L'ancien Premier ministre, Idrissa Seck, inculpé pour les motifs d'accusation à la sûreté de l'Etat et à la défense nationale, a de la compagnie : Un de ses conseils, Me Djiby Diallo, vient en effet d'être placé sous mandat de dépôt pour la troisième accusation qui pèse sur son client ; à savoir la sortie irrégulière de correspondances. Une décision de la Doyenne des juges qui met l'Ordre des avocats, qui se réunit ce matin, dans tous ses états.Me Djiby Diallo, l'un des conseils de l'ancien Premier ministre, était hier en face de la Doyenne des juges, Mme Seynabou Ndiaye Diakhaté. Ce n'était pas pour le compte
de son client. Mais, pour répondre plutôt de l'accusation de « sortie irrégulière de correspondances » qu'on lui prête d'avoir entrepris pour M. Seck, en détention préventive pour également les motifs d'atteinte à la sûreté de l'Etat et à la défense nationale. Au bout de l'audition, Me Diallo n'est pas rentré chez lui. Il n'est pas non plus retourné à son cabinet ; le juge lui ayant décerné un mandat de dépôt hier en début d'après-midi. Pour Me Boucounta Diallo, coordonnateur du pool des avocats de l'ancien Premier ministre, le fait est grave : « Il n y a pas dans cette affaire de sortie irrégulière de correspondances. Il s'agit plutôt d'une violation de la correspondance entre un avocat et son client ». Explicitant, il a précisé qu'en prison aucun détenu ne dispose d'une machine à écrire ; « à plus forte raison M. Idrissa Seck ». Me Diallo n'aurait don fait que taper un texte avec sa machine, qu'il aurait par la suite présenté à son client, qui y aurait porté à la main quelques annotations. A en croire Me Boucounta Diallo, la détention préventive prise contre son confrère procède simplement des « tentatives de déstabilisation et de harcèlement » de leur collectif. Lui-même, rappelle-t-il, en a fait les frais. Leur pool sera-t-il affaibli par cette décision de la Doyenne des juges ? « Nullement », rétorque-t-il. Pour bon nombre de ses confrères, le bureau de Mme Seynabou Ndiaye Diakhaté risque d'être fort exigu lors de son prochain face à face avec Me Djiby Diallo. Et pour cause, au-delà du Cabinet Me Guédel Mbodj, où Me Diallo a fait son stage, et le collectif dont il était membre, « ce sont presque tous les avocats qui se proposent pour le défendre ». Parce qu'ils seraient tous sur leurs grands chevaux, suite à la décision du juge. D'ailleurs, le cas Me Djiby Diallo pourrait bien être l'un des points de l'ordre du jour de la réunion de l'Ordre des avocats, qui se tient ce matin. L'autre point gravitera autour de la violation des droits de la défense. Les robes noires seraient également très remontées contre le ministre de la Justice. Les avocats ayant du mal à digérer sa négation de l'existence de toute corruption et fouille devant le Parlement. Le ministre d'Etat Cheikh Tidiane Sy serait aux antipodes de toutes les récentes promesses faites par le chef de l'Etat, fulminent également des avocats. Une autre tornade semble donc couver au large de nos côtes.
Alioune Badara DIALLO L'OFFIce 14/12/2005
Un des avocats de Idrissa Seck inculpé et placé sous contrôle judiciaire
Me Djiby Diallo, un des avocats de Idrissa Seck, a été inculpé mardi et placé sous contrôle judiciaire par la doyenne des juges, pour le détit de « sortie irrégulière de correspondance de prison ».
Pour le même chef d'inculpation, Idrissa Seck et son collaborateur Mbaye Coulibaly avait été déjà inculpé. Convoqué à plusieurs reprises dans le cadre de cette affaire, les auditions de Me Djiby Diallo ont été à maintes reprises différées pour on ne sait quelle raison. « Me Djiby Diallo est un homme clé du dispositif de Idrissa Seck. C'est le seul qui le voit tous les jours, parfois même deux ou trois fois dans la même journée. Militant Pds et adjoint au maire de Diourbel, Me Djiby Diallo était un élément important de Seck. Avec cette inculpation, ils viennent encore de toucher un autre maillon essentiel de la stratégie de Idrissa Seck », analyse une source proche du dossier. Me Djiby Diallo devra se présenter régulièrement devant le juge car « il sous contrôle judiciaire », indique-t-on.
rewmi.com 14/12/2005