LE VIDE SE FAIT AUTOUR DE IDY

LE VIDE SE FAIT AUTOUR DE IDY
Sandrine Farès, Sandrine Madec, Mbaye Coulibaly et maintenant Ndary Guèye et Hassane Farès. En voyant tous ses présumés complices recouvrer la liberté, les avocats d'Idrissa Seck nourrissent l'espoir de voir leur client bénéficier d'un traitement similaire.

Est-ce par défaut de preuves que le parquet a décidé de ne pas s'opposer à la demande de mise en liberté provisoire introduite par les avocats de Ndary Guèye et de Hassane Farès ? Les avocats de l'ancien Premier ministre en sont convaincus, qui ont toujours soutenu que le dossier de leur client est vide. Autrement, s'interrogent-ils, comment le procureur peut-il se résoudre à l'idée de laisser libres, même provisoirement, cinq prévenus considérés comme complices pour un délit aussi grave que l'atteinte à la sûreté de l'Etat ? L'explication coule de source, selon eux : "C'est parce qu'il n'y a aucune preuve sérieuse qui pèse sur Idrissa Seck et ses présumés complices".
"Ce n'est pas de gaieté de c½ur que le parquet a décidé de ne pas s'opposer à la demande de levée des mandats de dépôt contre Ndary Guèye et Hassane Farès", raisonnent les conseils de l'ancien Premier ministre qui nourrissent l'espoir de voir leur client bénéficier aussi d'un traitement similaire. Ils analysent, en effet, la libération en série des présumés complices d'Idrissa Seck comme un signe avant-coureur en faveur de l'ancien Premier ministre. Sandrine Farès, Sandrine Madec et Mbaye Coulibaly, également placés sous mandat de dépôt pour complicité dans le délit d'atteinte à la sûreté de l'Etat, ont aussi bénéficié d'une liberté provisoire.
Du côté du pouvoir, on rame à contre courant des allégations des avocats d'Idrissa Seck. Les avocats chargés de défendre les intérêts de l'Etat soutiennent avec force que la mise en liberté provisoire de présumés complices de l'ancien Premier ministre n'annonce nullement que ce dernier va bénéficier du même traitement. Et même si le mandat de dépôt pour le délit d'atteinte à la sûreté de l'Etat venait à être levé au profit du maire de Thiès, cela ne saurait justifier l'absence de preuves contre Idrissa Seck et ses présumés complices. Selon eux, le juge dont le rôle consiste à instruire à charge ou à décharge, est seul habilité à en décider et il serait prématuré pour les conseils du maire de Thiès de faire des ronds de jambes. "Gare au réveil douloureux", préviennent-ils.
En tout état de cause, l'ancien Premier ministre ne quitterait pas Rebeuss même délesté du mandat de dépôt relatif au délit d'atteinte à la sûreté de l'Etat. Il pèse sur lui, deux autres délits. Idrissa Seck est accusé de malversations dans le cadre des chantiers de Thiès et de sortie irrégulière de correspondances de la prison de Rebeuss. Pour le premier délit, le maire de Thiès a écopé d'un mandat de dépôt pour un dossier dont les avocats de l'ancien Premier ministre n'ont cessé de dénoncer la lenteur. La commission d'instruction ne s'est toujours pas réunie et jusqu'ici tous les actes ont été posés par le président de ladite commission.
Amadou DIOUF walf.sn 08/11/2005

AFFAIRE IDRISSA SECK : El Hadj Ndary Guèye et Hassan Farès en liberté provisoire (Le Soleil 08/11/2005)

El Hadj Ndary Guèye, journaliste, et Hassan Farès, propriétaire de " Kirène ", ont été remis en liberté provisoire hier, lundi 7 novembre, au terme de deux requêtes introduites par leurs avocats respectifs.

Placés sous mandat de dépôt en même temps que l'ex-Premier ministre, Idrissa Seck, pour complicité d'atteinte à la sûreté de l'Etat et à la défense nationale, le 23 juillet 2005, ils ont tous été entendus au fond par la Doyenne des Juges en présence de leurs conseils. El Hadj Ndary Guèye peut se frotter les mains, lui dont la demande de liberté provisoire avait été initialement rejetée en dépit du combat mené à l'époque, tambour battant, par ses avocats. Arrêté le 18 juillet à l'aéroport Léopold Sédar Senghor par les éléments de la Division des investigations criminelles (Dic) alors qu'il s'apprêtait à se rendre en France, il avait fait l'objet de nombreux commentaires ayant trait à sa proximité avec l'ancien chef du gouvernement et notamment à son projet de livre sur le bilan de l'Alternance. Mieux, le journaliste avait suscité l'attention des enquêteurs de la division des investigations criminelles eu égard à ses liens avec la famille Farès dont un certain nombre avait été arrêté.

Perçu comme collaborateur d'Idrissa Seck, il gérait une entreprise spécialisée dans les nouvelles technologies de l'information et de la communication. Quant à Hassan Farès dont l'innocence a encore été réaffirmée par ses conseils, il devrait aussi nourrir les mêmes sentiments qu'El Hadj Ndary Guèye. Toutefois, des appréhensions continuaient de peser sur sa personne en raison de l'étroitesse des rapports qui le lient au maire de Thiès. Ce n'est pas un hasard si son épouse et sa secrétaire libérées, il y a quelques semaines, avaient été interpellées en même temps que lui.

En attendant, les avocats des deux anciens prévenus qui ont exprimé leur satisfaction ont annoncé leur décision d'engager la bataille du non-lieu pour obtenir la liberté définitive de leurs clients.

Quant à Coumba Ngouye Thiam, elle pourrait être entendue sur le fond dans les jours ou semaines à venir.
PAPE GUEYE

ATTEINTE A LA SURETE DE L'ETAT :Hassane Farès et Ndary Guèye en liberté provisoire

Hassane Farès, le patron de la société d'eau minérale, « Kirène » et le journaliste, Ndary Guèye ont bénéficié hier, lundi 7 novembre dune liberté provisoire dans l'affaire d'atteinte à la sûreté de l'Etat, l'un des chefs d'accusations retenus contre l'ancien Premier ministre et n°2 du Parti démocratique sénégalais (Pds), Idrissa Seck.
Accusés de complicité dans l'affaire d'atteinte à la sûreté de l'Etat qui vaut en sus à l'ex-Premier ministre, un séjour « forcé » à Rebeuss, l'homme d'affaire Hassane Farès et le journaliste Ndary Guèye qui avaient été embastillés depuis le mois de juillet dernier hument « provisoirement » depuis hier, lundi 7 novembre l'air de la liberté. Interrogé hier, un de leurs avocats, Me Bounkounta Diallo ne s'est pas étendu outre mesure sur cette liberté provisoire, deux autres de ses clients, notamment l'ancien Premier ministre est toujours écroué, se contentant simplement de s'en réjouir pour ses clients et réaffirmant sa confiance à la justice de son pays.
En fait, depuis, le mercredi dernier, Hassan Farès et Ndary Guèye bénéficiaient d'une levée d'écrou ordonnée par Seynabou Ndiaye Diakhaté, doyenne des juges d'instruction et juge du premier cabinet d'instruction du tribunal hors-classe régional de Dakar. Le parquet n'ayant pas requis contre cette décision de la doyenne des juges, les deux hommes pouvaient retrouver « provisoirement » leurs familles et proches en attendant le jugement. On apprenait hier, de sources proches des milieux de l'enquête que, ni le juge ni le parquet ne possédaient d'éléments matériels prouvant l'atteinte à la sûreté de l'Etat, mettant en cause les deux hommes accusés de complicité dans cette affaire.
En effet, si Hassan Farès semble avoir été seulement présenté comme étant le « porteur de valise » de Idrissa Seck. Ce qu'il avait battu en brèche et clamait son innocence lors de son audition sur le fond. Il avait affirmé à cette occasion, rapportent des sources au fait du dossier, que s'il avait invité l'ancien Premier ministre au Liban, chez lui, c'était tout simplement pour lui présenter sa famille. Il en est de même du journaliste El Hadji Ndary Guèye. Présenté comme étant « le nègre » de Idy, sa seule « faute » aura été d'écrire un livre, « Le Magicien ». Cette libération est la troisième dans le cadre de cette affaire : Mbaye Coulibaly, l'informaticien et conseiller de Idrissa Seck avait déjà bénéficié d'une demande de liberté provisoire.
Sur le délit d'atteinte à la sûreté de l'Etat, ne restent encore en détention préventive que l'inspectrice de police Coumba Ngouye Thiam, ex-Secrétaire à l'Administration générale et à l'équipement (Sage) de l'ancienne ministre de la Famille, Awa Guèye Kébé, dont les états de services, plaident pour beaucoup de ses collègues pour son inoncence et Idrissa Seck qui devront, selon des sources proches de leurs avoués, être entendus cette semaine. Va-t-on vers un dégel de cette situation qui pollue l'atmosphère du régime de l'alternance depuis son déclenchement ? Nul ne sait, mais plusieurs l'espèrent.
Madior FALL sud quotidien 08/111/2005
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# Posté le mardi 08 novembre 2005 09:59

Entretien avec Me Ousmane SEYE, avocat de l'Etat du Sénégal... / HAUTE COUR DE JUSTICE - LA COMMISSION D'INSTRUCTION RENOUVELEE : Idy change de juges

Entretien avec... Me Ousmane SEYE (avocat de l'Etat du Sénégal): "Le juge peut accorder la liberté provisoire à Idrissa Seck" (Walfadjiri 09/11/2005)

Rien n'empêche au juge d'instruction d'accorder à Idrissa Seck la liberté provisoire. Quand ce constat sort de la bouche d'un des avocats de l'Etat, Me Ousmane Sèye, dans l'entretien qu'il nous a accordé, c'est pour prouver qu'il n'y a pas d'acharnement sur la personne de l'ancien Premier ministre.

Wal Fadjri : On note une libération en série des présumés complices d'Idrissa Seck accusé du délit d'atteinte à la sûreté de l'Etat. Est-ce du fait de l'absence de preuves comme d'aucuns le soutiennent ?
Ousmane Sèye : En matière pénale, la liberté c'est le principe et la détention, l'exception. Mais il faut se garder de faire de l'amalgame : la liberté provisoire n'a rien à voir avec la culpabilité ou l'innocence du prévenu mis sous mandat de dépôt. Le juge ordonne la liberté provisoire si la personne mise sous mandat de dépôt présente des garanties de représentation devant la justice. C'est-à-dire qu'elle ne risque pas de prendre la fuite et qu'elle se présenterait devant le juge à chaque fois qu'elle est convoquée et si sa libération ne porte pas atteinte au fonctionnement de la justice. Au regard de la mise en liberté provisoire des présumés complices d'Idrissa Seck, tout le monde constate que la justice fait son travail. En effet, la liberté provisoire accordée à ces derniers, placés sous mandat de dépôt, est consécutive à des décisions de justice rendues par la doyenne des juges qui a en charge ce dossier. Au début, il y avait beaucoup de passion dans les débats, les gens voulaient que la machine judiciaire s'ébranle rapidement. Mais la justice ne fonctionne pas comme ça. Elle fonctionne avec le temps, avec le recul et dans la sérénité et non dans le brouhaha ou la cacophonie.

Wal Fadjri : Quand doit-on placer quelqu'un sous mandat de dépôt ?

Ousmane Sèye : Cela dépend de certains délits comme le délit d'atteinte à la sûreté de l'Etat. C'est un délit extrêmement grave qui porte atteinte au fonctionnement des institutions. Si une personne est soupçonnée (je dis bien soupçonnée, c'est-à-dire qu'on a même besoin d'avoir des preuves contre elle) d'être l'auteur ou le complice dans un délit d'atteinte à la sûreté de l'Etat, le procureur de la République qui a la direction de la procédure, peut faire des réquisitions pour demander au juge de la placer sous mandat de dépôt. Et ce dernier s'exécute. On ne peut pas soupçonner quelqu'un de porter atteinte au fonctionnement de la République et le laisser en liberté avant d'en avoir le c½ur net. On le met sous mandat de dépôt parce que d'abord le délit est grave, mais ensuite pour que les preuves que l'on peut avoir contre cette personne, ne soient pas effacées. A charge après au juge d'instruction à qui le dossier est transmis de faire son enquête. Si, au cours de celle-ci, le juge d'instruction estime qu'il n'y a pas assez de preuves, il peut libérer le prévenu ou éventuellement le mettre en liberté provisoire s'il présente des garanties de représentation. Le juge serait revenu au principe de droit, c'est-à-dire le principe de la liberté.

Wal Fadjri : En l'espèce, la mise en liberté provisoire de cinq présumés complices d'Idrissa Seck signifierait-elle qu'il n'y a pas assez de preuves contre eux ?

Ousmane Sèye : Je ne l'analyse pas sous cet angle. A mon sens, le juge a pris le temps nécessaire pour étudier son dossier, entendre les témoins, analyser les éléments du délit qui sont à sa disposition de telle sorte que même si ces personnes sont libérées, elles ne pourront pas effacer des preuves, d'une part. D'autre part, je présume que ces personnes présentent, aux yeux du juge, des garanties de représentation devant la justice.

Wal Fadjri : Cela ne siginfie donc pas que les présumés complices d'Idrissa Seck sont innocents ?

Ousmane Sèye : On parle d'innocence ou de culpabilité du prévenu par égard à une décision de non-lieu et non par rapport à une liberté provisoire. Cela veut dire que la mise en liberté provisoire des présumés complices d'Idrissa Seck ne présume en rien leur culpabilité ou leur innocence. Ils bénificient certes de la présomption d'innocence, mais le fait qu'ils soient libérés signifie simplement que le juge a eu assez de temps pour rassembler les preuves et qu'il a la certitude que leur liberté ne fait pas obstacle à la manifestation de la vérité et qu'ils présentent des garanties de représentation suffisantes devant la justice. C'est tout.

Wal Fadjri : Pensez-vous qu'au nom du principe de la liberté, Idrissa Seck puisse aussi bénéficier d'une liberté provisoire à l'instar de ses présumés complices ?

Ousmane Sèye : Rien n'empêche au juge d'accorder à Idrissa Seck la liberté provisoire. Ce que je veux que vous sachiez, c'est qu'il n'y a pas d'acharnement sur la personne d'Idrissa Seck. Parce que la justice n'a pas le droit de s'acharner sur une personne. Il y a des soupçons, il y a des indices qui pèsent sur la personne d'Idrissa Seck. Si demain, le juge d'instruction rassemble assez de preuves et a la certitude que la libération d'Idrissa Seck ne fera pas obstacle à la manifestation de la vérité et que ce dernier présente des garanties de représentation et si le procureur de la République estime que l'ancien Premier ministre peut être libéré provisoirement, il n'y a pas de raison de le laisser en prison. C'est ça la justice. Je répète donc que le juge peut accorder la liberté provisoire à Idrissa Seck. L'ancien Premier ministre est un citoyen sénégalais, il peut bénéficer d'une liberté provisoire, il peut même avoir un non-lieu comme il peut aussi être condamné. Mais laissons la justice faire son travail.

Wal Fadjri : Mais Idrissa Seck ne peut pas bénéficier d'une liberté provisoire tant qu'il n'est pas entendu sur le fond du dossier...

Ousmane Sèye : (Il coupe net) Je ne suis pas d'accord, alors pas du tout d'accord, avec la démarche du juge sénégalais consistant à lier l'octroi de la liberté provisoire à l'audition au fond. C'est contraire au droit positif sénégalais, à la loi pénale. La liberté provisoire n'a rien à voir avec les éléments de fond. Elle n'a rien à voir avec la culpabilité ou l'innocence. Quand on détient quelqu'un en prison de manière préventive, ce n'est pas parce qu'il est coupable. C'est pour éviter que des preuves soient effacées, c'est souvent pour sa propre sécurité (lorsque quelqu'un tue une personne, si on ne le met pas en prison, les parents de la victime peuvent le tuer aussi), c'est pour le mettre à la disposition de la justice. La liberté provisoire peut être accordée au prévenu à tout stade de la procédure, à tout moment. On n'a pas besoin de vous entendre au fond pour vous accorder la liberté provisoire. C'est comme si on liait la liberté provisoire à la culpabilité ou à l'innocence du prévenu. C'est contraire à la loi et même en porte à faux avec le principe de la liberté provisoire.

Wal Fadjri : Le fait que le juge ait d'abord entendu sur le fond les présumés coupables avant le principal inculpé, Idrissa Seck, a été analysé comme une absence de preuves contre l'ancien Premier ministre. Qu'en pensez-vous ?

Ousmane Sèye : Je connais la démarche de la doyenne des juges d'instruction qui a en charge ce dossier. Elle commence toujours par les complices pour faire son enquête.

Wal Fadjri : Y a-t-il une disposition de la loi qui interdit une telle démarche ?

Ousmane Sèye : Il n'y a pas d'orthodoxie en la matière. Le juge est libre, sous réserve du respect de la loi, d'adopter la démarche qui lui semble la meilleure pour la recherche de la vérité. Cela dépend de la personnalité du juge et de l'orientation de son enquête qui ne doit, du reste, être que la recherche de la vérité. Et à force de côtoyer les juges, on finit par connaître la démarche de chacun d'eux. Je peux affirmer ici que la doyenne des juges, en matière d'enquête, commence toujours par les complices, avant d'arriver à l'auteur principal.

Wal Fadjri : Mais les avocats d'Idrissa Seck disent que c'est parce qu'il n'y a pas de preuves contre leur client.

Ousmane Sèye : Les avocats d'Idrissa Seck vont plus loin. Ils disent que le dossier est vide. Il n'y a jamais de dossier vide. Soit il y a assez de preuves soit il n'y en a pas. C'est comme ça qu'il faut parler professionnellement. Ne serait-ce que le procès-verbal d'interrogatoire de police, les éléments issus des perquisistions, les témoigages, etc. Le dossier d'Idrissa Seck est gros comme ça, on dit qu'il est vide.

Propos recueillis par Amadou DIOUF


Affaire Idrissa SECK : les signes d'un dégel

Entre les partisans de Wade et ceux d'Idrissa Seck, le ton guerrier semble n'être plus de saison. Est-ce le signe d'un dégel ? La réponse pourrait être affirmative si l'on se fie à des confidences venant de proches du président de la République.

Si ce n'est pas l'armistice entre Wade et Idrissa Seck, cela en épouse de plus en plus les formes. En effet, de part et d'autre de la "Ligne Maginot", le discours semble être à l'apaisement. Les faucons se sont ralliés aux colombes pour la même cause : rétablir les ponts du dialogue entre Wade et son ex-Premier ministre. Des rhéteurs connus pour leur verbe acerbe en viennent, comme par un coup de baguette magique, à fredonner des chansonnettes qui laissent croire qu'ils ont mis un bémol dans leur ton. S'il en est ainsi, c'est que l'ambiance semble être à la paix des braves. Cela se susurre de plus en plus. Et dans l'entourage présidentiel même, on ne dément pas ce qui n'est jusqu'ici qu'une rumeur. Mieux, on la confirme. Proche du cabinet présidentiel, une source fortifie certains cercles avertis dans leur conviction qu'il y a comme "une main invisible" qui travaille à la résorption du fossé que la "dualité au sommet" avait creusé entre les deux têtes de l'Exécutif.
Plus que la fameuse "main invisible" dont parle l'économiste Adam Smith, il s'agit bel et bien d'enturbannés qui s'investiraient pour le règlement du contentieux entre Wade et Seck. Selon notre source, "il y a des marabouts, amis communs aux deux hommes, qui travaillent au rapprochement entre eux". Le premier résultat de ces missions de bons offices menées en souterrain et sans tambours ni trompettes, serait la comparution d'Idrissa Seck demain, jeudi, devant la Doyenne des juges d'instruction pour être entendu dans le fond relativement à l'affaire d'atteinte à la sûreté de l'Etat. Si elle a le temps, Seynabou Ndiaye Diakhaté pourra aussi l'entendre pour ce qui concerne le délit de sortie irrégulière de correspondances. Et, selon notre source qui affirme qu'il n'y aura "pas de surprise si le juge procède à la main levée de mandat de dépôt pour ce qui concerne ces deux affaires", le pouvoir est dans les dispositions d'aller dans le sens de l'apaisement noté de part et d'autre. "Pour ce qui concerne le délit d'atteinte à la sûreté de l'Etat, il est possible de le voir libre sous ce chef d'inculpation", renseigne-t-elle.
Pour ce faire, un travail de déblaiement est en train d'être mené. D'une part, il s'agira de convaincre l'opinion que l'atteinte à la sûreté de l'Etat c'est à la fois une intention, des man½uvres et un début d'exécution. Sur ce chapitre et selon des proches du pouvoir, si les deux premières conditions ont été réunies, la troisième - apparemment la plus essentielle - manque pour qu'Idrissa Seck soit encore retenu dans les liens de la prévention. En droit pénal, on parlerait de défaut d'élément matériel de l'infraction.
La seconde partie de ce travail de "démolition" consistera à mettre le ministère public dans le coup, en demandant au procureur de ne pas requérir le maintien du mandat de dépôt. Et le tour est joué ! Du moins, pour ce qui concerne les deux infractions d'atteinte à la sûreté de l'Etat et de sortie irrégulière de correspondances en milieu carcéral. Parce que, précise-t-on, "le président de la République est intransigeant pour ce qui concerne l'argent détourné des chantiers de Thiès". C'est cette affaire qui pourrait constituer un sérieux obstacle à la conciliation des deux positions. Parce que, d'une part, Idrissa Seck nie avoir pris un centime dans les investissements réalisés dans la ville dont il est encore le maire : "Ce que je dis et réaffirme avec une totale clarté, c'est que chaque centime que je possède a une origine propre, claire et licite". Ce qui induit que lui-même veuille qu'un procès public et équitable le blanchisse. D'autre part, les thuriféraires du régime croient dur comme fer que l'ex-Premier ministre est coupable de malversation. "Lui-même (Ndlr : Idrissa Seck) n'a jamais démenti avoir pris de l'argent, avancent-ils. Ce qu'il dit c'est que personne ne peut prouver qu'il a pris". Aussi, conviennent-ils que "si Idy le reconnaît et dépose une caution devant la Haute Cour de justice, rien ne s'opposera à ce qu'il bénéficie de la clémence du président de la République". Et, renchérissent-ils, "si Wade a pardonné aux gens du Parti socialiste, pourquoi ne le ferait-il pas pour Idrissa Seck ?". La réponse à cette interrogation réside dans la capacité d'Idrissa Seck à se faire un hara kiri politique en déposant une caution, preuve s'il en est qu'il est coupable de ce dont on l'accuse. Se fera-t-il violence en franchissant ce grand pas ? Là réside la question.
Ibrahima ANNE walf.sn 09/11/2005



HAUTE COUR DE JUSTICE - LA COMMISSION D'INSTRUCTION RENOUVELEE : Idy change de juges

AFFAIRE IDRISSA SECK - La Cour d'Appel de Dakar renouvelle la commission d'instruction : Les «jeunes» juges écartés du dossier de l'ex Pm
Que des magistrats d'expérience, tous présidents de Chambre à la Cour d'Appel de Dakar pour instruire le dossier de Idrissa Seck et Salif Bâ, relatif aux chantiers de Thiès. L'Assemblée générale de la Cour d'Appel de Dakar, tenue hier, en a décidé ainsi. Les jeunes ont cédé la place à plus gradés. Mais ce choix qui, a priori, peut paraître comme une volonté des autorités judiciaires de conduire cette affaire avec sérénité, ne cacherait-il pas un souci délibéré d'écarter du dossier la génération de jeunes magistrats qui, ces dernières années, se distinguent en contestant un certain establishment dans l'ordre judiciaire ?
La Cour d'Appel de Dakar a tenu, hier, son Assemblée générale au Palais de justice du Bloc des Madeleines. Un seul point était inscrit à l'ordre du jour de cette rencontre des magistrats de cette juridiction de second degré : la désignation des membres de la Commission d'Instruction de la Haute Cour de Justice. La loi organique instituant la Haute Cour de Justice prévoit qu'au début de chaque année judiciaire, la Cour d'Appel désigne en son sein les juges qui siègent à la Commission d'Instruction. Cette désignation se fait en l'absence des magistrats du Parquet et du greffier en chef de la juridiction. A l'issue de la rencontre qui a duré moins d'un tour d'horloge, quatre magistrats ont été désignés pour siéger aux côtés du président Cheikh Tidiane Diakhaté à la Commission d'Instruction. Ce sont Bara Niang, Henri Grégoire Diop, Lamine Coulibaly et Doudou Ndiaye. On constate ainsi que les juges Alfousseynou Diallo et André Bob Sène, qui étaient désignés l'année dernière pour être membres de la Haute Cour de Justice, ont été remplacés, cette année, par Doudou Ndiaye et Lamine Coulibaly. Mme Aminata Ly, conseillère à la troisième Chambre est nommée juge suppléante.
L'autre constat fait par de nombreux habitués du Palais de justice est que tous les membres qui siègent, cette année, à la Commission d'Instruction de la Haute Cour de Justice sont des magistrats assez gradés à la Cour d'Appel ; des magistrats d'expérience, précisent nombre d'interlocuteurs. Un haut magistrat de justifier ce choix en indiquant que, a priori, on pourrait penser que c'est la vieille garde qui est investie au détriment des jeunes. «Non ! En fait, il faut lire ces choix comme une volonté des membres de la Cour d'Appel de nommer à la Commission d'Instruction des gens d'expérience. Cela traduit une volonté de voir clair dans l'affaire qui occupe présentement la Commission d'Instruction, à savoir le dossier des chantiers de Thiès». Un magistrat ayant participé aux discussions à l'Assemblée générale confirme cette lecture. «Déjà, être magistrat à la Cour d'Appel traduit une bonne expérience professionnelle, de bonnes années de magistrature, mais on ne peut pas perdre de vue la volonté de renforcer en expérience la commission. Ce qui ne serait pas une mauvaise chose. Remarquez que tous les membres de la Commission d'Instruction sont présidents de Chambre. Ce n'est pas négligeable», poursuit-il.
Il reste que, dans un contexte où, dans les milieux de la magistrature, des voix se lèvent de plus en plus, surtout parmi les jeunes, pour contester un certain ordre établi, la mise à l'écart de André Bob Sène et Henri Grégoire Diop pourrait être interprétée comme un acte délibéré pour éviter une tournure contestataire des travaux de la Commission d'Instruction. On se rappelle, par exemple, que le juge André Bob Sène avait obtenu gain de cause, en attaquant en 2001 devant le Conseil d'Etat, un décret du président Wade qui le mutait comme Procureur à Kolda.
Dans l'affaire qu'elle instruit présentement, la Commission d'Instruction de la Haute Cour de Justice avait inculpé et placé sous mandat de dépôt l'ancien Premier ministre, Idrissa Seck, et l'ex-ministre de l'Habitat, de la Construction et du Patrimoine bâti, Salif Bâ. Au moment où la Commission d'Instruction était saisie de cette affaire, quatre des cinq membres qui y siégeaient, à savoir Bara Niang, Henri Grégoire Diop, André Bob Sène et Alfouseynou Diallo, étaient en vacances judiciaires. Ainsi, seul le président Diakhaté avait procédé aux inculpations et délivré les mandats de dépôt contre les personnes mises en cause. Tous ces actes d'instruction devront être validés par la Commission d'Instruction, dès sa première réunion. Depuis leur inculpation, en août dernier, Idrissa Seck et Salif Bâ continuaient de prendre leur mal en patience pour être entendus au fond de cette affaire de prévarication portant sur des deniers publics. Le renouvellement, hier, de la composition de la Commission d'Instruction induira-t-il une certaine diligence dans le traitement de cette affaire ?
Madiambal DIAGNE le quotidien.sn 09/11/2005
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# Posté le mercredi 09 novembre 2005 05:09

Dossier des chantiers de Thiès: Surfacturation, faux et usages de faux...Bara Tall face à la justice.

Surfacturation, faux et usages de faux...Bara Tall face à la justice.
Le juge du 5è cabinet est revenu de vacances. Ce dernier qui a en charge le dossier des chantiers de Thiès transmis par le procureur, pour lequel le président Abdoulaye Wade ainsi que tous les Sénégalais souhaitent l'éclatement de la vérité et à cause duquel, Idrissa Seck est en taule, a commencé son travail. C'est dire que les choses sérieuses commencent pour Bara Tall et compagnie. Spécialiste du dilatoire, Bara Tall est l'auteur de nouvelles pratiques en matière de justice qui étaient jusque là inconnues des Sénégalais honnêtes, simples et travailleurs. D'ordinaire, le citoyen sénégalais ne jouent pas avec la justice. Il n'y a recours que lorsque ses intérêts sont véritablement en danger, lorsque son honneur est en cause ou lorsqu'il est victime d'un crime. Les gens répugnaient à s'adresser à la justice même lorsqu'ils étaient victimes d'un vol ou d'une escroquerie, préférant régler leurs différends à l'amiable grâce à l'entregent de parents, amis ou guides religieux. Mais avec Bara Tall, qui a une nette propension à s'accaparer les choses d'autrui, elle devient un instrument pour éloigner les échéances afin de mieux compliquer les affaires, les rendre nébuleuses. Procédurier en diable, Bara Tall ne plaide jamais l'innocence car il est coupable dans la plupart des cas, préférant se réfugier derrière des requêtes pour incompétence des juges ou annulation de procédures en soulevant des exceptions de nullités. Dans l'affaire de faux qui l'oppose à Youssou Ndour, par exemple, il s'est arrangé pour aller de renvoi à renvoi, de requêtes pour incompétence du juge et d'autres artifices qui lui permettent de gagner du temps et de pourrir la situation et de négocier. Ce que le chanteur, Youssou Ndour a refusé. La justice pour Bara Tall, ce n'est pas seulement pour que le juge dise le droit, c'est surtout pour lui permettre de mettre en pratique ses entourloupes en gagnant du temps. Et du coup, il fait perdre du temps aux magistrats qui passent des nuits blanches sur des dossiers qui n'ont aucun intérêt public. En fait, il sait se servir de la justice qui protège tous les protagonistes, c'est-à-dire aussi bien le coupable que la victime tant que le verdict n'est pas prononcé. La présomption d'innocence est pour lui une arme redoutable qu'il sait retourner contre ses adversaires, lorsqu'il se trouve en position de force. Mais aujourd'hui il va se retrouver personnellement face à la vraie justice, avec son avocat Boubacar Wade, très connu du barreau pour le défendre. Car il s'agira de dire si Bara Tall est l'auteur ou non de faux et usage de faux contre Youssou Ndour et, pour les chantiers de Thiès, s'il est l'auteur ou non des surfacturations massives et d'enrichissement sans cause, faits qui valent à Idrissa Seck et compagnie un séjour à Reubeuss. Et là, le dilatoire ne pourra être opératoire.

Moustapha Sow loffice.sn 09/11/2005


COMMISSION D'INSTRUCTION DE LA HAUTE COUR DE JUSTICE SUR LES CHANTIERS DE THIES : Deux magistrats changés

Depuis hier, les magistrats André Bob Sène et Alfousseynou Diallo ne font plus partie de la Commission d'instruction de la Haute Cour de justice, dans le cadre de l'affaire dite des chantiers de Thiès. Ils ont été remplacés par les présidents de chambres Lamine Coulibaly et Doudou Ndiaye. Au niveau des avocats de Idy, même si on se refuse à tout commentaire, on est au moins sûr d'une chose : si André Bob Sène a été remplacé, c'est surtout pour ses relations étroites avec Me Djiby Diallo, membre du collectif des avocats pour la défense de l'ancien Premier ministre Idrissa Seck.

L'Assemblée générale de la Cour d'appel de Dakar s'est tenue hier sous la présidence de son chef de file, Cheikh Tidiane Diakhaté, par ailleurs président de la commission d'instruction de la Haute de Justice sur l'affaire dite des chantiers de Thiès. Deux changements d'envergure ont marqué cette rencontre annuelle. En effet, les magistrats Alfousseynou Diallo et André Bob Sène, conseillers à la Cour d'appel, ont été remplacés à leur poste au niveau de la commission d'instruction de la Haute Cour de Justice sur les chantiers de Thiès par les présidents de chambre à la Cour d'appel, Lamine Coulibaly et Doudou Ndiaye. Ces changements au niveau de la commission d'instruction n'ont pas manqué d'être commentés tant au niveau de la magistrature que des avocats de l'ancien Premier ministre, Idrissa Seck. Pour rappel, cette même commission avait placé sous mandat de dépôt, après audition, l'ancien Pm, Salif Bâ, ex-ministre de l'Habitat ; et entendu à titre de témoins, l'actuel ministre d'Etat, ministre des Finances Abdoulaye Diop et son homologue du Budget Haguibou Soumaré. Si au niveau de la magistrature, une source ayant requis l'anonymat avance que : « ces décisions n'ont rien d'anormal », ce n'est pas le cas chez les avocats de l'ancien Premier ministre et ex-numéro deux du Parti démocratique sénégalais (Pds). « Nous n'avons aucun commentaire à faire. Tout ce que je peux dire c'est que dans cette affaire, nous nous attendons à tout. À toutes les possibilités. Néanmoins, nous ferons barrage. Car, je ne sais pas pour Alfousseynou Diallo, mais je sais que si André Bob Sène a été changé, c'est à cause des relations de longue date qui le lient à Me Djiby Diallo », clame l'un d'eux. Ce dernier nommé est membre actif du collectif des avocats pour la défense de Idrissa Seck. Au niveau du Bloc des Madeleines, ses relations avec André Bob Sène étaient connues de tout le monde. « Ce sont des amis intimes. Néanmoins, chacun faisait son travail sans influencer l'autre », confie un avocat.
Cheikh Mbacké GUISSE www.las.sn
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# Posté le mercredi 09 novembre 2005 05:24

Modifié le mercredi 09 novembre 2005 05:34

LE SCANDALE DES CHANTERS DE THIES VA-T-ELLE ÊTRE ENTERREE POUR DES RAISONS POLITIQUES ? LA JUSTICE SENEGALAISE AURA-T-ELLE LE COURAGE D'ALLER JUSQU'AU BOUT ?

LE SCANDALE DES CHANTERS DE THIES VA-T-ELLE ÊTRE ENTERREE POUR DES RAISONS POLITIQUES ? LA JUSTICE SENEGALAISE AURA-T-ELLE LE COURAGE D'ALLER JUSQU'AU BOUT ?
LE SCANDALE DES CHANTERS DE THIES VA-T-ELLE ÊTRE ENTERREE POUR DES RAISONS POLITIQUES ? LA JUSTICE SENEGALAISE AURA-T-ELLE LE COURAGE D'ALLER JUSQU'AU BOUT ?

MINERVE - Sentiers des chantiers

Trois mois de fureur. De rage. De délire. Trois mois qui ont instruit des étranges légèretés des méthodes de gouvernance au Sénégal, depuis cinq ans. Dans ce pays où peuvent s'envoler comme des hirondelles, environ quarante et quelques milliards, en échappant à toutes les étapes de contrôle. Des milliards qui, de toute façon, quelque soit ce que l'on puisse en dire et en conclure, auront été le résultat d'une option politique mal inspirée. Le fruit d'une politique du cosmétique en lieu et place d'un programme bien chevillé au corps.

Durant trois mois, les Sénégalais ont bu, jusqu'à l'ivresse, jusqu'au vertige, une compilation de séquences débridées sur l'affaire des chantiers de Thiès qui ont emprunté, par la suite, les sentiers de l'atteinte à la sûreté de l'Etat.

Mais le constat quand même unanime est que ce film sur les chantiers de Thiès auquel s'est greffé par la suite l'épisode de l'atteinte à la sûreté de l'Etat, parfois burlesque, parfois pathétique, à certains endroits, kafkaïen, est un scénario écrit et joué par les tenants même du régime de l'alternance.

Voilà une affaire que ni les rumeurs, qui ont bon dos par ces temps d'incertitudes, ni les oppositions, souvent étrangement aphones et amorphes, n'ont suscitée, gonflée et plongée dans l'acide des règlements de compte politiques.

Aujourd'hui ou demain, ce qu'il est convenu d'appeler l'affaire des chantiers laissera des cicatrices indélébiles, legs visibles d'une gouvernance escamotée, d'une boussole républicaine détraquée par des rivalités politiques au sein d'un parti au pouvoir, tellement habitué des tempêtes oppositionnelles qu'il donne l'impression de ne jamais se contenter d'une mer tranquille au pouvoir.

Voilà une séquence politique qui a dévoilé toute l'ampleur des errances du pouvoir, de ses impréparations dans la conduite d'un Etat. La catharsis politique a pris les allures d'une vaine tentative de noyautages dans des stratégies mal inspirées de contournement des difficultés dans lesquelles on s'est enlisé. Flopée de convocations à la Dic, d'arrestations puis de libérations. Interminables mises en scène décousues dans leurs contenus et dans leurs conduites. Multiplicité d'instructions d'un dossier par divers cercles du pouvoir, par des ministres qui ont parfois fait des crocs-en-jambe à la justice. Obsession sécuritaire qui s'est traduite par une appétence pour les délits d'atteinte à la sûreté de l'Etat et pour la mise de la liberté de la presse dans un corbillard. L'affaire des chantiers de Thiès aura été finalement un condensé d'une alternance dévidée de ses ambitions originelles. Dévoyée de ses valeurs fondamentales.

Ainsi sont les sentiers creusés sur les chantiers de Thiès !


Soro DIOP

IDRISSA SECK ENTENDU SUR LE FOND AUJOURD'HUI: La paix des braves ?

Idrissa Seck devrait être entendu par Mme la doyenne des juges d'instructions, juge du 1er cabinet d'instruction du tribunal hors-classe régional de Dakar aujourd'hui, jeudi 10 novembre sur le fond, pour les chefs d'accusations dont il fait l'objet et relevant de la compétence du juge, notamment l'atteinte à la sûreté de l'Etat et le troisième chef d'inculpation portant sur la sortie irrégulière de correspondance. Va-t-il au sortir de cette confrontation avec le haut magistrat, bénéficier comme ses supposés complices, Hassane Farès et le journaliste Ndary Guèye d'une liberté provisoire ? Peut-être, mais il restera, confient des sources proches des milieux judiciaires, la mise en accusation de l'Assemblée nationale portant sur les chantiers de Thiès-2004. On s'attend cependant, dans certains cercles proches du pouvoir à un dégel dans toutes ces affaires qui vicient, c'est le moins qu'on puit dire, l'atmosphère du pays. Une paix des braves dont le timing n'est néanmoins pas encore clairement défini.

Cherche-t-on à revisiter la solution « politique » dans l'affaire dite Idrissa Seck du nom de l'ex-Premier ministre et encore édile de Thiès en lieu et place d'une solution juridique qui risque d'avoir des dégâts collatéraux préjudiciables au Parti démocratique sénégalais (Pds) et au régime libéral ? Quelques signes semblent conforter la thèse d'un dégel et d'un souci de dépasser « juridiquement » cette situation qui « parasite » et vicie l'atmosphère depuis son déclenchement en juillet dernier. On pense et espère dans certains cercles libéraux militant ardemment pour « une normalisation » de la situation politique et sociale du pays ainsi qu'au sein de leur formation politique, que l'on ferait droit à une « solution politique ». D'autant plus que les accusations d'atteinte à la sûreté de l'Etat ainsi que le dernier chef d'inculpation sortie comme d'un chapeau de magicien par la doyenne des juges lors de sa dernière confrontation avec le célèbre client de Me Boukounta Diallo et compagnie, l'imputation portant sur la sortie irrégulière de correspondance depuis Rebeuss, semblent avoir quelques difficultés à prospérer.

C'est ainsi que deux des supposés complices de Idrissa Seck au sujet de l'atteinte à la sûreté de l'Etat, l'homme d'affaire, Hassane Farès et le journaliste Ndary Guèye ont bénéficié récemment d'une liberté provisoire. Le parquet ne s'étant pas pourvu contre l'ordonnance du juge Seynabou Ndiaye Diakhaté faisant gré à la requête des avocats des intéressés.

Alors après Mbaye Coulibaly, Hassane Farés et Ndary Guèye, Idrissa Seck et Coumba Ngouye Thiam de retrouver l'air libre en attendant le procès ? Rien n'est moins sûr. Si pour la seconde nommée, l'inspectrice de police de profession, et ex-Sage du ministère du Développement social, Coumba Ngouye Thiam, il est possible que la justice fasse preuve de la même clémence que pour ses co-inculpés, des sources au fait du dossier, avancent qu'il en sera plus compliqué pour l'ex-Premier ministre.

En effet, même si la doyenne des juges, Mme Seynabou Ndiaye Diakhaté donnait suite après avoir entendu aujourd'hui le maire de Thiès sur le fond en ce qui concerne les chefs d'inculpation procédant de sa compétence, à une requête de mise en liberté provisoire introduite par les conseillers de ce dernier, rien ne dit que le parquet ne s'y opposera pas. Il s'y ajoute que l'ex-chef du gouvernement fait l'objet d'une mise en accusation de l'Assemblée nationale sur les chantiers de Thiès-2004 qui serait du ressort de la commission d'instruction présidée par le haut magistrat, Cheikh Tidiane Diakhaté.

Toujours est-il qu'on veut interpréter positivement quelques signaux qui apparaissent depuis quelques jours et qui semblent tendre vers une décrispation dans cette affaire. Pour Omar Sarr, le député-président du Conseil régional de Diourbel et partisan de Idrissa Seck, analysant la sortie chez nos confrères de Walfadjri dans leur parution d'hier, mercredi 9 novembre de Me Ousmane Sèye, « on note depuis quelque temps des signes de détente. Après la sortie de l'architecte, ministre-conseiller du président de la République, Pierre Goudiaby Atépa, voilà que Me Ousmane Sèye un des avocats de l'Etat, fait dans l'apaisement. Même s'il s'est limité à convoquer des arguments de droit, il n'en demeure pas moins qu'il n'a pas cherché à enfoncer Idrissa Seck. C'est rassurant. On peut aussi se demander s'il ne s'agit pas là d'un aveu de sa part, car il ne nous avait pas habitué à un tel langage. L'importance est cependant que l'on reconnaisse l'innocence de Idrissa Seck et qu'il soit libre ».

Le Pr. Iba Der Thiam veut lui voir dans toute cette affaire, « l'indépendance de la justice ». Joint au téléphone hier, le 1er vice-président de l'Assemblée nationale donnant son sentiment a déclaré qu'il « est clair que la justice n'a jamais été instrumentalisée dans cette affaire. Des citoyens sont accusés. La justice procède à ses enquêtes et statue en toute liberté. Quand elle se rend compte qu'elle puisse octroyer sans préjudice à des mis en cause une liberté provisoire, elle le fait en toute compétence en attendant le procès. Cela est de son ressort. L'indépendance de la justice n'est pas un vain mot au Sénégal ». Le militant libéral souligne que cette affaire « n'a rien de politique ».

Les partisans de l'ex-Premier ministre n'ont certainement pas la même appréciation. Eux, qui ont décidé de se mobiliser aujourd'hui pour venir « soutenir » leur leader « pour le triomphe de la vérité », affirment-ils. La « confrontation » d'aujourd'hui entre le juge et le célèbre pensionnaire de Rebeuss et les tractations en coulisses apporteront certainement dans les jours qui viennent plus de clarté dans cette affaire et montreront la voie qui sera finalement adoptée par les protagonistes d'une crise assurément et éminemment « politique ». Le timing de la paix des braves reste cependant à définir, indique-t-on dans certains milieux concernés.

Madior FALL (Sud Quotidien 10/11/2005)


BROUILLE DISSIPEE - Le juge Mme Diakhaté lui révèle un manque de suivi de son dossier : Idy fâché contre ses avocats (Le Quotidien 10/11/2005)

Suite à une altercation dans le bureau du juge d'instruction, Idrissa Seck en a beaucoup voulu à ses avocats qui ne prenaient pas trop la peine d'étudier le dossier d'instruction. Mais, après quelques entrevues, Idrissa Seck semble avoir renoué avec ses défenseurs avec qui il a préparé l'interrogatoire au fond prévu ce matin.

L'ancien Premier ministre, Idrissa Seck, a eu une longue séance de travail, mardi dernier, avec le collectif des avocats qui assurent sa défense. C'était à la prison centrale de Dakar. Le conclave entre Idrissa Seck et ses avocats avait pour objet de bien préparer l'audition au fond de l'inculpé sur le dossier d'atteinte à la sûreté de l'Etat et à la défense nationale, par le Doyen des juges d'instruction, Mme Seynabou Ndiaye Diakhaté. L'audition est prévue, ce matin à 10 heures, au Palais de justice du Bloc des Madeleines. La réunion entre l'ancien Premier ministre et ses conseils entre dans l'ordre normal des choses, mais cette rencontre était oh combien importante. Idrissa Seck avait besoin d'aplanir avec ses avocats quelques frictions. L'ancien Premier ministre gardait une dent contre nombre de ses avocats. «Idy n'est pas content du travail de ses avocats», rapporte un proche de l'ancien Premier ministre. En effet, tout est parti de l'audition dans le Cabinet du juge d'instruction, le 17 octobre dernier. Idrissa Seck et ses avocats s'attendaient ce jour-là à une audition au fond. Grande avait été leur surprise de voir le magistrat instructeur notifier à l'ancien Premier ministre et maire de Thiès une nouvelle inculpation pour «sortie irrégulière de correspondance». Les avocats, comme leur client, étaient révulsés et avaient bruyamment protesté devant cette situation. D'ailleurs, les avocats firent, ce jour-là le siège du bureau du juge pendant deux heures pour exiger de n'en ressortir qu'après l'audition au fond de leur client. La situation risquait de dégénérer et Me El hadji Amadou Sall, membre du conseil de l'Ordre des avocats, était appelé à la rescousse pour arrondir les angles, pour ne pas dire négocier une reddition des avocats de Idrissa Seck. Me Sall voulait banaliser l'incident. «J'étais intervenu dans cette affaire, somme toute banale, en tant qu'intérimaire du bâtonnier de l'Ordre des avocats. J'ai joué aux bons offices dans un incident mineur sur un malentendu ; les gens se sont expliqués et se sont compris», affirme-t-il.

A L'ORIGINE DE LA BROUILLE

Il reste que, hors d'elle, Mme Seynabou Ndiaye Diakhaté se déchaîna contre les avocats en leur lançant à la figure : «Au lieu de vous occuper de votre dossier, vous passez votre temps à parler aux radios. Seul Me Papa Jean Sèye vient consulter régulièrement le dossier. Personne d'autre ne vient le faire. Vous ne savez rien de ce dossier, sinon vous n'auriez pas ignoré que le Parquet a introduit un réquisitoire supplétif demandant une nouvelle inculpation pour sortie irrégulière de correspondance. Vous n'avez rien à dire !», a fulminé le juge d'instruction. La déclaration de Mme Diakahaté fera une douche froide sur Idrissa Seck, surpris et, sans doute, déçu d'apprendre ainsi que ses nombreux avocats ne sont pas très proches de son dossier. D'ailleurs, aussitôt après cette audition tumultueuse, Idrissa Seck a eu une séance de travail avec son pool d'avocats et l'un d'eux nous dira que l'ancien Premier ministre n'avait pas caché ses états. Ses proches sont aussi très révulsés, d'autant que certains avocats auraient déjà perçu des honoraires assez importants.

C'est dire que Idrissa Seck ne manque pas de nourrir quelques appréhensions quant à l'efficacité de sa défense. L'ancien Premier ministre se serait même demandé s'il était nécessaire que les avocats étrangers constitués dans cette affaire fassent le déplacement sur Dakar pour assister à l'interrogatoire au fond de ce matin. Il reste que ses proches renseignent que Me Lodéon, du Cabinet de Me Ursulet à Paris, est arrivé, hier soir, pour assister à l'audition ainsi qu'un autre avocat malien.

Interrogé sur le fait que Idrissa Seck ferait la gueule à ses avocats, le député Oumar Sarr indique qu'il n'en a pas directement discuté avec Idrissa Seck. Mais, ce responsable politique qui revendique ses relations d'amitié avec Idrissa Seck, fait dans la diplomatie en justifiant cette attitude des conseils qui déplairait à l'ancien Premier ministre : «Je comprends que les avocats n'aient pas toujours le temps de s'occuper du dossier, car Idrissa a la chance ou la malchance, c'est selon, qu'ils ne sont pas toujours présents au Sénégal. Certains avocats sont à l'étranger et cela ne leur laisse pas la latitude de pouvoir consulter le dossier chaque fois qu'ils le voudraient. Je dois dire que la diversité dans le choix des avocats a été recherchée, car nous voulons profiter des spécialisations des uns et des autres et aussi, porter la bataille d'opinion sur le plan international et cela a été pas mal réussi.»

Madiambal DIAGNE


Après l'interrogatoire : Une demande de non-lieu sur la table du juge


Lors de leur dernière entrevue, Idrissa Seck et ses avocats ont élaboré leur stratégie en vue de l'interrogatoire au fond. Les attitudes et autres réponses à apporter aux éventuelles interpellations ont été discutées. Mais, il avait été surtout question des actes de procédures à initier à l'issue de l'interrogatoire d'aujourd'hui. Ainsi, on apprend que si d'aucuns pensaient introduire une demande de liberté provisoire à l'issue de l'interrogatoire, la décision finale aura été de demander purement et simplement un non-lieu. Le député Oumar Sarr affirme qu'une simple demande de liberté provisoire le décevrait beaucoup. «Je suis persuadé que Idrissa Seck n'a rien fait de ce qu'on lui reproche. Se limiter à ne demander qu'une liberté provisoire pourrait ressembler à accréditer l'idée qu'il y aurait des choses à lui imputer. Je souhaite qu'une demande de non-lieu soit formulée. Maintenant si les avocats n'obtiennent pas le non-lieu, peut être à titre subsidiaire, ils pourront demander une liberté provisoire.»

Madiambal DIAGNE




Audition de l'ancien Pm sur le délit d'atteinte à la sûreté de l'Etat : Les avocats d'Idy crachent sur la liberté provisoire (Walfadjiri 10/11/2005)

L'ancien Premier ministre sera entendu ce jeudi pour la première fois sur le fond du délit d'atteinte à la sûreté de l'Etat alors qu'il fera bientôt (le 15 novembre plus précisément) quatre mois en prison. On s'attendait, par conséquent, à ce que ses conseils demandent sa mise en liberté provisoire, à défaut d'un non-lieu. Mais ils n'en feront rien, nous ont-ils assurés.

Le face-à-face tant attendu entre Idrissa Seck et la doyenne des juges relativement au délit d'atteinte à la sûreté de l'Etat aura lieu ce jeudi matin. L'ancien Premier ministre devrait être entendu sur le fond du dossier après quatre mois de détention préventive. En pareille occasion, les conseils du prévenu peuvent introduire une demande de liberté provisoire. Un rituel qu'une bonne partie de l'opinion croit que Me Boucounta Diallo, le coordonnateur du pool d'avocats de l'ancien Premier ministre, et ses collaborateurs vont sacrifier. Que nenni ! Les conseils d'Idrissa Seck que nous avons joints, hier, au téléphone déclarent qu'ils ne vont pas demander pour leur client ni la liberté provisoire ni un non-lieu.
Les raisons ? Selon eux, la doyenne des juges n'a pas besoin qu'on lui demande un non-lieu. "Comme elle n'a rien trouvé, elle n'a qu'à arrêter la farce", fulminent-ils, en continuant à marteler que le dossier est vide.

Par ailleurs, ils estiment que ce serait peine perdue que d'introduire une liberté provisoire. "Même si notre client bénéficie d'une liberté provisoire pour le délit d'atteinte à la sûreté de l'Etat, il va rester en prison parce que d'autres délits lui sont reprochés". En effet, l'ancien Premier ministre est également poursuivi pour malversations dans le cadre des chantiers de Thiès et pour la sortie irrégulière de correspondances de prison. Des délits pour lesquels il attend d'être entendu sur le fond. Pour le premier par la Commission d'instruction de la Haute Cour de justie dont la composition, nous apprend le journal Le Quotidien dans sa livraison d'hier, a été remaniée et pour le second par la doyenne des juges. Quel intérêt revêt alors l'audition d'aujourd'hui pour les avocats d'Idrissa Seck si elle ne devrait pas leur permettre de demander la liberté provisoire ou la relaxe pure et simple pour leur cilent ? Selon eux, ce qui leur importe, "c'est de défendre l'honorabilité d'un homme avant de défendre sa liberté". Les conseils de l'ancien Premier ministre exigent aussi la transparence dans la gestion de l'affaire : "Le juge sera obligé ce jeudi de nous donner les faits précis et datés qui nous sont reprochés et de produire les preuves qu'il a contre Idrissa Seck". Des questions seront ainsi posées à Idrissa Seck et, sur la base des réponses que ce dernier fournira et des éléments en sa possession, le juge appréciera.

Somme toute, l'audition de ce jeudi pourrait être la dernière ligne droite vers le procès dans l'instruction ouverte sur le délit d'atteinte à la sûreté de l'Etat. A moins que la doyenne des juges ne décide de procéder à des enquêtes complémentaires ou de faire des confrontations. Mais, si cette dernière éventualité devait avoir lieu, elle ne pourrait se faire qu'avec Coumba Ngouye Thiam, la seule des présumés complices d'Idrissa Seck dans le cadre du délit d'atteinte à la sûreté de l'Etat à être encore en prison.

Amadou DIOUF




MES OUSMANE SEYE ET MBAYE JACQUES NDIAYE:il faut « trois libertés provisoires » à Idy pour quitter Rebeuss

Mbaye Coulibaly, Hassan Farès, El Hadj Ndary Guèye, proches collaborateurs de l'ex-Premier Ministre Idrissa Seck ont eu à bénéficier, pour des raisons diverses, de la liberté provisoire. C'est parce qu'ils ne sont impliqués que dans une seule affaire que Madame le juge vient de boucler : le délit d'atteinte à la sûreté de l'Etat. Parce que, même à l'air libre, ils ne peuvent plus dissimuler des preuves ni même fuire du pays. Ce qui n'est pas le cas de Idy. Ils restent cependant à la disposition de la justice sénégalaise qui doit ultérieurement statuer sur leur culpabilité ou leur innocence pour ce qui concerne le délit d'atteinte à la sûreté de l'Etat et à la défense nationale qui leur ont valu leur détention préventive en prison. Une certaine opinion, comme dans une déduction logique, voudrait ainsi que l'ex-Premier ministre, pièce nodale dans cette affaire, bénéficie aussi de la liberté provisoire. Il faudrait par ailleurs dire que si la justice parvenait à innocenter définitivement les collaborateurs d'Idrissa Seck, cela ne signifierait pas que ce dernier est blanc comme neige. La culpabilité d'Idrissa Seck pouvant être établie sans reconnaissance d'une quelconque complicité avec d'autres collaborateurs. La différence dans cette affaire, c'est qu'outre le délit d'atteinte à la sûreté et à la défense de l'Etat, l'ex-Premier Ministre répond aussi de deux autres chefs d'accusation : celui relatif à la prévarication sur les travaux des chantiers de Thiès et celui de sortie frauduleuse de documents de la prison. Même s'il devrait bénéficier pour le premier délit de la liberté provisoire, il ne pourrait ainsi logiquement sortir de prison tant qu'il n'est pas encore passé devant la Commission d'instruction de la Haute Cour de Justice où le verdict sera dit sur sa culpabilité ou son innocence.

L'ex-Premier Ministre fera face ce jeudi à la doyenne des juges, Seynabou Ndiaye Diakhaté, pour répondre ( seulement ) du délit d'atteinte à la sûreté de l'Etat et à la défense nationale. Pour ce qui concerne la sortie de correspondances irrégulières de prison, il n'y a pas de mandat de dépôt pour ce délit a renseigné Maître Ousmane Sèye. Avocat de l'Etat. Sur la question de la liberté provisoire, il affirme « qu'Idrissa Seck comme les autres prévenus peut bien en bénéficier.

Idy restera en prison

La décision ne peut être prise que par le juge mais son application ou non est du ressort en dernière instance du Procureur de la République ». L'avocat de l'Etat a renseigné sur les principes qui fondent le bénéfice de la liberté provisoire : « pour bénéficier de la liberté provisoire, le prévenu doit présenter de garanties de représentation devant la justice. Autrement dit, le juge doit avoir la preuve que le prévenu ne va pas bénéficier de sa liberté pour se soustraire à la justice. D'autre part, la libération du prévenu ne doit pas faire obstacle à la manifestation de la vérité. Cela veut dire ici que le prévenu ne profite pas de sa liberté pour effacer les preuves qui pèsent contre lui ». En ce qui concerne le délit pour lequel Idrissa Seck est poursuivi, Maître Ousmane Sèye a posé une troisième condition, la plus importante, pour l'obtention de la liberté provisoire : « c'est le Procureur qui décide de la liberté ou de la détention du prévenu ». Pour parler clair, le juge n'a pas ici pouvoir de l'application de la décision.

Tout cela permet de dire que le cas de l'ex-Premier Ministre est assez corsé. Parce que deux mandats de dépôts pèsent sur lui. Le premier est relatif à l'atteinte de la sûreté de l'Etat et de la défense nationale. Le deuxième concerne le détournement de deniers publics, faux, usages de faux, corruption, concussion, etc. La Haute Cour de Justice et la Commission d'instruction sont en train d'enquêter sur cette affaire, a révélé l'avocat de l'Etat. « Même si Idrissa Seck bénéficiait de la liberté provisoire pour le premier mandat, il ne peut sortir de prison tant que le deuxième mandat n'est pas levé », avertit Me Ousmane Sèye. Autrement dit, tant que Idy n'aura pas totalisé 3 libertés provisoires pour les 3 délits pour lesquels il est poursuivi, il restera toujours en prison, selon l'avocat Me Mbaye Jacques Ndiaye. C'est comme l'histoire de l'arbre qui cache la forêt. Même avec une liberté provisoire, il restera encore deux délits qui nécessiteront deux autres libertés provisoires pour que Idrissa Seck puisse quitter la prison. D'ailleurs, même dans ce cas, les délits restent. Et il reviendra tôt ou tard en prison, s'il est déclaré coupable, selon Me Mbaye Jacques.

Mohamed THIOUNE et Ndiogou Wack SECK


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Lbérer Idy c'est semer la m... dans ce pays:

Des pressions tous azimuts pour influencer la doyenne des juges


« Après Hassan Farès, El Hadj Ndary Guèye, le tour à Idy ?... » ou « Idy peut avoir la liberté provisoire » ou encore « Affaire Idrissa Seck, les signes d'un dégel... », tout ce qui précède est tiré des titrailles des mille et un quotidiens et hebdomadaires de la place. Et l'objectif partout visé est le même ; influencer Mme Seynabou Ndiaye Diakhaté, la doyenne des Juges afin qu'elle décide d'accorder à l'ex premier Ministre et ex- N° 2 du Pds une liberté provisoire. Ceux qui s'agitent et qui sont mus par des raisons inavouables puisque nullement désintéressés, feignent d'ignorer que quoi qu'on en dise il y a effectivement une séparation des pouvoirs au Sénégal et que les charges qui pèsent sur leur mentor ne plaident point pour son élargissement. Et fut-il provisoire...

Depuis un certain temps, une presse qui s'est décrétée «quatrième ou même premier pouvoir» a entamé un savant et subtil travail de modelage des consciences afin d'influencer l'opinion publique nationale et les disciples du temple de Thémis (Les Juges et autres) à une éventuelle liberté provisoire pour l'ex-Premier Ministre et l'ex-numéro 2 du Parti démocratique sénégalais. Dès lors, les analyses et les commentaires qui se suivent et se recoupent tous ont le même objectif ; influencer l'opinion et influencer les juges.

Mais, commençons par rappeler dans quelles circonstances Idy a été inculpé et pourquoi sa liberté, même provisoire, ne saurait être d'actualité. Défenestré de la station primatorale, l'homme qui s'est toujours cru investi d'une divine mission de «prophète» ou de «messie» a été le véritable précurseur de la fronde qui avait fini par éclater à l'Assemblée nationale avec les tristement célèbres 14 ou 12 députés. On a su comment cette déplorable farce s'est terminée. L'homme ne s'est point arrêté là. Pendant de très longs mois, presque une année, Idy va s'emmurer dans un assourdissant silence au même moment où ses affidés et autres «doungourous» menaient la vie dure à tous les responsables d'Etat qui osaient se déplacer dans la région ou dans la ville de Thiès qu'il considérait dorénavant comme son fief. C'est qu'avant, entre 1999 et 2004, Idy s'était immensément enrichi. A coups de milliards de francs cfa. Pendant ce temps l'Inspection générale d'Etat (Ige) et d'autres vrais journalistes d'investigations se posaient des questions sur les disparités existantes entre les travaux déclarés comme étant réalisés à Thiès et les montants faramineux exhibés publiquement.

Pagaille garantie

Longtemps interpellé, d'abord en plein Conseil des ministres et, ensuite, in muros par le Président Wade sur ces questions, Idy préfèrera jouer au «Mara» et au «Prédicateur». Sans nul doute, pensait-il que sa langue fielleuse suffirait à le tirer d'affaire. Alors, arriva ce qui finit par arriver tout naturellement. Une fois que l'Inspection générale d'Etat déposa son rapport, le Président Wade après en avoir pris connaissance, le transmit au Ministère de la Justice. Et au cours d'une rencontre avec des militants au Cices de Dakar, très brièvement, il expliqua à l'opinion les raisons de sa discorde avec son ancien numéro deux et homme de confiance. Informé à travers les ondes des radios Fm alors qu'il se la coulait douce dans sa résidence secondaire de Sendou, Idy rappliqua dare dare dans sa villa du Point E. Tout d'abord, il fit parvenir aux rédactions de la place un C.D. où sa réponse truffée d'allégories aussi salaces les unes les autres ne disait qu'une seule chose ; «Le Président Wade et son entourage passent leur temps à parler». ( Mbell, Mbell, Mbell, Mbell rek !...Bou wakh djou beuri done djokhé thieur Mbame ken douka seuf !...sic). Ensuite, convoqué à la Direction des investigations criminelles (Dic), Idy ameute toute la galerie en passant par des lacets de rues et des recoins où il était sûr de drainer sur son sillage tout ce que Dakar compte de badauds et de marginaux. Inculpé puis déféré, du fond de sa cellule, Idy continue à faire parvenir des correspondances et des C.D. à ses affidés dont la plupart est tapie dans les rédactions de la place. Ces éléments de communication contiennent suffisamment d'éléments constitutifs de délits tels que ; la diffamation, l'offense au chef de l'Etat, au Premier Ministre et on en passe. (Il ne savait pas que c'était un délit qui venait s'ajouter à celui d'atteinte à la sûreté de l'Etat). Pendant qu'il est a Rebeuss, les investigations menées au Sénégal et dans le globe permettent de retrouver les traces de ses transferts de fonds (des milliards de francs cfa) et de ses acquisitions immobilières et bancaires en Europe, aux U.S.A et au Moyen-orient...

Pour toutes les charges évoquées et qui sont loin d'être exhaustives, on ne voit pas comment Idy peut recouvrer une liberté provisoire. Mieux, sur un tout autre plan, on verrait très mal ceux qui parlent aujourd'hui d'assainir les m½urs de l'Etat et de réorganiser leur parti, laisser un prédateur et un perturbateur comme Idy ressurgir ?

Enfin, influencer, influencer toujours !...Mais du moment que la LOI n'a que faire des états d'âmes, qu'est ce que ça peut faire à ceux qui savent à quoi s'en tenir ?

Abdel karim Aïdara


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IDRISSA SECK AU TRIBUNAL AUJOURD'HUI:Des nervis recrutés pour mettre la ville à sac

Le signal est donné depuis plus d'une semaine. De jeunes nervis de Thiès et de Dakar ont été recrutés par des jeunes appartenant à la bande au Maire de Thiès pour terroriser la capitale aujourd'hui, jour d'audition de leur mentor.


Prendre tout le pays en otage est l'objectif que se sont fixés les militants de l'ancien Premier Ministre, qui fait face aujourd'hui à la Doyenne des Juges, Seynabou Ndiaye Diakhaté. Selon les informations qui sont à notre disposition, des responsables très proches de Idrissa Seck auraient recruté des centaines de jeunes nervis de Dakar et Thiès. Ces nervis ont été acheminés sur Dakar à bord de taxis et de cars. Depuis deux jours, ils sont éparpillés dans la capitale. Hier nuit, bon nombre d'entre ces jeunes ont passé la nuit à la Médina, au Plateau, au Point E chez Idrissa, d'autres ont été hébergés dans des quartiers à Pikine et à Rufisque selon notre source. Ils sont payés et nourris par des responsables politiques affiliés au camp du Maire de Thiès. Tout est prévu aujourd'hui dans cette ville au moment du face à face Idy/Seynabou Ndiaye Diakhaté au Tribunal. Lors de la dernière audition de Idrissa Seck, une forte mobilisation avait été prévue mais a avorté à cause de la nouvelle de la fermeture de la radio Sud Fm la fermeture de la radio « Sud Fm». Aujourd'hui, les jeunes proches du camp de Idy ont sonné la mobilisation. Le Chef de file de la Pépinière des cadres libéraux (Pcl), Yankhoba Seydi avait annoncé un rassemblement de 50 000 jeunes devant les locaux du Bloc des Madeleines aujourd'hui. Des moyens colossaux sont dégagés à cet effet. On parle de 40 millions.

Quelques jours après la dernière audition de Idrissa Seck au terme de laquelle un troisième chef d'inculpation lui avait été notifié, Awa Gueye Kébé, ancien Ministre de la Famille avait fait une déclaration demandant aux jeunes de rester sage en attendant la décision de la Justice. Cette déclaration est différemment appréciée par certains qui pensent que « la dame cherche à dédouaner son mentor en cas de trouble aujourd'hui ». Difficile de croire aux propos de Awa Gueye Kébé si on se rappelle le show de Idrissa Seck au mois de juillet dernier lors de sa convocation devant la Division des Investigations Criminelles (Dic). L'ex Premier Ministre avait préféré emprunter l'Avenue Blaise Diagne en passant par Sandaga avant d'arriver dans les locaux de la Dic où l'attendaient le Commissaire Assana Ndoye et ses hommes. Idy, ne cherchait-il pas à troubler l'ordre public dans la capitale à travers ce show dans plusieurs grandes artères de la ville ?

Le passage aujourd'hui de Idrissa Seck au Tribunal sera différent des précédents. La Police informée de l'affaire a pris toutes ses précautions avec les éléments du GMI pour sécuriser. Un important dispositif sécuritaire est mis en branle partout dans la ville. Des éléments de la Police sont déployés dans presque tout Dakar. « ça passe ou ça casse », semble être le slogan de Idy et de ses affidés depuis le départ du Maire de Thiès de la Primature. Des Ministres ont été hués et molestés à Thiès par des jeunes proches de l'ancien Premier Ministre. La villa du Ministre de la Santé, on s'en souvient, avait a été également sabotée par ces mêmes jeunes, qui avaient aussi bloqué la route nationale à l'entrée de la Cité du Rail. Les forces de l'ordre sont à pied d'½uvre pour contrecarrer les velléités séparatistes de ces jeunes de l'ancien premier Ministre.

Mouth BANE

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DES AUTORITÉS FILMÉES EN PLEINS ÉBATS DANS LE GYMNASE DE COUMBA NGOUYE THIAM, ET DES ARMES DISTRIBUÉES: Affaire Idy / des éléments de preuves

Tant que le dossier est en instruction, les preuves détenues par le Parquet ne seront pas divulguées par les avocats au grand public. C'est cela que l'on qualifie de « secret d'instruction ». Au terme de patientes investigations, des indices sérieux laissent à penser que le Maire de Thiès et ses complices pourraient se trouver dans des situations compromettantes.

C'est le 19 août dernier que la Division des Investigations Criminelles (Dic) a entendu l'Inspectrice de Police, Coumba Ngouye Thiam, par ailleurs, ex-Chef du Sage du Ministère de la Femme sous le magistère de son amie Awa Gueye Kébé, ainsi que Mariéme Samba née en 1949, divorcée et gérante de la salle de musculation. Coumba Ngouye Thiam et Marième Samba sont toutes deux domiciliées à la Cité Djily Mbaye, villa numéro 348. En dehors de leur relations professionnelles, ce couple entretien des relations extra-professionnelles. Elles passent la majeure partie de leur instant de liberté dans cette salle de gymnastique très sophistiquée baptisée « Tata Step ». La gestion de cette salle construite dans leur maison, relève de leur responsabilité propre. D'ailleurs, elles s'occupent de cette entreprise occulte en collaboration avec une certaine Agnès Diémé vivant aujourd'hui à Bruxelles.

Cette salle était le lieu de retrouvailles de Awa Gueye Kébé, de Coumba Ngouye Thiam et de Mariéme Samba. Selon nos informations reçues de sources certaines, des femmes presque 150 à 200, ont été armées et payées (200 000 F Cfa/mois). Le rôle qui leur est assigné consiste uniquement à ½uvrer à la belle image de Idrissa Seck en mettant à la disposition de leurs partenaires des spots publicitaires gravés sur des CD, des discours de l'ancien Premier Ministre et de ses affidés. De nos jours nul ne peut avancer avec certitude si la Police a retrouvé ces armes ou non.

Awa Gueye Kébé et « ses amies » sont soupçonnées de pratiques occultes et obscènes au domicile de Coumba Ngouye Thiam, dans la salle de gymnastique et ses annexes où des personnalités du pouvoir et de l'opposition avaient été filmés en pleins ébats, dans des positions inimaginables à des fins de chantage. Cette stratégie leur aurait été conseillée par Idrissa Seck qui voulait tenir tous ses adversaire en respect. Ces enregistrements seraient également hors de portée de la Police selon certaines sources.

Dans ses filatures, la Police aurait été intriguée par les va et vient répétés d'une voiture 4X4 Mitsubushi immatriculée TH 6966 C, devant le domicile de Coumba Ngouye Thiam dans la journée du 27 juillet dernier.

Mouth BANE ilestmidi.net 10/11/2005
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# Posté le jeudi 10 novembre 2005 05:13

Modifié le jeudi 10 novembre 2005 07:41

Abdoulaye Wade: «Idrissa Seck a trahi ma confiance» / L'ancien Pm demande la liberté provisoire : Pourquoi Idrissa Seck a-t-il reculé

Abdoulaye Wade: «Idrissa Seck a trahi ma confiance» /  L'ancien Pm demande la liberté provisoire : Pourquoi Idrissa Seck a-t-il reculé
Abdoulaye Wade: «Idrissa Seck a trahi ma confiance»
Le chef de l'Etat sénégalais, Abdoulaye Wade, s'explique sur son divorce avec son ancien Premier ministre, aujourd'hui en prison. Il réagit aux critiques formulées contre lui par une partie de la presse et de la classe politique de son pays

Des rumeurs alarmistes courent à Dakar quant à votre état de santé. Comment allez-vous?

Comme vous me voyez: fort bien.

Est-il vrai que, lors de votre récent séjour parisien, vous avez subi une intervention mineure à l'½il?

C'est exact. Intervention réussie, liée au fait que je suis astigmate.

La Côte d'Ivoire peut-elle encore conjurer le pire?

Sur ce dossier, je collabore étroitement avec le Nigérian Olusegun Obasanjo, président en exercice de l'Union africaine. Et j'appuie la désignation par les parties ivoiriennes d'un Premier ministre doté de prérogatives élargies. Le chef de gouvernement sortant, Seydou Diarra, n'avait pas de pouvoirs. Son successeur pourra décider seul. Ce n'est pas, il est vrai, la lecture du président Laurent Gbagbo; selon ses proches, c'est lui qui nommera le futur Premier ministre. Or, d'après le dispositif arrêté au sommet d'Addis-Abeba, le choix revient aux partis politiques, non à Gbagbo. Il s'agit d'amener les uns et les autres à respecter des décisions africaines soutenues par le Conseil de sécurité des Nations unies. Chacun doit se plier à ces règles, qu'il le veuille ou non. A défaut, il n'y aura pas de solution.

«Ceux qui ne parviennent pas à m'atteindre se retournent contre ma famille»

Au Sénégal, pourquoi voulez-vous «coupler» les élections législatives, prévues en 2006, et le scrutin présidentiel, programmé en 2007?

Dès 2000, à mon arrivée au pouvoir, j'avais l'intention de regrouper les échéances nationales et locales dans une même année, pour que les Sénégalais ne se retrouvent pas en campagne électorale perpétuelle et puissent un peu travailler. De plus, nous avons ramené de sept ans à cinq ans la durée du mandat présidentiel. Raison de plus pour harmoniser les calendriers.

Pour ce faire, souhaitez-vous prolonger d'un an le mandat des députés ou écourter le vôtre?

J'écoute les uns et les autres. Rien ne presse. Mais ma préférence va bien sûr à la prorogation du mandat des députés.

Comptez-vous profiter de ce délai pour mettre de l'ordre au sein du Parti démocratique sénégalais (PDS)?

Ce ne sont que de petits tiraillements, tout à fait normaux dans un grand parti qui compte plus d'un million d'adhérents. A l'approche des scrutins, les gens se placent, pour briguer un siège de député, de sénateur - car nous allons rétablir le Sénat - de conseiller régional ou municipal. C'est inévitable. Mais vous ne verrez jamais une instance régulière du parti, depuis la cellule de secteur jusqu'à la convention régionale, via les sous-sections, les sections ou les fédérations départementales, se dresser contre moi. Cette structure pyramidale ne bouge pas. C'est ce qui est important.

Comprenez-vous l'amertume des vétérans du PDS, qui vous reprochent de les négliger au profit des ralliés de fraîche date?

Les gens qui se battent avec moi depuis 1974, aussi fidèles aujourd'hui qu'hier, se plaignent, et c'est humain. Ils s'attendaient tous, après la conquête du pouvoir, à obtenir quelque chose. Or c'est impossible. La priorité, c'est de construire des routes, bâtir des dispensaires, créer des emplois, instruire les jeunes. Certains ne le comprennent pas. Mais ces grognements sont sans portée. J'ai décidé de réunir bientôt les anciens du parti pour leur décerner une distinction. Ce qu'ils veulent, c'est avant tout voir le président, lui parler, constater qu'il ne les a pas oubliés.

Est-il sain que vous demeuriez à la tête du PDS?

Je suis toujours son secrétaire général national, et j'entends le rester. Car c'est le parti qui m'a amené au pouvoir. En Afrique, il est absurde pour un chef d'Etat de céder les rênes de sa formation.

«Au Sénégal, le chantage est devenu un sport national»

Idrissa Seck, votre ancien Premier ministre, est en prison. Si les charges retenues contre lui quant aux «chantiers de Thiès» paraissent précises, chiffrées, datées, on a en revanche du mal à saisir les fondements de l'accusation très grave d' «atteinte à la sûreté de l'Etat et à la Défense nationale».

Au Sénégal, il y a la séparation des pouvoirs. Quand le ministre de la Justice, le ministre de l'Intérieur et le procureur de la République me disent qu'ils ont suffisamment d'éléments pour l'inculper, je m'en tiens là. Il est vrai que ce délit n'est pas aussi matériel que celui de Thiès, et il exige des recherches plus fines, sur les plans national et international.

Est-il exact que les enquêteurs ont découvert des documents sensibles relatifs à l'armée?

J'en ai entendu parler.

Pourquoi votre ministre des Finances, épinglé lui aussi par le rapport de l'Inspection générale de l'Etat sur les malversations de Thiès, n'est-il pas inquiété?

Mais ce n'est pas moi qui prononce les inculpations! Mon rôle, c'était de mener une enquête, de passer le dossier au ministre de la Justice en lui demandant de le transmettre au procureur. Les juges ont toute latitude d'interroger qui bon leur semble.

Vous êtes-vous trompé sur Idrissa Seck?

Absolument. Je me suis trompé et il m'a trahi. Après son bac, je lui ai payé ses études en France, depuis une école préparatoire à Sciences po jusqu'à son diplôme. C'est grâce à moi qu'il a séjourné aux Etats-Unis. Il a été mon directeur de campagne. J'avais tellement confiance en lui que je lui ai quasiment remis les clefs du PDS. Moi, je dormais. Un jour, grâce à Dieu, je me suis réveillé.

Entre lui et vous, le point de non-retour a-t-il été franchi?

C'est clair. Sur un plan personnel, je suis très indulgent. Mais il est tout à fait exclu que nous continuions à coexister dans le parti. Quand vous réchappez à la morsure du serpent venimeux, vous ne l'hébergez plus chez vous.

Est-ce vous qui avez exigé à la mi-octobre la suspension des émissions de la radio privée Sud FM, et la fermeture, temporaire elle aussi, du journal Sud Quotidien, après la diffusion des propos séparatistes de Salif Sadio, dissident du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC)?

Le ministre de l'Intérieur prend les décisions, mais c'est ce que j'ai voulu. Car il y avait atteinte à l'intégrité du territoire. Je me bats pour mettre un terme en Casamance à une guerre de vingt-deux ans. J'ai reçu des rebelles à toute heure, de jour comme de nuit, lors d'audiences secrètes. Je parviens à rétablir la paix avec la direction du mouvement. Je m'efforce de convaincre les réfractaires. Et voilà que l'on donne la parole depuis la Gambie à l'élément le plus radical du MFDC. C'est intolérable. Les gens qui ont agi ainsi voulaient me mettre des bâtons dans les roues. Quand l'unité nationale est en cause, je ne l'admets pas. Voilà pourquoi j'ai suivi le parquet dans les poursuites judiciaires engagées contre le Groupe Sud.

Considérez-vous qu'une campagne de presse concertée vous vise ainsi que vos proches?

C'est évident. Ceux qui ne parviennent pas à m'atteindre se retournent contre ma famille. Mais, comme le dit mon fils Karim, «chaque fois que je vais au tribunal, au Sénégal ou en France, je gagne». Moi, j'ai dépassé le stade où on peut m'atteindre. J'ai des titres universitaires, des titres de combattant pour la paix, un peu partout dans le monde. De plus, ce que j'ai fait pour les journaux, aucun président ne l'a fait, et pas seulement au Sénégal. Dès mon arrivée au pouvoir, j'ai doublé les aides à la presse. Mais j'ai eu le regret de constater que l'argent que je donnais allait non vers les journalistes, mais vers les patrons de presse qui, pour la plupart, ne paient même pas leurs impôts. J'ai donc décidé de créer une Maison de la presse, dotée de tous les outils modernes. Puis j'aiderai les jeunes reporters. Je l'ai dit à leurs aînés: voilà quatre ans que vous m'attaquez, et ça ne sert à rien; ce n'est pas moi que vous blessez, mais le Sénégal, dont vous écornez l'image. Chez nous, beaucoup se disent journalistes et ne le sont pas. Ils n'ont même pas le niveau du brevet, ignorent tout des règles de déontologie. J'ai commis l'erreur de libéraliser la création de journaux, qui n'est plus soumise à autorisation. J'avais promis la dépénalisation des délits de presse, mais comment, dès lors, va-t-on sanctionner les injures, diffamations, offenses au chef de l'Etat? Des journalistes m'ont soumis un projet que j'étudie. Eux demandent le remplacement des peines de prison par des amendes. Je vais certainement accéder à leur requête. Mais je sanctionnerai sévèrement la récidive. L'acharnement par voie de presse doit être puni de façon rigoureuse, jusqu'à l'emprisonnement.

Vous évoquez donc une campagne dirigée contre vous et les vôtres. Qui l'orchestre?

Un vieux Sénégalais disait ceci: quand vous regardez les pigeons, vous ne savez jamais qui est mâle et qui est femelle; mais, entre nous, nous nous connaissons. Sur ce front-là, il y a plusieurs pôles. Au Sénégal, le chantage est devenu un sport national, ou quotidien. Moi, je ne donne pas d'argent. Alors, on me matraque, dans l'espoir de décrocher une enveloppe. Ça ne sert à rien: vous donnez et, quand l'intéressé est à sec, il recommence.

Dans quelques mois paraîtra à Dakar un livre-enquête d'Abdou Latif Coulibaly, dont une version approximative circule déjà sur Internet, consacré à l'assassinat en mai 1993 de Me Babacar Sèye, alors vice-président du Conseil constitutionnel. L'ouvrage défendra la thèse d'une implication de votre parti dans ce meurtre. Cela vous inquiète-t-il?

Non. J'ai été jugé dans cette affaire sous le régime du Parti socialiste. En clair, par mes pires ennemis, qui auraient aimé m'imputer ce crime ou d'autres. Or les tribunaux, la cour d'appel puis la Cour de cassation ont délivré un non-lieu.

La grâce présidentielle accordée en février 2002 aux trois meurtriers, bénéficiaires en outre de la loi d'amnistie votée en janvier dernier, a suscité le trouble...

Je le sais. Mais je savais aussi que des gens préparaient des livres qui seraient sortis en pleine campagne électorale, de sorte que je n'aurais même pas eu le temps de réagir. Ce plan a été éventé. Faut-il par ailleurs laisser le pays ressasser indéfiniment cette affaire-là? On ne peut installer le Sénégal dans d'interminables procès. Quand les députés ont pris l'initiative de la loi d'amnistie, je les ai donc soutenus.

Comprenez-vous les doutes des Sénégalais les plus humbles envers des «grands chantiers» - aéroport, ville nouvelle - qui, pour l'heure, n'ont guère d'impact sur leur quotidien?

Au moins, tout le monde admet que ces chantiers sont là, en construction. D'ailleurs, qui se plaint? Pas les travailleurs. Je ne connais pas un pays où, le 1er mai dernier, 16 centrales syndicales se sont accordées pour féliciter le président. J'ai fait beaucoup pour les salariés. J'ai augmenté à deux reprises les traitements des fonctionnaires, et les augmenterai une fois encore dans quelques jours. Et le privé a suivi spontanément. Je recrute 5 000 enseignants par an. Le secteur de la santé, qui fait le plus la grève, est aussi le plus gâté. Les paysans sont heureux. Allez voir en brousse: il n'y a plus de famine. Reste, bien sûr, le lumpenprolétariat des villes, laissé pour compte malgré les emplois créés.

Vous aviez promis que le premier avion décollerait du futur aéroport de Ndiass en février 2006. Pari perdu...

C'est vrai. Mais s'il en est ainsi, c'est que le Fonds monétaire international m'en a fait voir de toutes les couleurs, même si son directeur général vient de m'informer par lettre de la levée de ses objections. Si on m'avait laissé faire... J'avais trouvé d'emblée les investisseurs prêts à couvrir 100% du financement. Nous avons perdu quatre ans dans cette affaire. Sans cela, le nouvel aéroport me garantirait déjà 16 milliards de CFA [près de 25 millions d'euros] de recettes par an, soit davantage que les crédits que me donnent certaines institutions internationales qui font beaucoup de bruit... A deux ans de la fin de mon mandat, je suis obligé d'aller de l'avant.

Des centaines de Sénégalais figuraient, à Ceuta et Melilla, parmi les naufragés du mirage occidental. Quelles leçons tirez-vous de ce drame?

C'est un phénomène ancien qui a atteint le seuil de la tragédie. J'ai donc lancé mon plan et donné des instructions aux préfets et sous-préfets, afin qu'ils délimitent les terrains attribués à des exploitations agricoles qui accueilleront ces jeunes tentés par l'aventure du désert. Il faut leur démontrer qu'ils peuvent gagner ainsi leur vie au Sénégal, que des marchés énormes existent, en Europe et aux Etats-Unis, pour les filières bio. De même, j'ai lancé un appel aux agriculteurs français, jeunes ou retraités, afin qu'ils viennent les encadrer. Par ailleurs, nos grands projets génèrent des emplois, tout comme les chantiers d'infrastructures liés à la tenue chez nous du sommet de l'Organisation de la conférence islamique, en 2006. Cette tragédie renforce ma conviction: la question de l'immigration se joue certes en partie chez vous, en Europe, mais plus largement en Afrique. C'est un vaste continent, doté de ressources naturelles et humaines, mais qui a besoin de formation pour entrer dans la modernité. Il n'y a aucune raison qu'il n'attire pas, comme hier les Etats-Unis, des travailleurs, des financiers ou des savants.

En France, on sent poindre la crainte d'une distension du lien entre Dakar et Paris, au profit d'un flirt américano-sénégalais. Cette crainte est-elle fondée?

J'ai toujours été un grand admirateur des Etats-Unis. Ils fournissent à l'Afrique un modèle de développement rapide que ni la France ni l'Europe ne peuvent lui procurer. Mais cela n'a rien à voir avec le lien traditionnel qui nous unit à la France, et qui demeure.

propos recueillis par Vincent Hugeux (L'Express 10/11/2005)








L'ancien Pm demande la liberté provisoire : Pourquoi Idrissa Seck a-t-il reculé ?

En se présentant hier, avec leur client, devant la doyenne des juges d'instruction, les conseils d'Idrissa Seck n'envisageaient pas du tout demander la liberté provisoire. Mais voilà que, subitement, dans l'après-midi, ils se décident à en formuler la demande pour la déposer ce vendredi. Que s'est-il passé dans le cabinet de Seynabou Ndiaye Diakhaté qui puisse justifier ce revirement auquel ne s'attendaient sans doute pas Oumar Sarr et Pape Diouf.

Quand on n'a pas ce que l'on veut, on se contente de ce que l'on a, dit l'adage. Les conseils d'Idrissa Seck qui semblaient, avant-hier, intransigeants dans leur exigence d'un non-lieu en faveur de leur client, ont dû mettre hier un bémol à leurs ambitions. Ils se sont résolus, en fin d'après-midi, à déposer ce vendredi une demande de liberté provisoire auprès de la doyenne des juges, Seynabou Ndiaye Diakhaté. Ce à quoi ne s'attendaient sans doute pas Oumar Sarr et Pape Diouf qui ne voulaient pas entendre parler hier matin d'une liberté provisoire pour leur leader (voir ci-dessous).
Pourtant, dans notre livraison d'hier, ils déclaraient que ce serait peine perdue que de demander une liberté provisoire pour leur client. "Même si notre client bénéficie d'une liberté provisoire pour le délit d'atteinte à la sûreté de l'Etat, il va rester en prison parce que d'autres délits lui sont reprochés", nous confiaient-ils. Les avocats d'Idrissa Seck faisaient allusion au délit de malversations dans le cadre des chantiers de Thiès qui lui vaut un mandat de dépôt et celui de sortie irrégulière de correspondances de prison. Pour ce qui est du non-lieu, ils avaient soutenu que la doyenne des juges n'avait pas besoin qu'on le lui demande "comme elle n'a rien trouvé, elle n'a qu'à arrêter la farce" , martelant que "le dossier de notre client est vide".

Qu'est-ce qui s'est passsé pour que les conseils de l'ancien Premier ministre mettent la pédale douce pour se contenter de demander seulement une liberté provisoire ? L'ont-ils fait de guerre lasse après analyse de l'audition sur le fond du dossier de leur client sur le délit d'atteinte à la sûreté de l'Etat ? Sont-ils simplement allés à Canossa ? Pourtant, rien ne laissait présager cette "capitulation" de la part des avocats d'Idrissa Seck. Au sortir, hier, de l'audience avec la doyenne des juges, Me Boucounta Diallo, le coordonnateur du collectif des conseils de l'ancien Premier ministre, a laissé entendre que le dossier de son client était au statu quo ante, "puisqu'il n'y a aucun élément nouveau dans le dossier". Et d'en déduire : "La conséquence logique de cette affaire consiste à envisager une mise en liberté", a déclaré à la presse Me Boucounta Diallo qui s'est gardé de dire si cette "liberté" qu'il réclame pour son client est provisoire ou totale. Il se limitera, en tout cas, à afficher sa satisfaction du déroulement de l'audition d'Idrissa Seck, qu'il interprète comme la preuve de l'innocence de ce dernier. "L'audition nous a donné une très bonne satisfaction et conforte notre conviction première, à savoir que M. Seck était innocent et totalement innocent des accusations criminelles portées à son encontre''.

Avant-hier, Omar Sarr, un fidèle parmi les fidèles de l'ancien Premier ministre disait que "se limiter à ne demander qu'une liberté provisoire pourrait ressembler à accréditer l'idée qu'il y aurait des choses à lui (Idrissa Seck : Ndlr) imputer". Mais, ce qui est estomaquant, c'est que les conseils de l'ancien Premier ministre n'ont même pas introduit une demande pour un non-lieu. Après des concertations internes, à la suite de l'audition de leur client, hier, ils ont décidé tout bonnement de requérir une liberté provisoire pour l'ancien Premier ministre.

Idrissa Seck a-t-il reculé ? Rien n'est moins sûr. Le vent d'apaisement qui souffle depuis peu entre l'ancien Premier ministre et le camp présidentiel est-il à l'origine de cet acte ? En tout cas, du côté du palais de la République, des voix s'élèvent de plus en plus pour demander au chef de l'Etat de faire table rase du délit d'atteinte à la sûreté de l'Etat et de se focaliser sur le délit de malversations relatif aux chantiers de Thiès.

Amadou DIOUF (Walfadjiri 11/11/2005)

APRÈS SON AUDITION AU FOND HIER : Idrissa Seck retourne en prison
(Le Soleil 11/11/2005)

Le sort de l'ancien Premier ministre Idrissa Seck est loin d'être scellé puisque l'ex-Premier ministre est retourné à la maison centrale d'arrêt de Rebeuss au terme de son interrogatoire au fond conduit hier par la Doyenne des juges en présence de ses avocats. Toutefois, l'audition s'est bien déroulée, selon le coordonnateur du collectif des avocats de la défense de l'ancien chef du gouvernement, Me Boucounta Diallo.

Il a fallu moins de deux heures pour que l'essentiel de la procédure soit passé au peigne fin, a souligné Me Diallo au cours de son entretien avec les journalistes venus couvrir l'événement. Les points saillants de l'interrogatoire n'ont pas été révélés à la presse eu égard au principe du secret de l'instruction. Mais, on apprend de bonne source qu'Idrissa Seck aurait été accusé de chercher à prendre le pouvoir si l'on se réfère aux déclarations d'un des avocats de la défense. Idrissa Seck a réfuté les charges, fait remarquer la même source qui précise que l'ex-Premier ministre n'a pas varié dans son attitude en rétorquant que c'est dans la légalité, c'est-à-dire par la voie des suffrages qu'il aurait brigué la magistrature suprême si l'opportunité lui était offerte.

L'audition au fond de M. Seck s'est de manière générale appuyée sur les conclusions de l'enquête des éléments de la Division des investigations criminelles portant sur le délit d'atteinte à la sûreté de l'Etat.

Celui d'atteinte à la défense nationale a sans aucun doute été abordé puisque certaines sources font état de la saisie au domicile de l'ex-Premier ministre de documents ayant trait à l'armée. Voilà pourquoi les avocats de M. Seck s'étaient dits surpris de se voir signifier le motif au moment de l'inculpation de celui-ci, le 23 juillet dernier. Idrissa Seck a évidemment nié de tels faits quand bien même l'information a franchi les frontières du pays pour faire les choux gras de certains quotidiens de l'Hexagone. Malgré tout, le coordonnateur du collectif des avocats de l'ancien Premier ministre se déclare satisfait, car, selon lui, l'audition au fond du jeudi 10 novembre a encore une fois prouvé l'innocence de leur client. Le sentiment est partagé par la plupart de ses confrères qui se sont réjouis des conditions dans lesquelles l'interrogatoire s'est déroulé tout en regrettant que le maire de Thiès ne puisse regagner son domicile après son face à face avec la Doyenne des juges. C'est peut-être cette amertume qui a conduit le collectif à décider d'une réunion d'urgence en vue de définir la suite à donner à leur combat.

Ainsi, jusque tard dans la soirée d'hier, Me Boucounta Diallo et ses confrères examinaient les options à retenir dans la perspective de l'annulation des poursuites engagées contre leur client. La voie du non-lieu avait, d'une manière ou d'une autre, été privilégiée par les conseils d'Idrissa Seck selon lesquels une demande de liberté provisoire conforterait les charges retenues contre leur client alors qu'il est à leurs yeux au-dessus de tout soupçon. Les prochaines heures devraient être décisives, car le coordonnateur du collectif des avocats de la défense avait promis de porter à la connaissance de la presse les conclusions de son huis clos. A noter qu'en définitive, les avocats ont décidé d'introduire une demande de liberté provisoire ce vendredi.


PAPE GUÈYE






APRES L'AUDITION SUR LE FOND DE IDRISSA SECK: Ses avocats confiants pour sa mise en liberté(Sud Quotidien 11/11/2005)

Idrissa Seck, le maire de Thiès, est retourné dans sa cellule après son audition hier, jeudi 10 novembre, sur le fond du délit d'atteinte à la sûreté de l'Etat.
Mais ses avocats envisagent la mise en liberté de leur client, après son passage devant la Doyenne des Juges Mme Seynabou Ndiaye Diakhaté.

L'ancien Premier ministre, Idrissa Seck, maire de Thiès n'a pas bénéficié hier, jeudi 10 novembre, à l'issue de son audition sur le fond du délit d'atteinte à la sûreté de l'Etat, de la liberté provisoire. Néanmoins, ses conseils restent confiants, à l'image de Me Boucounta Diallo, Président du Collectif des avocats de l'ex Premier ministre : « Il était uniquement question d'une audition mais qui nous a donné entière satisfaction d'où la conséquence logique qui permet d'envisager sa mise en liberté. Et pour celle-ci, nous allons discuter au niveau de mon cabinet avec le Collectif ici présent », fait-il remarquer.

Cette audition conforte les avocats de la défense dans leur conviction, à savoir que « M. Idrissa Seck était totalement innocent des accusations inhumaines portées à son encontre », souligne Me Boucounta Diallo, avant d'ajouter « Nous avons la conviction aujourd'hui, à la lumière des dépositions du Premier ministre qui conforte ses premières déclarations et du dossier que nous avons toujours et auquel rien d'autre ne s'est ajouté que vous ne connaissez, que la logique voudrait que Idrissa Seck rejoignent son domicile pour servire son pays qui a besoin de lui ».

Le responsable du Collectif des avocats du maire de Thiès s'est abstenu, du fait du secret de l'instruction, de donner les détails de l'audition.
Signalons que des pro-Idy ont tenté de manifester mais les éléments des Forces de l'ordre sont parvenus à les contenir, puis à les disperser.
Rappelons que l'audition de l'ex Premier ministre n'a duré que 1hh45mn.

Bacary Domingo MANE
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# Posté le vendredi 11 novembre 2005 04:34