(Le Soleil 26/12/2005)
Placé sous mandat de dépôt, depuis le 22 août dernier, en vertu de l'acte d'accusation du 3 août 2005 voté par l'Assemblée nationale, Salif Bâ, ancien ministre du Patrimoine bâti, de l'Habitat et de la Construction, fera face à la Commission d'Instruction de la Haute Cour de Justice ce matin.
Quatre chefs d'inculpation ont été retenus contre Salif Bâ dans la procédure transmise au Parquet. Les délits relevés vont du choix d'entreprises fictives à la passation de marchés de gré à gré, le non versement de précomptes au titre de la Tva d'un montant de 3 milliards 998 millions Cfa et le paiement de prestations sans justificatifs.
Ce n'est pas tout car l'Inspection générale d'Etat a, au terme de son évaluation, établi une migration illicite de fonds estimés à 22 milliards de FCfa en faveur de son département.
Toutefois, les avocats de Salif Bâ ont déploré ce qu'ils qualifient « amalgame » s'agissant des charges notifiées à leur client. En effet, soulignent-ils, seule une d'entre elles relèvent de la Haute Cour de Justice, notamment la migration de fonds.
D'autre part, les conseils de M. Bâ persistent à croire qu'on ne peut parler de détournement de précomptes de la Tva puisque, déclarent-ils, Salif Bâ avait sollicité le report des versements incriminés pour éviter une asphyxie des travaux de l'Indépendance.
Quoiqu'il en soit, Salif Bâ devrait pouvoir éclairer la lanterne des membres de la Commission d'Instruction relativement aux points dont il est question d'autant qu'il continue à clamer son innocence malgré les griefs retenus contre lui par l'Inspection générale d'Etat.
Ses conseils pourraient, selon toute vraisemblance, déposer une demande de liberté provisoire en sa faveur à l'issue de son audition au fond eu égard à son état de santé. En attendant, Salif Bâ s'est attaché une armada de défenseurs dont Mes Abdou Dialil Kane, Khassim Touré, Ibrahima Diawara, Moustapha Diop, Soulèye Mbaye, Aliou Cissé, Aïssata Tall Sall, Seydou Diagne et François Sarr.
PAPE GUÈYE