LE SCANDALE DES CHANTERS DE THIES VA-T-ELLE ÊTRE ENTERREE POUR DES RAISONS POLITIQUES ? LA JUSTICE SENEGALAISE AURA-T-ELLE LE COURAGE D'ALLER JUSQU'AU BOUT ?
MINERVE - Sentiers des chantiers
Trois mois de fureur. De rage. De délire. Trois mois qui ont instruit des étranges légèretés des méthodes de gouvernance au Sénégal, depuis cinq ans. Dans ce pays où peuvent s'envoler comme des hirondelles, environ quarante et quelques milliards, en échappant à toutes les étapes de contrôle. Des milliards qui, de toute façon, quelque soit ce que l'on puisse en dire et en conclure, auront été le résultat d'une option politique mal inspirée. Le fruit d'une politique du cosmétique en lieu et place d'un programme bien chevillé au corps.
Durant trois mois, les Sénégalais ont bu, jusqu'à l'ivresse, jusqu'au vertige, une compilation de séquences débridées sur l'affaire des chantiers de Thiès qui ont emprunté, par la suite, les sentiers de l'atteinte à la sûreté de l'Etat.
Mais le constat quand même unanime est que ce film sur les chantiers de Thiès auquel s'est greffé par la suite l'épisode de l'atteinte à la sûreté de l'Etat, parfois burlesque, parfois pathétique, à certains endroits, kafkaïen, est un scénario écrit et joué par les tenants même du régime de l'alternance.
Voilà une affaire que ni les rumeurs, qui ont bon dos par ces temps d'incertitudes, ni les oppositions, souvent étrangement aphones et amorphes, n'ont suscitée, gonflée et plongée dans l'acide des règlements de compte politiques.
Aujourd'hui ou demain, ce qu'il est convenu d'appeler l'affaire des chantiers laissera des cicatrices indélébiles, legs visibles d'une gouvernance escamotée, d'une boussole républicaine détraquée par des rivalités politiques au sein d'un parti au pouvoir, tellement habitué des tempêtes oppositionnelles qu'il donne l'impression de ne jamais se contenter d'une mer tranquille au pouvoir.
Voilà une séquence politique qui a dévoilé toute l'ampleur des errances du pouvoir, de ses impréparations dans la conduite d'un Etat. La catharsis politique a pris les allures d'une vaine tentative de noyautages dans des stratégies mal inspirées de contournement des difficultés dans lesquelles on s'est enlisé. Flopée de convocations à la Dic, d'arrestations puis de libérations. Interminables mises en scène décousues dans leurs contenus et dans leurs conduites. Multiplicité d'instructions d'un dossier par divers cercles du pouvoir, par des ministres qui ont parfois fait des crocs-en-jambe à la justice. Obsession sécuritaire qui s'est traduite par une appétence pour les délits d'atteinte à la sûreté de l'Etat et pour la mise de la liberté de la presse dans un corbillard. L'affaire des chantiers de Thiès aura été finalement un condensé d'une alternance dévidée de ses ambitions originelles. Dévoyée de ses valeurs fondamentales.
Ainsi sont les sentiers creusés sur les chantiers de Thiès !
Soro DIOP
IDRISSA SECK ENTENDU SUR LE FOND AUJOURD'HUI: La paix des braves ?
Idrissa Seck devrait être entendu par Mme la doyenne des juges d'instructions, juge du 1er cabinet d'instruction du tribunal hors-classe régional de Dakar aujourd'hui, jeudi 10 novembre sur le fond, pour les chefs d'accusations dont il fait l'objet et relevant de la compétence du juge, notamment l'atteinte à la sûreté de l'Etat et le troisième chef d'inculpation portant sur la sortie irrégulière de correspondance. Va-t-il au sortir de cette confrontation avec le haut magistrat, bénéficier comme ses supposés complices, Hassane Farès et le journaliste Ndary Guèye d'une liberté provisoire ? Peut-être, mais il restera, confient des sources proches des milieux judiciaires, la mise en accusation de l'Assemblée nationale portant sur les chantiers de Thiès-2004. On s'attend cependant, dans certains cercles proches du pouvoir à un dégel dans toutes ces affaires qui vicient, c'est le moins qu'on puit dire, l'atmosphère du pays. Une paix des braves dont le timing n'est néanmoins pas encore clairement défini.
Cherche-t-on à revisiter la solution « politique » dans l'affaire dite Idrissa Seck du nom de l'ex-Premier ministre et encore édile de Thiès en lieu et place d'une solution juridique qui risque d'avoir des dégâts collatéraux préjudiciables au Parti démocratique sénégalais (Pds) et au régime libéral ? Quelques signes semblent conforter la thèse d'un dégel et d'un souci de dépasser « juridiquement » cette situation qui « parasite » et vicie l'atmosphère depuis son déclenchement en juillet dernier. On pense et espère dans certains cercles libéraux militant ardemment pour « une normalisation » de la situation politique et sociale du pays ainsi qu'au sein de leur formation politique, que l'on ferait droit à une « solution politique ». D'autant plus que les accusations d'atteinte à la sûreté de l'Etat ainsi que le dernier chef d'inculpation sortie comme d'un chapeau de magicien par la doyenne des juges lors de sa dernière confrontation avec le célèbre client de Me Boukounta Diallo et compagnie, l'imputation portant sur la sortie irrégulière de correspondance depuis Rebeuss, semblent avoir quelques difficultés à prospérer.
C'est ainsi que deux des supposés complices de Idrissa Seck au sujet de l'atteinte à la sûreté de l'Etat, l'homme d'affaire, Hassane Farès et le journaliste Ndary Guèye ont bénéficié récemment d'une liberté provisoire. Le parquet ne s'étant pas pourvu contre l'ordonnance du juge Seynabou Ndiaye Diakhaté faisant gré à la requête des avocats des intéressés.
Alors après Mbaye Coulibaly, Hassane Farés et Ndary Guèye, Idrissa Seck et Coumba Ngouye Thiam de retrouver l'air libre en attendant le procès ? Rien n'est moins sûr. Si pour la seconde nommée, l'inspectrice de police de profession, et ex-Sage du ministère du Développement social, Coumba Ngouye Thiam, il est possible que la justice fasse preuve de la même clémence que pour ses co-inculpés, des sources au fait du dossier, avancent qu'il en sera plus compliqué pour l'ex-Premier ministre.
En effet, même si la doyenne des juges, Mme Seynabou Ndiaye Diakhaté donnait suite après avoir entendu aujourd'hui le maire de Thiès sur le fond en ce qui concerne les chefs d'inculpation procédant de sa compétence, à une requête de mise en liberté provisoire introduite par les conseillers de ce dernier, rien ne dit que le parquet ne s'y opposera pas. Il s'y ajoute que l'ex-chef du gouvernement fait l'objet d'une mise en accusation de l'Assemblée nationale sur les chantiers de Thiès-2004 qui serait du ressort de la commission d'instruction présidée par le haut magistrat, Cheikh Tidiane Diakhaté.
Toujours est-il qu'on veut interpréter positivement quelques signaux qui apparaissent depuis quelques jours et qui semblent tendre vers une décrispation dans cette affaire. Pour Omar Sarr, le député-président du Conseil régional de Diourbel et partisan de Idrissa Seck, analysant la sortie chez nos confrères de Walfadjri dans leur parution d'hier, mercredi 9 novembre de Me Ousmane Sèye, « on note depuis quelque temps des signes de détente. Après la sortie de l'architecte, ministre-conseiller du président de la République, Pierre Goudiaby Atépa, voilà que Me Ousmane Sèye un des avocats de l'Etat, fait dans l'apaisement. Même s'il s'est limité à convoquer des arguments de droit, il n'en demeure pas moins qu'il n'a pas cherché à enfoncer Idrissa Seck. C'est rassurant. On peut aussi se demander s'il ne s'agit pas là d'un aveu de sa part, car il ne nous avait pas habitué à un tel langage. L'importance est cependant que l'on reconnaisse l'innocence de Idrissa Seck et qu'il soit libre ».
Le Pr. Iba Der Thiam veut lui voir dans toute cette affaire, « l'indépendance de la justice ». Joint au téléphone hier, le 1er vice-président de l'Assemblée nationale donnant son sentiment a déclaré qu'il « est clair que la justice n'a jamais été instrumentalisée dans cette affaire. Des citoyens sont accusés. La justice procède à ses enquêtes et statue en toute liberté. Quand elle se rend compte qu'elle puisse octroyer sans préjudice à des mis en cause une liberté provisoire, elle le fait en toute compétence en attendant le procès. Cela est de son ressort. L'indépendance de la justice n'est pas un vain mot au Sénégal ». Le militant libéral souligne que cette affaire « n'a rien de politique ».
Les partisans de l'ex-Premier ministre n'ont certainement pas la même appréciation. Eux, qui ont décidé de se mobiliser aujourd'hui pour venir « soutenir » leur leader « pour le triomphe de la vérité », affirment-ils. La « confrontation » d'aujourd'hui entre le juge et le célèbre pensionnaire de Rebeuss et les tractations en coulisses apporteront certainement dans les jours qui viennent plus de clarté dans cette affaire et montreront la voie qui sera finalement adoptée par les protagonistes d'une crise assurément et éminemment « politique ». Le timing de la paix des braves reste cependant à définir, indique-t-on dans certains milieux concernés.
Madior FALL (Sud Quotidien 10/11/2005)
BROUILLE DISSIPEE - Le juge Mme Diakhaté lui révèle un manque de suivi de son dossier : Idy fâché contre ses avocats (Le Quotidien 10/11/2005)
Suite à une altercation dans le bureau du juge d'instruction, Idrissa Seck en a beaucoup voulu à ses avocats qui ne prenaient pas trop la peine d'étudier le dossier d'instruction. Mais, après quelques entrevues, Idrissa Seck semble avoir renoué avec ses défenseurs avec qui il a préparé l'interrogatoire au fond prévu ce matin.
L'ancien Premier ministre, Idrissa Seck, a eu une longue séance de travail, mardi dernier, avec le collectif des avocats qui assurent sa défense. C'était à la prison centrale de Dakar. Le conclave entre Idrissa Seck et ses avocats avait pour objet de bien préparer l'audition au fond de l'inculpé sur le dossier d'atteinte à la sûreté de l'Etat et à la défense nationale, par le Doyen des juges d'instruction, Mme Seynabou Ndiaye Diakhaté. L'audition est prévue, ce matin à 10 heures, au Palais de justice du Bloc des Madeleines. La réunion entre l'ancien Premier ministre et ses conseils entre dans l'ordre normal des choses, mais cette rencontre était oh combien importante. Idrissa Seck avait besoin d'aplanir avec ses avocats quelques frictions. L'ancien Premier ministre gardait une dent contre nombre de ses avocats. «Idy n'est pas content du travail de ses avocats», rapporte un proche de l'ancien Premier ministre. En effet, tout est parti de l'audition dans le Cabinet du juge d'instruction, le 17 octobre dernier. Idrissa Seck et ses avocats s'attendaient ce jour-là à une audition au fond. Grande avait été leur surprise de voir le magistrat instructeur notifier à l'ancien Premier ministre et maire de Thiès une nouvelle inculpation pour «sortie irrégulière de correspondance». Les avocats, comme leur client, étaient révulsés et avaient bruyamment protesté devant cette situation. D'ailleurs, les avocats firent, ce jour-là le siège du bureau du juge pendant deux heures pour exiger de n'en ressortir qu'après l'audition au fond de leur client. La situation risquait de dégénérer et Me El hadji Amadou Sall, membre du conseil de l'Ordre des avocats, était appelé à la rescousse pour arrondir les angles, pour ne pas dire négocier une reddition des avocats de Idrissa Seck. Me Sall voulait banaliser l'incident. «J'étais intervenu dans cette affaire, somme toute banale, en tant qu'intérimaire du bâtonnier de l'Ordre des avocats. J'ai joué aux bons offices dans un incident mineur sur un malentendu ; les gens se sont expliqués et se sont compris», affirme-t-il.
A L'ORIGINE DE LA BROUILLE
Il reste que, hors d'elle, Mme Seynabou Ndiaye Diakhaté se déchaîna contre les avocats en leur lançant à la figure : «Au lieu de vous occuper de votre dossier, vous passez votre temps à parler aux radios. Seul Me Papa Jean Sèye vient consulter régulièrement le dossier. Personne d'autre ne vient le faire. Vous ne savez rien de ce dossier, sinon vous n'auriez pas ignoré que le Parquet a introduit un réquisitoire supplétif demandant une nouvelle inculpation pour sortie irrégulière de correspondance. Vous n'avez rien à dire !», a fulminé le juge d'instruction. La déclaration de Mme Diakahaté fera une douche froide sur Idrissa Seck, surpris et, sans doute, déçu d'apprendre ainsi que ses nombreux avocats ne sont pas très proches de son dossier. D'ailleurs, aussitôt après cette audition tumultueuse, Idrissa Seck a eu une séance de travail avec son pool d'avocats et l'un d'eux nous dira que l'ancien Premier ministre n'avait pas caché ses états. Ses proches sont aussi très révulsés, d'autant que certains avocats auraient déjà perçu des honoraires assez importants.
C'est dire que Idrissa Seck ne manque pas de nourrir quelques appréhensions quant à l'efficacité de sa défense. L'ancien Premier ministre se serait même demandé s'il était nécessaire que les avocats étrangers constitués dans cette affaire fassent le déplacement sur Dakar pour assister à l'interrogatoire au fond de ce matin. Il reste que ses proches renseignent que Me Lodéon, du Cabinet de Me Ursulet à Paris, est arrivé, hier soir, pour assister à l'audition ainsi qu'un autre avocat malien.
Interrogé sur le fait que Idrissa Seck ferait la gueule à ses avocats, le député Oumar Sarr indique qu'il n'en a pas directement discuté avec Idrissa Seck. Mais, ce responsable politique qui revendique ses relations d'amitié avec Idrissa Seck, fait dans la diplomatie en justifiant cette attitude des conseils qui déplairait à l'ancien Premier ministre : «Je comprends que les avocats n'aient pas toujours le temps de s'occuper du dossier, car Idrissa a la chance ou la malchance, c'est selon, qu'ils ne sont pas toujours présents au Sénégal. Certains avocats sont à l'étranger et cela ne leur laisse pas la latitude de pouvoir consulter le dossier chaque fois qu'ils le voudraient. Je dois dire que la diversité dans le choix des avocats a été recherchée, car nous voulons profiter des spécialisations des uns et des autres et aussi, porter la bataille d'opinion sur le plan international et cela a été pas mal réussi.»
Madiambal DIAGNE
Après l'interrogatoire : Une demande de non-lieu sur la table du juge
Lors de leur dernière entrevue, Idrissa Seck et ses avocats ont élaboré leur stratégie en vue de l'interrogatoire au fond. Les attitudes et autres réponses à apporter aux éventuelles interpellations ont été discutées. Mais, il avait été surtout question des actes de procédures à initier à l'issue de l'interrogatoire d'aujourd'hui. Ainsi, on apprend que si d'aucuns pensaient introduire une demande de liberté provisoire à l'issue de l'interrogatoire, la décision finale aura été de demander purement et simplement un non-lieu. Le député Oumar Sarr affirme qu'une simple demande de liberté provisoire le décevrait beaucoup. «Je suis persuadé que Idrissa Seck n'a rien fait de ce qu'on lui reproche. Se limiter à ne demander qu'une liberté provisoire pourrait ressembler à accréditer l'idée qu'il y aurait des choses à lui imputer. Je souhaite qu'une demande de non-lieu soit formulée. Maintenant si les avocats n'obtiennent pas le non-lieu, peut être à titre subsidiaire, ils pourront demander une liberté provisoire.»
Madiambal DIAGNE
Audition de l'ancien Pm sur le délit d'atteinte à la sûreté de l'Etat : Les avocats d'Idy crachent sur la liberté provisoire (Walfadjiri 10/11/2005)
L'ancien Premier ministre sera entendu ce jeudi pour la première fois sur le fond du délit d'atteinte à la sûreté de l'Etat alors qu'il fera bientôt (le 15 novembre plus précisément) quatre mois en prison. On s'attendait, par conséquent, à ce que ses conseils demandent sa mise en liberté provisoire, à défaut d'un non-lieu. Mais ils n'en feront rien, nous ont-ils assurés.
Le face-à-face tant attendu entre Idrissa Seck et la doyenne des juges relativement au délit d'atteinte à la sûreté de l'Etat aura lieu ce jeudi matin. L'ancien Premier ministre devrait être entendu sur le fond du dossier après quatre mois de détention préventive. En pareille occasion, les conseils du prévenu peuvent introduire une demande de liberté provisoire. Un rituel qu'une bonne partie de l'opinion croit que Me Boucounta Diallo, le coordonnateur du pool d'avocats de l'ancien Premier ministre, et ses collaborateurs vont sacrifier. Que nenni ! Les conseils d'Idrissa Seck que nous avons joints, hier, au téléphone déclarent qu'ils ne vont pas demander pour leur client ni la liberté provisoire ni un non-lieu.
Les raisons ? Selon eux, la doyenne des juges n'a pas besoin qu'on lui demande un non-lieu. "Comme elle n'a rien trouvé, elle n'a qu'à arrêter la farce", fulminent-ils, en continuant à marteler que le dossier est vide.
Par ailleurs, ils estiment que ce serait peine perdue que d'introduire une liberté provisoire. "Même si notre client bénéficie d'une liberté provisoire pour le délit d'atteinte à la sûreté de l'Etat, il va rester en prison parce que d'autres délits lui sont reprochés". En effet, l'ancien Premier ministre est également poursuivi pour malversations dans le cadre des chantiers de Thiès et pour la sortie irrégulière de correspondances de prison. Des délits pour lesquels il attend d'être entendu sur le fond. Pour le premier par la Commission d'instruction de la Haute Cour de justie dont la composition, nous apprend le journal Le Quotidien dans sa livraison d'hier, a été remaniée et pour le second par la doyenne des juges. Quel intérêt revêt alors l'audition d'aujourd'hui pour les avocats d'Idrissa Seck si elle ne devrait pas leur permettre de demander la liberté provisoire ou la relaxe pure et simple pour leur cilent ? Selon eux, ce qui leur importe, "c'est de défendre l'honorabilité d'un homme avant de défendre sa liberté". Les conseils de l'ancien Premier ministre exigent aussi la transparence dans la gestion de l'affaire : "Le juge sera obligé ce jeudi de nous donner les faits précis et datés qui nous sont reprochés et de produire les preuves qu'il a contre Idrissa Seck". Des questions seront ainsi posées à Idrissa Seck et, sur la base des réponses que ce dernier fournira et des éléments en sa possession, le juge appréciera.
Somme toute, l'audition de ce jeudi pourrait être la dernière ligne droite vers le procès dans l'instruction ouverte sur le délit d'atteinte à la sûreté de l'Etat. A moins que la doyenne des juges ne décide de procéder à des enquêtes complémentaires ou de faire des confrontations. Mais, si cette dernière éventualité devait avoir lieu, elle ne pourrait se faire qu'avec Coumba Ngouye Thiam, la seule des présumés complices d'Idrissa Seck dans le cadre du délit d'atteinte à la sûreté de l'Etat à être encore en prison.
Amadou DIOUF
MES OUSMANE SEYE ET MBAYE JACQUES NDIAYE:il faut « trois libertés provisoires » à Idy pour quitter Rebeuss
Mbaye Coulibaly, Hassan Farès, El Hadj Ndary Guèye, proches collaborateurs de l'ex-Premier Ministre Idrissa Seck ont eu à bénéficier, pour des raisons diverses, de la liberté provisoire. C'est parce qu'ils ne sont impliqués que dans une seule affaire que Madame le juge vient de boucler : le délit d'atteinte à la sûreté de l'Etat. Parce que, même à l'air libre, ils ne peuvent plus dissimuler des preuves ni même fuire du pays. Ce qui n'est pas le cas de Idy. Ils restent cependant à la disposition de la justice sénégalaise qui doit ultérieurement statuer sur leur culpabilité ou leur innocence pour ce qui concerne le délit d'atteinte à la sûreté de l'Etat et à la défense nationale qui leur ont valu leur détention préventive en prison. Une certaine opinion, comme dans une déduction logique, voudrait ainsi que l'ex-Premier ministre, pièce nodale dans cette affaire, bénéficie aussi de la liberté provisoire. Il faudrait par ailleurs dire que si la justice parvenait à innocenter définitivement les collaborateurs d'Idrissa Seck, cela ne signifierait pas que ce dernier est blanc comme neige. La culpabilité d'Idrissa Seck pouvant être établie sans reconnaissance d'une quelconque complicité avec d'autres collaborateurs. La différence dans cette affaire, c'est qu'outre le délit d'atteinte à la sûreté et à la défense de l'Etat, l'ex-Premier Ministre répond aussi de deux autres chefs d'accusation : celui relatif à la prévarication sur les travaux des chantiers de Thiès et celui de sortie frauduleuse de documents de la prison. Même s'il devrait bénéficier pour le premier délit de la liberté provisoire, il ne pourrait ainsi logiquement sortir de prison tant qu'il n'est pas encore passé devant la Commission d'instruction de la Haute Cour de Justice où le verdict sera dit sur sa culpabilité ou son innocence.
L'ex-Premier Ministre fera face ce jeudi à la doyenne des juges, Seynabou Ndiaye Diakhaté, pour répondre ( seulement ) du délit d'atteinte à la sûreté de l'Etat et à la défense nationale. Pour ce qui concerne la sortie de correspondances irrégulières de prison, il n'y a pas de mandat de dépôt pour ce délit a renseigné Maître Ousmane Sèye. Avocat de l'Etat. Sur la question de la liberté provisoire, il affirme « qu'Idrissa Seck comme les autres prévenus peut bien en bénéficier.
Idy restera en prison
La décision ne peut être prise que par le juge mais son application ou non est du ressort en dernière instance du Procureur de la République ». L'avocat de l'Etat a renseigné sur les principes qui fondent le bénéfice de la liberté provisoire : « pour bénéficier de la liberté provisoire, le prévenu doit présenter de garanties de représentation devant la justice. Autrement dit, le juge doit avoir la preuve que le prévenu ne va pas bénéficier de sa liberté pour se soustraire à la justice. D'autre part, la libération du prévenu ne doit pas faire obstacle à la manifestation de la vérité. Cela veut dire ici que le prévenu ne profite pas de sa liberté pour effacer les preuves qui pèsent contre lui ». En ce qui concerne le délit pour lequel Idrissa Seck est poursuivi, Maître Ousmane Sèye a posé une troisième condition, la plus importante, pour l'obtention de la liberté provisoire : « c'est le Procureur qui décide de la liberté ou de la détention du prévenu ». Pour parler clair, le juge n'a pas ici pouvoir de l'application de la décision.
Tout cela permet de dire que le cas de l'ex-Premier Ministre est assez corsé. Parce que deux mandats de dépôts pèsent sur lui. Le premier est relatif à l'atteinte de la sûreté de l'Etat et de la défense nationale. Le deuxième concerne le détournement de deniers publics, faux, usages de faux, corruption, concussion, etc. La Haute Cour de Justice et la Commission d'instruction sont en train d'enquêter sur cette affaire, a révélé l'avocat de l'Etat. « Même si Idrissa Seck bénéficiait de la liberté provisoire pour le premier mandat, il ne peut sortir de prison tant que le deuxième mandat n'est pas levé », avertit Me Ousmane Sèye. Autrement dit, tant que Idy n'aura pas totalisé 3 libertés provisoires pour les 3 délits pour lesquels il est poursuivi, il restera toujours en prison, selon l'avocat Me Mbaye Jacques Ndiaye. C'est comme l'histoire de l'arbre qui cache la forêt. Même avec une liberté provisoire, il restera encore deux délits qui nécessiteront deux autres libertés provisoires pour que Idrissa Seck puisse quitter la prison. D'ailleurs, même dans ce cas, les délits restent. Et il reviendra tôt ou tard en prison, s'il est déclaré coupable, selon Me Mbaye Jacques.
Mohamed THIOUNE et Ndiogou Wack SECK
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Lbérer Idy c'est semer la m... dans ce pays:
Des pressions tous azimuts pour influencer la doyenne des juges
« Après Hassan Farès, El Hadj Ndary Guèye, le tour à Idy ?... » ou « Idy peut avoir la liberté provisoire » ou encore « Affaire Idrissa Seck, les signes d'un dégel... », tout ce qui précède est tiré des titrailles des mille et un quotidiens et hebdomadaires de la place. Et l'objectif partout visé est le même ; influencer Mme Seynabou Ndiaye Diakhaté, la doyenne des Juges afin qu'elle décide d'accorder à l'ex premier Ministre et ex- N° 2 du Pds une liberté provisoire. Ceux qui s'agitent et qui sont mus par des raisons inavouables puisque nullement désintéressés, feignent d'ignorer que quoi qu'on en dise il y a effectivement une séparation des pouvoirs au Sénégal et que les charges qui pèsent sur leur mentor ne plaident point pour son élargissement. Et fut-il provisoire...
Depuis un certain temps, une presse qui s'est décrétée «quatrième ou même premier pouvoir» a entamé un savant et subtil travail de modelage des consciences afin d'influencer l'opinion publique nationale et les disciples du temple de Thémis (Les Juges et autres) à une éventuelle liberté provisoire pour l'ex-Premier Ministre et l'ex-numéro 2 du Parti démocratique sénégalais. Dès lors, les analyses et les commentaires qui se suivent et se recoupent tous ont le même objectif ; influencer l'opinion et influencer les juges.
Mais, commençons par rappeler dans quelles circonstances Idy a été inculpé et pourquoi sa liberté, même provisoire, ne saurait être d'actualité. Défenestré de la station primatorale, l'homme qui s'est toujours cru investi d'une divine mission de «prophète» ou de «messie» a été le véritable précurseur de la fronde qui avait fini par éclater à l'Assemblée nationale avec les tristement célèbres 14 ou 12 députés. On a su comment cette déplorable farce s'est terminée. L'homme ne s'est point arrêté là. Pendant de très longs mois, presque une année, Idy va s'emmurer dans un assourdissant silence au même moment où ses affidés et autres «doungourous» menaient la vie dure à tous les responsables d'Etat qui osaient se déplacer dans la région ou dans la ville de Thiès qu'il considérait dorénavant comme son fief. C'est qu'avant, entre 1999 et 2004, Idy s'était immensément enrichi. A coups de milliards de francs cfa. Pendant ce temps l'Inspection générale d'Etat (Ige) et d'autres vrais journalistes d'investigations se posaient des questions sur les disparités existantes entre les travaux déclarés comme étant réalisés à Thiès et les montants faramineux exhibés publiquement.
Pagaille garantie
Longtemps interpellé, d'abord en plein Conseil des ministres et, ensuite, in muros par le Président Wade sur ces questions, Idy préfèrera jouer au «Mara» et au «Prédicateur». Sans nul doute, pensait-il que sa langue fielleuse suffirait à le tirer d'affaire. Alors, arriva ce qui finit par arriver tout naturellement. Une fois que l'Inspection générale d'Etat déposa son rapport, le Président Wade après en avoir pris connaissance, le transmit au Ministère de la Justice. Et au cours d'une rencontre avec des militants au Cices de Dakar, très brièvement, il expliqua à l'opinion les raisons de sa discorde avec son ancien numéro deux et homme de confiance. Informé à travers les ondes des radios Fm alors qu'il se la coulait douce dans sa résidence secondaire de Sendou, Idy rappliqua dare dare dans sa villa du Point E. Tout d'abord, il fit parvenir aux rédactions de la place un C.D. où sa réponse truffée d'allégories aussi salaces les unes les autres ne disait qu'une seule chose ; «Le Président Wade et son entourage passent leur temps à parler». ( Mbell, Mbell, Mbell, Mbell rek !...Bou wakh djou beuri done djokhé thieur Mbame ken douka seuf !...sic). Ensuite, convoqué à la Direction des investigations criminelles (Dic), Idy ameute toute la galerie en passant par des lacets de rues et des recoins où il était sûr de drainer sur son sillage tout ce que Dakar compte de badauds et de marginaux. Inculpé puis déféré, du fond de sa cellule, Idy continue à faire parvenir des correspondances et des C.D. à ses affidés dont la plupart est tapie dans les rédactions de la place. Ces éléments de communication contiennent suffisamment d'éléments constitutifs de délits tels que ; la diffamation, l'offense au chef de l'Etat, au Premier Ministre et on en passe. (Il ne savait pas que c'était un délit qui venait s'ajouter à celui d'atteinte à la sûreté de l'Etat). Pendant qu'il est a Rebeuss, les investigations menées au Sénégal et dans le globe permettent de retrouver les traces de ses transferts de fonds (des milliards de francs cfa) et de ses acquisitions immobilières et bancaires en Europe, aux U.S.A et au Moyen-orient...
Pour toutes les charges évoquées et qui sont loin d'être exhaustives, on ne voit pas comment Idy peut recouvrer une liberté provisoire. Mieux, sur un tout autre plan, on verrait très mal ceux qui parlent aujourd'hui d'assainir les m½urs de l'Etat et de réorganiser leur parti, laisser un prédateur et un perturbateur comme Idy ressurgir ?
Enfin, influencer, influencer toujours !...Mais du moment que la LOI n'a que faire des états d'âmes, qu'est ce que ça peut faire à ceux qui savent à quoi s'en tenir ?
Abdel karim Aïdara
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IDRISSA SECK AU TRIBUNAL AUJOURD'HUI:Des nervis recrutés pour mettre la ville à sac
Le signal est donné depuis plus d'une semaine. De jeunes nervis de Thiès et de Dakar ont été recrutés par des jeunes appartenant à la bande au Maire de Thiès pour terroriser la capitale aujourd'hui, jour d'audition de leur mentor.
Prendre tout le pays en otage est l'objectif que se sont fixés les militants de l'ancien Premier Ministre, qui fait face aujourd'hui à la Doyenne des Juges, Seynabou Ndiaye Diakhaté. Selon les informations qui sont à notre disposition, des responsables très proches de Idrissa Seck auraient recruté des centaines de jeunes nervis de Dakar et Thiès. Ces nervis ont été acheminés sur Dakar à bord de taxis et de cars. Depuis deux jours, ils sont éparpillés dans la capitale. Hier nuit, bon nombre d'entre ces jeunes ont passé la nuit à la Médina, au Plateau, au Point E chez Idrissa, d'autres ont été hébergés dans des quartiers à Pikine et à Rufisque selon notre source. Ils sont payés et nourris par des responsables politiques affiliés au camp du Maire de Thiès. Tout est prévu aujourd'hui dans cette ville au moment du face à face Idy/Seynabou Ndiaye Diakhaté au Tribunal. Lors de la dernière audition de Idrissa Seck, une forte mobilisation avait été prévue mais a avorté à cause de la nouvelle de la fermeture de la radio Sud Fm la fermeture de la radio « Sud Fm». Aujourd'hui, les jeunes proches du camp de Idy ont sonné la mobilisation. Le Chef de file de la Pépinière des cadres libéraux (Pcl), Yankhoba Seydi avait annoncé un rassemblement de 50 000 jeunes devant les locaux du Bloc des Madeleines aujourd'hui. Des moyens colossaux sont dégagés à cet effet. On parle de 40 millions.
Quelques jours après la dernière audition de Idrissa Seck au terme de laquelle un troisième chef d'inculpation lui avait été notifié, Awa Gueye Kébé, ancien Ministre de la Famille avait fait une déclaration demandant aux jeunes de rester sage en attendant la décision de la Justice. Cette déclaration est différemment appréciée par certains qui pensent que « la dame cherche à dédouaner son mentor en cas de trouble aujourd'hui ». Difficile de croire aux propos de Awa Gueye Kébé si on se rappelle le show de Idrissa Seck au mois de juillet dernier lors de sa convocation devant la Division des Investigations Criminelles (Dic). L'ex Premier Ministre avait préféré emprunter l'Avenue Blaise Diagne en passant par Sandaga avant d'arriver dans les locaux de la Dic où l'attendaient le Commissaire Assana Ndoye et ses hommes. Idy, ne cherchait-il pas à troubler l'ordre public dans la capitale à travers ce show dans plusieurs grandes artères de la ville ?
Le passage aujourd'hui de Idrissa Seck au Tribunal sera différent des précédents. La Police informée de l'affaire a pris toutes ses précautions avec les éléments du GMI pour sécuriser. Un important dispositif sécuritaire est mis en branle partout dans la ville. Des éléments de la Police sont déployés dans presque tout Dakar. « ça passe ou ça casse », semble être le slogan de Idy et de ses affidés depuis le départ du Maire de Thiès de la Primature. Des Ministres ont été hués et molestés à Thiès par des jeunes proches de l'ancien Premier Ministre. La villa du Ministre de la Santé, on s'en souvient, avait a été également sabotée par ces mêmes jeunes, qui avaient aussi bloqué la route nationale à l'entrée de la Cité du Rail. Les forces de l'ordre sont à pied d'½uvre pour contrecarrer les velléités séparatistes de ces jeunes de l'ancien premier Ministre.
Mouth BANE
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DES AUTORITÉS FILMÉES EN PLEINS ÉBATS DANS LE GYMNASE DE COUMBA NGOUYE THIAM, ET DES ARMES DISTRIBUÉES: Affaire Idy / des éléments de preuves
Tant que le dossier est en instruction, les preuves détenues par le Parquet ne seront pas divulguées par les avocats au grand public. C'est cela que l'on qualifie de « secret d'instruction ». Au terme de patientes investigations, des indices sérieux laissent à penser que le Maire de Thiès et ses complices pourraient se trouver dans des situations compromettantes.
C'est le 19 août dernier que la Division des Investigations Criminelles (Dic) a entendu l'Inspectrice de Police, Coumba Ngouye Thiam, par ailleurs, ex-Chef du Sage du Ministère de la Femme sous le magistère de son amie Awa Gueye Kébé, ainsi que Mariéme Samba née en 1949, divorcée et gérante de la salle de musculation. Coumba Ngouye Thiam et Marième Samba sont toutes deux domiciliées à la Cité Djily Mbaye, villa numéro 348. En dehors de leur relations professionnelles, ce couple entretien des relations extra-professionnelles. Elles passent la majeure partie de leur instant de liberté dans cette salle de gymnastique très sophistiquée baptisée « Tata Step ». La gestion de cette salle construite dans leur maison, relève de leur responsabilité propre. D'ailleurs, elles s'occupent de cette entreprise occulte en collaboration avec une certaine Agnès Diémé vivant aujourd'hui à Bruxelles.
Cette salle était le lieu de retrouvailles de Awa Gueye Kébé, de Coumba Ngouye Thiam et de Mariéme Samba. Selon nos informations reçues de sources certaines, des femmes presque 150 à 200, ont été armées et payées (200 000 F Cfa/mois). Le rôle qui leur est assigné consiste uniquement à ½uvrer à la belle image de Idrissa Seck en mettant à la disposition de leurs partenaires des spots publicitaires gravés sur des CD, des discours de l'ancien Premier Ministre et de ses affidés. De nos jours nul ne peut avancer avec certitude si la Police a retrouvé ces armes ou non.
Awa Gueye Kébé et « ses amies » sont soupçonnées de pratiques occultes et obscènes au domicile de Coumba Ngouye Thiam, dans la salle de gymnastique et ses annexes où des personnalités du pouvoir et de l'opposition avaient été filmés en pleins ébats, dans des positions inimaginables à des fins de chantage. Cette stratégie leur aurait été conseillée par Idrissa Seck qui voulait tenir tous ses adversaire en respect. Ces enregistrements seraient également hors de portée de la Police selon certaines sources.
Dans ses filatures, la Police aurait été intriguée par les va et vient répétés d'une voiture 4X4 Mitsubushi immatriculée TH 6966 C, devant le domicile de Coumba Ngouye Thiam dans la journée du 27 juillet dernier.
Mouth BANE ilestmidi.net 10/11/2005