COMMISSION D'INSTRUCTION sur les Chantiers de Thiès : Validation des mandats de dépôt contre Idrissa Seck et Salif Bâ / Idrissa Seck et Salif Bâ restent en prison

COMMISSION D'INSTRUCTION sur les Chantiers de Thiès : Validation des mandats de dépôt contre Idrissa Seck et Salif Bâ / Idrissa Seck et Salif Bâ restent en prison
CHEIKH TIDIANE DIAKHATE PREND LE RELAIS DE SEYNABOU NDIAYE DIAKHATE: Idrissa Seck et Salif Bâ restent en prison

Idrissa Seck et Salif Bâ mis en accusation par l'Assemblée nationale dans l'affaire dite des chantiers de Thiès-2004 vont rester en détention préventive, à moins qu'ils ne cautionnent les sommes à eux reprochés, « ou que des contestations sérieuses » ne les fassent bénéficier d'un élargissement provisoire. La Commission d'instruction de la Haute cour de justice présidée par Cheikh Tidiane Diakhaté qui s'est réunie « en entier », pour la première fois le jeudi 10 novembre a confirmé les mandats de dépôt déjà prononcés par son président à l'encontre des deux accusés.

Idrissa Seck, l'ex-Premier ministre s'en est retourné le mercredi 9 novembre dernier, tranquillement regagner sa cellule de Rebeuss, après avoir été entendu sur le fond par la doyenne des juges d'instruction du tribunal hors-classe régional de Dakar, Mme Seynabou Ndiaye Diakhaté. Il a répondu des chefs d'inculpations, notamment le délit d'atteinte à la sûreté de l'Etat et la sortie illégale de correspondance dont il fait l'objet et qui sont de la compétence de la « juge ». Le lendemain jeudi 10 novembre, l'affaire dite des chantiers de Thiès-2004 reprenait ses droits. La Commission d'instruction de la Haute cour de justice présidée par Cheikh Tidiane Diakhaté se réunissait en effet pour la première fois et en entier. 1er acte : elle a confirmé les mandats de dépôts consécutivement à la mise en accusation de l'Assemblée nationale de l'édile de Thiès et de l'ex-ministre de l'Habitat et de la construction, Salif Bâ.

Selon des sources proches de la commission, les instructeurs de la Haute cour de justice « se sont fondés sur l'article 140 du code des procédures pénales qui rend obligatoire la délivrance d'un mandat de dépôt lorsque l'inculpé est poursuivi pour détournement de deniers publics, sauf en cas de cautionnement de l'intégralité de la somme réclamée ou de contestation sérieuse ». Ce qui à l'étape actuelle de la procédure n'est pas encore le cas. Ainsi les membres de la Commission d'instruction ont suivi pour l'instant leur président qui avait compétence de procéder à la prononciation des mandats de dépôts à l'encontre des accusés. Car, « la loi organique sur la Haute Cour de Justice prévoit que le président agit seul avant l'installation de la Commission d'instruction », signifient des magistrats interrogés. Qui poursuivent, « c'est en vertu de cette disposition que le président de la Commission Cheikh Tidiane Diakhaté a prononcé l'inculpation de Idrissa Seck et de Salif Bâ », ajoutant que « dès que la Commission est installée, elle est tenue de valider ou d'infirmer les mandats de dépôt décernés contre ces personnes ». Elle a donc confirmé son président le jeudi dernier.

Cependant, la Commission d'instruction qui n'est pas encore entrée dans le vif de son sujet et qui s'est réunie à huis-clos, « instruira à charge et à décharge », confient les mêmes magistrats. Ils précisent en outre, « que ses membres procéderont aux enquêtes qu'ils jugeront nécessaires pour l'instruction et verront en conclusion s'il s'agit au vue des résultats de leur enquête s'il faut faire droit à la charge ou à la décharge si de sérieuses contestations sont notées et avérées. Ils prononceront soit une mise en liberté provisoire ou même si c'est le cas un non-lieu ».

L'assemblée générale de la Cour d'appel, qui s'est réunie auparavant, a désigné les magistrats Lamine Coulibaly, Doudou Ndiaye, Henry Grégoire Diop et Bara Niang comme vice-présidents de la Commission d'instruction présidée par Cheikh Tidiane Diakhaté. Ils auront comme suppléants Galo Cyr Diagne et Aminata Ly, Amath Diouf et Andre Bob Séne, conseillers à la Cour d'Appel. Lamine Coulibaly est président de Chambre civile, ancien président de la Chambre d'accusation et de la Chambre correctionnelle de cour d'appel de Kaolack.

Le magistrat Ndongo Fall, nommé juge de la Cour commune de justice et d'arbitrage de l'Organisation pour l'harmonisation du droit des affaires (OHADA), basée à Abidjan est maintenu comme président suppléant de la Commission d'Instruction en attendant la notification officielle de sa décision de détachement.

La Haute Cour de justice est chargée de juger le président de la République en cas de haute trahison ainsi que le Premier ministre et les ministres en cas de faute commise dans l'exercice de leurs fonctions.

Madior FALL (Sud Quotidien 12/11/2005)

APRÈS LA CONCERTATION DES AVOCATS DE L'EX- PREMIER MINISTRE : Le collectif introduit une demande de liberté provisoire (Le Soleil 12/11/2005)

À l'issue de leur concertation axée sur la suite à donner à leur combat, les avocats de l'ex-Premier ministre ont finalement opté pour une demande de liberté provisoire à la place du non-lieu agité la veille par un certain nombre de conseils du prévenu.

La requête a été introduite dans le courant de la matinée d'hier dans l'espoir d'une décision de main levée de la Doyenne des juges sur le délit d'atteinte à la sûreté de l'Etat et à la défense nationale. Le succès d'un tel recours n'est pas acquis d'avance puisque le collectif des défenseurs du maire de Thiès devra non seulement décrocher l'assentiment de la Doyenne, mais encore un avis favorable du Procureur de la République dont les réquisitions pèseront lourd sur la balance.

Les conseils d'Idrissa Seck ne se sont pas prévalus de l'option du non-lieu en raison de l'étendue des pouvoirs conférés au ministère public, soulignent-ils. Quant à la demande de liberté provisoire introduite vendredi 11 novembre, la loi accorde un délai de 17 jours à la Doyenne des juges. En cas de rejet, les avocats de l'ex-Premier ministre disposeront de 5 jours pour saisir la Chambre d'Accusation qui, à son tour, statuera dans les 30 jours. Le cheminement de la procédure et les variables chronologiques entrant en jeu, Idrissa Seck sera fixé sur son sort le 14 janvier 2006 au plus tard.

En attendant, on continuera toujours d'épiloguer sur l'avenir du maire de Thiès tant les commentaires vont bon train sur sa remise en liberté. Ainsi des informations selon lesquelles des chefs religieux et certaines bonnes volontés entreprendraient des démarches aux fins de réconcilier le président de la République et son ancien Premier ministre ont circulé, jeudi, au moment même où Idrissa Seck faisait face à la Doyenne des juges. Mais, voilà, la montagne semble avoir accouché d'une souris au regard de la sortie du chef de l'Etat dans L'Express qui, en réalité, invite ses compatriotes à lire entre les lignes afin de mieux cerner les implications du principe de séparation des pouvoirs. En effet, le président de la République convoque le droit pour dire que seuls les magistrats en charge du dossier de son ancien poulain peuvent décider du sort de ce dernier. Quoi qu'il puisse advenir, les articulations du chef de l'Etat battent en brèche les tractations annoncées, car, au fond, la remise en liberté de l'ex-Premier ministre ne peut être envisagée que sous l'angle de la trilogie pénale à laquelle il reste soumis puisque, le cas échéant, celui-ci passerait pour un martyr. À vrai dire, les chantiers de Thiès sont toujours là pour corser l'addition dont l'ex-Premier ministre devra s'acquitter pour se défaire des liens de la prévention. Ne serait-ce que par souci de transparence et de respect des institutions, il y a quelque part nécessité de laisser la procédure suivre son cours, car outre le délit d'atteinte à la sûreté de l'Etat et à la défense nationale, les révélations de Nafi Ngom Keïta sur l'itinéraire des fonds détournés dans le cadre des chantiers de Thiès devraient permettre à la Commission d'Instruction de la Haute Cour de Justice d'éclairer la lanterne de l'opinion.

PAPE GUÈYE


COMMISSION D'INSTRUCTION sur les Chantiers de Thiès : Validation des mandats de dépôt contre Idrissa Seck et Salif Bâ


La Commission d'Instruction de la Haute Cour de Justice a validé, jeudi 10 novembre, les mandats de dépôt émis à l'encontre de l'ex-Premier ministre, Idrissa Seck, et de l'ancien ministre du Patrimoine bâti, Salif Bâ.

Traduits devant ladite Commission pour détournement de deniers publics dans le cadre des chantiers de Thiès, en vertu d'une loi votée par l'Assemblée nationale le 3 août dernier, les deux ex-dignitaires voient ainsi l'étau se resserrer autour de leurs personnes au lendemain de l'assemblée générale de la Cour d'Appel, tenue il y a cinq jours.

Les membres de la juridiction n'ont en conséquence pas fait dans le détail pour approuver les mesures initiales du Juge Cheikh Tidiane Diakhaté, malgré les dénégations des deux mis en cause relevées lors de leur comparution. A priori, la validation des mandats de dépôt servis par le président de la Commission, il y a trois mois, conforte la présomption selon laquelle 17 milliards de FCfa ont été détournés au préjudice du Trésor public et que la matérialité des indices ayant trait au délit a pu être établie. Pourtant, beaucoup d'espoir avait été placé sur la nouvelle Commission par les avocats des prévenus qui comptaient introduire des requêtes en vue de la remise en liberté provisoire de leurs clients. Mais, voilà, la marge de conseils se réduit subitement au grand dam de l'ex-Premier ministre et de l'ancien ministre du Patrimoine bâti. Il faut donc s'attendre à l'audition au fond au cours des semaines à venir de Salif Bâ et du maire de Thiès. Il convient de rappeler que l'ex-ministre du Patrimoine bâti est poursuivi pour non versement au titre de la Tva d'un montant de 3 milliards 998 millions de Fcfa, tandis qu'Idrissa Seck a été épinglé par l'Inspection générale d'Etat pour l'octroi illicite d'un marché de 14 milliards. C'est dire que les conseils des deux prévenus ont encore du pain sur la planche.


P. G
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# Posté le samedi 12 novembre 2005 04:48

SECRET DE L'INSTRUCTION DANS L'AFFAIRE IDY: Le Parquet général s'inquiète des fuites dans la presse / Les avocats de Idrissa Seck ravalent leurs certitudes

SECRET DE L'INSTRUCTION DANS L'AFFAIRE IDY: Le Parquet général s'inquiète des fuites dans la presse / Les avocats de Idrissa Seck ravalent leurs certitudes
ATTEINTE A LA SURETE DE L'ETAT: Sur l'autel du déshonneur, Idrissa Seck se débine/Comment Idy voulait liquider Wade/Thiès tourne le dos à Idy/Le Parquet général s'inquiète des fuites dans la presse / Atteinte a la surete de l'Etat : Les avocats de Idrissa Seck ravalent leurs certitudes

Le courage moral et l'honnêteté intellectuelle sont la marque de l'homme politique avéré, l'antithèse du politicien. Cette vertu est la caractéristique des Grands Hommes mais aussi des Conducteurs de peuple. C'est dans l'épreuve que l'on parvient à jauger de cette vertu et à apprécier de la véritable personnalité des figures évoluant dans l'espace public. L'histoire politique contemporaine du Continent et de notre pays regorge de modèles imbus de ces valeurs. Devant la Doyenne des juges, Seynabou Ndiaye Diakhaté, pour s'expliquer sur les faits qui lui sont reprochés et concernant le délit d'atteinte à la sûreté de l'Etat et à la défense nationale, l'ex- Premier Ministre et Maire de Thiès Idrissa Seck s'est tout simplement débiné.


Si l'on tient compte de certaines révélations de son audition supposées gardées secrètes mais obtenues, on ne sait du reste comment, par une certaine presse qui les a livrées à l'opinion.

L'ex- Premier Ministre aurait dans son audition dont le contenu a été livrée à l'opinion par cette presse privée, dégagé en touche pour toutes les questions devant normalement déboucher sur son implication directe sur les faits reprochés.

Mais l'on se souvient. Idrissa Seck pour répondre à la convocation de la Division des investigations criminelles ( DIC ) s'est fait un itinéraire. En quittant son domicile du point E, il a d'une manière stratégique choisi de passer par le chemin le plus populeux de la capitale, à savoir l'avenue Blaise Diagne, le marché Tilène et le périmètre du marché Sandaga pour rejoindre le siège de la DIC. Résultat, des embouteillages monstres tout le long de cet itinéraire. Les forces de l'ordre ont dû user de grenades lacrymogènes pour contrecarrer une meute de politiciens, affidés mais aussi de curieux et de badauds aux intentions diverses. Le trouble à l'ordre public est ainsi manifeste. Un indice suffisant pour les garants de la justice de poser et d'établir le délit d'atteinte à la sûreté de l'Etat et à la défense nationale. Pour Idrissa Seck, le fait n'a aucune connotation pouvant relever d'une atteinte à la sûreté de l'Etat et à la défense nationale. Et là, l'ex- Premier Ministre de charger...... le chauffeur de son avocat Boucounta Diallo qui de son propre chef aurait choisi cet itinéraire. Quelle lâcheté !!!

Idrissa Seck pouvait bien aller répondre à la DIC, sans tapage médiatique, sans ameuter le peuple, sans perturber le trafic de la capitale, bref sans perturber l'ordre public. A l'image de l'actuel Président de la République, Maître Abdoulaye Wade qui sans tambours ni trompette, quittait son domicile situé aussi au même quartier du point E en empruntant la corniche pour aller incognito à la DIC. C'était du temps du régime socialiste où le Président Wade était le Chef de l'opposition sénégalaise.

Les informations révélées dans le Disc Compact dit numéro 1 et relatives à la passation de service entre l'ex numéro deux socialiste et ancien ministre d'Etat Ousmane Tanor Dieng sont manifestes d'une divulgation de confidences d'Etat. L'unanimité est faite chez les observateurs au plan national et international sur cette question-là. Une partie de l'opposition s'est même offusquée de cette attitude de l'ex- Premier Ministre dont l'intention est manifeste de mettre à nu, de jeter sur la place publique la gestion des affaires de l'Etat et des tenants du pouvoir. C'est à partir de l'audition de ce CD que les Sénégalais étaient pour la première fois édifiés sur la nature et le sens des symboles représentatifs que sont le coffre, l'arme et le chèque. Idrissa Seck a même dans ce cadre évoqué le nom de Huchard mais il a aussi parlé de butin et de bandits. Personne n'a besoin ici qu'on lui fasse un dessin pour comprendre le sens et le poids des mots , le rôle et la fonction des instruments évoqués. Le projet et les intentions du discours et des révélations de Idrissa Seck sont aussi manifestes pour mettre à nu le fonctionnement de l'Etat à son stade le plus élevé de son administration. Là aussi, Idrissa Seck a refusé d'assumer ses responsabilités.



Ne pas reconnaître les faits reprochés, même s'il s'agit d'évidences indéniables, relèvent on le sait, de la stratégie de tout avocat défenseur. La formule semble être appliquée pour ce cas d'espèce. Il s'est agi tout simplement pour la partie incriminée de nier les faits reprochés. Pour alors disqualifier les faits, plaider le non- lieu et demander la liberté provisoire et définitive du prévenu. Quitte à s'immoler sur l'autel du déshonneur.

Mohamed THIOUNE


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DECOUVERTE DE DOCUMENTS SECRETS DANS LA CHAMBRE DE HASSAN FARES: Comment Idy voulait liquider Wade


Après sa conférence de presse chez lui au Point E, où il a proféré des propos jugés attentatoires à la sûreté de l'Etat et à la défense nationale, Idrissa Seck avait été manu militari convoqué puis placé sous mandat de dépôt. Déjà, la Police après recoupement de plusieurs indices, avait opéré des perquisitions aux différents domiciles d'Idrissa Seck et de ses complices. Une façon de le court-circuiter et de recueillir des éléments de preuves sur l'atteinte à la sûreté de l'Etat

Dans les locaux de la Division des Investigations Criminelles (Dic), Idrissa Seck tombait des nues. Il était en face des hommes du Commissaire Assane Ndoye. Tous les éléments qui ont été découverts lors des perquisitions, ont été déposés sur la table, exposés sous le regard surpris du Maire de Thiès. Après lui avoir demandé de décliner ses filiations, les limiers entament alors leur questionnaire. Idrissa Seck répondait une à une aux différentes questions qui lui sont posées.

Pour en savoir plus, un élément de la Police montre à Idrissa Seck ce document qu'ils ont découvert chez Hassan Fares à Saly. Jamais le Premier Ministre n'aurait cru que la Dic mettrait la main sur ce document secret. Nous parlions d'un « journal intime ». Le journal « Le Quotidien » vient de nous confirmer dans sa livraison d'hier. Il s'agit de documents qui ont été trouvés chez Hassan Farès lors des perquisitions. L'un est intitulé «Analyse, marketing politique pour l'accession au pouvoir politique et la pratique du pouvoir par Me Abdoulaye Wade : Cohérences et incohérences ». Un autre document est intitulé «Style de vie des Sénégalais : Enquête quantitative, échantillons de Sénégalais ». Pourquoi avait-il mis ces documents à la disposition d'Hassan Farès ? C'est chez Hassan Fares, que les éléments de la Dic ont découvert des documents secrets compromettants contre Idrissa Seck conçu par le Maire de Thiès. Idy n'en croyait pas ses yeux. Il sursauta comme un enfant piqué par derrière avant de se resaisir et de s'asseoir confortablement sur sa chaise pour demander à ses interrogateurs : « où est-ce que vous avez trouvé ça ? Ce sont mes documents. Je vais porter plainte contre X. Prêtez-moi un papier et un stylo ». Réplique des limiers : « Nous l'avons trouvé chez ton ami Hassan Farès. Vous les avez certainement oubliés là-bas lors de votre dernière nuit. C'est-à-dire le samedi dernier ». Le Maire de Thiès tombe les épaules, baisse la voix et commence à réaliser que les choses sérieuses venaient de commencer.

Au fond, Idrissa Seck savait qu'il venait de mettre à la disposition de son ami Hassan Farès des affaires qui concernent uniquement l'Etat du Sénégal. Ces secrets ne devraient en aucun cas se retrouver entre les mains de Fares. Des secrets d'Etat jetés par la fenêtre sans états d'âme par l'ancien Premier Ministre. Dès lors, les enquêteurs ont soupçonné que quelque chose se tramait contre le Chef de l'Etat. Surtout en lisant les paragraphes du document intitulé : « la pratique du pouvoir par Me Wade : cohérences et incohérences », l'on découvre une véritable plaidoirie contre le Chef de l'Etat, signé par son plus proche collaborateur.

Mouth BANE


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Après la sortie de Wade dans les colonnes de « L'Express »: Thiès tourne le dos à Idy

Ceux qui en doutaient encore sont maintenant édifiés. Bon sang ne saurait mentir dit l'adage. Idrissa Seck a trahi son protecteur et bienfaiteur Abdoulaye Wade. Ce dernier, de peur de se faire mordre par un serpent venimeux, a déclaré que c'est fini entre eux. A Thiès, épicentre de la contestation seckiste, l'on s'interroge. Idy a-il vraiment trahi Wade ? Si tel était le cas, nombre de ses inconditionnels se disent prêts à le lâcher.

Ceux qui professent qu'en politique la fin justifie les moyens sont les inspirateurs d'Idrissa Seck. Ils l'ont nourri à la sève de la trahison, un morbide trait de caractère dont il n'a jamais pu se séparer. Quant à l'opinion publique, surtout celle de Thiès, elle a pris connaissance de l'entretien que Wade a donné au quotidien français « L'Express ». Et dans lequel il reconnaît que son ex-Premier ministre, ex-Directeur de cabinet, l'homme qu'il a fait et pour lequel il a consenti d'inouïs sacrifices pour le voir se réaliser, que cet homme là, avide de pouvoir l'a trahi. Alors, tout le monde a crié à la lâcheté, au manque de reconnaissance. Il fallait que Wade lâche le mot trahison, assimilant le traître à un serpent pour que les consciences soient édifiées, et que lumière soit faite enfin sur ce qui oppose les deux hommes que rien ne pourra plus unir désormais. Wade, en toute confiance, dormait. Pendant ce temps, son homme de confiance lui creusait une tombe. Et n'eut été la vigilance de Mahmoud Saleh et la perspicacité des inconditionnels de Wade comme Farba Senghor, Papa Samba Mboup, Ndiogou Wack Seck ou Alioune Diop, celui qui s'est prédit un destin présidentiel et un statut de numéro 1 partout, allait usurper les fonctions du Président le mieux élu du Sénégal. Le resquilleur avait très tôt préparé son coup. Il l'avait bien préparé, n'hésitant pas à voler l'argent du contribuable pour se doter d'un budget de guerre. Des milliards volés et qui ont servi à fidéliser tous les énergumènes disséminés dans le Fidel ou le M6. Mais aussi tapis dans la presse. Pour la plupart, les souteneurs d'Idrissa Seck à Thiès sont ses complices, ils se sont gavés avec les milliards des chantiers de Thiès et sont, pour cette raison, prêts à s'offrir en holocauste pour leur leader. Tant mieux pour eux !

La déclaration de Wade à eu le mérite de lever toutes les incertitudes liées à la relation Wade-Seck. Jusque dans les milieux Seckistes, c'est désormais le moment des interrogations. Mamadou Fall, un des inconditionnels du Maire de Thiès de dire : « si j'ai la conviction qu'Idy a trahi Wade, je ne le soutiendrais plus ». Même son de cloche un peu partout ; c'est la même réflexion. « Si Wade a défait Idy, c'est par ce que ce dernier l'a trahi ». Ce sentiment est largement partagé jusque dans les milieux Wadistes. Chacun d'entre eux s'est fendu d'un communiqué pour déplorer la traîtrise d'Idrissa Seck. Les jeunesses Wadistes ont appelé les « Seckistes » thiessois à plus de discernement car leur leader, aujourd'hui emprisonné à Rebeuss, n'a que ce qu'il mérite. Certains Thiessois, convoquant la cosmogonie, prédisent que l'acte de trahison d'Idrissa Seck envers son bienfaiteur Abdoulaye Wade lui sera préjudiciable, car l'histoire renseigne que les traîtres, depuis la mémorable grève des cheminots, ont été mis au banc de la société. A l'heure des comptes, Idrissa Seck aura donc tout le loisir de solder les mécomptes.

Abdou Karim AÏDARA


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SECRET DE L'INSTRUCTION DANS L'AFFAIRE IDY: Le Parquet général s'inquiète des fuites dans la presse

C'est inouï. Une partie de la presse a encore publié, hier, des éléments de l'audition de Idrissa Seck par le juge Seynabou Ndiaye Diakhaté. Ces éléments, qui démontrent l'implication pleine et entière du Maire de Thiès dans une entreprise d'atteinte à la sûreté de l'Etat, n'auraient pas dû, en principe, être portés à la connaissance du public. Par quels moyens les journalistes se sont-ils procurés des éléments d'une instruction supposée être secrète. Les avocats de Idy eux-mêmes se sont abstenus, publiquement du moins, de faire état des éléments de l'enquête de Madame Seynabou Ndiaye Diakhaté. Mais à la lecture de certains journaux, on a même l'impression que leurs reporters étaient dans le bureau du juge au moment de l'audition de l'ancien Premier Ministre accusé d'atteinte à la sûreté de l'Etat. Les comptes rendus fidèles de cette audience sont manifestement le produit d'un enregistrement audio remis à une certaine presse. Dans la salle du juge, il n'y avait que Idy, Seynabou Ndiaye Diakhaté, le procureur Ousmane Diagne et les avocats de l'ex-PM. Cherchez le « traître » dans ce groupe. Logiquement, ce « traître » ne pouvait être ni Idy, ni Madame la juge, ni le procureur, pour des raisons objectives. Le reste coule de source. Si le Synpics et le Cred n'y prennent pas garde, les journalistes vont continuer à se complaire dans l'illégalité en publiant des éléments estampillés « secret de l'instruction ». Or, chacun le sait, la loi interdit et punit sévèrement la divulgation de secrets de l'instruction. Mais puisque notre pays a la malchance de posséder une presse privée qui ne s'embarrasse plus de respecter les règles, que l'on ne s'étonne pas de voir un jour les dossiers les plus secrets de la justice, ou même des secrets d'Etat, livrés au public sans aucune précaution.

Au Parquet général, certains magistrats se posent des questions sur l'origine de ces fuites intolérables qui laissent croire que des auxiliaires de la justice, comme les gendarmes qui tapent les procès-verbaux ou même des greffiers, révèlent à la presse des éléments qu'ils n'auraient pas dû détenir. Quelques uns de ces magistrats pensent même adresser une requête au Procureur général, pour lui demander de faire ouvrir une enquête sur ces fuites qui perturbent de plus en plus le travail des magistrats. Ces fuites proviennent-elles des avocats qui pourraient contacter des « amis » journalistes afin de leur livrer certains détails de l'instruction ? Sont-elles le fait des auxiliaires de justice qui, après avoir prêté serment et juré de garder en toute circonstance les secrets du cabinet du juge d'instruction, prennent contact avec des journalistes pour leur livrer en totalité ou en partie des éléments de l'instruction ? On sait déjà que Madiambal Diagne, dont le journal a été le plus indexé hier, est un produit des greffes d'où il a été radié, mais qui continue d'y bénéficier de complicités. Cette fois encore, Madiambal a été pris en flagrant délit d'atteinte aux lois. « Le monstre est encore vivant » diront encore ses « confrères » tout en étant conscients que Madiambam a encore fauté. Et lourdement. Toujours est-il que les éléments de l'enquête livrés hier par la presse ne cessent d'inquiéter les magistrats qui ne savent plus à qui faire confiance.

Et si ces informations distillées par certains confrères avaient été révélées en premier lieu par « Il est Midi » ? Quelle aurait été la réaction de la presse privée et de ces « confrères » ? Ils auraient probablement crié au scandale pour dire que « Il est midi » est dans les secrets des Dieux puisque étant un « journal proche de la Présidence ». Maintenant que le presse privée pousse l'opposition et la bravade jusqu'à publier sans précaution les secrets de l'instruction, aucune association de la Société Civile ne s'élève contre ces violations flagrantes de la loi. Ces magistrats outrés par la violation des secrets de l'instruction vont ouvrir une enquête pour découvrir et sanctionner les auteurs de ces fuites. Selon des sources proches du parquet.

N. W. SECK





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DEMANDE DE LIBERTE PROVISOIRE POUR IDRISSA SECK: Les PV de perquisition de la Dic « menottent » Idy



L'audition de l'ancien Premier Ministre, Idrissa Seck, par la Doyenne des Juges, Seynabou Ndiaye Diakhaté sur le fond du dossier du « délit d'atteinte à la sûreté de l'Etat et à la Défense nationale » a été révélatrice. En se basant sur les éléments de preuves découverts lors des différentes perquisitions effectuées par les éléments de la Division des Investigations Criminelles (Dic) chez Idrissa Seck, au Point E, à Thiès et à Sendou, de même qu'au niveau des domiciles de certains de ses complices, comme Hassan Farès et Mme Coumba Ngouye Thiam, Ndary Guèye, Mbaye Coulibaly, la Doyenne des Juges était assez outillée pour mieux aborder son face à face avec Idrissa Seck, assisté par ses avocats. La consistance du dossier devenu très sérieux aux yeux du pool d'avocats, a d'ailleurs amené Me Boucounta Diallo et ses collègues qui exigeaient un non-lieu, à changer de stratégie pour déposer une demande de liberté provisoire, pourtant écartée avant l'audition. D'ailleurs, en quittant son domicile pour aller répondre à la DIC le 23 juillet, Idy disait devant la presse : « Ne comptez pas sur moi pour demander une liberté provisoire. Je n'ai pas besoin de Pavillon Spécial. Je suis pas malade. Al Hamdou lilahi ". Désormais, que vaut la parole de Idy qui en est réduit à demander cette même liberté provisoire qu'il dédaignait ? Aujourd'hui, ce sont les procès-verbaux (Pv) compromettants de la Division des Investigations Criminelles établis après les différentes perquisitions chez Idy et ses complices, remis à la Doyenne des Juges, qui risquent de ralentir l'aboutissement de la demande de liberté provisoire déposée par Me Boucounta Diallo.

Depuis le début de « l'affaire Idrissa Seck » relative au délit d'atteinte à la sûreté de l'Etat et à la défense nationale, la stratégie de défense de l'ex-PM devant la Doyenne des Juges est la même partout et avec tous les complices : « tout nier », telle semble être la tactique choisie par Idrissa Seck et ses complices, Hassan et Sandrine Fares, Mbaye Coulibaly et Ndary Guèye.

Dans nos précédentes éditions, nous vous parlions du « journal intime » d'Idrissa Seck que la Dic avait découvert chez Hassan Fares à Saly, lors de leur première perquisition. Très souvent, surtout avant son arrestation, Idrissa Seck passait presque deux week-ends sur trois chez Hassan Farès. Dans ce journal de l'ancien Premier Ministre, « des choses graves » ont été découvertes par les limiers dont la publication pourrait attenter à la sécurité de l'Etat et à la démystification de l'Etat et de ses institutions. « Comment toutes ces informations concernant l'Etat du Sénégal au plus haut niveau, peuvent-elles être à la portée d'un homme d'affaire qui n'a jamais rempli une fonction dans l'Etat ? » C'est la question que l'on s'est longuement posée dans les couloirs de la Direction de la sûreté de l'Etat. Ce document d'Idrissa Seck a été découvert dans la chambre à coucher du Sénégalao-Libanais Hassan Farès.

La Doyenne des Juges a pénétré les secrets du « journal intime » d'Idrissa Seck, surtout concernant la partie réservée au Président de la République, Me Abdoulaye Wade, sur sa gestion de l'Etat. Dans ce « journal intime » d'Idy, tous les actes de Me Abdoulaye Wade depuis 2000, dans l'exercice de ses fonctions de Président de la République du Sénégal, ont été répertoriés. Sans le nier devant la Doyenne des Juges, Idrissa Seck a expliqué dans ce carnet les techniques qu'il compte mettre en ½uvre pour accéder au Pouvoir. Ce qui a intrigué le Juge, c'est la stratégie de Idy essentiellement basée sur le brouillage et le discrédit de l'image de Wade. C'est la découverte de ce « journal intime » d'Idrissa Seck chez Hassan Farès qui a mis la puce à l'oreille des enquêteurs qui avaient sur le coup convoqué le Sénégalo-Libanais.

Le « journal intime » de Idy contient des choses espionnées chez le Chef de l'Etat

D'ailleurs, c'est après avoir également su qu'Hassan et Sandrine Farès collaboraient avec Ndary Guèye que ce dernier a été aussi convoqué. La Dic, par ses enquêtes, a su que le « nègre » Ndary Guèye comme Abdourahmane Sow, Fatou Diop ou Oumar Ndiaye faisaient partie des complices du Maire de Thiès. Ce dernier et Hassan Farès seraient les commanditaires de ces articles de presse orientés contre Me Abdoulaye Wade, sa famille et son régime. Devant les enquêteurs, Ndary Guèye a révélé qu'Hassan Fares lui payait un salaire mensuel de 500 000 F cfa pour ce travail, même si l'industriel avait refusé auparavant de financer son projet de livre. Selon les révélations du journaliste qui effectuait cette sale besogne à partir du salon des Farès, Sandrine et sa Secrétaire ont été impliquées dans cette affaire lorsque la Dic a découvert que la première remettait de l'argent au journaliste par le biais de sa Secrétaire qui retirait l'argent à la banque. Elles devenaient ainsi des complices de Fares.

Pour le cas de Mbaye Coulibaly, Idrissa Seck a tenté de se justifier. Les enquêtes de la Police ont révélé que certains parmi ceux qu'Idrissa Seck recevait en prison, en sortaient avec des notes, des enregistrements à partir de leur téléphone portable ou avec des consignes venant d'Idy qu'ils repercutaient à Mbaye Coulibaly, l'informaticien du groupe, qui en faisait des communiqués de presse, signé par M. Idrissa Seck. Ce fait a été confirmé par Mbaye Coulibaly devant les enquêteurs de la Dic. « Depuis l'arrestation de Mbaye Coulibaly, aucun communiqué de presse n'a été publié », remarque l'agent judiciaire.

Etant en possession des Pv de la Dic, la Doyenne des Juges est revenue sur les relations de Idrissa Seck, Awa Guèye Kébé et Coumba Ngouye, toutes deux amies de Marième Samba. Le Maire de Thiès nie avoir vu ou connu l'inspectrice de Police. Ce qui n'a pas convaincu la Doyenne des Juges qui détiendrait les informations sur les armes fournies à certaines dames. On ne peut manquer de se demander alors qui payait la somme de 200 000 Fcfa à ces 150 dames habituées du gymnase sis à la Cité Djily Mbaye villa numéro 348 ?

Mouth BANE





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Atteinte a la surete de l'Etat : Les avocats de Idrissa Seck ravalent leurs certitudes



Depuis l'arrestation et l'incarcération de Idrissa Seck pour atteinte à la sûreté de l'Etat, les avocats du Maire de Thiès n'ont cessé de crier à la cabale, soutenant mordicus que le dossier était vide. Ces messieurs ont continué à intoxiquer leur client, les parents et amis de celui-ci, de même que la presse, en affirmant qu'il n'y avait rien qui pouvait justifier son maintien en prison. Pour se donner bonne conscience après avoir encaissé des honoraires exorbitants, ces avocats ont toujours laissé entendre qu'à l'issue de son audition sur le fond, le Maire de Thiès serait libéré sans aucun doute, rien n'autorisant le juge, en l'état du dossier, de le maintenir dans les liens de la prévention. Mais depuis mercredi dernier, le pool d'avocats constitué pour la défense de Idrissa Seck joue une carte plus modeste. Après son audition par Madame Seynabou Ndiaye Diakhaté, les militants du Msis, ceux du Fidel, les amis et parents de Idrissa Seck, ont tous été surpris de constater que leur idole était retourné en prison alors que les avocats soutenaient fermement qu'il sortirait libre de cette audition. Ils avaient pris la précaution quand même de préciser que même si le Maire de Thiès était relaxé de l'accusation d'atteinte à la sûreté de l'Etat, il ne serait pas remis en liberté car il pesait sur lui d'autres chefs d'accusation pour lesquels il avait été placé sous mandat de dépôt. Pourquoi donc ces avocats se sont-ils contentés de déclarations laconiques à leur sortie d'audience mercredi dernier ?

A la lecture de la presse quotidienne, on peut être édifié sur les raisons de la modestie soudaine des avocats de Idrissa Seck. Car, selon certains quotidiens dans les secrets des Dieux et qui ont publié des éléments de l'audition de celui dont maître Wade dit qu'il l'a « trahi », des faits matériels, précis, datés, ont été présentés à l'ancien Premier Ministre qui n'a pu nier la présence, hors d'un édifice de l'Etat, de documents estampillés « secrets d'Etat » et qui étaient entre les mains de tierces personnes. Evidemment il doit y avoir des faits bien plus graves dans le dossier, qui ont peut-être même été livrés à la presse (laquelle n'a pas osé les publier à cause de leur caractère compromettant pour Idy) et qui ont amené les avocats à adopter une attitude beaucoup plus prudente. Le tout n'est pas en effet d'annoncer avec des effets de manche qu'un dossier est vide, encore faut-il le prouver en faisant sortir son client de prison.

Si les avocats du Maire de Thiès ont été obligés de ravaler leurs certitudes, c'est bien parce que Mme Seynabou Ndiaye Diakhaté a porté à leur connaissance des éléments qui les obligent à changer de stratégie, de méthode de défense. Dommage pour les fans de Idy qui se sont laissés intoxiquer par des avocats incompétents et qui ne sont intéressés en vérité que par les honoraires colossaux qu'ils peuvent tirer de cette affaire. Même si leur client peut rester en prison pour plusieurs années encore.

Ndiogou Wack Seck ilestmidi .net 14/11/2005
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# Posté le lundi 14 novembre 2005 07:36

40 milliards engloutis dans les chantiers de Thiès : le sourire narquois qui a été fatal à Idrissa SECK

40 milliards engloutis dans les chantiers de Thiès : le sourire narquois qui a été fatal à Idrissa SECK
40 milliards engloutis dans les chantiers de Thiès : le sourire narquois qui a été fatal à Idrissa SECK

C'est en plein Conseil des ministres que le président de la République avait appris que 40 milliards allaient être dépensés dans les chantiers de Thiès. Ce qui le fera bondir, pour provoquer un sourire narquois de son Premier ministre d'alors. C'est ce sourire qui aura été fatal à Idrissa Seck

C'est en Conseil des ministres que l'affaire dite des chantiers de Thiès a éclaté pour la première fois, emportant dans son embardée les relations quasi-fililales entre le président Abdoulaye Wade et Idrissa Seck. Le chef de l'Etat avait, comme à l'accoutumée, demandé à son Premier ministre de lui faire l'état des lieux sur certains dossiers. Ce que fit Idrissa Seck avec la faconde qu'on lui connaît. Mais les choses allaient se gâter, lorsque faisant le point sur les travaux sur les chantiers de Thiès en préparatif à la fête de l'indépendance 2004, l'ancien Premier ministre a avancé le chiffre de 40 milliards de francs Cfa correspondant, selon lui, au montant investi dans la seule ville de Thiès entre l'enveloppe dégagée par le Trésor public et les "grappes de convergences".
Des propos qui firent bondir de son fauteuil le président Wade qui enjoint à son Premier ministre de répéter ce qu'il venait de dire. "Quoi ? Qu'est-ce que vous avez dit ?", demande le chef de l'Etat. Idrissa Seck, impassible, répète : "40 milliards de francs Cfa..." en affichant un sourire... narquois. Tout ce qu'il ne fallait pas faire puisque le président Wade qui n'avait autorisé que 20 milliards de francs Cfa, pour accepter par la suite une rallonge de 5 milliards de francs Cfa, a aussitôt vu rouge. Et, à brûle-pourpoint, il a voulu suspendre la séance, en lâchant à l'endroit d'Idrissa Seck : "Cela n'a rien de drôle. L'affaire est trop sérieuse". N'eût été l'intervention de ministre des Mines, les choses allaient tourné au vinaigre.

Me Madické Niang avait, en effet, pris la parole pour apaiser les esprits et rappeler à Idrissa Seck que cette affaire était sérieuse. D'abord, du fait du montant engagé qui se chiffre en terme de milliards, ensuite par le tollé que cela pourrait occasionner au sein de l'opinion si toutefois cette affaire était ébruitée. D'où, dira le ministre des Mines à l'intention d'Idrissa Seck, la nécessité de faire toute la lumière sur les chantiers de Thiès.

Après la tempête, l'ancien Premier ministre de reprendre la parole pour expliquer les investissements consentis à Thiès en s'appuyant sur ce qu'il qualifie de "grappes de convergences". Mais, ces explications n'auraient pas convaincu le président Wade qui a voulu avoir le c½ur net sur ce dossier, en dépêchant une mission de l'Inspection générale d'Etat dans la capitale du rail. La suite, on la connaît.

Amadou DIOUF (Walfadjiri 15/11/2005
)


AFFAIRE DES CHANTIERS DE THIES : Les avocats de Salif Bâ vont déposer une demande de liberté provisoire vendredi

Les avocats de l'ancien ministre du Patrimoine bâti, de l'habitat et de la Construction ont décidé d'introduire auprès de la Commission d'Instruction de la Haute Cour de Justice, dès vendredi, une demande de liberté provisoire en faveur de Salif Bâ à la suite de la dégradation de son état de santé. Transféré au Pavillon spécial de l'hôpital Aristide Le Dantec au lendemain de son incarcération à la maison centrale d'arrêt de Rebeuss, l'ancien ministre, qui continue de souffrir des séquelles d'un accident de la circulation survenu dans l'exercice de ses fonctions, se meut sur chaise roulante selon l'un de ses avocats, Me Abdou Dialil Kane.

En effet, mal en point, Salif Bâ ne peut faire usage de ses jambes au-delà d'une dizaine de mètres, selon le témoignage du conseil. Sujet à des douleurs allant de l'épaule au bassin, la température du corps de l'ex-ministre est en même temps anormalement élevé, a ajouté l'avocat. Des soins intensifs lui sont cependant prodigués car le patient a déjà subi une série d'analyses cliniques en sus d'un passage au scanner. Les avocats qui comptent se réunir jeudi à l'effet d'examiner son dossier judiciaire entendent se prévaloir des dispositions de la loi.

Ainsi, Me Kane s'appuie sur l'alinéa 3 de l'article 140 du code de procédure pénale pour fonder le dépôt de la demande de liberté provisoire. En clair, ledit article stipule la recevabilité d'une telle demande au cas où la « détention est incompatible avec l'état de santé de l'inculpé, même dans un centre hospitalier ».
Le soleil.sn 15/11/2005
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# Posté le mardi 15 novembre 2005 07:00

Modifié le mardi 15 novembre 2005 08:44

Comptes bancaires d'Idrissa SECK à l'étranger : 44 milliards découverts dans les caisses

Comptes bancaires d'Idrissa SECK à l'étranger : 44 milliards découverts dans les caisses
Comptes bancaires d'Idrissa SECK à l'étranger : 44 milliards découverts dans les caisses(Walfadjiri 16/11/2005)

Les autorités sénégalaises auraient déniché cinq autres comptes bancaires personnels d'Idrissa Seck logés dans des banques françaises, d'après des sources proches du palais présidentiel. Il s'agirait des comptes n°000 324 800 1 T 14 (banque Belgolaise), n°000 2015 289 2 67 (Société générale de banques de Paris), n°000 2080 768 520 et 000 408 768 520 (Sgb-rue Amsterdam-Paris), n°000 3080 788 520 (Sgb-Faubourg-Paris). Le montant total déposé dans ses comptes serait estimé à 44 milliards de francs Cfa. Des accusations que rejettent les avocats d'Idrissa Seck qui parlent plutôt de fonds politiques déposés dans des comptes ouverts en France par l'ancien Premier ministre sur instruction du chef de l'Etat.

Les recherches lancées par l'Etat du Sénégal pour débusquer les comptes bancaires ouverts par Idrissa Seck à l'étranger se seraient révélées fructueuses, selon des sources proches de la présidence de la République. Après la découverte des comptes ouverts par l'ancien Premier ministre au nom de la Primature et du secrétariat général de la présidence de la République, les autorités sénégalaises auraient déniché, si l'on en croit ces sources, cinq autres comptes bancaires - personnels ceux-là - d'Idrissa Seck logés dans des banques françaises. Selon nos sources, il s'agit des comptes n°000 324 800 1 T 14 (banque Belgolaise), n°000 2015 289 2 67 (Société générale de banques de Paris, ce compte est ouvert au nom de la Sci-Ciras, la Société civile immobilière créée par Idrissa Seck avec sa femme juste après son limogeage de la primature et dont l'ancien Premier ministre est le gérant), n°000 2080 768 520 et 000 408 768 520 (Sgb-rue Amsterdam-Paris), n°000 3080 788 520 (Sgb-Faubourg-Paris). Le montant total déposé dans ses comptes est estimé, à en croire nos interlocuteurs, à environ 44 milliards de francs Cfa. Et de préciser que "ces comptes n'ont rien à voir avec ceux ouverts à la Cbao et à la Sgbs aux noms de la Primature et du secrétariat général de la présidence de la République". Ces comptes n'avaient pas fait l'objet de passation de service entre Idrissa Seck et l'actuel Premier ministre ou encore le secrétaire général de la présidence de la République.
L'Etat du Sénégal qui vient ainsi de lever un autre pan du voile sur la fortune déclarée, intuiti personæ, par Idrissa Seck à Ziguinchor n'entend pas s'arrêter en chemin. Selon nos sources, les autorités sénégalaises sont sur les traces d'autres comptes que l'ancien Premier ministre aurait ouverts en Suisse, en Afrique du Sud et aux Etats-Unis. D'après une source judiciaire qui a requis l'anonymat, "les autorités sénégalaises qui se sont lancées à la recherche des comptes de l'ancien Premier ministre cherchent à savoir si ces milliards ne proviennent pas des sommes détournées des chantiers de Thiès". "Et, pour l'heure, les découvertes sont intéressantes", déclare notre interlocuteur qui refuse, cependant, de donner des détails.

Pour leur part, les avocats d'Idrissa Seck rejettent toutes ces accusations. Selon Me Boucounta Diallo que nous avons joint, hier, par téléphone, il s'agit des fonds politiques déposés dans des comptes ouverts en France par Idrissa Seck sur instruction du chef de l'Etat. Lesquels ont été largement commentés dans la presse. "C'est du réchauffé", s'exclame le coordonnateur du collectif des avocats d'Idrissa Seck. "Ils veulent faire de l'amalgame en faisant croire aux Sénégalais qu'il s'agit d'autres comptes", rectifie Me Diallo. A la vérité, ajoute l'avocat de l'ancien Premier ministre, "il s'agit des comptes qu'Idrissa Seck gérait lorsqu'il était directeur de cabinet du président Wade et il les avaient emportés avec lui à la primature, conformément à la volonté du président de la République, quand il a été nommé Premier ministre". Et Me Diallo de s'interroger :

"Pourquoi ces comptes ne figurent-ils pas dans le dossier d'Idrissa Seck et pourquoi n'ont-ils été ajoutés qu'au bas de l'acte de mise en accusation contre l'ancien Premier ministre voté par l'Assemblée nationale ?"

"Mais pourquoi le chef de l'Etat n'a jamais adressé une mise en demeure à Idrissa Seck pour lui réclamer ces fonds ?" s'interroge Me Boucounta Diallo qui répond : "C'est parce qu'il n'y a rien qui puisse être reproché à mon client dans le cadre des chantiers de Thiès". Il ajoute : "Idrissa Seck n'a jamais été l'administrateur des crédits, encore moins l'ordonnateur des dépenses qui se trouvent être les ministres des Finances et de l'Habitat. Tous les paiements relativement aux chantiers de Thiès sont passés par les comptes du Pcrpe ouverts à la Bicis", précise l'avocat de l'ancien Premier ministre.

Le dossier dit des chantiers de Thiès a connu une avancée significative la semaine dernière. La commission d'instruction réunie au grand complet a validé, jeudi dernier, le mandat de dépôt servi à Idrissa Seck et à Salif Bâ par le président de ladite commission, Cheikh Tidiane Diakhaté.

Amadou DIOUF
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# Posté le mercredi 16 novembre 2005 05:25

Modifié le mercredi 16 novembre 2005 07:40

Scandale des Chantiers de Thiès: Les indices qui motivent la détention / Mme Nafi Ngom Keïta témoignera jeudi devant la commission d'instruction: La Défense des mis en cause tremble !

Scandale des Chantiers de Thiès: Les indices qui motivent la détention / Mme Nafi Ngom Keïta témoignera jeudi devant la commission d'instruction: La Défense des mis en cause tremble !
AFFAIRE IDRISSA SECK ET SALIF BA : Les indices qui motivent la détention (Le Soleil 17/11/2005)

Sauf argument de nature à remettre en cause la matérialité des faits de détournement qui leur sont reprochés dans le cadre des chantiers de Thiès, Idrissa Seck et Salif Bâ devront s'acquitter du paiement d'une consignation de 17 milliards de FCfa pour recouvrer la liberté.

Voilà la conséquence de la validation des mandats de dépôt prononcés jeudi par la Commission d'instruction de la Haute Cour de Justice. Le code de procédure pénale, qui est sans équivoque à ce sujet, stipule en son article 140 « que le juge d'instruction délivre obligatoirement un mandat de dépôt lorsque le manquant du montant initial est égal ou supérieur à 1 million de FCfa et ne fait pas l'objet d'un remboursement ou du cautionnement de son intégralité ou d'une contestation sérieuse ». Cela veut dire que les indices en possession des membres de la Commission d'Instruction sont de nature à motiver leur inculpation et, par voie de conséquence, leur rétention dans les liens de la prévention.

Pourtant, de leur comparution devant le juge Cheikh Tidiane Diakhaté, l'ex-Premier ministre et l'ancien ministre du Patrimoine bâti avaient tous les deux réfuté les accusations portées contre eux. Le maire de Thiès avait en particulier démontré qu'il n'était ni de près ni de loin impliqué dans les manipulations de fonds effectuées dans le cadre des travaux de la célébration de l'Indépendance 2004. Salif Bâ avait de son côté vigoureusement contesté le non versement de précomptes au titre de la Tva d'un montant de 3 milliards 998 millions de F Cfa.

Hélas, les dénégations des deux mis en cause n'ont pu convaincre les magistrats comme en témoigne leur décision du jeudi 10 novembre dernier. Toutefois, les avocats de l'ex-Premier ministre et de l'ancien ministre du Patrimoine bâti peuvent encore se prévaloir de certaines dispositions de l'Article 140 du code de procédure pénale qui envisage la main levée du mandat de dépôt, « si au cours de l'information surviennent des contestations sérieuses ou le cautionnement ou le remboursement de l'intégralité du montant » incriminé.
PAPE GUÈYE


Une découverte qui pourrait confondre la Défense de l'ancien Premier ministre
(Le Messager (Sn) 17/11/2005)

L'affaire Idrissa Seck refait surface au moment où l'affaire Habré domine l'actualité. Notre confrère Walfdjri-Quotidien relate de fortes sommes d'argents (44 milliards de Francs) qui auraient transitées dans des comptes appartenant à Idrissa Seck et logés dans des banques françaises.

La nouvelle barre la Une de nos confrères de WalFadjri : «Comptes bancaires d'Idrissa Seck : 44 milliards découverts à l'étranger». Une information beaucoup trop sérieuse pour ne pas retenir l'attention de nos concitoyens qui ont le droit de tout savoir sur ce nouveau rebondissement de l'affaire des chantiers de Thiès. Quarante quatre milliards de nos francs répartis dans cinq comptes soigneusement logés dans des banques françaises. Et comble de malheur, l'on parle toujours, selon nos confrères de Sacré C½ur, d'autres comptes qui auraient été ouverts dans des pays comme la Suisse, l'Afrique du Sud et les Etats-Unis d'Amérique. Ce qui suffit bien à rabattre le caquet à tous ses agitateurs qui ne cessent de gloser sur les ondes des radios, parlant de tout et de rien. Surtout de ce qu'il ne semble pas bien maîtriser.
Sur ces comptes qui n'ont rien à voir avec ceux qui serait ouverts par Idrissa Seck au nom de la Primature et de la Présidence de la République du temps où il était le numéro deux du régime. Le coordonnateur du collectif de ses avocats nous donne une réponse à peine consommable. En effet, maître Boucounta Diallo qui est interrogé par notre confrère de Walfadjri, n'a d'autre réponse que de parler de «réchauffé». «Ils veulent faire de l'amalgame en faisant croire aux Sénégalais qu'il s'agit d'autres comptes», dit l'avocat. Une réplique qui sonne comme du mépris pour celui qui sait décoder le sens des mots, contenu dans la réponse de Me Diallo.
Mais cela ne doit pas surprendre venant d'un défenseur d'un homme qui s'est toujours exprimé avec condescendance pour s'adresser à ses concitoyens. Celui qui aspire être le numéro-1 dans ce pays par tous les moyens et tous les subterfuges, et qui déclare sous tous les toits qu'il ne possède pas un seul centime illicite. Mais ce qui compte aujourd'hui, au moment où l'affaire des chantiers de Thiès est plus que jamais une préoccupation pour les Sénégalais, c'est que toute la lumière soit faite sur cette découverte on ne peut plus scandaleuse. Rien qu'à écouter le micro-trottoir réalisé et diffusé par une radio de la place, l'on ne peut douter de la volonté de l'écrasante majorité des Sénégalais, décidés à suivre les traces de leur argent. Une somme largement suffisante pour aider à soulager nombre d'habitants de zones reculées du pays, comme d'ailleurs l'argent qui serait également logé dans des banques se trouvant dans des pays cités plus haut.
Il urge pour la justice de ce pays de s'intéresser à cette société écran dénommée Sci-Ciras qui seraient dirigée par M. et Mme Seck et qui fait déjà beaucoup de bruit. Des investigations qui pourront sans doute aider les contribuables sénégalais à avoir le c½ur net concernant nombre de casseroles que traînent Idrissa Seck et sa bande d'agitateurs. Au fait, qui disait que le Sénégal n'est la propriété privée de personne ?
17 Nov 2005 Par Thiané NDIAYE


NAFY NGOM KEITA DEVANT LA COMMISSION D'INSTRUCTION CE MATIN : Les Ige Babacar Thiaw et Lamine Diom passent demain

Nafy Ngom Keïta, chef de mission des Inspecteurs généraux d'Etat (Ige) dans le cadre de l'affaire des chantiers de Thiès, sera entendue ce matin, à 10 heures, par la commission d'instruction de la Haute Cour de Justice. Demain vendredi, ce sera au tour des deux Ige Babacar Thiaw et Lamine Diom qui l'ont assistée dans sa tâche. Tout semble s'accélérer dans ce dossier puisque le juge du cinquième cabinet, en charge des seconds couteaux, a lancé une kyrielle de convocations en direction d'entrepreneurs et de fonctionnaires cités dans l'affaire des chantiers de Thiès et il compte commencer ses auditions la semaine prochaine.

La commission d'instruction de la Haute Cour de Justice sur les chantiers de Thiès reprend ses auditions aujourd'hui. Après l'ancien Premier ministre Idrissa Seck, l'ancien ministre de l'Habitat Salif Bâ, le ministre de l'Economie et des Finances Abdoulaye Diop, son homologue du Budget Hadjibou Soumaré, ce sera au tour de l'inspectrice générale d'Etat, Nafy Ngom Keïta de passer aujourd'hui, à 10 heures, devant Cheikh Tidiane Diakhaté. Demain, ce sera au tour des deux inspecteurs Babacar Thiaw et Lamine Diom, l'ayant aidée dans la rédaction du rapport d'enquête sur les chantiers de Thiès, d'être entendus. Babacar Thiaw et Lamine Diom seront entendus à titre de témoins. Selon nos informations, Nafy Ngom Keïta, qui était en vacances aux Etats-Unis, a été rappelée pour son audition.

Dans les milieux judiciaires, le témoignage que fera aujourd'hui Nafy Ngom KeÏta devant la commission d'instruction semble déjà connu : ce sera à charge contre le ministre d'Etat, ministre des Finances Abdoulaye Diop. La dame avait en effet déjà donné le ton lors de sa sortie dans le journal Wal fadjri dans lequel elle accusait Abdoulaye Diop de tous les pêchés d'Israël. Une sortie qui n'avait pas été suivie de réaction de l'argentier de l'Etat. Nos sources d'ajouter que la Commission d'instruction se prépare à entendre sur le fond Idrissa Seck et Salif Bâ, placés sous mandat de dépôt après leur première audition. Sur la même lancée, le juge du cinquième cabinet Yakham Lèye a lancé depuis trois jours, une kyrielle de convocations à des entrepreneurs et fonctionnaires ayant participé aux chantiers de Thiès. Le juge va, dans un premier temps, entendre, à partir de la semaine prochaine, tout ce beau monde à titre de témoins. Ce qui n'écarte pas pour autant des inculpations.Cheikh Mbacké GUISSE www.las.sn 17/11/2005



Mme Nafi Ngom Keïta témoignera jeudi devant la commission d'instruction: La Défense des mis en cause tremble ! (Le Messager (Sn) 17/11/2005)

Mme Nafi Ngom Keïta, l'inspectrice générale d'Etat qui a dirigé la mission de vérification et de contrôle des dépenses effectuées sur les chantiers de Thiès sera jeudi prochain devant la Commission d'Instruction près la Haute Cour de Justice chargée de faire la lumière sur ce scandale des travaux de la capitale du rail qui continue encore de défrayer la chronique.

Mme Keïta doit être entendue en tant que témoin par le juge Cheikh Tidiane Diakhaté et ses collègues de la Commission d'Instruction qui espèrent pouvoir y voir plus clair sur les chantiers de Thiès grâce au témoignage de la chef de la mission de l'Inspection générale d'Etat (Ige) qui a effectué les vérifications des investissements consentis à la ville de Thiès pour les festivités de la fête de la 44e anniversaire de l'accession du Sénégal à souveraineté internationale. On se rappelle que dans un entretien accordé au quotidien « Walfadjir », Mme Nafi Ngom Keïta avait publiquement fait savoir son désir de témoigner devant la Commission d'Instruction pour apporter plus de lumière sur son rapport qui a fait l'objet de toutes sortes de controverses. L'on se rappelle également que Mme Nafi Ngom Keïta avait en plus de Idy et Salif Bâ évoqué le cas du ministre d'Etat, ministre des Finances, M. Abdoulaye Diop et son collègue M. Hadjibou Soumaré, ministre Délégué chargé du Budget, qui, pour elle, seraient concernés au plus haut degré.
Après l'audition de Mme Nafi Ngom Keïta, Babacar Thiaw et Lamine Diom, tous membres de la mission de vérification et de contrôle des investissements faits à Thiès, seront tour à tour auditionnés par la commission d'instruction le vendredi 18 novembre 2005. Cette nouvelle, notent les observateurs sème déjà la trouille dans les rangs de la défense des mis en cause.
Par Mamadou B. NDIAYE
17 Nov 2005


Scandale des chantiers de Thiès : À quand la vérité ?

Voilà quatre mois que la procédure judiciaire dite des chantiers de Thiès a débuté. Depuis, les Sénégalais s'interrogent sur le bien-fondé de la tournure prise pour éclairer cette affaire. Car, seuls l'ancien Pm et son ministre du Patrimoine Bâti et de la Construction sont inculpés et placés sous mandat de dépôt. Tous les Sénégalais avaient applaudi, pensant que cela allait continuer, pour que plus jamais au Sénégal, des individus - quelle que soit leur position - ne s'approprient plus le bien public en toute

impunité. Mais c'etait compter sans la volonté évidente de certaines personnalités de tout faire pour noyer le poisson, quitte à affamer tout un peuple. Certes, il y a toujours eu des détournements de deniers publics depuis l'indépendance du Sénégal, mais depuis l'avènement de l'alternance, les détournements sont allés crescendo. Premièrement, l'affaire Sénégal-Pêche enterrée avec son lot de milliards, sans que personne ne sache ce qui s'est vraiment passé. Ensuite l'affaire dite du Commissariat à la Sécurité Alimentaire ; et d'autres encore au sujet desquelles les Sénégalais attendent d'être édifiés. Mais cette affaire dite des chantiers de Thiès les dépasse toutes, de par l'envergure des personnalités mises en cause et des sommes détournées. Car, c'est toute une procédure maffieuse qui a été mise en branle pour pouvoir "dribbler" l'Etat. Comparaison pour comparaison, ceux mis en cause n'ont rien à envier aux Capos de la Cosa Nostra Sicilienne. Imaginer que dans un pays où la majorité vit en dessous du seuil de la pauvreté, des individus - quelle que soit leur position - puissent faire main basse sur des milliards et se la couler douce, heurte la conscience collective. Pis encore, la sortie de Nafissatou Ngom sur une radio de la place, citait nommément des personnalités, allant jusqu'à affirmer que l'ancien Pm Idrissa Seck n'était ni ordonnateur des dépenses encore moins responsable des travaux de Thiès. Et de préciser que le ministre d'Etat, ministre des Finances a essayé, par divers procédés, de traiter ce dossier en sa faveur. Affirmations très graves dans une République, que celles indiquant qu'un ministre, de par sa position, essaie d'influer sur un dossier dont il est lui-même partie prenante, sans que personne ne s'en émeuve. Ensuite, le cas de l'entrepreneur Bara Tall dont la société avait raflé presque tous les marchés ayant traits aux chantiers de Thiès ; Nafi Ngom a bien précisé lui avoir dit après inspection sur les coûts et surcoûts : "Mon cher Bara, il faudra vraiment revoir tes factures." Si ce n'est pas un indice de culpabilité, cela y ressemble fort. Et comme par miracle, on ne veut pas prononcer le nom de Bara Tall, comme si sa seule évocation pouvait faire chanceler la République. S'il est vrai que faire entendre un ministre pose problème (cas de Abdoulaye Diop), Bara Tall est un Sénégalais comme tout un autre, c'est-à-dire justiciable comme le commun des Sénégalais, malgré les soutiens dont il peut bénéficier en haut lieu. Les Sénégalais, en l'an 2000, en avaient assez de ce genre de pratiques et avaient sanctionné le Parti socialiste, espérant ne plus vivre sous un régime où la justice fonctionne à deux vitesses. Mais, depuis la sortie du rapport, on sent une volonté manifeste de brouiller les pistes, pour protéger quelques quidams qui ont fauté et qui doivent payer.

Comment en est-on arrivé à ce système ?

En voulant, dès le début, contourner l'administration des Finances et faire des montages, il y avait une volonté manifeste de détourner une partie de cet argent. Car, comment comprendre qu'avec tout le professionnalisme des agents du ministère des Finances et du Budget, on veuille les laisser de côté et faire des montages ? Et des grands bandits, chantres de ce genre de magouilles, ont mis à leurs services toute leur science pour parvenir à leurs fins. La Justice doit sévir, pour que plus jamais ce genre de faits ne se reproduisent. Tous les auteurs et leurs complices doivent payer, pour que soit préservée la bonne image du Sénégal. Les Sénégalais, dans leur majorité, aspirent à ce que cette affaire soit tirée au clair.
Moustapha Sow www.loffice.sn 16/11/2005

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# Posté le jeudi 17 novembre 2005 05:31

Modifié le jeudi 17 novembre 2005 05:51