » selon « Jai » qui confirme ainsi « L’As » et « Le Quotidien » qui avaient donné cette information en exclusivité.

Idy devait être libéré le 31 janvier
« Une première date est communiquée par les médiateurs à Idrissa Seck pour sa mise en liberté : le 31 janvier 2006. Mais un obstacle empêche le respect de l’échéance : le détenu refuse de demander à ses avocats de déposer une demande de mise en liberté provisoire ou de non-lieu dans le dossier des « chantiers de Thiès ». La piste de la mise en liberté d’office est explorée, et finira par être empruntée. Une ordonnance de non-lieu est prise, ensuite, sur le chef d’accusation d’atteinte à la sûreté de l’État et à la défense nationale, le 27 janvier », poursuit « Jai ». Comme « L’As » le révélait, Cheikh Yérim Seck écrit : « le 1er février, Wade reçoit une délégation de cadres originaires de Thiès, le fief de Seck, et leur annonce : « Je suis maintenant convaincu que dans cette affaire sur les chantiers de Thiès, il vaut mieux regarder du côté des entrepreneurs. » Avant d’ajouter qu’on n’a rien pu trouver contre l’ex-Premier ministre après les enquêtes. Il réitère ce propos en réunion du Comité directeur du Pds. Des « fuites » survenues à l’issue de ces différentes rencontres préparent l’opinion à la libération d’Idrissa Seck, qui intervient le 7 février ». Que va faire Idy ? Interrogé par « Jai », l’ancien Premier ministre répond : « Le ‘’sopi’’ (changement, en wolof) est un temple à la construction duquel j’ai apporté des blocs de pierre et de marbre. Certains sont venus y déverser des immondices. Dois-je nettoyer le temple pour le rendre à nouveau adapté à la prière ? Ou dois-je l’abandonner ? »
Synthèse de Cheikh Mbacké GUISSE
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le lundi 13 février 2006 06:51

CHANTIERS DE THIES: L'ARRANGEMENT POLITICO FINANCIER DECREDIBILISE LES INSTITUTIONS DE LA REPUBLIQUE

CHANTIERS DE THIES: L'ARRANGEMENT POLITICO FINANCIER DECREDIBILISE LES INSTITUTIONS DE LA REPUBLIQUE
CHANTIERS DE THIES: L'ARRANGEMENT POLITICO FINANCIER BAFOUE DECREDIBILISE LES INSTITUTIONS DE LA REPUBLIQUE

LE POUVOIR MAL A L'AISE FACE AUX NEGOCIATIONS POLITICO-FINANCIERES AYANT ENTERRE LES MALVERSATIONS CONSTATEES DANS LES CHANTIERS DE THIES: Le ministre de la justice essaye de convaincre sans succès

«Je détiens des secrets d'Etat plus graves sur les Chantiers de Thiès», dit Nafi Ngom Keïta de l'Ige


Communiqué sur le non-lieu partiel et la mise en liberté d'office : L'Etat prépare l'extinction des poursuites/MSU: Une commission d'enquête parlementaire réclamée

LIBERATION NEGOCIEE DE IDY : Le Pouvoir protège les magistrats contre le deal
(L'AS 15/02/2006)

Du côté du pouvoir, il est hors de question de laisser prospérer la thèse de négociations et autres combines qui seraient à la base de l'élargissement de l'ancien Premier ministre, des geôles de Rebeuss. Dans l'optique d'éviter de remettre en cause l'indépendance de la justice, le régime s'arc-boute sur le droit pour justifier la libération de Idrissa Seck. Après le Président Abdoulaye Wade à son retour de Malabo (Guinée-Équatoriale), c'est au tour du garde des Sceaux, ministre de la Justice de s'adosser à certaines procédures judiciaires pour expliquer la libération du maire de Thiès. Pour Cheikh Tidiane Sy, l'arrêt de non-lieu rendu par la Commission d'instruction de la Haute cour de justice concerne uniquement la gestion des fonds politiques affectés au président de la République . N'empêche, dans le même tempo que le Président Wade, le garde des Sceaux considère que Idrissa Seck reste toujours sous le coup des poursuites dans le dossier des chantiers de Thiès.

Les tractations à l'origine de la sortie de prison de Idrissa Seck totalement dévoilées par la presse, malgré toutes les mesures de précaution prises pour les entourer du sceau du secret, le régime s'emploie désormais à recoller les morceaux. Ou ce qu'il en reste ! Objectif : redorer le blason du pouvoir judiciaire (suffisamment terni par le deal ?). Pour cela, les autorités s'évertuent à invoquer le droit pour expliquer la libération de l'ancien Premier ministre, à la suite d'un séjour carcéral de sept mois. Dans un communiqué relatif à l'élargissement du maire de Thiès, le garde des Sceaux, ministre de la Justice, soutient d'emblée que le non-lieu partiel accordé à l'ex-Pm concerne exclusivement la gestion des fonds politiques affectés au président de la République. En effet, lors de la résolution votée à l'Assemblée nationale et portant mise en accusation, il était reproché à l'ancien bras droit du Président Wade les délits de faux, usage de faux, usurpation de titre, vol, recel, détournement de deniers publics et enrichissement illicite. Et, selon Cheikh Tidiane Sy, s'appuyant sur ladite résolution, « Idrissa Seck aurait, au moment de sa passation de service avec son successeur, dissimulé des comptes bancaires de l'Etat ouverts et gérés par lui-même, en usurpant le titre de secrétaire général de la présidence de la République ; il aurait ainsi procédé à de nombreux retraits et transferts de fonds sur ces comptes à la Société générale à Dakar et à Paris, et à la Compagnie bancaire de l'Afrique de l'ouest de Dakar ; ces faits constitueraient une présomption de détournements de deniers publics ». Seulement, l'information judiciaire ouverte par la Commission d'instruction n'a pas permis d'établir la culpabilité de l'ancien Premier par rapport au chef d'inculpation de détournements de deniers publics. Cela en dépit de la découverte des nombreux comptes bancaires ouverts à la Sgbs et à la Cbao au nom du maire de Thiès. Qui plus est, poursuit le chef de la Chancellerie, « Idrissa Seck a soutenu fermement qu'il a géré les comptes hébergeant les fonds politiques, secrets par nature, qui ne pouvaient figurer sur un procès verbal de passation de service entre directeurs de cabinets ». Cette thèse ajoutée au pouvoir discrétionnaire du président de la République sur les fonds politiques, aurait été à la base de la décision de la Commission à « ordonner qu'il n'y a pas lieu à poursuivre davantage l'accusé Idrissa Seck des chefs d'usurpation de titre, de détournements de deniers publics et de tous autres délits relatifs à la gestion des comptes des fonds politiques affectés au Président de la République ». Toutefois, argue le ministre de la Justice , « il s'agit d'un non-lieu partiel , car il est mis fin à la poursuite pour la partie des faits reprochés à l'accusé relativement à la gestion des fonds politiques ».

Le sort de Idy lié à celui de Bara Tall
« S'agissant d'une part de l'approbation du marché public litigieux du 3 octobre 2003 attribué à l'entreprise Jean Lefebvre- Bara Tall, l'accusé Idrissa Seck, a déclaré que c'est par ignorance qu'il a apposé sa signature sur l'acte d'approbation bien que la compétence fut déjà transférée au ministre des Finances par le décret du 26 septembre 2003, ses services lui ayant soumis le dossier d'approbation sans attirer son attention sur le transfert de compétence intervenue. Il n'est pas encore relevé au niveau de l'instruction des éléments prouvant qu'il a signé sciemment ce dossier en toute connaissance de son incompétence », indique le ministre de la Justice dans son communiqué. Et d'ajouter sur la même lancée qu'en « ce qui concerne d'autre part les surfacturations visées dans l'acte d'accusation qui auraient permis à Idrissa Seck- d'accomplir des actes de corruption et de concussion, il y a lieu d'observer que les premiers bénéficiaires éventuels de ces surfacturations ne peuvent être que les entrepreneurs ; la Commission estime que même si leur responsabilité était établie, il resterait à prouver comment Idrissa Seck a pu bénéficier sciemment des produits des surfacturations ». Cela dit, Bara Tall, directeur général de Jean Lefebvre, à qui il serait reproché des surfacturations en complicité avec l'ancien Premier, ne fait toujours pas l'objet d'une inculpation dans la dossier de l'instruction ouverte par le juge Yakham Lèye du cinquième cabinet. En outre, Bara Tall n'a pas manqué de soulever des contestations aussi bien durant l'enquête de l'Ige et durant les investigations menées par la police. Pour la commission d'instruction, souligne Cheikh Tidiane Sy, « l'information contre Idrissa Seck ne peut pas évoluer en l'absence d'éléments compromettants provenant de l'enquête en cours contre Bara Tall ». Conséquence : « Au bénéfice de la contestation sérieuse prévue à l'article 140 du Code de procédure pénale », plaide le garde des Sceaux, « il y a lieu d'ordonner la mise en liberté de l'accusé Idrissa Seck ». Seulement, « la mise en liberté étant provisoire, la Commission d'Instruction continue l'information sur l'affaire des chantiers de Thiès ».
Hawa BOUSSO



DECRYPTAGE - Communiqué sur le non-lieu partiel et la mise en liberté d'office : L'Etat prépare l'extinction des poursuites/MSU: Une commission d'enquête parlementaire réclamée
(Le Quotidien 15/02/2006)

A bien entrer dans l'intelligence du communiqué du ministère de la Justuce, diffusé intégralement par le quotidien national Le Soleil, hier, tout paraît indiquer qu'on s'achemine vers une préparation de l'opinion pour un non-lieu total en faveur de l'ex-Pm. Dans sa quintessence, ce communiqué qui n'apporte rien de nouveau par rapport aux informations parues dans Le Quotidien du mercredi 8 et jeudi 9 février 2006, balise la voie de l'extinction des poursuites contre Idrissa Seck. En même temps qu'il ajoute de la pertinence à la demande de non-lieu formulée par Salif Bâ, ex-ministre de l'Habitat, ainsi que l'a révélé le quotidien L'As, hier.

Des éclairages tardifs sur la procédure judiciaire qui s'est soldée par la liberté provisoire dont a bénéficié l'ex-Pm Idrissa Seck. Tel est le condensé du communiqué du ministère de la Justice qui a fait l'objet, hier, d'une publication intégrale dans les colonnes du quotidien national Le Soleil.

Le communiqué fait un survol de la genèse de l'affaire Idrissa Seck, notamment la saisine, le 5 août, de la Commission d'instruction, par le Procureur général près la Haute Cour de Justice, «aux fins de notification d'une résolution n° 03/2005 votée par l'Assemblée nationale et portant mise en accusation de l'ancien Premier ministre Idrissa Seck pour divers délits de faux, usage de faux, usurpation de titre, vol, recel, détournement de deniers publics et enrichissement illicite». Idrissa Seck a été inculpé finalement de tous «ces chefs d'accusation suivant procès-verbal d'interrogatoire de première comparution du 10 août 2005 et placé sous mandat de dépôt, donc incarcéré le même jour», rappelle le communiqué.

Ce que le communiqué du Garde des Sceaux indique en substance, c'est que l'arrêt de la Commission d'instruction de la Haute Cour de Justice sur l'affaire Idrissa Seck a effacé le délit sur les fonds politiques. En effet, sur ce délit précis, le communiqué du ministère de la Justice, qui est revenu sur les comptes bancaires, après avoir relevé que «la gestion des fonds politiques relève de l'entière discrétion du président de la République, qui peut en disposer» à sa guise, parvient à cette conclusion : «Dès lors, aucune investigation ne saurait être envisagée sur le sort de ces crédits spéciaux qui échappent aux règles de droit commun de la comptabilité publique...» C'est cela donc qui justifie l'ordonnance de non-lieu partiel pour Idrissa Seck, notamment sur «les chefs d'usurpation de titre, de détournements de deniers publics et tous autres délits relatifs à la gestion des fonds politiques affectés au président de la République».

DES BRECHES OUVERTES

A ce niveau, il faut aussi rappeler que Salif Bâ, l'ex-ministre de l'Habitat, avait été incidemment inculpé pour détournements de deniers publics, concussion, corruption et non-reversement de TVA précomptés. Même si Salif Bâ n'est pas concerné, comme Idrissa Seck, par l'affaire des fonds politiques, l'arrêt rendu par la Commission d'instruction pour ce dernier ouvre des brèches pour le second.

Le communiqué du ministère de la Justice a abordé aussi le problème de «la liberté provisoire d'office relative aux faits tirés de la gestion des crédits affectés aux chantiers de Thiès». Après avoir rappelé le contenu de la résolution votée par l'Assemblée nationale, concernant les délits de détournements de deniers publics et d'enrichissement illicite et l'article du Code de procédure pénale qui s'applique à cet effet, le ministère de la Justice en arrive à la conclusion que, pour le délit de corruption et de concussion, il n'y a pas eu de preuves établies. Cela, en raison de contestations sérieuses, aussi bien de la part de l'entrepreneur Bara Tall que Idrissa Seck. Même si, par ailleurs, l'enquête suit encore son cours. Pour le ministère de la Justice, «il résulte du rapport de l'Inspection Générale d'Etat comme de l'enquête de police que Bara Tall a soulevé des contestations ; la Commission considère qu'en l'état, l'information contre Idrissa Seck ne peut pas évoluer en l'absence d'éléments compromettants provenant de l'enquête en cours contre Bara Tall.»

Ce sont là autant de brèches ouvertes vers un non-lieu total pour Idrissa Seck, brèches dans lesquelles se sont engouffrés Salif Bâ et ses avocats, en s'appuyant sur l'effacement des délits relatifs aux fonds politiques pour libérer l'ex-Premier ministre. Cela d'autant plus que l'arrêt de la commission d'instruction évoque des contestations sérieuses pour détournements de deniers publics, alors que Salif Bâ était poursuivi pour ce délit en plus du non-reversement de Tva précomptées. Or, Salif Bâ, lors de son audition par la Commission d'instruction, avait brandi, comme preuves, deux chèques de 1,8 milliard de francs Cfa. Pour les 3,8 milliards, l'ancien ministre de l'Habitat avait affirmé, devant la Commission d'instruction, que les Tva sont à payer dans le dernier reversement. En l'absence de preuves, comme reconnue par la commission d'instruction, Salif Bâ peut donc logiquement introduire une demande de non-lieu total, comme la Cour semble le préjuger. Si cette commission refuse le non-lieu total, alors elle aurait battu en brèche ses propres arguments qu'elle a bâtis pour libérer Idrissa Seck. Il s'y ajoute que, selon une information non démentie officiellement ou même officieusement, une promesse avait été faite par le Président Wade d'un retour de Salif Bâ dans l'attelage gouvernemental, s'il est lavé des accusations pesant sur sa personne. Pour cela, l'ancien ministre de l'Habitat a besoin de bénéficier d'un non-lieu total. Or, si on octroie un non-lieu total pour Salif Bâ, on est obligé de le faire, plus tard, pour Idrissa Seck, même si sur la tête de ce dernier est suspendu le résultat des commissions rogatoires internationales.
Soro DIOP


MSU - Après la libération de Idrissa Seck : Une commission d'enquête parlementaire réclamée

Le Mouvement pour le socialisme et l'unité (Msu) exige une commission d'enquête parlementaire sur les chantiers de Thiès. En effet, au sortir de leur Secrétariat politique permanent tenu ce samedi, le Msu estime que la libération de Idrissa Seck et le non-lieu partiel prononcé par le juge, ne doivent pas épuiser cette affaire qui concerne l'argent du contribuable sénégalais.

Les camarades de Mamadou Dia, par la voix de leur secrétaire général et porte-parole, Massène Niang, soutiennent que cette commission d'enquête doit aussi mettre la lumière sur les comptes ouverts à l'étranger et édifier les citoyens sur les fonds politiques. Massène Niang croit savoir que ces fonds sont utilisés de manière anarchique. En tout cas, le Msu estime que le classe politique républicaine ne doit pas cautionner que le dossier des chantiers de Thiès soit enterré avec la libération de Idrissa Seck. A ces yeux, les scandales financiers qui ont accompagné cette affaire montrent la légèreté avec laquelle les tenants du pouvoir gèrent le pays. C'est pourquoi, soutient-il, «l'affaire des chantiers de Thiès sonne le glas du régime de Wade».
Revenant sur la vie politique du pays, le Msu appelle les populations à la vigilance. Massène Niang met Me Wade et Idrissa Seck dans le même camp de ceux qui ne se préoccupent que de leurs intérêts au détriment du peuple. «C'est un conflit d'intérêts qui les sépare.» Le peuple doit donc précipiter le départ de Abdoulaye Wade et de son régime en votant pour l'opposition regroupée au sein de la coalition du Cpc-G10- Ligue démocratique, conclut M. Niang.
Cheikh Fadel BARRO



«Je détiens des secrets d'Etat plus graves sur les Chantiers de Thiès», dit Nafi Ngom Keïta de l'Ige (Rewmi 15/02/2006)

A entendre hier, le réquisitoire de M. le procureur de la République, celui des avocats de la partie civile dans l'affaire opposant Mme Nafi Ngom Kéïta aux journalistes de l 'hebdomadaire le « Témoin », notamment son directeur de publication, Mamadou Omar Ndiaye et le reporter, Pape Ndiaye, on pouvait valablement se demander si ce n'était pas toute la corporation qui était ainsi attraite à la barre pour répondre du délit de « lèse-majesté ».

La presse et les journalistes ont passé en effet, de mauvais quart d'heure, traités qu'ils ont été de toutes les joyeusetés de la part des plaignants et du ministère public. Ce dernier a martelé, qu'il était temps de mettre hors d'état de nuire cette presse, de mettre fin à ses dérives, d'arrêter de faire des condamnations et des peines non exécutées. Et l'Ige, Mme Nafi Ngom Kéïta qui, décidément, n'a pas froid aux yeux, d'avancer même à la barre que quand elle se rendait chez nos confrères de Walfadjri, l'année dernière, poussée qu'elle était, selon elle, par les attaques contre sa personne, elle détenait par dévers elle, une liste de journalistes qui émargeaient à la présidence de la République et au niveau du gouvernement qu'elle s'est abstenue de remettre aux confrères. Pis, répondant aux interrogations des avocats de la défense à propos de sa sortie dans la presse dans l'affaire dite des chantiers de Thiès-2004, elle a assuré qu'elle détenait des secrets d'Etat, « qui peuvent renverser la République, donc plus grave que ce que j'ai révélé dans l'affaire de Thiès ». Des sorties à la barre que la défense n'a pas manqué de souligner pour asseoir sa plaidoirie. Renvoyé à plusieurs reprises pour indisponibilité de l'une ou de l'autre partie, le procès d'hier, a semblé également être celui du ministre d'Etat, ministre de l'Economie et des finances, Abdoulaye Diop qui en a pris, malgré son absence à la barre, pour son grade de la part de certains avocats de la partie civile. Le pauvre ministre de la République était ainsi indexé dans une audience qui n'était point la sienne. De même que l'affaire dite des chantiers de Thiès, « dont les gravats, à cause de Mme Nafi Ngom Kéïta », dira Me Khassimou Touré, un des avocats de la défense, « ont sali tout le pays », était bien présente dans ce procès. Défense et partie civile s'en sont données à c½ur joie dans une affaire encore en suspens malgré le fait que l'un des principaux accusés, l'ex-Premier ministre a été mis d'office en liberté provisoire par la Commission d'instruction de la Haute cour de justice instituée pour l'affaire. Les conseillers de Mamadou Omar Ndiaye et de Pape Ndiaye se sont évertués à « disqualifier » les accusations de la plaignante, cherchant au passage à attirer l'attention du président, Malang Cissé, sur le fait que leurs clients qui n'ont « fait que commenter les sorties dans la presse de Nafi Ngom Kéïta n'ont rien inventé. D'autant plus qu'aucune preuve n'a été versée dans le dossier prouvant qu'ils avaient diffamé la plaignante ». La partie civile qui a paru être épaulée par le ministère public, s'est, elle, attaquée à nos confrères. Le président du tribunal a mis en délibéré pour le 28 mars prochain. Par ailleurs, la journée d'hier, a vu la presse à « l'honneur » au tribunal. C'était en effet, en plus du procès contre nos confrères du Témoin, deux autres qui ont opposé la presse à la presse, notamment celui qui opposait Abdoulaye Bamba Diallo de l'Hebdomadaire Nouvel-Horizon à Moustapha Sow du quotidien « l'Office ». Tout comme celui-opposant Bibo Bourgit au quotidien, le « Nouvel Observateur » que pilote Alioune Ndiaye.
Madior FALL


Source : Sudonline
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mercredi 15 février 2006 04:26

Modifié le mardi 05 juin 2007 07:12